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La chute du Mur de Berlin

Le mur fut construit en 1961 par le gouvernement fantoche mis en place par l’URSS dans l’Allemagne de l’Est occupée, après la Seconde Guerre mondiale (Photo, Getty Images).
Le mur fut construit en 1961 par le gouvernement fantoche mis en place par l’URSS dans l’Allemagne de l’Est occupée, après la Seconde Guerre mondiale (Photo, Getty Images).
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Publié le Mardi 08 décembre 2020

La chute du Mur de Berlin

  • Le 9 novembre 1989, des foules en jubilation des deux côtés de la frontière Est-Ouest se mettent à démanteler le Mur de Berlin
  • Le mur avait été construit en 1961 par le gouvernement fantoche mis en place par l’URSS dans l’Allemagne de l’Est occupée

Le démantèlement du symbole du bloc soviétique était un signe que les jours de la Guerre froide étaient comptés.

Résumé

Le 9 novembre 1989, des foules en jubilation des deux côtés de la frontière Est-Ouest se mettent à démanteler le Mur de Berlin, le symbole honni de la Guerre froide qui a divisé Berlin et les Berlinois durant près de trois décennies.

Le mur avait été construit en 1961 par le gouvernement fantoche mis en place par l’URSS dans l’Allemagne de l’Est occupée, après la Seconde Guerre mondiale. Durant 28 ans, il se dressa comme une matérialisation de l’image employée par le dirigeant britannique Winston Churchill en 1946, lorsqu’il déclara que les Soviétiques avaient l’intention de lever « un rideau de fer » à travers l’Europe.

Au fil des ans, des milliers de Berlinois de l’Est auront risqué leur vie, et des centaines l’auront perdue, en tentant de s’enfuir à l’Ouest. En fin de compte, la chute du mur, « renversé » par la pression populaire, alors que les Etats communistes de l’Europe de l’Est avaient soudain commencé à s’effondrer, symbolise l’écroulement du communisme. En 1991, tout juste un an après la réunification de l’Allemagne, l’URSS implosa.

DUBAI: Je possède un morceau du Mur de Berlin. Qui n’en possède pas ? Si chaque ‘morceau du Mur de Berlin’ était authentique, l’édifice aurait été assez large pour couvrir la planète trois fois, avec assez de restes pour construire un autre mur entre les Etats-Unis et le Mexique. Mais personne ne pourra me persuader que mon morceau de béton effrité, dénaturé par le graffiti décoloré d’un artiste depuis longtemps oublié, n’est pas à 100% authentique.

Mon couvre-chef de garde-frontière Est-Allemand et mon insigne de boutonnière, achetés sur un marché improvisé par des Berlinois à fort esprit entrepreneurial près de la Porte de Brandebourg, sont certainement d’origine moins douteuse. Ces objets-là ont une histoire.

Lorsqu’il devint clair que le mur allait tomber, un bon nombre de gardes-frontière communistes (qui n’étaient pas les individus les plus populaires, étant responsables de la mort de près de 200 de leurs compatriotes allemands durant les 30 années précédentes) s’enfuirent en empruntant la large avenue Unter den Linden, non sans avoir précipitamment ôté leurs uniformes de peur d’être repérés. Paradoxalement, beaucoup d’entre eux furent arrêtés, trahis par le fait que, dans le froid glacial allemand de novembre, ils n’étaient vêtus que de leurs sous-vêtements.

En septembre 1938, le Premier ministre britannique Neville Chamberlain décrit l’annexion des Sudètes par Adolf Hitler comme « une querelle dans un pays lointain, entre des gens dont nous ne savons rien ». Un an plus tard, La Grande-Bretagne était en guerre contre l’Allemagne nazie.

En juin 1961, le dirigeant Est-Allemand Walter Ulbricht déclara : « Personne n’a l’intention de construire un mur ». C’était le premier indice que telle était exactement l’intention.

Ross Anderson

Le 11 novembre 1989, Arab News n’était pas frappé d’une telle myopie institutionnelle, dédiant une grande partie de sa Une aux événements en Allemagne, un pays certes « lointain », mais dont la capitale était le théâtre des jeux de pouvoir de la Guerre froide. Ces derniers avaient des répercussions certaines sur le Moyen-Orient et le monde entier.

Si la chute du mur était inévitable, il en fut de même de sa construction, qui débuta en août 1961, au milieu de la période de division de l’Europe, en conséquence de la Seconde Guerre mondiale. L’Union soviétique avait installé des gouvernements fantoches à travers l’Europe de l’Est, notamment celui de la nouvelle République démocratique allemande, communément appelée l’Allemagne de l’Est.

Les alliés occidentaux mirent en place une administration parallèle dans les territoires qu’ils contrôlaient, qui devint la République fédérale d’Allemagne : l’Allemagne de l’Ouest. En première ligne de cette Guerre froide, Berlin-Ouest était une enclave entourée par l’Est communiste.

Il était clair que cette configuration était vouée à l’échec. Alors que l’Ouest prospérait, grâce à l’influx de fonds provenant du Plan Marshall américain, l’Est stagnait, étouffé par une piètre gestion économique et une bureaucratie rigide et excessive.

Des tensions couvèrent durant 12 années, exacerbées par la fuite des cerveaux des jeunes, des plus qualifiés et des plus ambitieux au moment de la séparation de la ville. En juin 1961, le dirigeant Est-Allemand Walter Ulbricht déclara : « Personne n’a l’intention de construire un mur ». C’était le premier indice que telle était exactement l’intention.

Les troupes Est-Allemandes et la police fermèrent la frontière le 12 août à minuit, et le jour suivant - encore connu en Allemagne sous le nom du Dimanche des Barbelés – le processus d’isolation de Berlin-Ouest du reste de la République démocratique allemande débuta avec la construction du mur. Une fois complété - il fut progressivement renforcé en plusieurs phases en 1961, 1962, 1965 et 1975 – il faisait plus de 150 kilomètres de long, 4 mètres de hauteur, avec 186 miradors, plus de 250 postes à chiens et 20 bunkers.

Les dates clés :

  1. Le 12 août 1961

Walter Ulbricht, le dirigeant du Parti communiste est-allemand, ordonne la construction d’un mur pour séparer Berlin-Est de Berlin-Ouest.

  1. Le 13 août 1961

Début de la construction du Mur de Berlin.

  1. Le 26 juin 1963

Lors d’un discours à Berlin-Ouest, le président américain John F. Kennedy déclare : « Aujourd’hui, dans le monde libre, la plus forte expression de fierté est ‘Ich bin ein Berliner’ (Je suis un Berlinois). » 

  1. Le 12 juin 1987

Le président américain Ronald Reagan, en visite à Berlin-Ouest, lance un appel à Mikhaïl Gorbatchev, dirigeant de l’URSS, l’exhortant à « abattre ce mur ».

  1. Le 9 novembre 1989

Le gouvernement Est-Allemand lève l’interdiction de voyager et les foules commencent à détruire le Mur.

  1. Le 3 octobre 1990

L’Allemagne de l’Ouest et l’Allemagne de l’Est sont réunifiées pour former la République fédérale d’Allemagne.

  1. Le 25 décembre 1991

Gorbatchev démissionne de son poste de président de l’Union soviétique, remplacé par Boris Eltsine, qui devient le président du nouvel Etat de Russie. 

Le bloc soviétique assura durant 40 ans que le rôle du mur n’était pas de maintenir ses habitants à l’intérieur mais bien de garder « l’Ouest fasciste » dehors – un argument quelque peu dilué par les faits. Entre 1961 et 1989, plus de 5000 Est-Allemands ont triomphé du mur, que ce soit en creusant un tunnel, en passant au-dessus ou tout simplement en passant directement à travers. Le nombre de personnes ayant fait le chemin inverse est probablement anecdotique.

Le mur, et tout ce qu’il représentait, était une provocation pour les présidents américains successifs. Moins de deux ans après sa construction, John F. Kennedy déclara devant une foule de 450 000 personnes à Berlin-Ouest : « Tous les hommes libres, où qu'ils vivent, sont des citoyens de Berlin. Par conséquent, en tant qu'homme libre, je suis fier de prononcer ces mots : Ich bin ein Berliner ! ». Certains pinailleurs (et des boulangers) indiquèrent qu’il avait déclaré être une pâtisserie allemande sans confiture. Il n’en reste pas moins que le message était passé.

24 ans plus tard, dans un discours prononcé devant la Porte de Brandebourg, Ronald Reagan lança un défi au dirigeant soviétique Gorbatchev : « Si vous cherchez la paix, si vous cherchez la prospérité pour l'Union soviétique et l'Europe de l'est… M.Gorbatchev, abattez ce mur ! ».

Reagan n’eut pas à attendre longtemps. Au moment où il s’exprimait devant la foule allemande, le domino soviétique était déjà en phase d’écroulement. Les Polonais déclenchèrent un changement de régime et mirent fin au communisme. Les Hongrois découpèrent à la cisaille les barbelés le long de leur frontière avec l’Autriche et 13 000 Allemands de l’Est empruntèrent ce chemin pour rejoindre l’Ouest. L’instabilité régnait en Tchécoslovaquie. Le dirigeant du gouvernement fantoche d’Allemagne de l’Est, Eric Honeker, démissionna en octobre 1989, non sans avoir préalablement prédit que le mur tiendrait pour 100 ans supplémentaires. Il avait eu tort, et il s’était trompé pratiquement tout au long de sa vie.

Finalement, il fallut moins de temps pour faire tomber le mur qu’il n’en avait été nécessaire pour son édification. A la suite d’une conférence de presse maladroitement menée par un responsable du Parti communiste de Berlin-Est le 9 novembre, annonçant un assouplissement des règles de déplacement vers l’Ouest, des milliers d’Allemands de l’Est se massèrent devant le mur exigeant l’ouverture des barrières. Les plus entreprenants grimpèrent au-dessus du mur, où ils furent rejoints par leurs compatriotes de l’autre côté de la frontière. En infériorité numérique flagrante et sans ordres clairs (leurs chefs étaient également dans la confusion la plus totale), les gardes se tinrent à l’écart. Le mur était tombé.

« 28 ans après avoir enfermé ses citoyens dans l’une des prisons les plus larges jamais construite, derrière le Mur de Berlin, le régime Est-Allemand a cédé devant l’irrésistible poussée du désir de liberté ».


Extrait des Archives de Arab News du 11 novembre 1989

 Le jeune homme au sourire radieux et aux cheveux blonds, au comptoir de l’immigration à l’aéroport de Berlin était amical mais ferme. « Pas besoin ! » dit-il. « Pas besoin de tamponner le passeport ! Aujourd’hui nous sommes de nouveau un seul pays ! Un jour historique ! » Nous répondîmes en chœur : « Vous ne comprenez pas, c’est précisément pour cette raison que nous voulons que le tampon soit apposé sur notre passeport ».

Le pfennig fut rapidement abandonné. Avec une efficacité teutonique, des comptoirs furent installés dans un coin de la salle des arrivées, devant lesquels quiconque avec le sens de l’histoire se rangea dans la fille d’attente pour obtenir le sésame marqué de cette date historique, le 3 octobre 1990, jour de la réunification de l’Allemagne.

Au centre de Berlin, même s’il ne s’était écoulé qu’une année à peine depuis la chute du Mur, le seul signe prouvant son existence passée était une sorte de cicatrice étroite au sol, au cœur de la ville. Si elle représentait le seul reliquat physique de la précédente frontière, il suffisait néanmoins de faire quelques pas dans ce qui avait été Berlin-Est, en venant de Berlin-Ouest, pour réaliser la différence flagrante entre ces deux mondes.

Extrait des Archives d’Arab News du 11 novembre 1989.

 Ce qui fut Berlin-Ouest était plein de vie, une profusion de couleurs, et les fêtes y semblaient ininterrompues depuis novembre passé. L’Est était gris – les rues étaient grises, les immeubles étaient gris, même les gens étaient gris, leurs visages couverts d’une pâleur terne, trahissant des décennies de mauvaise alimentation.

Depuis lors, l’Allemagne de l’Est joue au rattrapage, avec un coût de réunification exorbitant de deux trillions d’euros ($2,14 trillions) mais aussi avec un véritable succès - personnifié au mieux par Angela Merkel. Elevée en Allemagne de l’Est dans la ville de Leipzig dès l’âge de trois mois, inscrite à la jeunesse communiste à 14 ans, elle est aujourd’hui la Chancelière allemande, membre du principal parti de droite. Reagan serait fier. 

 

Ross Anderson, rédacteur en chef adjoint à Arab News, était de service en tant que rédacteur en chef au journal « Today » à Londres la nuit de la chute du Mur de Berlin. Il se rendit en Allemagne l’année suivante et était présent à Berlin le jour de la réunification, le 3 octobre 1990.


Journaliste tuée: les dirigeants libanais dénoncent un «crime de guerre»

Les proches et les amis d'Amal Khalil, correspondante chevronnée du quotidien Al-Akhbar tuée lors d'une frappe aérienne israélienne qui aurait eu lieu dans le sud du Liban, se recueillent chez elle, dans le village de Bisariyeh, le 23 avril 2026. (AFP)
Les proches et les amis d'Amal Khalil, correspondante chevronnée du quotidien Al-Akhbar tuée lors d'une frappe aérienne israélienne qui aurait eu lieu dans le sud du Liban, se recueillent chez elle, dans le village de Bisariyeh, le 23 avril 2026. (AFP)
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  • "Israël cible délibérément les journalistes dans le but de cacher la vérité sur ses crimes contre le Liban", a affirmé le président Joseph Aoun, dénonçant "des crimes de guerre"
  • Le Premier ministre Nawaf Salam a estimé lui aussi que "cibler des journalistes et entraver l'accès des équipes de secours constitue un crime de guerre", assurant que son pays poursuivra l'affaire devant les instances internationales

BEYROUTH: Les dirigeants libanais ont accusé jeudi Israël d'avoir perpétré un "crime de guerre" après la mort d'une journaliste dans une frappe aérienne israélienne dans le sud du pays.

Amal Khalil, 42 ans, journaliste du quotidien Al-Akhbar, a été tuée mercredi et sa collègue indépendante Zeinab Faraj blessée dans cette frappe dans le sud, où les forces israéliennes occupent plusieurs régions.

"Israël cible délibérément les journalistes dans le but de cacher la vérité sur ses crimes contre le Liban", a affirmé le président Joseph Aoun, dénonçant "des crimes de guerre".

Le Premier ministre Nawaf Salam a estimé lui aussi que "cibler des journalistes et entraver l'accès des équipes de secours constitue un crime de guerre", assurant que son pays poursuivra l'affaire devant les instances internationales.

Les deux journalistes s'étaient réfugiées dans une maison du village d'al-Tiri, après qu'une frappe israélienne a visé une voiture qui les précédait, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).

Les deux occupants du véhicule, le maire de la ville voisine de Bint Jbeil, occupée par Israël, et un homme qui l'accompagnait, ont été tués, a précisé la même source.

Une frappe israélienne a ensuite visé la maison où s'étaient réfugiées les deux journalistes. Les secours ont évacué dans un premier temps la journaliste blessée, avant que "des tirs israéliens visent l'ambulance", selon le ministère de la Santé.

Les autorités libanaises ont dû mener des contacts avec les Casques bleus déployés dans le sud du Liban et il a fallu plusieurs heures avant que les secouristes puissent à nouveau accéder au secteur pour retirer des décombres le corps de l'autre journaliste.

Le ministère de la Santé a accusé jeudi Israël d'avoir "entravé les opérations de sauvetage" et "visé une ambulance portant clairement le signe de la Croix-Rouge".

L'armée israélienne a de son côté affirmé avoir frappé dans le secteur d' al-Tiri deux véhicules à bord desquels se trouvaient des "terroristes", qui avaient "franchi la ligne de défense avancée" de ses troupes dans le sud du Liban.

Israël dit avoir tracé une "ligne jaune" ou ligne de défense avancée en profondeur dans le sud du Liban où ses troupes sont entrées, et interdit aux habitants d'y retourner.

Un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 17 avril, après une guerre entre Israël et le Hezbollah pro-iranien qui a fait plus de 2.400 morts au Liban.

L'armée israélienne a démenti avoir "empêché les équipes de secours d'accéder à la zone". Elle a indiqué que "des informations font état de deux journalistes blessés lors des frappes" et affirmé que l'incident était "en cours d'examen".

Correspondante dans le sud du Liban pour le journal al-Akhbar, proche du Hezbollah, Amal Khalil a couvert les différentes guerres dans cette région. Elle était connue pour son courage et était respectée par ses collègues.

Le 28 mars, trois journalistes avaient été tués dans une frappe israélienne dans le sud et des experts de l'ONU avaient réclamé une enquête internationale.

 


Des colons Israéliens pénètrent en Syrie avant d'être arrêtés

Une quarantaine d'Israéliens ont brièvement pénétré en Syrie mercredi avant d'être appréhendés par l'armée israélienne, qui a "fermement condamné cet incident". (AFP)
Une quarantaine d'Israéliens ont brièvement pénétré en Syrie mercredi avant d'être appréhendés par l'armée israélienne, qui a "fermement condamné cet incident". (AFP)
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  • L'armée a déclaré "condamner fermement cet incident et souligner sa gravité, qui constitue une infraction pénale qui met en danger des civils comme des soldats"
  • "Les pionniers de Bashan" ont eux posté, toujours sur X, une photo montrant leurs militants sur ce toit en indiquant: "sans colonisation civile, la présence militaire ne tiendra pas à long terme"

JERUSALEM: Une quarantaine d'Israéliens ont brièvement pénétré en Syrie mercredi avant d'être appréhendés par l'armée israélienne, qui a "fermement condamné cet incident".

Selon la télévision publique israélienne Kan, il s'agit de militants appartenant au groupuscule "Les pionniers de Bashan" qui prône l'établissement de colonies israéliennes dans le sud de la Syrie.

Ils s'étaient d'abord rassemblés près de la frontière, avant de pénétrer sur le territoire syrien sur quelques centaines de mètres, selon l'armée, qui indique les avoir remis à la police.

L'armée a déclaré "condamner fermement cet incident et souligner sa gravité, qui constitue une infraction pénale qui met en danger des civils comme des soldats".

La chaîne Kan a posté sur X des images montrant ces militants se retrancher sur un toit près du village syrien d'Hader.

"Les pionniers de Bashan" ont eux posté, toujours sur X, une photo montrant leurs militants sur ce toit en indiquant: "sans colonisation civile, la présence militaire ne tiendra pas à long terme. Nous sommes ici jusqu'à ce qu'ils laissent nos familles entrer pour y vivre".

Selon Kan, ce n'est pas la première fois que ce groupuscule s'infiltre côté syrien. Les dernières fois, il n'y avait pas eu de condamnation officielle, a-t-elle indiqué.

Depuis la chute en décembre 2024 du président Bachar al-Assad et la prise du pouvoir par une coalition islamiste en Syrie, Israël a envoyé des troupes dans une zone tampon contrôlée par l'ONU qui séparait les forces israéliennes et syriennes sur le plateau du Golan.

Israël, qui réclame une zone démilitarisée dans le sud de la Syrie, a mené depuis un an des centaines de frappes et conduit des incursions chez son voisin.

Israël avait pris la majeure partie de ce plateau à la Syrie lors de la guerre israélo-arabe de 1967, puis a annexé les zones sous son contrôle.

La colonisation israélienne, aujourd'hui présente en Cisjordanie, est régulièrement dénoncée par l'ONU comme illégale au regard du droit international et comme un des principaux obstacles à une solution de paix durable entre Israéliens et Palestiniens en ce qu'elle empêche la création d'un Etat palestinien viable.

Quelque 500.000 Israéliens vivent dans des colonies en Cisjordanie occupée, au milieu de trois millions de Palestiniens.


Pourparlers avec Israël: Le Liban demande une prolongation de la trêve et l'arrêt de la destruction des villages du sud

Des équipes de secours utilisent des pinces spéciales pour dégager les décombres d'un bâtiment touché par l'armée israélienne, dans le village de Hanaouay, au sud du Liban, le 22 avril 2026. (AFP)
Des équipes de secours utilisent des pinces spéciales pour dégager les décombres d'un bâtiment touché par l'armée israélienne, dans le village de Hanaouay, au sud du Liban, le 22 avril 2026. (AFP)
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  • Un responsable libanais a déclaré que le président Aoun a chargé une délégation de discuter des mesures à prendre pour assurer le respect du cessez-le-feu et l'arrêt des violations
  • M. Aoun s'est entretenu avec des dirigeants régionaux dans le cadre d'efforts diplomatiques visant à renforcer le soutien à la position du Liban dans les pourparlers

BEYROUTH : Le Liban demandera une prolongation d'un mois du cessez-le-feu actuel avec Israël lors d'une deuxième série de discussions directes à Washington jeudi, ont indiqué des sources libanaises à Arab News.

Un responsable libanais a déclaré que le président Joseph Aoun avait également chargé la délégation de discuter des mesures à prendre pour garantir le respect du cessez-le-feu et l'arrêt des violations, en particulier ce que Beyrouth décrit comme la destruction continue par Israël de villages dans le sud du Liban.

L'ambassadrice du Liban à Washington, Nada Hamadeh Moawad, et son homologue israélien, Yechiel Leiter, se rencontreront pour la deuxième fois en deux semaines au siège du département d'État américain à Washington.

Les discussions devraient porter sur les préparatifs d'un cycle de négociations plus large, notamment sur la formation des délégations libanaise et israélienne, alors que le fragile cessez-le-feu de dix jours conclu sous l'égide des États-Unis expire dimanche.

Selon la source, l'ancien ambassadeur libanais Simon Karam devrait diriger l'équipe de négociation libanaise. M. Karam a déjà participé à des pourparlers indirects avec Israël à Ras Naqoura, en tant que membre du comité chargé de superviser l'application du cessez-le-feu.

L'ambassadeur américain au Liban, Michel Issa, devrait également assister à la réunion.

M. Aoun s'est entretenu avec des dirigeants de la région dans le cadre d'efforts diplomatiques visant à renforcer le soutien à la position du Liban dans les pourparlers.

Le président libanais a tenu un appel téléphonique avec le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman, au cours duquel il l'a remercié pour le soutien continu du Royaume au Liban, en particulier dans les circonstances difficiles actuelles.

Dans un appel séparé, l'émir du Qatar, Cheikh Tamim bin Hamad Al-Thani, a exprimé son soutien aux efforts de M. Aoun pour mettre fin aux hostilités, notamment par des négociations directes, en obtenant un retrait israélien du Sud-Liban et en déployant l'armée libanaise le long de la frontière pour renforcer l'autorité de l'État.

Mercredi, M. Aoun a déclaré qu'il était en étroite coordination avec le président du Parlement, Nabih Berri, et le premier ministre, Nawaf Salam, au sujet des négociations, soulignant que des pourparlers menés conformément aux intérêts et aux principes du Liban restaient la seule voie pour mettre fin à la guerre, assurer le retrait israélien, faciliter le retour des personnes déplacées et des détenus, et permettre la reconstruction, selon des sources officielles.

M. Aoun avait précédemment affirmé dans une déclaration officielle que les "négociations directes" étaient son option préférée.

"Ces négociations ne sont pas une faiblesse. Elles ne sont pas un recul. Elles ne sont pas une concession", a déclaré le président dans une allocution télévisée.

"Elles sont une décision qui découle de la force de notre croyance en nos droits et en la protection de notre peuple, ainsi que de notre responsabilité de protéger notre pays par tous les moyens possibles.

Le Hezbollah a décrit les pourparlers comme faisant partie d'une série de "concessions perdantes" que le gouvernement libanais fait à Israël.

M. Salam, qui s'est exprimé depuis Paris mardi soir après avoir rencontré le président français Emmanuel Macron, a confirmé que le Liban continuerait à poursuivre la diplomatie par le biais de discussions directes avec Israël.

"Les négociations seront ardues et nous aurons besoin du soutien actif de nos alliés. Il ne peut y avoir d'État ou de souveraineté avec plus d'une armée."

Il a ajouté : "Nous ne cherchons pas la confrontation avec le Hezbollah, mais nous ne lui permettrons pas de nous intimider."

Lors d'une conférence de presse commune, le président français a souligné la nécessité de prolonger la trêve entre le Liban et Israël pour permettre l'ouverture de négociations.

Il a également insisté sur la nécessité du retrait d'Israël du Sud-Liban, ainsi que sur le désarmement du Hezbollah dans un cadre dirigé par le Liban.

Une source officielle libanaise a déclaré à Arab News qu'il y avait un consensus parmi les responsables libanais pour entamer des négociations sur la base d'un plan clair, notant que si le Hezbollah s'oppose aux pourparlers directs, cela reste "leur prérogative".

La source officielle a déclaré que le désarmement du Hezbollah "est la responsabilité du Liban", tout en citant les "violations" israéliennes continues depuis le cessez-le-feu du 16 avril, y compris la destruction à grande échelle des villages du sud "au point d'effacer leurs caractéristiques".

"Il s'agit d'une violation inacceptable à tous points de vue", a déclaré le responsable à Arab News.

Selon les conditions du cessez-le-feu, Israël affirme avoir le droit de "se défendre, à tout moment, contre des attaques planifiées, imminentes ou en cours".

L'armée israélienne a déclaré que la zone tampon établie dans le sud, à une profondeur de 5 à 10 km en territoire libanais, où 39 villages et villes ont été rasés, vise à éliminer les menaces du Hezbollah.

La source officielle libanaise a déclaré que la prochaine réunion de Washington reflétait un effort pour séparer les négociations avec le Liban de la voie plus large des États-Unis et de l'Iran.

Il a décrit cette démarche comme un "découplage" des deux dossiers, tout en notant que toute évolution positive des pourparlers entre les États-Unis et l'Iran, s'ils reprennent, pourrait encore avoir un impact bénéfique sur le Liban.

"Le Liban n'est pas à la table des négociations", a déclaré la source, ajoutant que si le Hezbollah préfère que l'Iran négocie en son nom, "l'État libanais est présent et c'est lui qui négocie".

Par ailleurs, dans le cadre des efforts visant à mettre en œuvre la décision du cabinet de restreindre les armes aux institutions de l'État, M. Aoun a demandé, lors d'une réunion avec de hauts responsables de la sécurité, des mesures d'application plus strictes à Beyrouth et dans d'autres régions.

Il a demandé une augmentation du déploiement des forces militaires et de sécurité et une meilleure coordination entre les agences.

M. Aoun a également appelé à l'intensification des raids contre les dépôts d'armes présumés et a souligné la nécessité d'empêcher toute manifestation armée, mettant en garde contre toute tentative de porter atteinte à la sécurité.

Il a déclaré que la préservation de la paix civile à ce stade était "une ligne rouge", soulignant qu'aucune partie ne devait entraver la mise en œuvre des mesures de sécurité.