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La victoire olympique d’El Moutawakel

Elle inspira les générations futures d’athlètes féminines à atteindre de nouvelles étapes marquantes pour le sport au Moyen-Orient  (Getty Images)
Elle inspira les générations futures d’athlètes féminines à atteindre de nouvelles étapes marquantes pour le sport au Moyen-Orient (Getty Images)
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Publié le Mardi 08 décembre 2020

La victoire olympique d’El Moutawakel

  • L’athlète est la première femme arabe musulmane (et marocaine) à remporter une médaille d’or
  • Dans le cadre du plan de réforme de la Vision 2030 du Royaume, une plus grande participation des femmes dans le sport les mènera probablement à des sommets encore plus hauts

L’athlète est la première femme arabe musulmane (et marocaine) à remporter l’or olympique.  

Résumé

Le 8 août 1984, Nawal El Moutawakel, la seule athlète féminine de la délégation marocaine aux Jeux olympiques d’été de Los Angeles, a besoin d’un peu plus de 54 secondes pour l’emporter dans le 400 mètres haies féminin, inscrit pour la première fois aux Jeux.

L’athlète est la première femme arabe musulmane (et marocaine) à remporter une médaille d’or. Elle sera également par la suite la première femme musulmane membre de la commission exécutive du Comité international olympique (CIO). Elle inspira les générations futures d’athlètes féminines à atteindre d’autres étapes marquantes pour le sport au Moyen-Orient et en Afrique du Nord. Ces étapes majeures sont notamment le port du hijab dans les ligues sportives et la participation d’athlètes féminines saoudiennes aux Jeux olympiques de 2012. Dans le cadre du plan de réforme de la Vision 2030 du Royaume, une plus grande participation des femmes dans le sport les mènera probablement à des sommets encore plus hauts.

 

DJEDDAH - Avant la récente suspension des vols internationaux, précisément le 1er mars, je visitais le Musée olympique de Lausanne avec l’équipe de basketball féminine de Riyadh United. Nous avions été invitées par l’ancien président suisse Ueli Maurer. 

Le musée propose de faire revivre l’esprit des Jeux Olympiques et du sport grâce à ses expositions interactives, allant des Jeux olympiques antiques, en 776 av. J.-C, au fondateur des jeux de l’ère moderne, le baron Pierre de Coubertin, qui participa à la création du Comité international olympique (CIO) à Paris le 23 juin 1894.

 

Les dates clés :

  1. 1900 : Les femmes sont autorisées à participer aux Jeux olympiques pour la première fois, lors des Jeux de Paris. La Suissesse Hélène de Pourtalès devient la première femme à décrocher l’or olympique (son équipe l’emportant en voile). La Britannique Charlotte Cooper est la première championne en sport individuel (Simples Dames de Tennis).
  2. Le 8 août 1984 : lors des Jeux Olympiques d’été de Los Angeles, Nawal El Moutawakel remporte la finale du 400 mètres haies, devenant la première femme arabe et musulmane à remporter une médaille d’or.
  3. Juin 2012 : Pour la première fois, l’Arabie Saoudite envoie une délégation d’athlètes féminines aux Jeux olympiques, se déroulant à Londres : Wojdan Shaherkani (Judo) et Sarah Attar (Athlétisme), qui reçoit une ovation en franchissant la ligne d’arrivée.
  4. Le 10 août 2016 : Aux Jeux olympiques d’été de Rio de Janeiro, Sarah Ahmed remporte une médaille de bronze en haltérophilie, faisant d’elle la première femme égyptienne médaillée olympique. 
  5. Le 13 août 2016 : L’escrimeuse Ibtihaj Muhammad, la première athlète américaine à participer aux Jeux olympiques vêtue d’un hijab, remporte une médaille de bronze au sabre, aux Jeux de Rio de Janeiro.
  6. Le 25 août 2016 : Le Prince héritier Mohammad Ben Salman lance Vision 2030, qui comprend une vaste participation aux sports.
  7. Le 3 mai 2017 : La Fédération Internationale de Basketball supprime l’interdiction pour les joueuses de porter le hijab.
  8. Le 20 mars 2019 : L’équipe saoudienne unifiée remporte une médaille d’or aux Jeux olympiques spéciaux mondiaux à Abou Dhabi.
  9. Octobre 2019 : L’Arabie Saoudite envoie ses premières équipes nationales féminines pour participer aux 6ème Jeux du CCG au Koweït.

 

La première édition des Jeux d'été de l'ère moderne se déroule en 1896 à Athènes avec la participation de 14 pays, mais pas d’athlètes féminines. Lors des Jeux olympiques suivants, à Paris en 1900, les femmes sont autorisées à participer pour la première fois, vêtues de jupes tombant jusqu’aux chevilles. Leur participation est limitée à certaines épreuves : La voile, le golf, le tennis et le croquet.

Ce n’est qu’en 1928, aux Jeux olympiques d’Amsterdam, que les femmes sont autorisées à participer aux épreuves d’athlétisme. 55 ans plus tard, lors des Jeux olympiques de Los Angeles, Nawal El Moutawakel remporte la finale du 400 mètres haies, devenant la première femme arabe, musulmane (et marocaine) à remporter une médaille d’or. Les journaux à travers le monde couvrent cet événement marquant, publiant sa photo en première page. 

Même si j’étais trop jeune pour me souvenir de ce moment, l’entrée dans la légende de Nawal El Moutawakel est une étape majeure parmi les réalisations des athlètes féminines arabes et musulmanes. Lors de sa victoire, le Roi Hassan II du Maroc l’appela pour la féliciter et déclara que toutes les filles nées ce jour-là porteraient son nom en son honneur.

En me plongeant dans ma propre expérience d’athlète amateure ayant grandi en Arabie Saoudite, je dirais que je suis issue d’une famille ayant intégré le sport dans nos vies à un très jeune âge. Mes frères et sœurs et moi avions l’habitude de jouer au tennis, football, et même au cricket avec mon père.

J’étais étudiante dans des écoles privées saoudiennes, ce qui me donnait l’opportunité de pratiquer des sports. Mais c’est dans le basketball que je trouvais ma passion. Mon oncle Tariq fut mon premier coach de basketball. Il acheta plusieurs paniers et en installa dans tous les garages de la famille.

En 2003, je réunissais mes partenaires d’école pour former une équipe de basketball local. Cela me conduisit à créer la ‘Jeddah United Sports Co.’ qui devint plus tard la première académie de sports accréditée en Arabie Saoudite. Les équipes féminines de ‘Jeddah United’ et ‘Riyadh United’ ont participé à des programmes d’échange sportifs à travers le monde.

Les femmes saoudiennes commencèrent aussi à marquer l’histoire du sport à travers leurs propres réalisations. En 2008, Arwa Mutabagani devint la première femme nommée au comité exécutif de la Fédération saoudienne d’équitation.  Sa fille, Dalma Malhas, remporta une médaille de bronze aux Jeux olympiques de la Jeunesse à Singapore en 2010.

En mai 2012, je réussis à atteindre le camp de base du mont Everest avec 10 autres femmes saoudiennes, avec à leur tête la Princesse Reema bint Bandar, l’actuelle ambassadrice saoudienne aux Etats-Unis, dans un effort de sensibilisation au cancer du sein et à l’importance des activités physiques pour sa prévention et son traitement.

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« La jeune femme de 22 ans de Casablanca, les larmes aux yeux, effectua un tour d’honneur, brandissant le drapeau de son pays qui lui avait été transmis par le public après une victoire en 54,61 secondes, très proche du record du monde ».

Extrait d’un article à la une d’Arab News, le 10 août 1984

En juin 2012, L’Arabie Saoudite se joignit au reste du monde en envoyant des athlètes féminines aux Jeux Olympiques d’été de Londres. Wojdan Shaherkani s’aligna au judo et Sara Attar concourut au 800 mètres. Même si elle termina en dernière position, Attar reçut une ovation des 80 000 spectateurs qui l’encouragèrent lorsqu’elle franchit la ligne d’arrivée.

L’ambitieux plan de réformes Vision 2030 de l’Arabie Saoudite fut annoncé le 25 avril 2016. La promotion du sport et des activités physiques fait partie de ses objectifs stratégiques d’émancipation socio-économique. Parmi les objectifs, on peut citer l’augmentation du nombre d’individus pratiquant une activité sportive de 13% à 40%, le soutien aux athlètes saoudiens pour leur permettre d’atteindre de hautes performances dans différentes disciplines sportives ainsi que le renforcement de leur participation à des événements sportifs internationaux.

Extrait des archives d’Arab News du 8 août 1984
Extrait des archives d’Arab News du 8 août 1984

 

En 2017, le ministre de l’Education approuva un programme d’éducation physique pour les filles dans les écoles publiques. En 2018, les femmes furent autorisées à assister aux événements sportifs dans les stades, chose qui était jusqu’alors réservée aux hommes.

Aux Jeux olympiques de Rio de Janeiro, on comptait le double d’athlètes féminines saoudiennes – dont Attar - par rapport à l’édition précédente. Ces jeux furent le théâtre de nouvelles étapes majeures pour les femmes arabes et musulmanes : L’Egyptienne Sara Ahmed devint la première femme arabe médaillée en haltérophilie, lorsqu’elle remporta la médaille de bronze, et l’escrimeuse Ibtihaj Muhammad, qui remporta la médaille de bronze au sabre par équipes, devint la première athlète américaine à concourir aux Jeux Olympiques vêtue d’un hijab.

Le 3 mai 2017, la Fédération internationale de basketball (FIBA) annonça la levée de l’interdiction pour les joueuses de porter le hijab. Cette décision est importante, étant donné que c’est à travers le championnat du monde FIBA que les nations obtiennent leurs qualifications aux Jeux olympiques.

En mars 2019, un autre jalon dans l’effort d’inclusion fut établi aux Jeux olympiques spéciaux mondiaux à Abou Dhabi, lorsque l’Arabie Saoudite remporta 18 médailles d’or dans différentes disciplines.  Le Comité olympique saoudien collabora avec le ‘Help Center’, une organisation à but non lucratif reconnue sur la scène internationale dont la mission est de soutenir et d’entraîner des filles et garçons souffrant de handicap mental.

Jeddah United fut chargé de recommander des joueuses qui ne souffraient pas de handicap mental et qui furent intégrées avec des athlètes souffrant de handicap mental afin de former une équipe saoudienne féminine unifiée. Le processus se déroula suivant le concept des 4P : Publique-Privé-Personnes-Partenariat. L’équipe saoudienne féminine unifiée de basketball entra dans l’histoire, en devenant la seule équipe invaincue à remporter une médaille d’or aux Jeux olympiques spéciaux mondiaux à Abou Dhabi.

Plus tard cette même année, les femmes saoudiennes firent une apparition historique aux sixièmes Jeux du CCG (Conseil de Coopération du Golfe) au Koweït, s’alignant dans huit compétitions différentes et remportant deux médailles d’or en escrime.

Dans les Jeux olympiques antiques en Grèce, les athlètes concouraient dans une seule discipline réservée aux hommes : la marche. Qui aurait pu imaginer tous les progrès effectués à travers les années menant à la victoire et à la médaille d’or d’une femme arabe musulmane aux Jeux olympiques de Los Angeles en 1984 ?

Aujourd’hui, nous sommes malheureusement en confinement dû à la pandémie du COVID-19 et les Jeux olympiques de Tokyo ont été reportés, ainsi que bien d’autres événements sportifs. Mais nous devons garder le moral et voir le verre à moitié plein, avec une année entière supplémentaire de préparation et d’entrainements pour 2021. Que Dieu protège l’humanité et le monde entier.

 

Lina K. Almaeena, membre de l’assemblée consultative ‘Choura’, est la co-fondatrice de ‘Jeddah United Sports Co.’ et fait partie de la liste Forbes des 200 femmes arabes les plus puissantes. 


Le ministre des Affaires étrangères d'Oman en Iran pour discuter d'Ormuz

Le ministre des Affaires étrangères d'Oman, Badr al-Busaidi est attendu mardi en Iran, ont annoncé les autorités iraniennes, alors que Téhéran et Mascate discutent depuis des semaines d'un accord sur les modalités de passage dans le détroit d'Ormuz. (AFP)
Le ministre des Affaires étrangères d'Oman, Badr al-Busaidi est attendu mardi en Iran, ont annoncé les autorités iraniennes, alors que Téhéran et Mascate discutent depuis des semaines d'un accord sur les modalités de passage dans le détroit d'Ormuz. (AFP)
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  • M. al-Busaidi mènera les "consultations politiques en cours entre les deux parties, en tant qu'États riverains du détroit d'Ormuz, afin de contribuer à renforcer la paix et la sécurité dans la région"
  • Le ministre omanais doit également rencontrer son homologue iranien Abbas Araghchi, pour "renforcer la coopération bilatérale" et "discuter des enjeux régionaux"

TEHERAN: Le ministre des Affaires étrangères d'Oman, Badr al-Busaidi est attendu mardi en Iran, ont annoncé les autorités iraniennes, alors que Téhéran et Mascate discutent depuis des semaines d'un accord sur les modalités de passage dans le détroit d'Ormuz.

M. al-Busaidi mènera les "consultations politiques en cours entre les deux parties, en tant qu'États riverains du détroit d'Ormuz, afin de contribuer à renforcer la paix et la sécurité dans la région", a déclaré lundi le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, dans un communiqué.

Le ministre omanais doit également rencontrer son homologue iranien Abbas Araghchi, pour "renforcer la coopération bilatérale" et "discuter des enjeux régionaux".

En riposte aux frappes israélo-américaines sur son sol le 28 février, qui ont déclenché la guerre au Moyen-Orient, l'Iran a verrouillé le stratégique détroit d'Ormuz, par lequel circulait, avant le conflit, un cinquième des hydrocarbures mondiaux.

Téhéran a indiqué qu'il entendait imposer des frais de navigation pour des services aux navires y transitant, ce que refusent fermement les Etats-Unis et certains pays de la région. L'Iran a pris pour cible des navires qui tentent de traverser le détroit sans demander d'autorisation.

De son côté, le président américain Donald Trump martèle avoir le "contrôle total" du détroit et a affirmé qu'il en ferait, après la guerre un "territoire américain".

Il a également menacé de bombarder Oman si le pays se mettait "en travers" du chemin des Etats-Unis.

L'Iran et Oman discutent depuis plusieurs semaines pour établir une nouvelle route de navigation dans le détroit.

Mardi, le Qatar, un des pays médiateurs dans le conflit, les a appelés à conclure leurs négociations, pour permettre de "reprendre" les discussions entre les Etats-Unis et l'Iran.

Téhéran affirme que la voie maritime restera fermée tant que Washington n'aura pas rempli ses engagements prévus par le protocole d'accord conclu mi-juin, dont la levée du blocus imposé par les Etats-Unis aux  ports iraniens.


La Syrie dit vouloir désamorcer les tensions avec Israël après l'attaque d'une base

Cette photo, diffusée par la page Telegram de la présidence syrienne, montre le président syrien Ahmed al-Sharaa (à droite) serrant la main de l'envoyé américain Tom Barrack au palais présidentiel de Damas, le 18 janvier 2026. (AFP)
Cette photo, diffusée par la page Telegram de la présidence syrienne, montre le président syrien Ahmed al-Sharaa (à droite) serrant la main de l'envoyé américain Tom Barrack au palais présidentiel de Damas, le 18 janvier 2026. (AFP)
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  • Selon des sources interrogées par l'AFP, le chef de la diplomatie syrienne, Assaad al-Chaibani, et le chef du Mossad, les services de renseignement extérieur israéliens, Roman Gofman, se sont rencontrés en Jordanie
  • Ils ont abordé, entre autres, la question de la mise en place d'une "salle des opérations spéciales" en Jordanie, sous supervision américaine, afin d'éviter tout affrontement en Syrie, y compris avec la Turquie

DAMAS: La Syrie et Israël ont tenu dimanche des discussions de haut niveau en Jordanie, Damas affirmant vouloir désamorcer la crise provoquée par une attaque israélienne et rester à l'écart des tensions entre Israël et la Turquie.

Avec cette frappe sur une base aérienne du nord du pays, vivement condamnée par Damas, Israël avait dit vouloir y empêcher le déploiement de troupes turques. Ankara a démenti toute présence militaire.

Selon des sources interrogées par l'AFP, le chef de la diplomatie syrienne, Assaad al-Chaibani, et le chef du Mossad, les services de renseignement extérieur israéliens, Roman Gofman, se sont rencontrés en Jordanie.

Ils ont abordé, entre autres, la question de la mise en place d'une "salle des opérations spéciales" en Jordanie, sous supervision américaine, afin d'éviter tout affrontement en Syrie, y compris avec la Turquie, selon ces sources qui ont requis l'anonymat.

L'agence de presse officielle syrienne Sana, citant une source au ministère syrien des Affaires étrangères, a confirmé que des pourparlers parrainés par les Etats-Unis avaient eu lieu en Jordanie, dans l'objectif d'"une désescalade après le récent bombardement israélien du territoire syrien".

D'après Sana, un groupe mené par le chef de la diplomatie syrienne s'est entretenu avec une "délégation israélienne de haut niveau". Les discussions devaient, entre autres, "faire en sorte que les tensions actuelles entre les deux pays ne se répercutent pas sur le territoire syrien", de même source.

La Turquie a été le premier pays à majorité musulmane à reconnaître Israël, mais les relations sont tendues avec le président Recep Tayyip Erdogan, qui a été qualifié vendredi par Benjamin Netanyahu de "dictateur antisémite".

Un porte-parole du bureau du Premier ministre israélien a, lui, indiqué à l'AFP ne pas avoir de commentaire à faire à ce sujet.

Selon une source diplomatique, ces négociations entre Israël et la Syrie sont les premières depuis plusieurs mois.

Après l'arrivée au pouvoir fin 2024 de l'islamiste Ahmad al-Chareh, dont la coalition de rebelles a renversé le président Bachar al-Assad, Israël a lancé des centaines de frappes contre la Syrie.

L'armée israélienne a également mené des incursions dans le sud du pays et déployé des troupes dans la zone tampon placée sous surveillance de l'ONU, qui séparait les forces israéliennes et syriennes sur le plateau du Golan, où Israël revendique la mise en place d'une "zone de sécurité" qu'il entend maintenir.

"Violation flagrante" 

En parallèle, les deux pays ont tenu, sous la pression des Etats-Unis, plusieurs cycles de discussions directes.

A l'issue de négociations en janvier, les deux pays avaient convenu de mettre en place un mécanisme de partage de renseignements.

Un diplomate arabe à Damas avait indiqué à l'époque à l'AFP qu'une salle d'opérations conjointe basée en Jordanie devait notamment suivre les questions de coordination sécuritaire et de contrôle des frontières.

Tom Barrack, l'envoyé spécial américain en Syrie qui est également ambassadeur en Turquie, a condamné le bombardement israélien de mardi, accusant Israël d'"escalade inutile".

Dans un entretien accordé à l'influenceur Mario Nawfal et diffusé vendredi, il a aussi suggéré que la frappe pourrait avoir cherché à provoquer un conflit avec la Turquie dans le cadre d'une manœuvre électoraliste du Premier ministre, Benjamin Netanyahu, qui aborde en position difficile les législatives d'octobre en Israël.

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a dénoncé des "positions qui contredisent la ligne du président américain Donald Trump".

M. Barrack a également déclaré que le plateau du Golan - un territoire syrien dont Israël s'est emparé en 1967 avant de l'annexer en 1981 - était "occupé" par Israël, alors que les Etats-Unis sont parmi les rares pays à avoir reconnu son annexion par Israël, sous le premier mandat de Donald Trump en 2019.

Les discussions ont par ailleurs eu lieu au lendemain de frappes israéliennes visant, selon Israël, des combattants en Syrie, près du plateau du Golan.

Damas a fait état d'un blessé et dénoncé une "violation flagrante" de sa souveraineté.


De Riyad à Paris : pourquoi les Saoudiens reviennent toujours en France

Paris reste une destination attractive pour les touristes saoudiens, les amateurs de gastronomie et les passionnés de culture. (Shutterbox)
Paris reste une destination attractive pour les touristes saoudiens, les amateurs de gastronomie et les passionnés de culture. (Shutterbox)
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  • Pour les voyageurs saoudiens, la France offre bien plus que ses monuments, avec une culture, une histoire et une gastronomie qui laissent une impression durable
  • Des lunes de miel aux carrières dans la pâtisserie, en passant par des années d’études à Paris, les visiteurs racontent des expériences qui continuent de les attirer en France

RIYAD : Le secteur touristique français a franchi une étape remarquable en 2025, en accueillant 102 millions de visiteurs internationaux et en confortant sa position de destination la plus visitée au monde.

Pour de nombreux voyageurs saoudiens, la France n’est pas simplement une destination incontournable : c’est une expérience enrichissante, façonnée par les rencontres avec sa culture, son histoire, sa gastronomie, son art et sa vie intellectuelle.

Les deux pays sont de plus en plus connectés grâce à des liaisons aériennes directes. Saudia assure des vols directs entre Paris et Riyad ainsi qu’entre Paris et Djeddah. Dans le même temps, Air France a lancé sa liaison directe Paris-Riyad à l’été 2025, élargissant les possibilités de voyage entre les deux capitales.

Pour les visiteurs saoudiens, ces liaisons ouvrent la porte aux attractions emblématiques, mais surtout à une ville qui peut se découvrir à travers sa culture, son histoire, ses musées, sa gastronomie et la vie quotidienne.

Marwan Alrasheed, traducteur et consultant culturel, s’est rendu en France à l’automne 2025, animé précisément par cette curiosité.

« Je suis venu découvrir la richesse culturelle de Paris, qu’elle soit artistique, historique, philosophique ou culinaire », a-t-il déclaré à Arab News, décrivant Paris comme occupant « une place prépondérante dans l’histoire de la culture humaine ».

Alrasheed a séjourné pendant dix jours dans le Quartier latin, près de la Sorbonne, l’un des quartiers les plus étroitement associés à l’histoire intellectuelle de la ville.

Son itinéraire, riche et varié, reflétait ces centres d’intérêt. Il s’est notamment rendu aux Deux Magots, le célèbre café associé à des écrivains, artistes et philosophes tels que Simone de Beauvoir, Jean-Paul Sartre et Albert Camus.

Il a également exploré le Louvre, où il a admiré la Joconde de Léonard de Vinci et la Victoire de Samothrace.

Alrasheed s’est aussi arrêté à Shakespeare and Company, la librairie anglophone de la rive gauche associée à plusieurs générations d’écrivains, qualifiant son voyage d’« hors du commun et instructif ».

La gastronomie a constitué une autre manière de découvrir la ville.

Passionné d’histoire, Alrasheed a participé à une visite consacrée aux boulangeries historiques parisiennes, explorant l’univers culinaire de la capitale parallèlement à ses visites de musées et de lieux littéraires.

Pris dans leur ensemble, ces expériences ont durablement marqué sa perception de Paris et lui ont donné toutes les raisons d’y revenir. « La gastronomie, la culture, l’art et l’histoire vous invitent tous à revenir », a-t-il déclaré.

Pour Dania Halawani, originaire de Djeddah, la France a offert un autre type de lien personnel. Sa première visite a eu lieu pendant sa lune de miel, lorsqu’elle a passé une semaine à voyager entre Paris, Versailles et Marseille.

« En plus d’être d’une beauté à couper le souffle et incroyablement riche en culture à chaque coin de rue, c’est un pays absolument romantique », a-t-elle déclaré à Arab News.

Versailles a été l’un des temps forts du voyage. « Nous avons parcouru le palais et nous avions l’impression de revivre son histoire et de la respirer », a-t-elle raconté.

Le séjour lui a également permis de se familiariser davantage avec la langue française, l’anglais ne lui permettant pas toujours de communiquer, et elle a commencé à apprendre des mots et des expressions au fil de son voyage.

Pour d’autres visiteurs saoudiens, la France a été une source d’inspiration professionnelle.

Les voyages répétés à Paris de la cheffe pâtissière saoudienne Al-Batoul Al-Maddah l’ont aidée à transformer son intérêt pour la pâtisserie en véritable carrière.

« Je voyageais à Paris à chaque vacances et je découvrais de nouvelles pâtisseries et de nouvelles saveurs, car la pâtisserie ressemble à la mode : tout est question de nouvelles tendances », a-t-elle déclaré à Arab News.

Elle a ensuite choisi d’étudier à Paris, attirée par la culture culinaire de la ville et la créativité de sa scène pâtissière.

« Ma vie étudiante à Paris a été remarquable et j’ai eu la chance d’en apprendre davantage sur ce que j’aime vraiment », a-t-elle déclaré.

Pour Hadeel Al-Nufaiey, l’expérience est allée encore plus loin. Elle a vécu cinq ans à Paris pendant ses études à l’université Paris Descartes, décrivant cette période comme une expérience culturelle, éducative et sociale déterminante.

La vie à Paris l’a amenée à participer à des conversations sur l’Arabie saoudite avec des personnes qui connaissaient peu le Royaume.

Elle a expliqué qu’elle se retrouvait souvent à présenter la société et la culture saoudiennes à des personnes dont la perception était largement façonnée par la couverture médiatique.

« J’ai essayé de contribuer au changement autant que possible et j’espère avoir représenté l’Arabie saoudite de la meilleure manière », a-t-elle déclaré.

À son retour à Riyad, la France était également devenue une partie de sa vie familiale : ses deux jeunes enfants parlent couramment français.

Cafés philosophiques, bibliothèques historiques, pâtisseries et bien d’autres découvertes sont autant d’expériences que les voyageurs saoudiens rapportent de France. Ce qui les relie souvent, c’est le sentiment que le pays offre bien plus qu’une simple liste d’attractions incontournables : il offre la possibilité de découvrir des idées, des goûts et des traditions qui continuent de façonner leurs souvenirs longtemps après la fin du voyage. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com