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Le moment où Boutros-Ghali devint secrétaire général de l’ONU

Au commencement de sa carrière, Boutros-Ghali joua un rôle majeur dans la négociation des Accords de Camp David, sous la médiation du président américain Jimmy Carter (Photo, Getty Images).
Au commencement de sa carrière, Boutros-Ghali joua un rôle majeur dans la négociation des Accords de Camp David, sous la médiation du président américain Jimmy Carter (Photo, Getty Images).
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Publié le Mardi 08 décembre 2020

Le moment où Boutros-Ghali devint secrétaire général de l’ONU

  • Le 3 décembre 1991, l’homme politique égyptien Boutros Boutros-Ghali est nommé 6ème Secrétaire général de l’ONU
  • Au commencement de sa carrière, Boutros-Ghali joua un rôle majeur dans la négociation des Accords de Camp David

Effectuant un mandat de 1992 à 1996, l’Egyptien est le seul Arabe à avoir occupé ces fonctions.

Résumé

Le 3 décembre 1991, l’homme politique égyptien Boutros Boutros-Ghali est nommé 6ème Secrétaire général de l’ONU et devient la première personne du continent africain à occuper ce poste. En concurrence avec 14 autres candidats, il est élu par le Conseil de sécurité.

Au commencement de sa carrière, Boutros-Ghali joua un rôle majeur dans la négociation des Accords de Camp David, sous la médiation du président américain Jimmy Carter, qui menèrent à la signature d’un traité de paix entre l’Egypte et Israël en 1979.

Mais des différends réguliers avec les Etats-Unis devinrent le thème récurrent des cinq années du mandat de Boutros-Ghali en tant que secrétaire général des Nations unies. Ce mandat coïncida avec plusieurs crises graves, notamment en Yougoslavie, au Rwanda et en Somalie, qui suscitèrent des doutes sur l’efficacité de l’organisation.

Malgré le soutien de 14 des 15 membres du Conseil de sécurité de l’ONU, et bien qu’étant le seul candidat à sa réélection, Boutros-Ghali devint le premier secrétaire général à ne pas effectuer de second mandat, se voyant opposé le véto américain.

LE CAIRE: Nul autre diplomate égyptien de la seconde moitié du XXème siècle n’a joui d’une notoriété et d’une renommée internationale telles que celles qu’a connues Boutros Boutros-Ghali. Il est le seul Arabe à avoir assumé le rôle de secrétaire général des Nations unies, lors d’un mandat débuté en 1992 et achevé en 1996.

Aujourd’hui, en Egypte, le nom de Boutros-Ghali revient souvent dans les discussions, au milieu de la crise que connaît le pays, avec notamment les problèmes autour du Grand barrage de la Renaissance éthiopienne. Les Egyptiens, même les plus modestes, savent très bien qu’il était, de toute l’histoire du pays, le responsable égyptien jouissant des plus fortes relations avec les pays africains. Sa nomination au poste de secrétaire général de l’ONU avait elle-même été soutenue principalement par un nombre important de pays africains.

Boutros-Ghali est l’une des figures politiques les plus importantes de l’histoire de l’Egypte moderne. Sa renommée, d’abord locale, est vite devenue mondiale. L’Organisation des Nations unies à fait face à des défis mondiaux durant son mandat de secrétaire général, qui coïncida avec des changements radicaux sur la scène internationale, notamment l’effritement de l’Union soviétique, la fin de la Guerre froide, et le début de l’hégémonie américaine dans un monde désormais unipolaire. Cette période fut aussi celle des répercussions de la Guerre du Golfe, de l’éclatement de la Yougoslavie et du génocide au Rwanda.

Tout au long de son mandat, Boutros-Ghali a renforcé les mécanismes de travail de l’ONU et ses moyens d’intervention dans les conflits, toujours dans le but de les limiter et de résoudre les différends en utilisant la voie pacifique. Il a mis au point un concept de diplomatie préventive, renforçant les capacités de l’organisation dans le maintien et le rétablissement de la paix, et la dotant d’outils de consolidation de la paix après les conflits.

« Cela n’est un secret pour personne proche de Boutros-Ghali que le fait de ne pas avoir été nommé ministre des Affaires étrangères a pesé sur lui tout au long de sa vie »

Dr. Abdellatif El-Menawy

Boutros-Ghali est né au Caire le 14 novembre 1922, issu d’une famille copte. Il porte le nom de son grand-père paternel, qui fut Premier ministre égyptien de 1908 jusqu’à son assassinat en 1910. Son grand-père maternel, Mikhail Sharobim, est un historien reconnu, auteur du  Guide complet de l’histoire ancienne et moderne de l’Egypte. Boutros Ghali déclara lors d’un entretien : « « Ma famille est tombée dans la jarre des affaires étrangères il y a bien longtemps. » La plupart des membres de sa famille étaient en effet associés de loin ou de près à ce ministère.

Il prit les fonctions de ministre des Affaires étrangères par intérim en 1977, succédant à Ismaïl Fahmi, qui démissionna du poste suite à la visite historique d’Anouar el-Sadate à Jérusalem.  

Il fut réintégré à ce poste en 1978-1979, succédant cette fois-ci à Mohammed Ibrahim Kamel, qui était en désaccord avec Sadate pour des raisons similaires à celles qui avaient poussé Fahmi à démissionner. Kamel, lui, démissionna la veille de la signature des Accords de Camp David.

Les dates clés :

  1. Le 14 novembre 1922

Naissance de Boutros Boutros-Ghali au Caire.

  1. En 1977

Il accompagne le président égyptien Sadate lors de sa visite historique à Jérusalem.

  1. Entre 1977 et 1991

Il occupe les fonctions de ministre d'État aux Affaires étrangères.

  1. Du 5 au 17 septembre 1978

Il participe au sommet de Camp David en tant que négociateur dans les accords signés entre l’Egypte et Israël. 

  1. Le 3 décembre 1991

Il est nommé secrétaire général de l’ONU.

  1. Le 1er janvier 1992

Il entame son mandat de 5 ans de secrétaire général de l’ONU

  1. Les 3 et 4 Octobre 1993

19 soldats américains sont tués lors du raid « Black Hawk Down » (La chute du faucon noir) sur Mogadiscio en Somalie, mandaté par les Nations unies. Boutros-Ghali est pointé du doigt par les Américains suite à l’échec de cette opération.

  1. En 1996

Le véto américain le prive d’un second mandat de secrétaire général de l’ONU.

  1. En 1999

Il publie ses mémoires Unvanquished (en français : Mes Années à la Maison de Verre) où il décrit, durant son mandat de cinq ans, ses relations orageuses avec l’administration américaine, coupable selon lui de l’échec de l’ONU.

  1. Le 16 février 2016

Boutros-Ghali meurt au Caire, âgé de 93 ans.

Boutros-Ghali resta dans ses fonctions durant le règne de Hosni Moubarak et occupa plusieurs autres positions, notamment Vice-Premier Ministre, ministre d’Etat à l’Immigration et ministre d’Etat aux Affaires étrangères avant de devenir secrétaire général de l’ONU durant un seul mandat, marqué par les réticences américaines à son égard.

Malgré une longue carrière au ministère des Affaires étrangères égyptien, il ne fut jamais nommé ministre des Affaires étrangères, mais uniquement ministre d’Etat. Cela n’est un secret pour personne proche de Boutros-Ghali que le fait de ne pas avoir été nommé ministre des Affaires étrangères a pesé sur lui tout au long de sa vie, même si l’un des surnoms que lui avaient attribué ses compatriotes était « le père de la diplomatie populaire ».

« Lors de son discours à l’Assemblée générale, Ghali ne fit aucune mention spécifique au Moyen-Orient, alors qu’on attendait de lui de faire de la recherche d’une solution au conflit arabo-israélien une priorité ».

Extrait d’un article de AP à la une de Arab News, le 4 décembre 1991.

Boutros-Ghali est élu au poste de secrétaire général des Nations unies en 1991. Il s’est trouvé confronté à de grandes difficultés durant son mandat. Il dévoila sans détours ces obstacles dans son livre Mes Années à la Maison de Verre dans lequel il révéla la face cachée du fonctionnement du Conseil de sécurité de l’ONU et le rôle américain dans la crise qui bouleversa le monde à cette époque.

Son livre apporta un éclairage sur la détérioration de ses relations avec Washington, qu’il accusa de se contenter d’afficher des positions prétendument fortes, tout en poussant l’ONU à mener des batailles âpres sans toutefois mobiliser les moyens et fonds nécessaires à son succès. Ces relations compliquées lui coutèrent son poste. En 1996, 10 membres du Conseil de sécurité des Nations unies, dont l’Egypte, la Guinée-Bissau et le Botswana proposèrent une résolution pour l’extension du mandat de Boutros-Ghali pour cinq années supplémentaires. 14 des 15 membres approuvèrent la résolution mais les Etats-Unis opposèrent leur véto et il fut forcé de quitter l’organisation internationale la plus importante au monde.

Boutros-Ghali expliqua que plusieurs raisons avaient motivé le véto américain contre sa nomination pour un second mandat, dont des pressions politiques liées à l’élection présidentielle américaine en 1996, des désaccords entre les Etats-Unis et l’ONU sur des sujets tels que la guerre en Bosnie et le génocide au Rwanda, ainsi que des tensions liées aux arriérés dans les contributions dues par les Etats-Unis.

Suite à son départ de l’ONU, Boutros-Ghali devint le premier secrétaire général de l’Organisation internationale de la Francophonie. Il dirigea également le Conseil national des droits de l’Homme en Egypte duquel il démissionna en février 2011, peu de temps après les manifestations du 25 janvier et le départ forcé de Moubarak.

 
Extrait des Archives d’Arab News du 4 décembre 1991

Lorsque l’Etat égyptien décida d’établir le Conseil national des droits de l’Homme en 2003, il ne pouvait trouver de personnalité égyptienne plus apte et renommée que Boutros-Ghali pour occuper ce poste. Il possédait toutes les qualités requises et fut choisi pour diriger le Conseil dès sa création jusqu’en 2011. Il en devint ensuite le président d’honneur en 2013.

L’une des prises de position de Boutros-Ghali dont les Egyptiens se souviennent particulièrement fut lors du renversement des Frères Musulmans. Boutros-Ghali écrivit alors à Ban Ki-moon, le Secrétaire général des Nations unies à ce moment, lui disant : « Ce qui s’est passé en Egypte le 30 Juin, le jour des manifestations pour le départ de Mohammed Morsi, était une révolution à part entière, qui vit la chute d’un régime fasciste sous couvert de religion ».

Boutros-Ghali mentionna dans son message que le rôle de l’ONU, à travers ses différents mécanismes et instruments était ‘d’assurer la paix internationale, la sécurité et la coopération entre les Etats ». Il ajouta que l’organisme devait chercher à ‘respecter ses principes et sa charte pour assurer paix, sécurité et justice et combattre le terrorisme ». Il mentionna que « le peuple égyptien s’était révolté pour éliminer un régime fasciste qui opérait sous couvert de religion et cherchait à diviser la société, favorisant une fraction de cette dernière aux dépens du reste de la population ». Enfin, il observa que le peuple égyptien s’était révolté pour « éliminer un régime qui avait accentué les discriminations ».

Boutros-Ghali est mort le 16 février 2016 à l’âge de 93 ans, dans un hôpital du Caire, après un combat contre une maladie. Il s’apprêtait alors à voyager pour Paris à bord d’un avion sanitaire des Nations Unies afin de poursuivre son traitement et de subir une intervention chirurgicale. Son destin devait être de mourir au Caire, s’accrochant jusqu’à son dernier souffle, comme si l’Egypte refusait de le voir partir, par loyauté et en appréciation de son engagement et de ses efforts. Il avait dédié sa vie à son pays depuis son plus jeune âge.

L’Egypte lui fit ses adieux lors d’obsèques militaires et d’une cérémonie présidée par le pape copte Tawadros II, en présence du président Abdel Fattah al-Sissi ainsi que d’autres personnalités politiques et responsables égyptiens. Il fut enterré à l’église Saint-Pierre et Saint-Paul au Caire, dans le quartier d’Abbassia.

 

Dr. Abdellatif El-Menawy, chroniqueur pour Arab News, a rencontré Boutros-Ghali pour la première fois en 1983. El-Menawy venait tout juste de débuter sa carrière de journaliste au magazine ‘Al-Majalla’ alors que Boutros-Ghali était ministre d’état aux Affaires étrangères. Cette première rencontre était aussi le début d’une longue relation professionnelle. Twitter : @ALMenawy


Le Hamas exhorte l'Iran à cesser de bombarder ses voisins

Le Hamas a appelé samedi l’Iran à s’abstenir de viser les pays voisins, tout en affirmant le droit de Téhéran à se défendre contre Israël et les États-Unis. (AFP)
Le Hamas a appelé samedi l’Iran à s’abstenir de viser les pays voisins, tout en affirmant le droit de Téhéran à se défendre contre Israël et les États-Unis. (AFP)
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  • Le Hamas appelle l’Iran à cesser de frapper les pays voisins en représailles aux attaques américano-israéliennes, tout en affirmant le droit de Téhéran à se défendre
  • Le mouvement palestinien exhorte aussi la communauté internationale à agir pour mettre fin immédiatement à la guerre régionale

Gaza, Territoires palestiniens: Le mouvement islamiste palestinien Hamas a exhorté samedi Téhéran à cesser ses frappes contre les pays voisins en représailles aux attaques américano-israéliennes dont il est la cible, tout en affirmant le droit de son allié à se défendre.

Le Hamas a également appelé la communauté internationale à "œuvrer à l'arrêt" immédiat de la guerre.

Il s'agit de la première déclaration en ce sens du Hamas, dont la République islamique est traditionnellement l'un des principaux soutiens, depuis le début, le 28 février, de l'offensive menée conjointement par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran.

"Tout en affirmant le droit de la République islamique d'Iran à riposter à cette agression par tous les moyens disponibles, conformément aux normes et au droit international, le mouvement appelle ses frères en Iran à ne pas prendre pour cible les pays voisins", a écrit le Hamas sur Telegram.

Le Hamas avait auparavant condamné l'assassinat du guide suprême iranien, Ali Khamenei, tué par une frappe israélienne à Téhéran au premier jour de la guerre, le qualifiant de "crime odieux".

"Il a fourni toutes les formes de soutien politique, diplomatique et militaire à notre peuple, à notre cause et à notre résistance", avait déclaré le mouvement peu après la mort de l'ayatollah Khamenei.

Mercredi, le Hamas a souhaité au fils de Khamenei, Mojtaba Khamenei, nommé nouveau guide suprême en remplacement de son père, de "vaincre l'agression israélo-américaine".

Face à l'offensive américano-israélienne, l'Iran a riposté par des tirs contre une dizaine de pays. Samedi, le Qatar a annoncé avoir intercepté deux missiles après des explosions entendues dans la capitale Doha.

Le mouvement libanais Hezbollah, lui aussi allié de Téhéran, est entré en guerre le 2 mars en tirant des roquettes sur le sol israélien, provoquant une campagne de bombardements massifs menée par Israël au Liban.

Le Hamas et le Hezbollah, comme les rebelles houthis du Yémen, font partie des groupes armés soutenus par l'Iran contre Israël dans la région. Parmi les objectifs affichés de son offensive contre Téhéran, Israël avait affirmé vouloir détruire le soutien iranien à ces mouvements.

- "Semer la discorde" -

Selon une source au sein du Hamas, interrogée par l'AFP, la direction du mouvement est en contact avec les dirigeants iraniens "depuis plusieurs jours en les appelant à ne pas viser des États voisins comme les pays du Golfe, d'autres pays arabes et la Turquie".

Israël "cherche à semer la discorde entre l'Iran et ses voisins arabes et musulmans", a ajouté cette source sous couvert d'anonymat. "La direction du Hamas a également pris contact avec des responsables de plusieurs pays, dont le Qatar, la Turquie et l'Irak, les exhortant à œuvrer pour mettre un terme" à l'offensive israélo-américaine.

Plusieurs pays majoritairement sunnites entretiennent aussi des liens avec le Hamas, notamment la Turquie et le Qatar, qui héberge depuis 2012 la direction politique du mouvement et a joué un rôle-clé dans les négociations indirectes avec Israël en vue de mettre un terme à la guerre dans la bande de Gaza.

Ces négociations ont abouti à un cessez-le-feu fragile qui se maintient depuis le 10 octobre 2025, après deux ans de guerre provoquée par l'attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023.

Le Qatar a aussi fourni une importante aide financière à Gaza depuis la prise de pouvoir du Hamas dans le territoire palestinien en 2007, en grande partie présentée comme une aide humanitaire ou à la reconstruction.

La Turquie de son côté fournit principalement un soutien politique et diplomatique plutôt qu'un financement direct à grande échelle au Hamas.

Vendredi, la Turquie a annoncé qu'un troisième missile balistique tiré depuis l'Iran, depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, avait été abattu dans l'espace aérien turc par les forces de l'Otan.


Le chef de l’ONU affirme que « le temps des groupes armés est révolu » après sa rencontre avec le président libanais

Sur cette photo diffusée par le bureau de presse de la présidence libanaise, le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, s’adresse aux journalistes après sa rencontre avec le président libanais Joseph Aoun au palais présidentiel de Baabda, à l’est de Beirut, le vendredi 13 mars 2026. (Bureau de presse de la présidence libanaise via AP)
Sur cette photo diffusée par le bureau de presse de la présidence libanaise, le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, s’adresse aux journalistes après sa rencontre avec le président libanais Joseph Aoun au palais présidentiel de Baabda, à l’est de Beirut, le vendredi 13 mars 2026. (Bureau de presse de la présidence libanaise via AP)
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  • Antonio Guterres était à Beyrouth « en ami du peuple libanais »
  • Il a appelé à ce que l’intégrité territoriale du pays soit « pleinement rétablie »

NEW YORK : Le secrétaire général de l’ONU a appelé vendredi à un État libanais fort détenant le monopole de l’usage de la force, après une rencontre avec le président Joseph Aoun.

« Ce n’est plus le temps des groupes armés », a déclaré Antonio Guterres. « C’est le temps des États forts. »

S’exprimant après la réunion à Beirut, il a ajouté : « J’appelle fermement les deux parties, le Hezbollah et Israël, à un cessez-le-feu afin d’arrêter la guerre et d’ouvrir la voie à une solution. »

Une telle solution, a-t-il précisé, devrait permettre au Liban d’émerger comme un État souverain doté d’une pleine intégrité territoriale et d’institutions étatiques contrôlant l’usage de la force.

Arrivé plus tôt à Beyrouth pour une visite de solidarité « en ami du peuple libanais », il a déclaré aux journalistes : « C’est dans les moments difficiles que l’amitié et la solidarité sont essentielles. »

Il a déclaré être conscient de la souffrance « énorme » des Libanais alors que le mois sacré musulman du Ramadan coïncide avec la période chrétienne du Carême. « Ce devraient être des moments de paix, ce devraient être des moments de solidarité », a-t-il ajouté.

« Malheureusement, le Liban a été entraîné dans une guerre qui n’est pas une guerre que son peuple aurait souhaitée. »

« J’espère sincèrement que lors de ma prochaine visite au Liban, je pourrai voir un Liban en paix, un Liban où l’État détient le monopole de l’usage de la force et où l’intégrité territoriale est pleinement rétablie », a-t-il conclu. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Les Etats-Unis frappent le hub pétrolier de l'Iran dans le Golfe

Le président américain Donald Trump s’adresse aux médias avant d’embarquer à bord d’Air Force One pour se rendre en Floride, à la base conjointe Andrews, dans le Maryland (États-Unis), le 13 mars 2026. (REUTERS)
Le président américain Donald Trump s’adresse aux médias avant d’embarquer à bord d’Air Force One pour se rendre en Floride, à la base conjointe Andrews, dans le Maryland (États-Unis), le 13 mars 2026. (REUTERS)
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  • Donald Trump affirme que l’armée américaine a « totalement détruit » des cibles militaires sur l’île iranienne de Kharg Island et menace de viser ses infrastructures pétrolières si l’Iran entrave la navigation dans le dans le détroit d’Ormuz
  • Le conflit régional se poursuit avec des frappes et représailles entre l’Iran, les États-Unis et leurs alliés, tandis que Washington envisage d’escorter des pétroliers dans ce détroit stratégique par où transite environ 20% du pétrole mondial

TEHERAN: Donald Trump a déclaré vendredi soir avoir "complètement détruit" des cibles militaires sur l'île de Kharg, le hub pétrolier de l'Iran, et menacé de s'en prendre à ses infrastructures pétrolières si Téhéran entrave la libre circulation des navires dans le détroit stratégique d'Ormuz.

"J'ai choisi de NE PAS détruire les infrastructures pétrolières de l'île. Cependant si l'Iran, ou quiconque d'autre venait à faire quoi que ce soit pour entraver le passage libre et sûr des navires dans le détroit d'Ormuz, je reconsidérerais immédiatement ma décision", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social.

Il a annoncé que l'armée américaine "a mené l'un des raids aériens les plus puissants de l'histoire au Moyen-Orient, et a totalement détruit toutes les cibles militaires" sur Kharg.

La veille, le président du Parlement iranien, l'influent Mohammad Bagher Ghalibaf, avait déclaré que Téhéran "abandonnera toute retenue" si les Etats-Unis et Israël attaquent ses îles du Golfe.

Bande de terre broussailleuse située dans le nord du Golfe, à environ 30 kilomètres des côtes, Kharg abrite le plus grand terminal d'exportation de pétrole brut de l'Iran.

Après deux semaines de guerre qui n'ont pas fait céder le pouvoir iranien, l'intransigeance de l'ensemble des belligérants, qui poursuivent samedi matin leurs frappes, ne laisse présager aucun répit dans ce conflit qui déchire le Moyen-Orient et perturbe de plus en plus le commerce mondial faisant flamber les prix du pétrole.

L'Iran continue ainsi ses représailles aériennes contre les Etats du Golfe. Des explosions ont été entendues tôt samedi à Doha, la capitale du Qatar, par des journalistes de l'AFP, après que le ministère de l'Intérieur a ordonné l'évacuation de certaines zones clefs.

Donald Trump a également déclaré que la marine américaine allait commencer "très bientôt" à escorter des pétroliers dans le détroit d'Ormuz, par où transite 20% de la production mondiale d'hydrocarbures.

- Frapper "très fort" -

Selon la presse américaine, les Etats-Unis vont aussi envoyer des renforts au Moyen-Orient, le New York Times parlant de quelque 2.500 Marines et trois navires de plus.

Le Wall Street Journal cite lui des responsables américains selon lesquels le navire d'assaut Tripoli, basé au Japon, et les Marines qui lui sont attachés, se dirigent vers la même région.

Combien de temps va durer cette guerre? Elle se poursuivra la semaine prochaine, où les Etats-Unis veulent frapper l'Iran "très fort", a annoncé Donald Trump.

Mais le président américain a aussi admis qu'un renversement du pouvoir par le peuple à Téhéran, espéré par Washington dans la foulée du déclenchement de cette guerre le 28 février, ne se produirait "peut-être pas immédiatement".

Les Etats-Unis ont annoncé offrir 10 millions de dollars en échange d'informations qui permettront de savoir où sont dix des plus hauts dirigeants iraniens, dont le nouveau guide suprême, Mojtaba Khamenei, et le chef de la sécurité Ali Larijani.

L'état de santé de Mojtaba Khamenei reste incertain après qu'il a été lui-même blessé dans un bombardement. Vendredi, le ministre américain de la Défense Pete Hegseth a avancé qu'il était "probablement défiguré".

Téhéran a été visée vendredi par de nouveaux bombardements, du matin jusqu'en début de soirée où une brève série de fortes explosions a été entendue, selon des journalistes de l'AFP.

- "Trump ne comprend pas" -

Dans la matinée, Ali Larijani était apparu en public au coeur de Téhéran, aux côtés du président Massoud Pezeshkian, défiant l'ennemi en participant à une manifestation pro-gouvernementale.

La manifestation a rassemblé une importante foule - difficile à évaluer même si elle tapissait complètement certaines grandes artères - malgré la pluie et la peur des frappes meurtrières qui ont fait plus de 1.200 morts selon le dernier bilan des autorités, et plus de 1.800 selon l'ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA).

"Le problème de Trump, c'est qu'il ne comprend pas que le peuple iranien est une nation courageuse, une nation forte, une nation déterminée", a lancé Ali Larijani. "Plus il accentuera sa pression, plus la détermination de la nation se renforcera".

- "Longue confrontation" -

L'armée israélienne a annoncé avoir mené 7.600 frappes en Iran en deux semaines, et 1.100 frappes au Liban, où elle pilonne le mouvement islamiste Hezbollah, allié de Téhéran. Ses bombardements au Liban ont tué 773 personnes, dont 103 enfants, et blessé près de 2.000, selon les autorités locales.

Une frappe israélienne contre un centre de santé dans le sud du Liban a tué au moins 12 membres du personnel médical, a annoncé samedi le ministère libanais de la Santé.

L'Agence nationale d'information (Ani, officielle) a également fait part de frappes israéliennes ayant touché vendredi un quartier général des casques bleus dans le sud du Liban.

Le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, a affiché son inflexibilité, déclarant que son groupe était prêt à "une longue confrontation" avec Israël.

Les Gardiens ont annoncé avoir tiré avec le Hezbollah des missiles et drones sur Israël en réplique aux attaques américano-israéliennes.