Fête nationale sous tension au Brésil, les pro-Bolsonaro dans la rue

Un partisan du président brésilien Jair Bolsonaro crie à la police en essayant de se rapprocher de la Cour suprême, au milieu de la fête de l'indépendance du Brésil, à Brasilia le 7 septembre 2021. (Photo, AFP)
Un partisan du président brésilien Jair Bolsonaro crie à la police en essayant de se rapprocher de la Cour suprême, au milieu de la fête de l'indépendance du Brésil, à Brasilia le 7 septembre 2021. (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 07 septembre 2021

Fête nationale sous tension au Brésil, les pro-Bolsonaro dans la rue

  • La fête de l'indépendance s'annonce très tendue et tout peut arriver au Brésil selon les analystes
  • Mardi matin, des milliers de bolsonaristes, certains visiblement prêts à en découdre, se trouvaient sur l'Esplanade des ministères, au coeur de Brasilia

BRASILIA : Des milliers de manifestants étaient réunis tôt mardi matin à Brasilia en soutien au président Jair Bolsonaro, qui a appelé "des foules gigantesques" à descendre dans les rues pour le soutenir, en ce jour de fête nationale.

La fête de l'indépendance s'annonce très tendue et tout peut arriver au Brésil selon les analystes, d'autant que l'opposition a elle aussi prévu de manifester en masse aux cris de "Fora Bolsonaro" ("Bolsonaro dehors").

C'est du camp du président d'extrême droite qu'est venue l'alerte dans la nuit de lundi à mardi, lorsque des centaines de ses sympathisants, à bord de camions, ont brisé des barrières et pénétré dans l'avenue menant au Congrès et à la Cour suprême (STF), qui avait été fermée à la circulation par mesure de sécurité.

"On vient d'entrer! La police n'a pas pu arrêter le peuple! Et demain nous allons envahir le STF!", a crié l'un d'eux, s'inspirant visiblement de l'invasion spectaculaire du Capitole aux Etats-Unis par des soutiens de l'ex-président Donald Trump, en janvier dernier. 

Mardi matin, des milliers de bolsonaristes, certains visiblement prêts à en découdre, se trouvaient sur l'Esplanade des ministères, au coeur de Brasilia, dans l'attente d'un bref discours du chef de l'Etat, a constaté l'AFP.

De nombreux manifestants portaient des bannières, ou des pancartes exigeant la destitution des juges de la Cour suprême, d'autres priaient. 

"Je suis venu pour défendre notre liberté et libérer le pays de cette bande immonde de politiciens corrompus de la Cour suprême qui veulent nous la retirer", a déclaré à l'AFP Marcio Souza, un agent de sécurité portant un t-shirt arborant le visage de Jair Bolsonaro.  

Le chef de l'Etat, dont la popularité est en berne dans tous les sondages à un peu plus d'un an de la présidentielle, espère faire de cette journée une implacable démonstration de force. 

Il a provoqué une grave crise institutionnelle en déclarant la guerre à la Cour suprême après l'ouverture d'enquêtes contre lui. 

« Rupture » institutionnelle

Vendredi dernier, il n'avait pas hésité à dire que cette journée de mobilisation constituerait un "ultimatum" pour la Cour suprême. Samedi, il a même évoqué la possibilité d'une "rupture" institutionnelle.

Mais l'opposition a prévu de descendre elle aussi dans la rue ce mardi, inquiète des menaces que fait peser sur la démocratie le président.

D'importants dispositifs de sécurité ont été mis en place dans les grandes villes, en priorité à Brasilia, puis à Sao Paulo, afin d'éviter tout débordement. 

Cortèges de bolsonaristes et d'anti-Bolsonaro ne devraient pas se croiser, ni croiser le fer. En tout cas sur le papier.

C'est à Brasilia le matin puis à Sao Paulo l'après-midi que se concentre la mobilisation. Les réseaux sociaux bolsonaristes ont battu sans relâche le rappel des troupes. Des centaines d'autocars de sympathisants de Bolsonaro devaient converger vers Sao Paulo. 

A Sao Paulo, plus grande métropole du Brésil, Jair Bolsonaro a annoncé compter sur "deux millions" de sympathisants sur l'Avenue Paulista, où il devrait prononcer un discours plus enflammé qu'à Brasilia.`

Pendant ce temps, le principal cortège anti-Bolsonaro doit partir à trois kilomètres de là, au Vale do Anhangabau, en centre-ville.

Policiers manifestants

Au Brésil, les spécialistes en sécurité craignent notamment la présence de policiers militaires armés lors des manifestations.

D'après un sondage publié dimanche par le quotidien O Globo, 30% de ces policiers avaient l'intention de descendre dans la rue mardi, même si le règlement leur interdit de prendre part à des manifestations politiques, y compris lors de leurs jours de congés.

La semaine dernière, Jair Bolsonaro avait vivement critiqué les juges et les gouverneurs d'Etats qui envisagent de punir les policiers présents pour le soutenir lors des cortèges du 7-Septembre. 

"C'est un crime (d'interdire les manifestations de policiers), digne d'une dictature. Ils veulent que le mouvement soit moins important, alors qu'un policier en civil, en congé peut justement aider à mener à bien la sécurité de l'événement", a-t-il lancé.

Bolsonaro n'a jamais été aussi impopulaire depuis son arrivée au pouvoir en janvier 2019. Dans les sondages, il est largement distancé par l'ex-président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva dans les intentions de vote pour l'élection d'octobre 2022.

"Il sait que le succès des manifestations pourrait lui donner du répit", estime Geraldo Monteiro, politologue à l'Université de l'Etat de Rio.

Jair Bolsonaro est visé par plusieurs enquêtes de la Cour suprême, notamment pour dissémination de fausses informations.

Et au Sénat, une Commission d'enquête passe au crible depuis plusieurs mois sa gestion de la pandémie, jugée chaotique par les spécialistes, dans un pays où plus de 580.000 personnes sont mortes de Covid-19. 


Nouvel acte d'accusation de la justice américaine contre Maduro et son épouse

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  • L'acte d'accusation révisé vise désormais six personnes, dont Nicolas Maduro, Cilia Flores et le ministre vénézuélien de l'Intérieur, Diosdado Cabello, considéré comme l'un des hommes les plus puissants du pays
  • Ils sont notamment accusés de s'être alliés avec la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), que Washington considère comme "terroriste", ainsi qu'à des cartels criminels pour "acheminer des tonnes de cocaïne vers les Etats-Unis"

WASHINGTON: Le président vénézuélien Nicolas Maduro et son épouse Cilia Flores, emmenés de force par des militaires américains, sont visés par un nouvel acte d'accusation publié samedi pour "narcoterrorisme" et importation de cocaïne aux Etats-Unis.

Quelques heures après l'annonce de l'opération par le président Donald Trump, la ministre américaine de la Justice, Pam Bondi affirmait que le couple était inculpé pour ces faits devant un tribunal fédéral de New York.

Si les poursuites contre Nicolas Maduro et d'autres hauts responsables vénézuéliens dans cette procédure étaient connues depuis 2020, le nom de son épouse n'y apparaissait pas jusqu'à présent.

L'acte d'accusation révisé vise désormais six personnes, dont Nicolas Maduro, Cilia Flores et le ministre vénézuélien de l'Intérieur, Diosdado Cabello, considéré comme l'un des hommes les plus puissants du pays.

Ils sont notamment accusés de s'être alliés avec la guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), que Washington considère comme "terroriste", ainsi qu'à des cartels criminels pour "acheminer des tonnes de cocaïne vers les Etats-Unis".

Nicolas Maduro et son épouse sont à bord d'un navire à destination de New York pour y être présentés à la justice, a indiqué Donald Trump sur Fox News.

Ils feront face "à toute la rigueur de la justice américaine, sur le sol américain, devant des tribunaux américains", a assuré Mme Bondi.

En août, le ministère de la Justice et le département d'Etat avaient annoncé doubler à 50 millions de dollars la prime pour l'arrestation de Nicolas Maduro et son ministre de l'Intérieur.

Le gouvernement de Nicolas Maduro dénonce de longue date une ingérence des Etats-Unis dans les affaires vénézuéliennes.


Washington travaillera avec les reponsables vénézuéliens «s'ils prennent de bonnes décisions», dit Rubio

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  • Lors d'une opération spectaculaire, les troupes américaines ont capturé et exfiltré samedi le président vénézuélien qui attend désormais en prison à New York d'être traduit devant la justice américaine pour "narcoterrorisme"
  • Interrogé sur la vice-présidente Delcy Rodriguez - à qui la Cour suprême vénézuélienne a confié le pouvoir par interim - le chef de la diplomatie américaine a déclaré que Washington allait juger ses actions et celles des autres dirigeants encore en place

WASHINGTON: Les Etats-Unis travailleront avec les responsables vénézuéliens en place "s'ils prennent de bonnes décisions", a déclaré dimanche le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio, assurant que Washington gardait des moyens de pression sur le pays, notamment l'embargo pétrolier.

"S'ils ne prennent pas de bonnes décisions, les Etats-Unis conserveront de nombreux leviers d'influence pour garantir la protection de nos intérêts, notamment l'embargo pétrolier. Nous allons donc juger, à l'avenir, nous allons juger tout ce qu'ils font", a-t-il dit à propos du gouvernement vénézuélien, lors d'une interview à la chaîne CBS.

Marco Rubio a également semblé nettement tempérer les déclarations faites samedi par le président américain Donald Trump, selon lesquelles les Etats-Unis allaient "diriger" le Venezuela et n'hésiteraient pas à déployer des troupes sur place "si besoin".

Si Donald Trump ne peut pas écarter publiquement toutes les options et notamment celle d'un déploiement de troupes, a-t-il déclaré, "ce n'est pas ce que vous voyez actuellement. Ce que vous voyez actuellement, c'est un embargo pétrolier qui nous permet d'exercer une influence considérable sur la suite des événements".

Lors d'une opération spectaculaire, les troupes américaines ont capturé et exfiltré samedi le président vénézuélien qui attend désormais en prison à New York d'être traduit devant la justice américaine pour "narcoterrorisme".

Interrogé sur la vice-présidente Delcy Rodriguez - à qui la Cour suprême vénézuélienne a confié le pouvoir par interim - le chef de la diplomatie américaine a déclaré que Washington allait juger ses actions et celles des autres dirigeants encore en place et "voir ce qui va se passer".

"La différence" avec Nicolas Maduro, est que "la personne qui était aux commandes (...) était quelqu'un avec qui on ne pouvait pas travailler", et qui ne "respectait pas ses accords", a ajouté Marco Rubio.

Comme on lui demandait si les Etats-Unis soutiendraient Maria Corina Machado, lauréate du prix Nobel de la paix et figure de l'opposition ou Edmundo Gonzalez Urrutia, candidat de l'opposition à la présidentielle de 2024, Marco Rubio a botté en touche.

Les Etats-Unis, a-t-il assuré, ne peuvent plus s'impliquer dans la gestion politique de pays tiers.

Le Venezuela n'est pas "la Libye", "l'Irak", ou "l'Afghanistan". "Notre mission ici est très différente", a affirmé Marco Rubio. "Nous nous attaquons à ce qui constitue une menace pour les intérêts américains".

 


En Floride, Trump et Netanyahu mettent en garde le Hamas

 Donald Trump et Benjamin Netanyahu ont fait front commun lundi en Floride contre l'Iran et toute tentative de réarmement, ainsi que face au Hamas, menacé par le président américain en cas de non-respect de la deuxième phase de la trêve à Gaza. (AFP)
Donald Trump et Benjamin Netanyahu ont fait front commun lundi en Floride contre l'Iran et toute tentative de réarmement, ainsi que face au Hamas, menacé par le président américain en cas de non-respect de la deuxième phase de la trêve à Gaza. (AFP)
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  • Le président américain a minimisé les bruits faisant état de tensions avec le Premier ministre israélien
  • Israël a "respecté le plan" pour Gaza, a-t-il estimé, ajoutant n'être "préoccupé par rien de ce que fait Israël"

PALM BEACH: Donald Trump et Benjamin Netanyahu ont fait front commun lundi en Floride contre l'Iran et toute tentative de réarmement, ainsi que face au Hamas, menacé par le président américain en cas de non-respect de la deuxième phase de la trêve à Gaza.

Depuis les pupitres d'une conférence de presse commune organisée dans la résidence Mar-à-Lago du milliardaire, ce dernier a fermement mis en garde Téhéran, ennemi juré d'Israël, six mois après les frappes américaines contre son programme nucléaire.

"J'espère qu'ils ne sont pas encore en train d'essayer de se réarmer, parce que s'ils le font, nous n'aurons pas d'autre choix que d'éliminer très rapidement ce réarmement", qu'il s'agisse d'installations nucléaires ou de missiles balistiques, a-t-il averti.

Un proche conseiller du guide suprême iranien a réagi dans la foulée, déclarant que "toute agression" envers son pays serait "immédiatement suivie d'une réponse très sévère".

"La capacité balistique et de défense de l'Iran ne peut être contenue" et ne nécessite "aucune autorisation", a écrit sur X Ali Shamkhani.

Le président américain a également minimisé les bruits faisant état de tensions avec le Premier ministre israélien.

Israël a "respecté le plan" pour Gaza, a-t-il estimé, ajoutant n'être "préoccupé par rien de ce que fait Israël".

Donald Trump a en revanche pointé du doigt le mouvement islamiste palestinien Hamas et répété que son désarmement - un des points de la deuxième phase du plan pour Gaza - était nécessaire.

"Prix fort" 

"S'ils ne se désarment pas comme ils s'y sont engagés" et "dans un délai relativement court", "ils paieront le prix fort", a-t-il menacé.

La branche armée du Hamas a toutefois réaffirmé lundi qu'elle "ne renoncerait pas" aux armes "tant que l'occupation perdurera".

Benjamin Netanyahu, qui a qualifié son entrevue avec le républicain de "très productive", a profité de sa visite pour remettre à Donald Trump la plus haute distinction civile du pays.

"Nous n'avons jamais eu d'ami comme le président Trump à la Maison Blanche", a-t-il apprécié.

"Il peut être très difficile" mais Israël "n'existerait peut-être pas" sans le leadership dont Benjamin Netanyahu a fait preuve après les attaques sans précédent du Hamas le 7 octobre 2023, a salué le président américain.

La rencontre entre les deux hommes était la cinquième aux Etats-Unis depuis le retour à la Maison Blanche de Donald Trump il y a près d'un an.

Washington souhaite accélérer la cadence du plan de cessez-le-feu, fragile, en vigueur depuis octobre dans la bande de Gaza entre Israël et le Hamas - qui s'accusent mutuellement de fréquentes violations.

Avertissement envers l'Iran 

Le passage vers sa deuxième phase, qui prévoit le désarmement du Hamas, un retrait progressif de l'armée israélienne de Gaza, la mise en place d'une autorité de transition et le déploiement d'une force internationale de stabilisation dans le territoire palestinien, piétine.

Le média américain Axios rapporte que Washington veut faire des annonces concernant un gouvernement palestinien de technocrates comme autorité de transition pour Gaza dès janvier.

Donald Trump s'est borné lundi à espérer que la "reconstruction" puisse commencer bientôt dans le territoire palestinien, dévasté par deux années d'une guerre déclenchée par l'attaque du 7 octobre 2023.

Un des objectifs du déplacement de Benjamin Netanyahu visait à insister sur le "danger que posent l'Iran" et son programme balistique, "non seulement pour le Moyen-Orient mais aussi pour les Etats-Unis", selon une porte-parole de son gouvernement.

Il s'agit d'une "tentative de fabriquer un nouveau casus belli" contre l'Iran après "l'argument du nucléaire", analyse Sina Toossi, chercheur au Centre pour la politique internationale (CIP) à Washington.

L'Iran "se comporte peut-être mal" en cherchant à se réarmer mais reste intéressé par un accord avec Washington sur ses programmes nucléaires et balistiques, a estimé Donald Trump.

Donald Trump a également espéré que Benjamin Netanyahu pourrait "s'entendre" avec le nouveau président syrien et ancien jihadiste, Ahmad al-Chareh, après des frappes d'Israël à la frontière syrienne et contre le Hezbollah libanais.