Turquie: plongeon de la livre turque après les commentaires du directeur de la banque centrale

Un employé d'un bureau de change compte des billets de banque en livres turques devant le panneau électronique affichant les taux de change dans un bureau de change à Istanbul, le 6 août 2020. (Photo, AFP)
Un employé d'un bureau de change compte des billets de banque en livres turques devant le panneau électronique affichant les taux de change dans un bureau de change à Istanbul, le 6 août 2020. (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 08 septembre 2021

Turquie: plongeon de la livre turque après les commentaires du directeur de la banque centrale

  • « A court terme, nous pensons que les facteurs temporaires qui étaient décisifs sur l'inflation vont perdre leur effet et l'inflation suivra une tendance de baisse lors du dernier trimestre », a déclaré le directeur de la Banque centrale Sahap Kavcioglu
  • Les commentaires de M. Kavcioglu sur ses estimations concernant l'inflation ont été interprétés comme un signe d'une annonce de baisse des taux d'intérêt, contrairement aux attentes du marché

ANKARA: La livre turque a perdu près de 1,5% de sa valeur par rapport au dollar mercredi après des commentaires du gouverneur de la banque centrale turque considérés comme un signe d'une éventuelle baisse des taux d'intérêt.

"A court terme, nous pensons que les facteurs temporaires qui étaient décisifs sur l'inflation vont perdre leur effet et l'inflation suivra une tendance de baisse lors du dernier trimestre", a déclaré le directeur de la Banque centrale Sahap Kavcioglu lors d'une réunion avec des investisseurs, a rapporté l'agence étatique Anadolu.

Les commentaires de M. Kavcioglu sur ses estimations concernant l'inflation ont été interprétés comme un signe d'une annonce de baisse des taux d'intérêt, contrairement aux attentes du marché, lors de la réunion de la banque centrale sur la politique monétaire le 23 septembre prochain.

La livre turque a dégringolé de 1,5% face au dollar, s'échangeant à 8,47 livres pour un dollar mercredi après-midi.

« Les promesses ne veulent rien dire »

Les chiffres de l'inflation sur un an ont atteint 19,25% le mois dernier en Turquie, dépassant ainsi le taux d'intérêt de 19% fixé par la banque centrale.

La hausse des taux est l'un des principaux instruments permettant de lutter contre l'inflation.

Cependant, le président turc Recep Tayyip Erdogan est hostile à des taux d'intérêt élevés qu'il voit comme un frein à la croissance. A rebours des théories économiques classiques, il soutient même que relever les taux alimente la hausse des prix.

Excédé par plusieurs hausses du taux directeur de la banque centrale, M. Erdogan a brutalement limogé trois gouverneurs, dont Naci Agbal, un ex-ministre des Finances respecté des milieux économiques.

Depuis son arrivée à la tête de l'institution, M. Kavcioglu avait maintenu le taux directeur de la banque centrale à 19% et répeté que son principal objectif était de lutter contre l'inflation.

Mais le président turc a plusieurs fois exprimé son souhait de voir les taux d'intérêt baisser pour alléger leur "poids sur les coûts d'investissement".

Selon Timothy Ash, analyste à BlueBay Asset Management, les commentaires de M. Kavcioglu montrent que sa précédente promesse de maintenir positifs les taux d'intérêt réels "ne voulaient rien dire du point de vue des marchés."

"Il est clairement déterminé à ne pas augmenter les taux et les baisssera à la première occasion", a-t-il précisé dans une note envoyé à ses clients.

Les risques d'une croissance rapide

L'économie turque s'est montré résistante face aux chocs extérieurs et ce que de nombreux experts considèrent comme des "mauvaises pratiques" de gestion.

Malgré la pandémie, le produit intérieur brut a augmenté de 1,8% en 2020 et le pays devrait atteindre un taux de croissance de 8% cette année.

Mais des experts mettent en garde contre les risques d'une croissance rapide axée sur les prêts publics, pouvant provoquer des hausses de prix difficiles à gérer pour la population.

Selon les chiffres officiels, les prix des produits alimentaires et des boissons non alcoolisées ont augmenté de 29% sur un an en juillet.

"Il n'y a pas de place pour une baisse des taux dans ce tableau d'inflation. (...) Le taux de change pourrait s'envoler et l'inflation augmenter de manière incontrôlable", a estimé Gizem Ozok Altinsac, l'économiste en chef de l'organisation patronale turque Tusiad, au journal Sozcu.

Une croissance rapide renforce "les risques liés aux prix et à la stabilité financière" en Turquie, a de son côté souligné le cabinet de conseil Oxford Economics dans une note de recherche.


Câbles industriels: Nexans annonce un «réaménagement du calendrier» du mégaprojet à Chypre

Le spécialiste français des câbles électriques Nexans a annoncé mardi un "réaménagement du calendrier" de son mégaprojet de connexion entre Chypre et la Grèce, qui va le retarder, sans toutefois affecter les prévisions financières du groupe. (AFP)
Le spécialiste français des câbles électriques Nexans a annoncé mardi un "réaménagement du calendrier" de son mégaprojet de connexion entre Chypre et la Grèce, qui va le retarder, sans toutefois affecter les prévisions financières du groupe. (AFP)
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  • Nexans avait remporté à l'été 2023 un contrat de 1,43 milliard d'euros pour construire le tronçon Chypre-Grèce de l'interconnecteur électrique EuroAsia, "le plus grand projet d'interconnexion de l'histoire"
  • Chypre est en effet le seul pays européen sans raccordement au gaz ni connexion électrique avec le réseau du continent européen

PARIS: Le spécialiste français des câbles électriques Nexans a annoncé mardi un "réaménagement du calendrier" de son mégaprojet de connexion entre Chypre et la Grèce, qui va le retarder, sans toutefois affecter les prévisions financières du groupe.

"Un réaménagement du calendrier d'activités est actuellement à l'étude avec le client" concernant ce projet, le Great Sea Interconnector (GSI), a déclaré Nexans dans un communiqué, soulignant travailler "en étroite collaboration avec son client afin d'examiner les différentes options en vue de l'élaboration d'un calendrier d'exécution ajusté".

Le groupe assure qu'il "exécute le projet conformément à ses obligations contractuelles et en ligne avec les étapes définies depuis 2023".

Nexans avait remporté à l'été 2023 un contrat de 1,43 milliard d'euros pour construire le tronçon Chypre-Grèce de l'interconnecteur électrique EuroAsia, "le plus grand projet d'interconnexion de l'histoire" qui doit relier Israël, Chypre et l'Union européenne.

Chypre est en effet le seul pays européen sans raccordement au gaz ni connexion électrique avec le réseau du continent européen.

Nexans indique que "ces ajustements affectent la date de livraison du projet" sans apporter plus de précisions, et qu'il reste "pleinement engagé dans l'exécution de ce projet aux côtés de son client".

Ces changements, en revanche, n'ont "pas d'impact sur la guidance 2028 de Nexans, grâce à la solidité du carnet de commandes du groupe et à la mise en œuvre proactive d'actions visant à compenser tout impact potentiel dès 2026".

Nexans communiquera ses prévisions 2026 lors de la publication de ses résultats annuels 2025, le 19 février.

Nexans, 2e mondial de son secteur derrière l'italien Prysmian, compte 28.500 collaborateurs dans 41 pays. Le groupe s'est depuis quelques années recentré sur le transport d'électricité et l'électrification (raccordement des champs éoliens offshore aux réseaux électriques, rénovation et développement des réseaux de transport d'électricité dans de nombreux pays...).

 


Holcim rachète le fabricant français de produits préfabriqués en béton Alkern

Début octobre, la Commission européenne avait renvoyé l'examen de cette opération à l'Autorité de la concurrence en France, la jugeant mieux placée pour étudier cette opération et son impact sur le marché national. Fin décembre, l'Autorité de la concurrence avait annoncé avoir autorisé ce rachat sans conditions. (AFP)
Début octobre, la Commission européenne avait renvoyé l'examen de cette opération à l'Autorité de la concurrence en France, la jugeant mieux placée pour étudier cette opération et son impact sur le marché national. Fin décembre, l'Autorité de la concurrence avait annoncé avoir autorisé ce rachat sans conditions. (AFP)
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  • Son rachat devrait générer 11 millions d'euros de synergies au niveau de l'Ebitda à partir de la troisième année suivant sa reprise et avoir un impact positif sur le bénéfice par action dès la première année, précise le groupe suisse
  • Cette acquisition va permettre à Holcim d'avancer dans son objectif visant à se renforcer dans les solutions de construction pour représenter 50% du total de son chiffre d'affaires en 2030, ajoute le communiqué

ZURICH: Le cimentier suisse Holcim a annoncé mardi avoir finalisé l'acquisition du français Alkern, un fabricant de produits préfabriqués en béton.

Fondée en 1972, l'entreprise basée à Harnes dans le Pas-de-Calais emploie 1.000 personnes à travers 50 sites de production en France et en Belgique et a réalisé un chiffre d'affaires de 250 millions d'euros en 2025, indique le groupe suisse dans un communiqué.

Son rachat devrait générer 11 millions d'euros de synergies au niveau de l'Ebitda à partir de la troisième année suivant sa reprise et avoir un impact positif sur le bénéfice par action dès la première année, précise le groupe suisse, qui avait fusionné en 2015 avec le français Lafarge.

Cette acquisition va permettre à Holcim d'avancer dans son objectif visant à se renforcer dans les solutions de construction pour représenter 50% du total de son chiffre d'affaires en 2030, ajoute le communiqué.

En mai 2025, le géant suisse des matériaux de construction avait annoncé être entré en négociations exclusives avec la société de capital-investissement Chequers Capital en vue du rachat d'Alkern.

Début octobre, la Commission européenne avait renvoyé l'examen de cette opération à l'Autorité de la concurrence en France, la jugeant mieux placée pour étudier cette opération et son impact sur le marché national. Fin décembre, l'Autorité de la concurrence avait annoncé avoir autorisé ce rachat sans conditions.

Dans un commentaire boursier, Martin Hüsler, analyste à la Banque cantonale de Zurich, souligne que le groupe suisse ne fournit aucune indication sur le montant de la transaction, ni sur la rentabilité d'Alkern. Mais il suppose que le prix d'achat est "inférieur à une fois les revenus" d'Alkern.

Avec ses 250 millions d'euros de chiffre d'affaires, l'entreprise française représente "1,5%" des revenus d'Holcim, ajoute l'analyste, qui note qu'il s'agit de sa "troisième acquisition majeure depuis octobre", après celle de l'allemand Xella en octobre, puis du péruvien Cementos Pacasmayo mi-décembre.

 


L’Inde affirme être devenue la quatrième économie du monde, devant le Japon

La publication en 2026 des chiffres du produit intérieur brut (PIB) annuel viendront ou non confirmer officiellement ces prévisions. (AFP)
La publication en 2026 des chiffres du produit intérieur brut (PIB) annuel viendront ou non confirmer officiellement ces prévisions. (AFP)
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  • "Avec un PIB évalué à 4.180 milliards de dollars (3.555 milliards d'euros), l’Inde a dépassé le Japon pour devenir la quatrième économie mondiale, et est sur le point de déloger l’Allemagne de la troisième place dans les 2,5 à 3 prochaines années"
  • Selon le Fonds monétaire international, ce n’est qu'en 2026 que l'Inde figurera à la quatrième place : il estime que son PIB atteindra alors 4,51 milliards de dollars, contre 4.460 milliards pour le Japon

NEW DELHI: L’Inde est devenue la quatrième économie de la planète, devant le Japon, et les autorités espèrent qu'elle dépassera l’Allemagne d’ici trois ans, selon le bilan économique de fin d’année établi par le gouvernement.

La publication en 2026 des chiffres du produit intérieur brut (PIB) annuel viendront ou non confirmer officiellement ces prévisions.

"L’Inde fait partie des grandes économies affichant la croissance la plus rapide au monde et est bien placée pour maintenir cet élan", affirme la note économique.

"Avec un PIB évalué à 4.180 milliards de dollars (3.555 milliards d'euros), l’Inde a dépassé le Japon pour devenir la quatrième économie mondiale, et est sur le point de déloger l’Allemagne de la troisième place dans les 2,5 à 3 prochaines années, avec un PIB estimé à 7.300 milliards de dollars d’ici 2030".

Selon le Fonds monétaire international, ce n’est qu'en 2026 que l'Inde figurera à la quatrième place : il estime que son PIB atteindra alors 4,51 milliards de dollars, contre 4.460 milliards pour le Japon.  Les Etats-Unis, la Chine et l'Allemagne sont, dans cet ordre, les plus grandes économies au monde, selon le FMI.

Les prévisions optimistes de New Delhi interviennent dans un contexte économique compliqué pour le pays le plus peuplé de la planète, avec 1,4 milliard d'habitants.

Fin août, Washington, le premier partenaire commercial du pays, a imposé une hausse de 50% des droits de douane sur les produits "made in India" arrivant aux Etats-Unis, en représailles à ses achats de pétrole russe.

La croissance continue reflète "la résilience de l’Inde face aux incertitudes persistantes (qui pèsent) sur le commerce international", estime le gouvernement.

Le PIB par habitant de l’Inde atteignait 2.694 dollars en 2024, selon les derniers chiffres de la Banque mondiale, soit douze fois moins que les 32.487 dollars du Japon et vingt fois moins que les 56.103 dollars de l’Allemagne.

Plus d’un quart des habitants de l’Inde ont entre 10 et 26 ans, selon les données gouvernementales, mais le taux de chômage des jeunes diplômés reste très élevé.

Le Premier ministre Narendra Modi a annoncé des allégements fiscaux et des réformes du droit du travail après que la croissance économique a atteint un plus bas en quatre ans, au cours de l'exercice annuel clos le 31 mars.

La roupie indienne a atteint un niveau historiquement bas face au dollar début décembre — après avoir chuté d’environ 5% en 2025 — en raison des notamment inquiétudes persistantes liées à l’absence d’accord commercial avec Washington.