Tunisie: l'UE fait part de ses «appréhensions» quant à la situation politique

Borrell s'est défendu de toute volonté d'ingérence, en soulignant le «respect» des Européens «pour la souveraineté de la Tunisie». (Photo, AFP)
Borrell s'est défendu de toute volonté d'ingérence, en soulignant le «respect» des Européens «pour la souveraineté de la Tunisie». (Photo, AFP)
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Publié le Vendredi 10 septembre 2021

Tunisie: l'UE fait part de ses «appréhensions» quant à la situation politique

  • «J'ai transmis au président les appréhensions européennes par rapport à la préservation de l'acquis démocratique en Tunisie», a déclaré Josep Borrell
  • Élu fin 2019, Kais Saied a invoqué la Constitution, le 25 juillet, pour limoger le chef du gouvernement avec qui il était en conflit, suspendre le Parlement et s'arroger tous les pouvoirs (exécutif, parlementaire et judiciaire)

 TUNIS: Le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, a fait part vendredi de ses "appréhensions" au président tunisien, Kais Saied, qui concentre tous les pouvoirs depuis le 25 juillet, l'appelant à rétablir l'activité parlementaire et garantir "l'ancrage démocratique" du pays.

"J'ai transmis au président les appréhensions européennes par rapport à la préservation de l'acquis démocratique en Tunisie", a déclaré Josep Borrell, après avoir rencontré à Tunis M. Saied, plusieurs ministres, ainsi que des représentants des partis politiques et de la société civile.

Rappelant que la Tunisie était "un partenaire important" pour l'Union européenne, il a souligné que "le libre exercice du pouvoir législatif et la reprise de l'activité parlementaire faisaient partie de cet acquis (démocratique) et devaient être respectés".

M. Borrell s'est défendu de toute volonté d'ingérence, en soulignant le "respect" des Européens "pour la souveraineté de la Tunisie". Il a toutefois rappelé au président Saied "l'attachement de l'Union européenne à l'ancrage démocratique de la Tunisie, ainsi qu'au respect de l'état de droit et des libertés fondamentales".

Il est "important de conduire le pays vers le rétablissement de la stabilité institutionnelle en préservant ses fondamentaux démocratiques", a insisté M. Borrell.

Élu fin 2019, Kais Saied a invoqué la Constitution, le 25 juillet, pour limoger le chef du gouvernement avec qui il était en conflit, suspendre le Parlement et s'arroger tous les pouvoirs (exécutif, parlementaire et judiciaire).

Depuis ce coup de force, des arrestations, des interdictions de voyage et des assignations à résidence ont visé plusieurs personnalités dans le cadre d'une "purge" anti-corruption, faisant craindre un recul des libertés.

Le Haut représentant européen a aussi appelé les autorités tunisiennes à rester "à l'écoute des volontés et des aspirations du peuple tunisien dans le cadre d'un dialogue ouvert et transparent", afin que le pays puisse "repartir sur le chemin de la consolidation démocratique".

Depuis 2011, l'UE, l'un des principaux soutiens financiers du pays avec le FMI, s'est "engagée" aux côtés des autorités tunisiennes "dans leur choix de construire une démocratie durable et efficace, au service du peuple", a insisté M. Borrell.

Selon M. Borrell, l'UE attend de voir "les actions et mesures concrètes qui seront prises dans les prochaines semaines" pour décider comment "mieux soutenir et accompagner" la Tunisie. 


Les Emirats interdisent à leurs ressortissants de se rendre en Iran, au Liban et en Irak

Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
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  • Les Émirats arabes unis interdisent à leurs citoyens de voyager en Iran, au Liban et en Irak en raison des tensions régionales
  • Les autorités demandent aux Émiratis présents dans ces pays de rentrer immédiatement, après des attaques de missiles iraniennes visant des infrastructures aux EAU

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont interdit jeudi à leurs ressortissants  de se rendre en Iran, au Liban et en Irak, en invoquant l'évolution de la situation dans la région.

"A la lumière des développements régionaux actuels", le ministère des Affaires étrangères du pays a émis "une interdiction de voyager pour les ressortissants émiratis se rendant en République islamique d'Iran, en République libanaise et en République d'Irak", a rapporté l'agence de presse officielle WAM, indiquant qu'il appelait "tous les ressortissants émiratis actuellement dans ces pays à accélérer leur retour immédiat".

L'Iran a pris pour cible les Emirats, par des tirs de missiles visant des infrastructures civiles et énergétiques, lors du conflit déclenché le 28 février par l'attaque israélo-américaine contre Téhéran, avant l'annonce d'un fragile cessez-le-feu.


Liban: le président condamne les «violations persistantes» du cessez-le-feu par Israël

Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
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  • "Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte"
  • "Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes"

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international.

"Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte", a-t-il déclaré, selon un communiqué de la présidence. De nouvelles frappes israéliennes meurtrières ont visé jeudi des localités dans le sud, selon un média officiel.

"Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes", a ajouté Joseph Aoun, alors que la trêve est entrée en vigueur le 17 avril.

 


Le président iranien affirme que le blocus naval américain est «voué à l'échec»

Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
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  • "Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec"
  • Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril

TEHERAN: Le président iranien a affirmé jeudi que le blocus des ports de son pays par les Etats-Unis était "voué à l'échec" et ne ferait qu'aggraver les perturbations dans le Golfe.

"Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec", a assuré Massoud Pezeshkian dans un communiqué, après qu'un haut responsable de la Maison Blanche a mentionné une possible prolongation de ce blocus "pendant plusieurs mois".

Alors que ces déclarations ont contribué à provoquer un bond des cours du pétrole, le président iranien a estimé que de telles mesures de blocage "non seulement ne permettaient pas d'améliorer la sécurité régionale, mais constituaient une source de tension et une perturbation de la stabilité à long terme du golfe".

Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril.

Dans ces conditions, les forces armées iraniennes ont décidé de maintenir leur contrôle sur le détroit d'Ormuz, par lequel transitait avant le conflit un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde.

Elles menacent de représailles si Washington ne lève pas son blocus.

"Nous ne tolérerons pas le blocus naval. S'il se poursuit, l'Iran ripostera", a averti mercredi sur la télévision d'Etat Mohsen Rezaei, ancien commandant en chef des Gardiens de la Révolution, nommé en mars conseiller militaire du nouveau guide suprême Mojtaba Khamenei.

Il a également mis en garde contre une reprise des hostilités entre l'Iran et les Etats-Unis, qui pourrait selon lui se solder par le naufrage de navires américains et la mort ou l'emprisonnement de nombreux soldats ennemis.

Et un haut responsable de la marine iranienne a évoqué le déploiement "dans un avenir très proche" d'armes navales récemment mises au point.

Le ministre du Pétrole, Mohsen Paknejad, a pour sa part minimisé l'impact du blocus mené par les Etats-Unis, assurant qu'il "ne produirait aucun résultat".

"Les employés de l'industrie pétrolière travaillent sans relâche pour garantir un approvisionnement sans problème", a-t-il dit.