Rapport minoritaire : une enquête spéciale sur les Juifs du Liban

  Une famille juive libanaise réunie pour un mariage à la synagogue Magen Abraham de Beyrouth. (Communauté Juive libanaise)
Une famille juive libanaise réunie pour un mariage à la synagogue Magen Abraham de Beyrouth. (Communauté Juive libanaise)
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Publié le Dimanche 13 septembre 2020

Rapport minoritaire : une enquête spéciale sur les Juifs du Liban

  • Les Juifs du Liban ont quitté leur pays à regret, contrairement à leurs coreligionnaires dans d’autres pays arabes, mais n’ont jamais oublié le Liban
  • Arab News en français a recherché des membres de la communauté juive libanaise dans la diaspora, et a recueilli leurs témoignages, jusque-là restés inédits

Dans les années cinquante et soixante, le Liban comptait 16 synagogues. Le Liban était alors le seul pays du monde arabe où le nombre de Juifs avait augmenté après 1948. Néanmoins, la guerre des Six-Jours de 1967, ainsi que la longue guerre civile débutée en 1975, ont poussé les Juifs libanais à quitter le pays.

Aujourd’hui, 29 Juifs seulement vivent toujours au Liban et cachent leur identité. Car les Juifs du Liban ont quitté leur pays à regret, contrairement à leurs coreligionnaires dans d’autres pays arabes. Ils se sont retrouvés pris en étau dans une guerre meurtrière, et n’ont pas eu d’autre choix que de fuir.

Cependant, cette communauté n’a pas oublié le Liban. Loin de là. Il suffit de se promener par exemple autour de la région de Gravesend à Brooklyn, aux Etats-Unis, pour retrouver un petit Liban, celui qu’ils ont emporté avec eux.

Il y a quelques mois, Arab News en français a recherché des membres de la communauté juive libanaise dans la diaspora, et a recueilli leurs témoignages, jusque-là restés inédits. « Mes parents ont veillé à ce que nous sachions qui nous étions, confie ainsi Marcel, à Brooklyn. Nous avons grandi dans une maison libanaise. Nous ne mangeons que de la nourriture libanaise : manakish, knefeh, baklavas. Nous ne cuisinons ni hamburgers ni pizzas. Nous connaissons toutes les chansons libanaises par cœur. Dans notre synagogue, nous chantons des prières juives sur les airs de Fairouz. »

Notre enquête coïncide également avec la publication prochaine d'un livre de l'historien Nagi Zeidan, qui documente la présence de chaque famille juive qui a vécu au Liban. Cette aventure, qui s’étale sur vingt-cinq ans, incarne l’histoire de l’ascension et de la chute d’une communauté. Zeidan confie également à Arab News en français comment il a souscrit au départ aux discours antisémites propagés par le parti social nationaliste syrien, et comment les circonstances de la vie et la maturité l’ont amené à porter un autre regard sur la communauté et à l’aimer.

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Nagi Zeidan inspecte le cimetière juif de Beyrouth après que plusieurs tombes ont été endommagées par le mauvais temps lors d'une tempête hivernale en décembre 2019 (Anwar AMRO/AFP)

« Je suis devenu un autre homme, raconte-t-il. Tous mes amis juifs me respectent et je les respecte. Dans quelques semaines mon livre sur l’histoire des Juifs du Liban sera publié en France, ce sera l’aboutissement de vingt-cinq années de recherches. J’espère que mon témoignage laissera des traces et démontrera qu’il existe des ponts entre les hommes, entre les communautés, et qu’un dialogue est possible ».

Pour lire son témoignage et bien d’autres, plongez dans notre enquête exclusive sur les juifs du Liban et leur histoire si singulière.


Les Emirats interdisent à leurs ressortissants de se rendre en Iran, au Liban et en Irak

Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
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  • Les Émirats arabes unis interdisent à leurs citoyens de voyager en Iran, au Liban et en Irak en raison des tensions régionales
  • Les autorités demandent aux Émiratis présents dans ces pays de rentrer immédiatement, après des attaques de missiles iraniennes visant des infrastructures aux EAU

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont interdit jeudi à leurs ressortissants  de se rendre en Iran, au Liban et en Irak, en invoquant l'évolution de la situation dans la région.

"A la lumière des développements régionaux actuels", le ministère des Affaires étrangères du pays a émis "une interdiction de voyager pour les ressortissants émiratis se rendant en République islamique d'Iran, en République libanaise et en République d'Irak", a rapporté l'agence de presse officielle WAM, indiquant qu'il appelait "tous les ressortissants émiratis actuellement dans ces pays à accélérer leur retour immédiat".

L'Iran a pris pour cible les Emirats, par des tirs de missiles visant des infrastructures civiles et énergétiques, lors du conflit déclenché le 28 février par l'attaque israélo-américaine contre Téhéran, avant l'annonce d'un fragile cessez-le-feu.


Liban: le président condamne les «violations persistantes» du cessez-le-feu par Israël

Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
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  • "Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte"
  • "Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes"

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international.

"Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte", a-t-il déclaré, selon un communiqué de la présidence. De nouvelles frappes israéliennes meurtrières ont visé jeudi des localités dans le sud, selon un média officiel.

"Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes", a ajouté Joseph Aoun, alors que la trêve est entrée en vigueur le 17 avril.

 


Le président iranien affirme que le blocus naval américain est «voué à l'échec»

Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
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  • "Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec"
  • Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril

TEHERAN: Le président iranien a affirmé jeudi que le blocus des ports de son pays par les Etats-Unis était "voué à l'échec" et ne ferait qu'aggraver les perturbations dans le Golfe.

"Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec", a assuré Massoud Pezeshkian dans un communiqué, après qu'un haut responsable de la Maison Blanche a mentionné une possible prolongation de ce blocus "pendant plusieurs mois".

Alors que ces déclarations ont contribué à provoquer un bond des cours du pétrole, le président iranien a estimé que de telles mesures de blocage "non seulement ne permettaient pas d'améliorer la sécurité régionale, mais constituaient une source de tension et une perturbation de la stabilité à long terme du golfe".

Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril.

Dans ces conditions, les forces armées iraniennes ont décidé de maintenir leur contrôle sur le détroit d'Ormuz, par lequel transitait avant le conflit un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde.

Elles menacent de représailles si Washington ne lève pas son blocus.

"Nous ne tolérerons pas le blocus naval. S'il se poursuit, l'Iran ripostera", a averti mercredi sur la télévision d'Etat Mohsen Rezaei, ancien commandant en chef des Gardiens de la Révolution, nommé en mars conseiller militaire du nouveau guide suprême Mojtaba Khamenei.

Il a également mis en garde contre une reprise des hostilités entre l'Iran et les Etats-Unis, qui pourrait selon lui se solder par le naufrage de navires américains et la mort ou l'emprisonnement de nombreux soldats ennemis.

Et un haut responsable de la marine iranienne a évoqué le déploiement "dans un avenir très proche" d'armes navales récemment mises au point.

Le ministre du Pétrole, Mohsen Paknejad, a pour sa part minimisé l'impact du blocus mené par les Etats-Unis, assurant qu'il "ne produirait aucun résultat".

"Les employés de l'industrie pétrolière travaillent sans relâche pour garantir un approvisionnement sans problème", a-t-il dit.