Le nouveau ministre libanais de l'Information rappelle la presse à l’ordre dès sa prise de poste

Le ministre libanais de l'Information, George Kordahi, présentant un épisode de la version arabe de «Qui veut gagner des millions?», à l’occasion du trentième anniversaire de MBC Group à Lisbonne, au Portugal (MBC)
Le ministre libanais de l'Information, George Kordahi, présentant un épisode de la version arabe de «Qui veut gagner des millions?», à l’occasion du trentième anniversaire de MBC Group à Lisbonne, au Portugal (MBC)
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Publié le Lundi 13 septembre 2021

Le nouveau ministre libanais de l'Information rappelle la presse à l’ordre dès sa prise de poste

Le ministre libanais de l'Information, George Kordahi, présentant un épisode de la version arabe de «Qui veut gagner des millions?», à l’occasion du trentième anniversaire de MBC Group à Lisbonne, au Portugal (MBC)
  • Les remarques de Kordahi – ainsi que sa volonté de mettre en place un comité pour approuver le contenu des médias avant sa diffusion – ont suscité la controverse dans le pays
  • Kordahi est devenu célèbre après avoir présenté la version panarabe de «Qui veut gagner des millions?» durant plusieurs années

BEYROUTH: Il n’aura pas fallu attendre plus de deux jours après sa nomination pour que le nouveau ministre libanais de l'Information – et célèbre présentateur de télévision –, George Kordahi, rappelle la presse libanaise à l’ordre de façon informelle, lui demandant de ne pas donner la parole aux analystes critiques du nouveau gouvernement. 

«Certains analystes de génie sont apparus dans les médias ces deux derniers jours, et ont analysé la formation du gouvernement et les quotas confessionnels», a-t-il déclaré à l'aéroport Rafic Hariri de Beyrouth après son retour du Portugal, où il a animé un épisode spécial de la version arabe de «Qui veut gagner des millions?», à l’occasion des trente ans du groupe MBC. 

«Donnez-nous du temps et calmez-vous un peu», a-t-il poursuivi en demandant aux médias «de ne pas donner la parole à ces analystes», le gouvernement venant à peine d’être formé. 

Les remarques de Kordahi – ainsi que sa volonté de mettre en place un comité pour approuver le contenu des médias avant sa diffusion – ont suscité la controverse dans le pays, et des critiques de la part des organismes de surveillance des médias. Son comportement surprend, ne ressemblant pas à son travail passé de journaliste radio et télévision. 

«Nous sommes inquiets des propos du ministre, et nous les condamnons. Il a débuté à son poste en demandant aux médias de ne pas accueillir de journalistes et de professionnels des médias en désaccord avec lui», a déclaré dans un communiqué le groupe Journalists for Freedom. 

«Non, monsieur le ministre des médias, ni vous, ni aucun autre responsable ne décidera qui les médias doivent accueillir, et si vous avez commencé votre mission de cette manière, sachez que vous êtes un ministre de l'Information dans un pays où les libertés sont plus fortes que les diktats futiles, dans un pays qui est fier des modèles qu’il représente», a poursuivi le groupe. 

Kordahi a acquis sa célébrité en présentant pendant plusieurs années la version panarabe de «Qui veut gagner des millions?». Ses opinions politiques ont également suscité la controverse: il est connu pour être un admirateur du président syrien, Bachar al-Assad, et du président égyptien Hosni Moubarak, chassé du pouvoir. 

Il est même allé jusqu'à décrire Assad – le président qui a utilisé dans son propre pays des armes chimiques – comme la personnalité arabe de l'année 2018 dans une interview sur la chaîne Al-Manar, qui appartient au Hezbollah. 

«Je vais vous le dire sans aucune hésitation. La personnalité arabe de l'année est le président Bachar al-Assad, en raison de sa résistance et de sa persévérance dans cette guerre contre la Syrie», a-t-il affirmé. Dans une autre interview, Kordahi a également fait l'éloge du secrétaire général du Hezbollah, Hassan Nasrallah, considéré par de nombreux pays comme terroriste. 

«J'apprécie grandement Son Éminence Hassan Nasrallah, et j’ai beaucoup  d’amour pour lui. C'est un Libanais dont je suis fier, je le considère comme ma chair et mon sang et le fils de mon pays, malgré son appartenance communautaire ou la mienne», avait-t-il déclaré. 

«J'apprécie son courage et son intelligence, et j’affirme que son travail avec la Résistance est héroïque. Nous n’avons jamais vu ça auparavant dans le monde arabe, et dans l'histoire moderne du monde arabe», avait-t-il ajouté. 

Vendredi, après plus d’un an d’impasse, le Liban a formé un gouvernement, alors que le pays subit les contrecoups d’une crise économique et financière sans précédent. 

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com 


La dépouille du guide suprême Khamenei est arrivée sur le lieu de ses funérailles à Téhéran

  • Les autorités attendent entre 15 et 20 millions de participants rien qu'à Téhéran pour cet hommage national de trois jours
  • La dépouille de l'ayatollah Khamenei, enveloppé dans un drapeau aux couleurs de l'Iran, sera exposée jour et nuit jusqu'à lundi dans l'enceinte de la Grande Mosalla, un vaste complexe auquel l'AFP a obtenu un rare accès

TEHERAN: Le cercueil de l'ancien guide suprême iranien Ali Khamenei est arrivé vendredi dans le complexe religieux de Téhéran où se dérouleront des funérailles d'une ampleur inédite, quatre mois après sa mort dans une frappe israélo-américaine.

Les autorités attendent entre 15 et 20 millions de participants rien qu'à Téhéran pour cet hommage national de trois jours, qui commence samedi et se veut une démonstration de force après la guerre qui a tué de nombreux hauts dirigeants et des milliers de civils.

La dépouille de l'ayatollah Khamenei, enveloppé dans un drapeau aux couleurs de l'Iran, sera exposée jour et nuit jusqu'à lundi dans l'enceinte de la Grande Mosalla, un vaste complexe auquel l'AFP a obtenu un rare accès.

Ses murs sont couverts de grands portraits de celui qui a été guide suprême pendant plus de trois décennies, de drapeaux noirs en signe de deuil et de drapeaux rouges, symbole du martyre et de la vengeance.

Ahmad Vahidi, le chef des Gardiens de la Révolution, l'une des plus puissantes forces militaires du Moyen-Orient, est venu lui rendre hommage, selon des images diffusées par les médias iraniens. Discret depuis le début de la guerre, probablement pour éviter d'être assassiné comme son prédécesseur, il s'agit de sa première apparition publique.

"Les gens vont venir de tout l'Iran. Il y aura énormément de monde", souffle Hossein Moghadassi, un ouvrier de 43 ans s'affairant sur le site, alors que certains devraient commencer à patienter dès vendredi soir en attendant l'ouverture des portes à 06H00 samedi (02H30 GMT).

Affiches et slogans 

Ali Khamenei, le guide suprême à la plus grande longévité depuis l'avènement en 1979 de la République islamique, est mort à 86 ans sous les bombardements contre sa résidence le 28 février de ses deux ennemis jurés, les Etats-Unis et Israël.

Ses obsèques nationales, initialement prévues en mars mais reportées en raison de la guerre, s'annoncent comme les plus grandes de l'histoire en Iran.

En 1989, à la mort de son prédécesseur Rouhollah Khomeini, environ 10 millions de personnes avaient assisté à ses funérailles, selon les chiffres officiels. Des mouvements de foule avaient alors fait plus de dix morts.

Aux côtés du cercueil d'Ali Khamenei, sont exposés ceux de ses proches tués eux aussi au premier jour de la guerre, dont celui d'une de ses filles, d'un gendre, d'une belle-fille et d'une petite-fille.

Un cortège transportant la dépouille de l'ex-guide suprême défilera lundi dans les rues de Téhéran, où nombre d'affiches et de slogans rendent hommage au "martyr", avant de gagner mardi la ville sainte de Qom.

Sous haute surveillance 

La présence du fils d'Ali Khamenei, Mojtaba, qui lui a succédé début mars à la fonction de guide suprême, n'a pas été confirmée. Blessé lors des frappes qui ont tué son père, le dirigeant ne s'exprime que par des communiqués qui lui sont attribués et n'est pas apparu en public.

Côté dignitaires, des dirigeants et responsables d'une trentaine de pays, principalement voisins, sont attendus, dont l'ancien président russe Dmitri Medvedev et le Premier ministre pakistanais Shebaz Sharif. La Chine sera représentée par un haut responsable du Parlement, He Wei.

Aucun dirigeant européen n'a été convié.

"Tous ceux qui assisteront aux funérailles se sont rangés du bon côté de l'histoire", a souligné cette semaine le porte-parole de la diplomatie iranienne, Esmaïl Baghaï, dénonçant le soutien des Occidentaux à Israël et aux Etats-Unis dans leurs deux guerres contre la République islamique, en juin 2025 et cette année.

Ironie du calendrier, le début des obsèques coïncidera avec la fête nationale des Etats-Unis, qui célèbrent ce 4 juillet leurs 250 ans d'existence.

Ces funérailles se déroulent sous tension, dans un contexte de fragile cessez-le-feu entre Téhéran et Washington mais aussi six mois après d'importantes manifestations contre la vie chère et le pouvoir.

Téhéran est depuis vendredi comme une forteresse, avec des forces de sécurité en nombre et un immense périmètre inaccessible en voiture.

L'aéroport de Téhéran est partiellement fermé vendredi et le sera totalement lundi, décrété jour férié dans tout l'Iran. Les centres commerciaux ont baissé le rideau et les entreprises sont mises au repos forcé.

Ali Khamenei sera inhumé le 9 juillet dans la ville sainte de Machhad (nord-est de l'Iran), dont il était originaire. Chef religieux, son cercueil sera présenté mercredi en Irak voisin, où la communauté chiite est aussi majoritaire.

 


Syrie: explosion dans un café dans le centre de Damas

(X.com)
(X.com)
  • Une explosion a frappé un café du centre de Damas, près du Palais de justice, sans que l’origine soit encore confirmée
  • Les autorités syriennes enquêtent, tandis que des ambulances ont été déployées sur place

DAMAS: Une explosion s'est produite jeudi dans un café du centre de Damas, près du Palais de justice, a indiqué une source de sécurité syrienne à l'AFP après que la télévision d'Etat a rapporté une déflagration dans la capitale.

Un correspondant de l'AFP a vu des ambulances se diriger, sirènes hurlantes, vers le secteur, au milieu des embouteillages. L'agence officielle Sana a indiqué que les autorités tentaient de déterminer l'origine de l'explosion.


Liban: le chef de la diplomatie syrienne rencontre Berri

Le chef de la diplomatie syrienne Assaad al-Chaibani rencontre jeudi les dirigeants libanais lors d'une visite à Beyrouth marquée par une première réunion avec le président du Parlement, allié du Hezbollah pro-iranien. (AFP)
Le chef de la diplomatie syrienne Assaad al-Chaibani rencontre jeudi les dirigeants libanais lors d'une visite à Beyrouth marquée par une première réunion avec le président du Parlement, allié du Hezbollah pro-iranien. (AFP)
  • Cette visite intervient alors que Damas a assuré ne pas vouloir s'impliquer au Liban, malgré les pressions des Etats-Unis en ce sens
  • Le président Donald Trump a répété à plusieurs reprises que la Syrie pourrait "s'occuper du Hezbollah" dans le pays voisin, critiquant la stratégie d'Israël dans sa guerre avec le mouvement armé et financé par Téhéran

BEYROUTH: Le chef de la diplomatie syrienne Assaad al-Chaibani rencontre jeudi les dirigeants libanais lors d'une visite à Beyrouth marquée par une première réunion avec le président du Parlement, allié du Hezbollah pro-iranien.

Cette visite intervient alors que Damas a assuré ne pas vouloir s'impliquer au Liban, malgré les pressions des Etats-Unis en ce sens.

Le président Donald Trump a répété à plusieurs reprises que la Syrie pourrait "s'occuper du Hezbollah" dans le pays voisin, critiquant la stratégie d'Israël dans sa guerre avec le mouvement armé et financé par Téhéran.

Mais le président syrien Ahmad al-Chareh, qui a pris le pouvoir en décembre 2024 après la chute de Bachar al-Assad, a assuré qu'il n'avait pas l'intention d'intervenir et de rouvrir les plaies du passé.

Le ministre syrien, dont c'est la deuxième visite au Liban, a été reçu par le président libanais Joseph Aoun dès son arrivée, avant de se rendre auprès de Nabih Berri, président du Parlement et allié du Hezbollah, ont indiqué les médias.

M. Chaibani avait effectué en octobre 2025 la première visite d'un haut responsable syrien depuis l'accession de la coalition islamiste au pouvoir à Damas, qui a permis d'ouvrir une nouvelle page dans les relations entre les deux pays.

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam s'était pour sa part rendu en mai dernier en Syrie.

Les nouvelles autorités syriennes sont hostiles au Hezbollah, allié du président déchu Bachar al-Assad, et ont annoncé l'arrestation ces derniers mois de cellules présumées affiliées au mouvement chiite, qui nie pour sa part toute présence en Syrie.

Depuis fin 2024, les routes d'approvisionnement du Hezbollah ont été coupées et plusieurs tentatives de contrebande d'armes à destination du Liban ont été déjouées selon Damas.

Sous le clan Assad, l'armée syrienne était intervenue au Liban pendant la guerre civile, en 1976, et Damas avait exercé pendant des décennies sa tutelle sur le pays voisin, où il était accusé de l'assassinat de nombreux responsables libanais.

La première visite de M. Chaibani avait permis de débloquer le dossier des prisonniers syriens au Liban, dont plus de 250 ont depuis été transférés en Syrie.

Environ 2.000 Syriens, soit près d'un tiers de la population carcérale du Liban, sont détenus dans les prisons surpeuplées du pays.