Le «Groupe Wagner», des soldats de l'ombre au service de Poutine

Hormis le culte de la personnalité, le président russe a fait publier une série de photos en 2017 le montrant en vacances en Sibérie près de la rivière Tuva, de quoi montrer un président fort aux commandes du pays. (Photo, AFP)
Hormis le culte de la personnalité, le président russe a fait publier une série de photos en 2017 le montrant en vacances en Sibérie près de la rivière Tuva, de quoi montrer un président fort aux commandes du pays. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 16 septembre 2021

Le «Groupe Wagner», des soldats de l'ombre au service de Poutine

  • La France et l'Allemagne ont menacé d'un retrait du Mali au cas où la junte au pouvoir aurait recours à cette société privée russe de mercenaires
  • Le groupe «fournit au Kremlin une possibilité de déni lors de son déploiement dans des zones de guerre et sert d’outil pour renforcer son influence auprès d'Etats réceptifs»

MOSCOU : Leur présence a été rapportée en Ukraine, en Syrie et en Afrique. Pour nombre d'ONG et de journalistes, aucun doute, le Kremlin emploie l'opaque "Groupe Wagner" et ses mercenaires pour servir ses intérêts à l'étranger.

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Les portraits de Vladimir Poutine et de son protégé Bachar al-Assad dans la Ghouta de Damas. La présence du groupe Wagner en Syrie était un secret de polichinelle. Les mercenaires russes ont joué un rôle important lors de la guerre civile syrienne, en effectuant des missions spéciales pour le compte du régime al-Assad. (Photo, AFP)

 

La France et l'Allemagne ont brandi cette semaine la menace d'un retrait de leurs forces du Mali au vu d'un potentiel contrat entre la junte au pouvoir et cette société privée russe, portant sur le déploiement d'un millier de paramilitaires dans ce pays d'Afrique de l'ouest.

Les hommes de Wagner sont pour la première fois signalés en 2014 aux côtés des séparatistes prorusses de l'Est de l'Ukraine, où la Russie réfute toute présence militaire.

Avec l'intervention russe en Syrie en 2015 en soutien à Bachar al-Assad, leur présence est rapportée aux côtés de l'armée russe, notamment lors de batailles majeures comme la reprise de la cité antique de Palmyre. Moscou dément.

La sphère d'action de Wagner s'est ensuite étendue: en Libye, ses hommes auraient combattu aux côtés des forces du maréchal Khalifa Haftar et en Centrafrique, des centaines d'entre eux figurent parmi les "instructeurs" de l'armée, au point que Paris y évoque une "captation du pouvoir".

On les signale aussi au Soudan, au Mozambique, au Venezuela... Un faisceau de soupçons, jamais de preuves formelles et toujours les dénégations russes. 

Selon les médias russes, on trouve aux commandes opérationnelles de Wagner Dmitri Outkine. Peu de choses sont connues de cet homme d'une cinquantaine d'années qui serait passé par le renseignement militaire.

En décembre 2016, il est reçu au Kremlin pour une cérémonie en hommage aux "héros" de Syrie. Il est même pris en photo avec le président Vladimir Poutine.

Côté finances, Wagner serait piloté par un homme clé du Kremlin, l'homme d'affaires Evguéni Prigojine, un proche de M. Poutine visé par des sanctions américaines pour ingérence électorale et recherché par le FBI pour "fraude". L'intéressé a toujours démenti.

Secret de polichinelle

Wagner n'a aucune existence légale en Russie, où les sociétés militaires privées sont interdites. Le groupe disposerait néanmoins de plusieurs milliers d'hommes, en particulier des vétérans de l'armée ou des services de sécurité, avec des salaires bien plus élevés.

Pour le centre Carnegie de Moscou, Wagner est au final le "secret le moins bien gardé de Russie". Les médias russes ont rapporté à plusieurs reprises les funérailles de membres supposés du groupe paramilitaire.

Le groupe a selon Carnegie deux rôles: "fournir au Kremlin une possibilité de déni lors du déploiement de combattants dans des zones de guerre" et servir d'"outil tout prêt pour renforcer son influence auprès d'Etats réceptifs".

Les opérations de Wagner ne se sont néanmoins pas faites sans pertes et scandales.

Une crise entre la Russie et le Bélarus met un coup de projecteur inattendu sur l'organisation en 2020, lorsque Minsk annonce l'arrestation de 33 "mercenaires" du groupe.

Ces hommes disent alors qu'ils transitaient via le Bélarus pour aller sur d'autres terrains: Venezuela, Libye, Cuba, Turquie, Syrie... Moscou est embarrassé et négocie leur retour discret en Russie.

En février 2018, le groupe aurait subi de lourdes pertes en Syrie dans des frappes américaines contre des combattants pro-régime, qui tentaient de s'emparer de champs pétroliers.

La même année en Centrafrique, trois journalistes russes qui enquêtaient sur les activités du groupe sont tués. Victimes de bandits selon Moscou. Victimes d'un guet-apens tendu par des professionnels, selon l'opposition russe.

Accusés de "crimes de guerre" commis en Syrie par des ONG, les hommes de Wagner sont aussi suspectés par l'ONU d'exactions en Centrafrique.


Détroit d'Ormuz: l'Iran met en garde le Conseil de sécurité de l'ONU contre toute «action provocatrice»

 Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz. (AFP)
Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz. (AFP)
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  • Le détroit d'Ormuz, passage stratégique du marché mondial des hydrocarbures, est quasiment totalement bloqué par l'Iran en réaction à l'attaque américano-israélienne contre son territoire le 28 février
  • "M. Araghchi souligne que toute action provocatrice des agresseurs et de leurs soutiens, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la situation dans le détroit d'Ormuz, ne fera que compliquer davantage la situation"

TEHERAN: Le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araghchi a mis en garde contre toute "action provocatrice" avant un vote prévu du Conseil de sécurité de l'ONU sur un usage de la force pour débloquer le détroit d'Ormuz.

M. Araghchi s'exprimait jeudi et le vote était initialement prévu vendredi, avant l'annonce de son report sine die.

Le détroit d'Ormuz, passage stratégique du marché mondial des hydrocarbures, est quasiment totalement bloqué par l'Iran en réaction à l'attaque américano-israélienne contre son territoire le 28 février.

"M. Araghchi souligne que toute action provocatrice des agresseurs et de leurs soutiens, y compris au Conseil de sécurité de l'ONU concernant la situation dans le détroit d'Ormuz, ne fera que compliquer davantage la situation", selon un communiqué de son ministère.

Porté par Bahreïn, le texte fait l'objet de discussions par les 15 membres du Conseil depuis dix jours, reflétant leurs divergences.

Le dernier projet de résolution insiste sur le fait que le Conseil autoriserait tout Etat ou toute coalition d'Etats à utiliser des moyens "défensifs" pour assurer la sécurité des navires. Une stipulation de mandat défensif absente au départ.

Mais il n'est pas certain que cela soit suffisant à convaincre la Russie et la Chine, qui ont un droit de veto.

"L'Iran a fermé le détroit d'Ormuz, empêchant les navires commerciaux et les pétroliers de passer et posant des conditions pour permettre le passage de certains", a dénoncé jeudi le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG), Jassem Al-Budaiwi, au nom de cette organisation qui regroupe l'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, Bahreïn, le Qatar, le Koweït et Oman.

"Nous appelons le Conseil de sécurité à prendre toutes ses responsabilités et à prendre toutes les mesures nécessaires pour protéger les couloirs maritimes et assurer la poursuite en toute sécurité de la navigation internationale", a-t-il insisté à New York, avant l'annonce du report.


Le patron du Pentagone obtient le départ du chef d'état-major de l'armée de terre

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde. (AFP)
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  • Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George
  • Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite"

WASHINGTON: Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a obtenu le départ immédiat du chef d'état-major de l'armée de terre, le général Randy George, a fait savoir un responsable américain à propos de ce limogeage qui survient en pleine guerre contre l'Iran.

Ce très haut gradé "va quitter ses fonctions de 41e chef d'état-major de l'armée de terre, avec effet immédiat", a écrit sur la plateforme X Sean Parnell, le porte-parole du Pentagone, lui souhaitant "une belle retraite."

Il ne donne pas la raison de ce départ soudain.

CBS News, qui a révélé l'information, cite un responsable américain anonyme affirmant que Pete Hegseth souhaite nommer à sa place quelqu'un qui pourra appliquer la vision de Donald Trump et de son ministre pour l'armée de terre.

Le général Randy George, diplômé de la prestigieuse académie militaire de West Point, qui a servi en Irak et en Afghanistan, avait été nommé à ce poste en 2023, sous le mandat du président démocrate, Joe Biden.

Il s'agit d'un départ forcé de plus chez les plus hauts gradés de l'armée américaine depuis le retour au pouvoir de Donald Trump.

Le président américain avait, sans explication, limogé début 2025 Charles "CQ" Brown, le chef d'état-major des armées, pour le remplacer par Dan Caine.

Depuis, ce sont les chefs de la marine, des gardes-côtes, de l'agence d'espionnage NSA, ainsi que de nombreux autres, qui ont été poussés vers la sortie par le gouvernement de Donald Trump.

Selon le Washington Post et CBS, deux autres généraux, David Hodne, chargé du Commandement de la transformation et de l'entraînement de l'armée, et William Green Jr, à la tête du corps des aumôniers militaires, ont par ailleurs été mis à l'écart en même temps que le général George.

Pete Hegseth, à la tête d'un ministère qu'il a renommé "ministère de la Guerre", a assuré qu'il choisissait tout simplement les chefs qu'il veut pour diriger l'armée au plus grand budget du monde.

Des parlementaires de l'opposition démocrate se sont inquiétés d'une potentielle politisation de l'armée, traditionnellement plus isolée des batailles politiciennes que le reste de l'appareil d'Etat américain.

Pete Hegseth a aussi décidé l'an passé de réduire le nombre de plus hauts gradés de l'ensemble de l'armée.

 


Trump menace de nouvelles destructions de ponts et de centrales en Iran

Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques. (AFP)
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  • "Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social
  • Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens

WASHINGTON: Le président des Etats-Unis Donald Trump a menacé jeudi de nouvelles destructions d'infrastructures civiles en Iran, citant les ponts et les centrales électriques.

"Les ponts sont les prochains, puis les centrales électriques!", a mis en garde Donald Trump sur son réseau Truth Social.

Donald Trump avait précédemment applaudi jeudi la destruction d'un pont emblématique près de Téhéran. Huit civils ont été tués dans cette frappe contre ce pont en construction, selon les médias iraniens.

Les Etats-Unis n'ont "même pas commencé" leur programme de destruction des infrastructures civiles du pays, a prévenu M. Trump dans la soirée.

Le dirigeant américain a répété à plusieurs reprises que la grande majorité des sites militaires, cibles premières de l'offensive américano-israélienne débutée le 28 février en Iran, avait déjà été endommagée ou détruite.

"Les dirigeants du nouveau régime (iranien) savent ce qu’il faut faire, et qu’il faut le faire VITE!", a ajouté le président américain, qui alterne menaces et appels à Téhéran à accepter un accord de cessez-le-feu.