A Idleb, risque d'une double crise alimentaire et sanitaire

Un enfant fait voler un cerf-volant dans un camp de déplacés des provinces Idleb et d’Alep. (Omar HAJ KADOUR/AFP)
Un enfant fait voler un cerf-volant dans un camp de déplacés des provinces Idleb et d’Alep. (Omar HAJ KADOUR/AFP)
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Publié le Lundi 13 juillet 2020

A Idleb, risque d'une double crise alimentaire et sanitaire

  • Le mandat accordé à l'ONU depuis 2014 pour acheminer des aides via la frontière turque a expiré vendredi
  • Profondément divisé, le Conseil de sécurité, n’a pas été en mesure de prolonger cette assistance humanitaire vitale pour 2,8 millions de personnes dans la région d'Idleb

IDLEB: Après avoir survécu ainsi que ses dix enfants aux combats dans le nord-ouest de la Syrie, Nasr Ahmad Sultan craint désormais de succomber à une famine ou une propagation du Covid-19 après le veto russo-chinois sur le renouvellement d'une aide aux déplacés syriens.

Vendredi, le mandat accordé à l'ONU depuis 2014 pour acheminer des aides via la frontière turque a expiré sans que le Conseil de sécurité, profondément divisé, ne soit en mesure de prolonger cette assistance humanitaire vitale pour 2,8 millions de personnes dans la région d'Idleb, selon l'ONU. Berlin et Bruxelles ont lancé une ultime initiative pour tenter de sauver ce mécanisme dans l'espoir d'un nouveau vote ce week-end.

A l'intérieur d'une tente extrêmement modeste dépourvue de meubles, dans un camp de déplacés près de la localité de Maarrat Misrine, dans le nord de la région d'Idleb, Nasr Ahmad Sultan, dit craindre le pire. "Nous avons quitté nos maisons, nos terres et nos moyens de subsistance, et nous n'avons plus que ces aides (...) Si elles s'arrêtent, nous serons exposés à une famine", s'inquiète cet homme de 45 ans. Avec sa famille, ils ont fui leur village dans le sud d'Idleb, lors d'une offensive d'ampleur menée par les forces du régime, soutenues par Moscou, à partir de décembre dans la région. L'opération a poussé environ un million de personnes à fuir les zones bombardées avant l'entrée en vigueur début mars d'un cessez-le-feu convenu par la Russie et la Turquie, qui soutient des factions hostiles au régime.

La région d'Idleb, dernier grand bastion rebelle, abrite quelque trois millions d'habitants dont la moitié ont été déplacés. La moitié de la région et ses environs restent dominés par le groupe jihadiste Hayat Tahrir al-Cham (ex-branche syrienne d'Al-Qaïda) et des factions rebelles moins influentes. L'aide était jusqu'à vendredi acheminée via deux points de passage à la frontière turque, celui de Bab al-Salam menant à la région d'Alep -dont la Russie exige la suppression- et Bab al-Hawa, desservant la région insurgée d'Idleb.

Moscou, qui considère que le mécanisme de l'ONU constitue une violation de la souveraineté de son allié syrien, justifie sa position par le fait que 85% des aides transitent via Bab al-Hawa et souhaite conserver cet unique passage frontalier pour une livraison d'aide d'une durée d'un an. En janvier, Moscou avait déjà fait réduire le dispositif de quatre à deux points de passage et pour six mois, alors que l'autorisation était renouvelée annuellement depuis sa création.

"Grande catastrophe"

Le veto russo-chinois coïncide avec l'enregistrement depuis jeudi des trois premiers cas de nouveau coronavirus -tous des soignants- dans la région d'Idleb, faisant craindre une crise alimentaire et sanitaire, notamment en cas d'absence d'aides. "Si les médicaments ne sont plus acheminés vers les camps, nous serons foutus", s'emporte Nasr Ahmad Sultan. "Le coronavirus va nous achever."   "Comment allons-nous nous confiner à l'intérieur des camps si les gens ne peuvent plus subvenir à leurs besoins alimentaires avec l'arrêt des aides ?", renchérit Abdel Salam Mohamad Youssef.   "Une catastrophe humanitaire" est à venir "car la majorité des déplacés dans les camps dépendent totalement du panier alimentaire ou du pain" distribués par l'ONU, prévient cet autre père de dix enfants, âgé de 47 ans.

Vendredi, plusieurs ONG internationales ont condamné les veto de Moscou et Pékin sur l'aide transfrontalière, "seul moyen d'atteindre les familles du nord-ouest syrien", selon Save the Children. "Si les postes frontaliers ne sont pas rétablis, de nombreuses familles ne pourront pas manger, ne recevront pas de soins de santé", a déploré Inger Ashing, directrice de l'ONG, appelant à une réunion urgente en vue d'autoriser à nouveau l'aide. L'International Crisis Group (ICG) a lui dénoncé la "politisation" d'un dossier humanitaire.

"Continuer de tenter de marquer des points politiques aux dépens des plus vulnérables pourrait conduire les États occidentaux à revenir à un modus operandi antérieur à 2014, en contournant les mécanismes multilatéraux et acheminant l'aide directement vers le nord de la Syrie", a estimé Dareen Khalifa, analyste au ICG. 

En cas d'échec des ultimes pourparlers à l'ONU, Abdel Salam Mohamad Youssef dit craindre que des millions de Syriens soient confrontés à "une grande catastrophe devant les yeux du monde entier".


Le Liban n'acceptera pas d'être entraîné dans le conflit, dit son Premier ministre

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam s’adresse à des journalistes de médias et d’agences de presse étrangères au Grand Sérail (palais du gouvernement) à Beyrouth, le 3 décembre 2025. (AFP)
Le Premier ministre libanais Nawaf Salam s’adresse à des journalistes de médias et d’agences de presse étrangères au Grand Sérail (palais du gouvernement) à Beyrouth, le 3 décembre 2025. (AFP)
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  • Les autorités libanaises, dont le Premier ministre Nawaf Salam et le président Joseph Aoun, ont affirmé leur refus d’impliquer le Liban dans l’escalade entre les États-Unis, Israël et l’Iran, appelant à la sagesse et à la préservation de l’unité nationale
  • Le Hezbollah, affaibli par son récent conflit avec Israël, a reporté le discours de son chef Naïm Qassem et maintient une posture défensive

BEYROUTH: Les dirigeants libanais, qui craignent une implication du Hezbollah après les frappes américaines et israéliennes contre l'Iran, ont affirmé samedi qu'ils refusaient d'entraîner leur pays dans le conflit.

Le Hezbollah a annoncé qu'un discours de son chef Naïm Qassem, prévu à 13h00 GMT, était reporté "en raison des développements".

Les Etats-Unis et Israël ont mené samedi une série de frappes contre l'Iran qui a riposté, faisant craindre un embrasement régional.

"Je réitère que nous n'accepterons pas que quiconque entraîne le pays dans des aventures qui menacent sa sécurité et son unité", a affirmé le Premier ministre Nawaf Salam sur X.

"A la lumière des sérieux développements dans la région, j'appelle à nouveau tous les Libanais à agir avec sagesse et patriotisme et à placer les intérêts du Liban et de son peuple au-dessus de toute considération", a-t-il ajouté.

Le président Joseph Aoun a estimé dans un communiqué "nécessaire d'éviter au Liban les catastrophes des conflits extérieurs".

La coordinatrice spéciale de l'ONU au Liban, Jeanine Hennis, a exhorté "toutes les parties au Liban" de "donner la priorité, en paroles et en actes, à la nécessité de protéger le pays et son peuple des développements régionaux".

Peu avant le début des frappes, Israël a annoncé avoir visé des positions "des infrastructures" du Hezbollah dans le sud du Liban.

L'agence nationale d'information (ANI, officielle) a indiqué que des raids avaient visé des régions montagneuses où le Hezbollah est fortement implanté.

Le Liban a dit craindre des attaques d'Israël contre ses infrastructures civiles en cas d'élargissement du conflit avec l'Iran.

Le Hezbollah n'interviendra pas militairement en cas de frappes américaines "limitées" contre l'Iran, mais considérera toute atteinte contre le guide suprême, Ali Khamenei, comme une "ligne rouge", avait indiqué mercredi à l'AFP un responsable de cette formation.

Le chef du Hezbollah répète que sa formation est en "position défensive" mais a affirmé qu'elle s'estimerait "visée" par toute attaque américaine contre l'Iran.

Lors des raids israéliens et américains sur l'Iran en juin dernier, le Hezbollah n'était pas intervenu.

La formation chiite est sortie affaiblie d'une guerre avec Israël, qui continue de la frapper malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis novembre 2024, et l'accuse de se réarmer.


L’Arabie saoudite condamne les violations iraniennes de la souveraineté dans le Golfe et la région

Cette combinaison de captures vidéo réalisée le 28 février 2026 et extraite d’images UGC publiées sur les réseaux sociaux le même jour et vérifiées par les équipes d’AFPTV à Paris, montre le moment d’une attaque contre une base américaine à Bahreïn. (AFP)
Cette combinaison de captures vidéo réalisée le 28 février 2026 et extraite d’images UGC publiées sur les réseaux sociaux le même jour et vérifiées par les équipes d’AFPTV à Paris, montre le moment d’une attaque contre une base américaine à Bahreïn. (AFP)
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  • L’Arabie saoudite dénonce des violations iraniennes de la souveraineté des Émirats, de Bahreïn, du Qatar, du Koweït et de la Jordanie, et soutient toute action de ces pays
  • Le Royaume appelle la communauté internationale à condamner ces actes et à prendre des mesures pour préserver la paix et la stabilité dans la région

RIYAD : L’Arabie saoudite a fermement condamné ce qu’elle a qualifié de violations iraniennes de l’autonomie de plusieurs États du Golfe et de la région, a indiqué le ministère saoudien des Affaires étrangères.

Dans un communiqué officiel, le ministère a dénoncé ce qu’il a qualifié de « violation flagrante » de la souveraineté des Émirats arabes unis, de Bahreïn, du Qatar, du Koweït et de la Jordanie, exprimant sa pleine solidarité avec ces pays et son soutien à toute mesure qu’ils pourraient prendre.

Le Royaume a averti des graves conséquences de la poursuite de violations de l’autonomie des États et des atteintes au droit international, soulignant que de telles actions menacent la sécurité et la stabilité régionales.

L’Arabie saoudite a également appelé la communauté internationale à condamner les actions présumées de l’Iran et à prendre des mesures fermes pour faire face aux violations qui compromettent la paix et la stabilité dans la région. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Washington et Israël ont lancé une "opération" contre la "menace existentielle" iranienne, selon Netanyahu

Des Israéliens ferment un magasin après le déclenchement des sirènes dans la ville septentrionale de Haïfa, le 28 février 2026. (AFP)
Des Israéliens ferment un magasin après le déclenchement des sirènes dans la ville septentrionale de Haïfa, le 28 février 2026. (AFP)
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  • Benjamin Netanyahu annonce qu’Israël et les États-Unis ont lancé une « opération » contre la « menace existentielle » que représente le régime iranien
  • Il appelle le peuple iranien à se soulever contre le pouvoir en place et à construire un « Iran libre et épris de paix »

JERUSALEM: Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a annoncé samedi qu'Israël et les Etats-Unis avaient lancé une "opération" contre la "menace existentielle" iranienne et appelé les Iraniens à se soulever contre le pouvoir en place à Téhéran.

"Mes frères et soeurs, citoyens d'Israël, il y a peu, Israël et les Etats-Unis ont lancé une opération pour éliminer la menace existentielle que fait peser le régime terroriste en Iran", a déclaré M. Netanyahu dans un message vidéo.

"Notre action commune créera les conditions pour que le courageux peuple iranien prenne son destin en main", a ajouté M. Netanyahu. "Le temps est venu pour toutes les composantes du peuple iranien (...) de rejeter le joug de la tyrannie et de faire advenir un Iran libre et épris de paix".