Universal Music va jouer en Bourse sa nouvelle partition inspirée par Bolloré

Le logo de la puissante major de l'industrie musicale Universal Music (Photo, AFP).
Le logo de la puissante major de l'industrie musicale Universal Music (Photo, AFP).
Short Url
Publié le Lundi 20 septembre 2021

Universal Music va jouer en Bourse sa nouvelle partition inspirée par Bolloré

  • Grâce à l'essor du streaming et des offres d'écoute illimitée par abonnement, UMG est devenu la poule aux oeufs d'or de Vivendi, jusqu'à générer en 2020 7,4 milliards d'euros de chiffre d'affaires
  • En distribuant 60% d'UMG à ses actionnaires via un dividende exceptionnel en nature, Vincent Bolloré se sert d'abord lui-même en récupérant 18% des actions

PARIS: La puissante major de l'industrie musicale Universal Music (UMG), filiale de Vivendi, va entrer en Bourse mardi à Amsterdam. Cette introduction vient souligner le renouveau d'une entreprise à succès et un énième coup financier pour Vincent Bolloré.

Lorsque Vincent Bolloré prend le contrôle de Vivendi en 2014, il met la main sur cette filiale musicale gérée de Santa Monica, aux portes de Los Angeles (Californie), qui a traversé la crise du MP3 et du piratage avec les deux autres géants du secteur Warner et Sony.

Le groupe est notamment propriétaire des célèbres studios Abbey Road qui ont abrité les Beatles et Lady Gaga, ou encore Kanye West et Amy Winehouse, de EMI Records (Justin Bieber, Keith Richards, Metallica) et de Capitol Records (Katy Perry, Paul McCartney).

Il s'est également offert en 2020 les droits de l'intégralité du catalogue de chansons de Bob Dylan, l'une des acquisitions les plus importantes de l'histoire de la musique.

Grâce à l'essor du streaming et des offres d'écoute illimitée par abonnement, UMG est devenu la poule aux oeufs d'or de Vivendi, jusqu'à générer en 2020 7,4 milliards d'euros de chiffre d'affaires, soit 46% des revenus du groupe.

Pour la direction de Vivendi, propriétaire notamment du groupe Canal+, du géant de la communication Havas ou de l'éditeur Editis, le temps est pourtant venu de laisser Universal poursuivre seul sa route et de recentrer Vivendi sur l'édition, la publicité et les médias.

Peut-être considère-t-elle qu'avec une valorisation supérieure à 30 milliards d'euros lors de la vente de 20% à un consortium mené par le chinois Tencent, puis de la cession de 10% au financier Bill Ackman, la valeur d'UMG est proche de son sommet.

"Nous créons les conditions pour que la valorisation de Vivendi dans son ensemble soit supérieure à la somme des parties qui le composent", justifie le président du directoire Arnaud de Puyfontaine qui entrevoit "des passerelles entre l'édition et l'audiovisuel, entre le gaming (jeu vidéo) et le spectacle vivant, entre la musique et la publicité".

Alors que la valorisation du géant français reposait jusqu'ici en grande majorité sur UMG, "il va falloir démontrer qu'il y a réellement des synergies au sein du groupe", analyse Thomas Coudry, du cabinet Bryan Garnier & Co.

Mais l'opération poursuit un autre but: en distribuant 60% d'UMG à ses actionnaires via un dividende exceptionnel en nature, Vincent Bolloré se sert d'abord lui-même en récupérant 18% des actions (environ 6 milliards d'euros).

Avec l'entrée en bourse d'Universal, Vivendi se sépare de son joyau

Poule aux disques d'or 

Universal règne sans partage sur le marché mondial de la musique enregistrée avec plus de 30% des parts et contrôle de prestigieux labels comme EMI, Capitol, Def Jam, Polydor, Blue Note, Decca et Deutsche Gramophon. 

La major s'est offert en décembre 2020 l'ensemble du catalogue de chansons de Bob Dylan, soit plus de 600 titres, en plus de stars qui tutoient régulièrement les meilleures places des classements mondiaux de ventes et de streaming.

En plus de valeurs sûres comme les Beatles, les Rolling Stones ou Andrea Bocelli, elle a aussi signé plusieurs artistes à succès, comme Drake, qui monopolise le sommet des classements Spotify, et les trois artistes féminines les plus écoutées sur des plateformes de streaming en 2020, Billie Eilish, Taylor Swift et Ariana Grande.

Au premier semestre 2021, huit des dix albums les plus vendus dans le monde ont été produits par la major, notamment ceux de Justin Bieber et d'Olivia Rodrigo.

C'est le Britannique Lucian Grainge, chez Universal depuis une trentaine d'années, qui dirige des États-Unis la "major" avec beaucoup d'indépendance. PDG d'UMG depuis 2011, il a supervisé notamment le rachat d'EMI.

Au sein d'Universal Music France, Olivier Nusse a succédé en 2016 à l'emblématique Pascal Nègre, à la suite de désaccords de ce dernier avec Vincent Bolloré.

Universal Music, star de Vivendi

Malgré la baisse des ventes physiques liées à la crise du Covid et son lot de restrictions sanitaires, UMG - entré dans le giron de Vivendi en 2000 avec à l'époque les studios de cinéma, revendus en 2004 à NBC - profite de l'engouement pour l'abonnement et le streaming: ses revenus issus de l'écoute de musique en ligne ont augmenté 24,7% au premier semestre 2021.

Universal Music est le moteur de Vivendi: la major représente à elle seule 92,6% du bénéfice net groupe, soit 452 millions sur 488 millions au premier semestre.

Universal assure aussi à lui seul 46% des 3,8 milliards d'euros de chiffre d'affaires du groupe au premier semestre 2021.

Rachat d'actions

Mieux, il le fait en minimisant son impôt au titre de l'exonération fiscale des dividendes entre un groupe et sa filiale au sein de l'Union européenne. Et, grâce aux 10% conservés par Vivendi et à une gestion concertée annoncée avec Tencent, il gardera une influence certaine dans la major.

Enfin, Vivendi, dont la trésorerie est désormais pleine mais qui craint une opération hostile à l'occasion de la baisse attendue de son cours, consécutive au détachement d'UMG, a profité de l'engouement de ses actionnaires pour se faire autoriser à racheter jusqu'à 50% de ses propres actions.

Cette limite "assez extraordinaire", selon un activiste qui avait fait part de ses réserves sur le projet initial, est vendue comme un moyen pour le groupe de se défendre face à toute attaque hostile avant le redéploiement de ses activités.

Vivendi a ainsi annoncé mercredi qu'il comptait avaler Lagardère d'ici à la fin 2022, et reste engagé dans l'opérateur Telecom Italia.

Mais certains analystes y voient aussi une possibilité pour Vincent Bolloré de se renforcer considérablement à moindre coût au capital de Vivendi si ces titres venaient à être annulés.

Le groupe Bolloré s'est toutefois engagé dans une lettre: s'il venait à franchir par ce biais le seuil de 30% du capital, il ne dérogerait pas à son obligation de déposer une OPA sur Vivendi.


Aldi dément une «éventuelle vente» de ses magasins français

Le discounter allemand Aldi a démenti jeudi auprès de l'AFP les "spéculations" de la presse française au sujet d'"une éventuelle vente" de ses quelque 1.300 magasins en France, promettant un engagement "à long terme" sur ce marché où il est implanté depuis 1988. (AFP)
Le discounter allemand Aldi a démenti jeudi auprès de l'AFP les "spéculations" de la presse française au sujet d'"une éventuelle vente" de ses quelque 1.300 magasins en France, promettant un engagement "à long terme" sur ce marché où il est implanté depuis 1988. (AFP)
Short Url
  • Jeudi, le média spécialisé La Lettre a indiqué qu'Aldi "planchait" sur une "sortie" du pays, où il est le 8e distributeur alimentaire en parts de marché
  • D'après La Lettre, "le discounter allemand, qui enchaîne les pertes dans l'Hexagone depuis cinq ans

PARIS: Le discounter allemand Aldi a démenti jeudi auprès de l'AFP les "spéculations" de la presse française au sujet d'"une éventuelle vente" de ses quelque 1.300 magasins en France, promettant un engagement "à long terme" sur ce marché où il est implanté depuis 1988.

Jeudi, le média spécialisé La Lettre a indiqué qu'Aldi "planchait" sur une "sortie" du pays, où il est le 8e distributeur alimentaire en parts de marché (3% selon Kantar WorldPanel fin novembre), loin derrière son rival également allemand Lidl, 6e (8,1%).

D'après La Lettre, "le discounter allemand, qui enchaîne les pertes dans l'Hexagone depuis cinq ans, a demandé à la Deutsche Bank d'étudier un scénario de cession de sa filiale française", la maison mère "rechignant" à remettre au pot, après plus d'un milliard d'euros versés fin 2023.

"Les informations au sujet d'une éventuelle vente d'Aldi France sont fausses" a réagi Aldi Nord, sa maison mère, sollicitée par l'AFP.

"Aldi est et restera engagé à long terme sur le marché français", a assuré le groupe, pour qui les "spéculations" au "sujet d'un prétendu processus de vente" ou "retrait de France" sont "sans fondement".

"Depuis des années, nous investissons massivement dans notre assortiment ainsi que dans la modernisation de notre réseau de magasins et de logistique", a fait valoir le discounter, invoquant une stratégie "clairement axée sur l'optimisation et la croissance en France".

"L'évolution positive est constante et conforme aux objectifs du groupe Aldi Nord", a-t-il assuré.

Il reste qu'Aldi, comme Lidl, n'a pas bénéficié en France de la période de forte inflation alimentaire, qui a à l'inverse profité au numéro un Leclerc.

En outre le groupe avait déboursé en 2020 plus de 700 millions d'euros pour racheter 547 Leader Price auprès du distributeur en difficulté Casino. Aldi pesait alors 2,4% du marché de la distribution alimentaire, et Leader Price 1,5%.

Selon ses comptes consolidés pour l'année 2022, dernier exercice publié, Aldi a réalisé 5 milliards d'euros de chiffre d'affaires annuel en France, en forte hausse de 17%. Mais en creusant sa perte nette, passée en un an de près de 291 millions d'euros à 397 millions.

En cas de vente, les acheteurs potentiels ne manqueraient pas, comme l'a souligné jeudi sur son site le spécialiste du secteur Olivier Dauvers, citant Lidl, Carrefour et  Action.


Dina Powell McCormick, née en Égypte, nommée présidente et vice-présidente de Meta

Meta a nommé Dina Powell McCormick, née en Égypte, au poste de présidente et de vice-présidente. (AP/File Photo)
Meta a nommé Dina Powell McCormick, née en Égypte, au poste de présidente et de vice-présidente. (AP/File Photo)
Short Url
  • L'ancienne associée de Goldman Sachs et fonctionnaire de la Maison Blanche a précédemment siégé au conseil d'administration de Meta
  • Dina Powell McCormick, qui est née au Caire et a déménagé aux États-Unis lorsqu'elle était enfant, rejoint l'équipe de direction et contribuera à orienter la stratégie globale et l'exécution

LONDRES: Meta a nommé Dina Powell McCormick, née en Égypte, au poste de présidente et de vice-présidente.

L'entreprise a déclaré lundi que l'ancienne associée de Goldman Sachs et fonctionnaire de la Maison Blanche, qui a déjà siégé au conseil d'administration de Meta, accède à un rôle de direction de haut niveau, alors que l'entreprise accélère sa progression dans les domaines de l'intelligence artificielle et de l'infrastructure mondiale.

Powell McCormick, qui est née au Caire et a déménagé aux États-Unis dans sa jeunesse, rejoindra l'équipe de direction et contribuera à orienter la stratégie globale et l'exécution de l'entreprise. Elle travaillera en étroite collaboration avec les équipes de Meta chargées de l'informatique et de l'infrastructure, a indiqué l'entreprise, et supervisera les investissements de plusieurs milliards de dollars dans les centres de données, les systèmes énergétiques et la connectivité mondiale, tout en établissant de nouveaux partenariats stratégiques en matière de capital.

"L'expérience de Dina aux plus hauts niveaux de la finance mondiale, combinée à ses relations profondes dans le monde entier, la rend particulièrement apte à aider Meta à gérer cette prochaine phase de croissance en tant que présidente et vice-présidente de l'entreprise", a déclaré Mark Zuckerberg, fondateur et PDG de Meta.

Mme Powell McCormick a plus de 25 ans d'expérience dans les domaines de la finance, de la sécurité nationale et du développement économique. Elle a passé 16 ans en tant qu'associée chez Goldman Sachs à des postes de direction, et a servi deux présidents américains, notamment en tant que conseillère adjointe à la sécurité nationale de Donald Trump, et en tant que haut fonctionnaire du département d'État sous George W. Bush.

Plus récemment, elle a été vice-présidente et présidente des services à la clientèle mondiale de la banque d'affaires BDT & MSD Partners.


Eric Trump affirme que les réformes boursières de l'Arabie saoudite attireront des milliards de dollars

 Eric Trump a salué la décision de l'Arabie saoudite d'ouvrir son marché boursier aux investisseurs étrangers, affirmant que des milliards de dollars supplémentaires allaient affluer dans le Royaume. (AN)
Eric Trump a salué la décision de l'Arabie saoudite d'ouvrir son marché boursier aux investisseurs étrangers, affirmant que des milliards de dollars supplémentaires allaient affluer dans le Royaume. (AN)
Short Url
  • Dans le cadre du programme de diversification économique Vision 2030, l'Arabie saoudite vise à attirer 100 milliards de dollars d'investissements directs étrangers par an
  • "Chaque jour, l'environnement d'investissement s'améliore. Les plus grandes marques du monde viennent s'y installer. Toutes ces marques font énormément de bruit", a ajouté M. Trump

RIYAD: Eric Trump a salué la décision de l'Arabie saoudite d'ouvrir son marché boursier aux investisseurs étrangers, affirmant que des milliards de dollars supplémentaires allaient affluer dans le Royaume.

S'adressant à Asharq Al-Awsat, l'homme d'affaires, qui est le vice-président exécutif de la Trump Organization, a également fait l'éloge des récents projets de développement qui prennent forme à Riyad, en particulier à Diriyah.

Le Royaume a annoncé que ses marchés financiers seraient ouverts à tous les investisseurs étrangers à partir du 1er février, avec la suppression de restrictions telles que le cadre de l'investisseur étranger qualifié, qui exigeait un minimum de 500 millions de dollars d'actifs sous gestion, et l'abolition des accords de swap.

À propos de cette décision, M. Trump a déclaré : "Je pense que la nouvelle législation autorisant les investissements étrangers en Arabie saoudite va permettre à des milliards de dollars d'affluer sur le marché.

"Il est évident que l'ouverture des marchés boursiers eux-mêmes à de nouveaux investissements étrangers va entraîner l'arrivée de milliards de dollars supplémentaires sur le marché. Je pense que cela va aider le commerce, le tourisme et bien d'autres choses encore".

Selon M. Trump, l'environnement d'investissement en Arabie saoudite s'améliore au fil du temps, et de grandes marques du monde entier entrent sur le marché du Royaume pour en exploiter le potentiel.

Dans le cadre du programme de diversification économique Vision 2030, l'Arabie saoudite vise à attirer 100 milliards de dollars d'investissements directs étrangers par an.

"Chaque jour, l'environnement d'investissement s'améliore. Les plus grandes marques du monde viennent s'y installer. Toutes ces marques font énormément de bruit", a ajouté M. Trump.

Un rapport publié par l'Autorité générale des statistiques d'Arabie saoudite en décembre a révélé que les entrées nettes d'investissements directs étrangers ont atteint 24,9 milliards de SR (6,64 milliards de dollars) au troisième trimestre 2025, ce qui représente une augmentation de 34,5 % par rapport à la même période de l'année précédente.

M. Trump a fait ces commentaires alors que le promoteur immobilier saoudien Dar Global a annoncé qu'il lancerait deux projets de luxe portant la marque Trump à Riyad et à Djeddah, d'une valeur totale de 10 milliards de dollars.

Ces projets comprennent le Trump National Golf Course et le Trump International Hotel dans le quartier de Diriyah à Riyad.

Commentant l'attrait de l'Arabie saoudite, M. Trump a déclaré : "La vision de la ville, la vision de ce qui se passe à Riyad, en particulier à Diriyah, est incroyable. Je n'ai jamais rien vu de tel dans ma vie".

Il a ensuite ajouté : "La vision de ce que sera le nouveau Riyad, et la vision de l'ensemble de l'Arabie saoudite qui continue à s'ouvrir - vous voyez toutes ces grandes réformes financières, qui devraient rendre inévitable l'augmentation des investissements en Arabie saoudite. C'est incroyablement excitant.

M. Trump a poursuivi en déclarant que "les meilleurs jours pour l'Arabie saoudite sont à venir", ajoutant : "Même depuis six ou sept ans que je viens dans le pays, ce qui a été construit, ce qui a été fait, est incroyable. Et je pense que le pays devrait être incroyablement fier de lui-même".