Chaleur, gloire et vitesse: à Ingall, une des principales courses de chameaux du Sahara

Des hommes chevauchent leurs chameaux lors de la course de chameaux de la Cure Salee, la fête annuelle des peuples nomades, à Ingall, dans le nord du Niger, le samedi 18 2021. (Photo, AFP)
Des hommes chevauchent leurs chameaux lors de la course de chameaux de la Cure Salee, la fête annuelle des peuples nomades, à Ingall, dans le nord du Niger, le samedi 18 2021. (Photo, AFP)
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Publié le Lundi 20 septembre 2021

Chaleur, gloire et vitesse: à Ingall, une des principales courses de chameaux du Sahara

  • Des dizaines de pick-ups ont été garés stratégiquement pour que, debout sur le toit, on voit le plus loin possible
  • D'autres ont amené leur chameau pour regarder d'en haut

 INGALL: Le petit Moussa, dix ans, se souviendra longtemps de ce samedi de septembre 2021, à Ingall. Malgré son mètre de haut, il a survolé le désert le temps de la principale course de chameaux du Niger, l'une des plus grandes au Sahara. 

Alors que des bêtes de course sont arrivées de tout le pays et du proche voisin algérien, c'est lui, le fils de la brousse de Tchin Tabaraden qui écoule d'habitude les longues journées chaudes à mener dans le désert le bétail de son père, qui s'est hissé à la première place.

Lui, Moussa, qui ne va pas à l'école mais qui monte l'animal au rugissement de dinosaure depuis ses trois ans. Il ne fait les courses que depuis qu'il a sept ans: "avant, j'avais peur de monter seul sur les chameaux". Lui, enfin, qui se prend désormais à rêver d'un avenir doré, dans lequel il aura "plein de chameaux" et surtout, "gagnera d'autres courses!"

Celle d'Ingall, dans le nord du Niger, est l'évènement du festival de la Cure salée, grande fête d'un pastoralisme saharien pris au piège du conflit jihadiste dans la région.

Mais ici, nulle référence à cela, il est temps de s'amuser! "Il y a le football en Europe, ici on a les courses de chameaux", résume Khamid Ekwel,  propriétaire réputé de chameaux de course.

Alors samedi matin, dès l'aube, des centaines d'éleveurs se sont pressés contre les barrières du stade --une piste de cinq kilomètres dans le désert délimitée par des pierres peintes en blanc-- pour assister à la course.

Pick-ups et chèches blancs

Des dizaines de pick-ups ont été garés stratégiquement pour que, debout sur le toit, on voit le plus loin possible. D'autres ont amené leur chameau pour regarder d'en haut. Tous attendent sous le soleil montant dans le ciel bleu, en pariant sur lequel des 25 animaux en course arrivera le premier.

Ceux-là arrivent bientôt et se placent derrière une corde verte tendue sur la ligne de départ. Sur chacun, les jockeys, à peine adolescents: plus légers ils sont, plus vite ira la bête. On attend le départ.

Lahsanne Abdallah Najim, membre du jury et lui même propriétaire d'un des chameaux favoris, est stressé: il doit veiller à la bonne organisation, mais surtout, il veut que sa bête gagne!

Le moment fatidique approche, il se place dans son pick-up, accorde d'un signe à une quinzaine de personnes de monter à l'arrière, réajuste son chèche sur le nez, puis ronge son frein en attendant que le drapeau blanc s'envole enfin.

D'un coup, ça y est. Les chameaux partent au galop, les spectateurs crient. Le véhicule de Lahsanne Abdallah Najim démarre en trombe avec une dizaine d'autres. Le sable s'envole comme les chameaux et bientôt, on ne voit plus grand chose, les bêtes sont déjà loin.

«Sprint terrible»

Dans la voiture, M. Najim sourit: "il y a certains qui choisissent la vitesse maintenant, mais en fin de compte ils seront les derniers, c'est au deuxième tour qu'il faut accélérer."

Deux tours de cinq kilomètres: la course est longue. Après le premier tour, quatre chameaux sont au coude à coude. Celui de Lahsanne Abdallah Najim est parmi ceux-là; sous son chèche il récite des sourates du Coran.

Sur la piste, les motos et les pick-ups filent et leurs conducteurs crient mais les jockeys n'en ont cure. Eux ne font que frapper leurs bêtes pour accélérer: c'est le sprint final!

Bientôt les quatre arrivent devant la tribune où est installé le président nigérien Mohamed Bazoum, et le petit Moussa arbore un grand sourire: sur Mahokat ("le fou"), il finit d'un chouia devant.

"Ca a été un sprint final terrible, et encore plus terrible pour moi car je suis quatrième", dit M. Najim.

L'entraineur de Mahokat, Mohamed Ali, est heureux mais pas surpris. Avant la course, il l'avait prédit: "ce chameau, c'est un chameau qui gagne! Aujourd'hui même, inch'Allah!"

C'est lui qui, au quotidien, monte le chameau, fait des courses d'entrainement. Il explique le nourrir au mil, nourriture à laquelle nombre d'éleveurs de brousse n'ont plus accès faute d'argent.

Ces chameaux de luxe, s'ils vivent au fond du désert, sont connus dans la région: ce sont les mêmes qui gagnent de course en course. Leurs propriétaires sont riches, ils ne recherchent pas l'argent mais la gloire saharienne.

"Il y a des prix certes, mais ce ne sont pas eux qui nous intéressent, c'est de gagner", confirme Hassan Mohamed, grand propriétaire. "On cherche le plaisir et la gloire seulement", ajoute-il en souriant.  


Jean-Paul Rappeneau, le réalisateur français de «Cyrano de Bergerac», est mort à 94 ans

Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils. (AFP)
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  • C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès
  • Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991

PARIS: Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau, réalisateur de huit longs-métrages dont le très populaire en France et à l'étranger "Cyrano de Bergerac" (1990), est décédé mardi soir à Paris à l'âge de 94 ans, a annoncé mercredi à l'AFP un de ses fils.

Jean-Paul Rappeneau, l'un des doyens du cinéma hexagonal, a tourné avec les plus grands comédiens français, de Yves Montand ("Le Sauvage") à Catherine Deneuve ("La vie de château"), en passant par Gérard Depardieu, Jean-Paul Belmondo ("Les Mariés de l'An II") ou Isabelle Adjani ("Tout feu tout flamme").

C'est en portant au cinéma les aventures de Cyrano et ses amours contrariées avec sa cousine Roxane, basées sur la légendaire pièce d'Edmond Rostand, écrite au XIXe siècle, que cet autodidacte avait connu son plus grand succès.

Co-scénarisé avec l'écrivain français Jean-Claude Carrière et porté par l'interprétation de Gérard Depardieu dans le rôle-titre, son "Cyrano" avait décroché dix César en 1991, dont celui de meilleur film, et avait valu à Jean-Paul Rappeneau celui de meilleur réalisateur.

"Nous ne pouvions nous contenter d'une simple mise en images de la pièce (...). Le vrai pari du film, c'est que les personnages y parlent en vers", expliquait-il.

Totalisant plus de 10 millions d'entrées dans le monde, le film avait aussi décroché cinq nominations aux Oscars.

Connu pour son perfectionnisme, Jean-Paul Rappeneau choisissait ses projets avec soin, ne craignant pas de laisser s'écouler de longues années entre chaque film.

"Je ne suis pas comme un pommier qui fait tomber ses fruits chaque automne. Mon rythme, c'est plutôt un film tous les cinq ou six  ans. Je ne vois pas pourquoi on devrait enchaîner les projets. A moins bien sûr d'avoir besoin d'argent...", disait-il à l'hebdomadaire Paris Match en 2015.

Populaire et exigeant 

Né le 8 avril 1932 dans une famille nombreuse, il avait abandonné des études de droit pour se lancer dans le cinéma, notamment auprès de Louis Malle ("Au revoir les enfants")dont il devient l'assistant, co-écrivant le scénario de "Zazie dans le métro".

Il avait fait ses premiers pas de réalisateur en signant en 1966 "La vie de château", dans lequel Catherine Deneuve campe une épouse rongée par l'ennui aux côtés de Philippe Noiret.

Si ses débuts coïncident avec l'éclosion de la Nouvelle Vague, il s'était toujours tenu à distance de ce mouvement qui révolutionna le cinéma français dans les années 50-60. "A l'exception d'+A bout de souffle+ et d'+Hiroshima mon amour+, aucun des films (de la Nouvelle Vague) ne me plaisait vraiment", disait-il.

Tenant d'un cinéma populaire et exigeant, Jean-Paul Rappeneau avait ensuite enchaîné les succès.

En 1995, il avait relevé un autre défi en portant à l'écran "Le Hussard sur le toit", avec Olivier Martinez et Juliette Binoche, tiré du roman de Jean Giono, réputé difficile à adapter.

Son dernier film, la comédie dramatique "Belles Familles", remontait à 2015 et mettait en scène Mathieu Amalric, Karin Viard et Marine Vacth.

En 2025, Jean-Paul Rappeneau avait publié ses mémoires ("Vive allure") dans lesquelles transparaissait son approche singulière du métier de cinéaste. "Quand un film se termine, disait-il, je suis comme un naufragé sur la plage, j'attends le prochain voyage".

 

 


Avec la plateforme RMC+, CMA Media accélère sur le streaming

Filiale de l'armateur français de porte-conteneurs CMA CGM, CMA Media est devenu en quelques années un important groupe de médias, après avoir racheté le groupe de presse régionale La Provence, le journal économique La Tribune, les marques RMC et BFM, ainsi que le média en ligne Brut. (AFP)
Filiale de l'armateur français de porte-conteneurs CMA CGM, CMA Media est devenu en quelques années un important groupe de médias, après avoir racheté le groupe de presse régionale La Provence, le journal économique La Tribune, les marques RMC et BFM, ainsi que le média en ligne Brut. (AFP)
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  • "Nous assumons complètement notre différenciation. Dans un univers où il y a Netflix, Prime Video, TF1+, France Télévisions, Youtube, M6+ et bien d'autres, prétendre se vouloir généraliste, c'est complètement vain"
  • Confrontées à la concurrence de géants comme Netflix ou Youtube, les chaînes de télévision traditionnelles tentent de renforcer leur présence sur le streaming

PARIS: Chaînes en direct, contenus du média Brut ou séries verticales: le groupe CMA Media, propriétaire de BFMTV et RMC, lance mardi une nouvelle plateforme de streaming avec l'ambition de changer d'échelle sur le numérique.

RMC+, qui succède à RMC BFM Play, va réunir sur une seule plateforme gratuite ses chaînes de la TNT (BFMTV, RMC Story, RMC Découverte, RMC Life), dix chaînes thématiques, dont une chaîne Brut - le média en ligne devenu propriété de CMA Media en 2025 -, et une offre de près de 10.000 heures de contenus à la demande.

En misant sur les classiques des chaînes RMC (mécanique, histoire et découverte, sport, enquêtes criminelles), des mini-séries verticales (ou micro-drama), des telenovelas et des créateurs de contenus comme Nota Bene ou Loury Lag notamment, "ce sera une véritable plateforme de streaming", résume Julie Gauchotte, directrice de la stratégie numérique de RMC BFM.

"Nous assumons complètement notre différenciation. Dans un univers où il y a Netflix, Prime Video, TF1+, France Télévisions, Youtube, M6+ et bien d'autres, prétendre se vouloir généraliste, c'est complètement vain", ajoute auprès de l'AFP Stéphane Sallé de Chou, directeur général du pôle Entertainment CMA Media.

"Mais on veut être les meilleurs dans nos univers", poursuit-il.

Filiale de l'armateur français de porte-conteneurs CMA CGM, CMA Media est devenu en quelques années un important groupe de médias, après avoir racheté le groupe de presse régionale La Provence, le journal économique La Tribune, les marques RMC et BFM, ainsi que le média en ligne Brut. CMA Media est aussi entrée en phase finale d'acquisition de la chaîne RMC Sport, qui diffuse notamment le MMA (arts martiaux mixtes).

Confrontées à la concurrence de géants comme Netflix ou Youtube, les chaînes de télévision traditionnelles tentent de renforcer leur présence sur le streaming. Mais leurs recettes publicitaires se concentrent encore très majoritairement sur la télé dite linéaire, à 93% dans le cas des chaînes BFMTV et RMC, contre 6% pour la plateforme RMC BFM Play et 1% sur les réseaux sociaux, explique-t-on chez CMA Média.

CMA Media a également noué début 2026 un partenariat avec Youtube pour y diffuser ses contenus et a lancé une agence de production audiovisuelle, CMA Studio. Le groupe compte aussi lancer un studio de créateurs de contenus, CMA Creator, d'ici fin 2026.

En parallèle, CMA Media veut faire des économies en vendant les neuf chaînes de télévision locales de BFM.


Mort à 79 ans de l'artiste palestinien Sliman Mansour

L'artiste, dont les œuvres dépeignaient les traditions palestiniennes et la lutte de son peuple sous l'occupation israélienne, est mort dans sa maison à Jérusalem-Est, ont précisé ses proches. (AFP)
L'artiste, dont les œuvres dépeignaient les traditions palestiniennes et la lutte de son peuple sous l'occupation israélienne, est mort dans sa maison à Jérusalem-Est, ont précisé ses proches. (AFP)
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  • Sliman Mansour était né à Birzeit, au nord de Ramallah, en 1947. Il avait étudié l'art et le design à Jérusalem, dont il est sorti diplômé en 1970
  • Le ministère palestinien de la culture a rendu hommage à l'artiste, "l'un des plus importants piliers de l'art visuel palestinien contemporain, dont la carrière, sur plusieurs décennies, fait partie de la mémoire visuelle et nationale palestinienne"

RAMALLAH: Le peintre et sculpteur Sliman Mansour, l'un des artistes palestiniens les plus renommés, est mort lundi à l'âge de 79 ans, a annoncé sa famille.

L'artiste, dont les œuvres dépeignaient les traditions palestiniennes et la lutte de son peuple sous l'occupation israélienne, est mort dans sa maison à Jérusalem-Est, ont précisé ses proches.

"Le dernier chapitre a été écrit. Le cœur serré par un chagrin indicible, nous annonçons que notre cher père a quitté ce monde", a déclaré sa famille dans un communiqué.

"Pour le monde, il laisse derrière lui une vie emplie de beauté et de mémoire, ainsi qu'un héritage qui se perpétuera à travers toutes les personnes dont il a marqué l'existence. Quant à nous, nous avons perdu un père qui était notre source d'amour, de force et notre refuge", ajoute la famille.

Sliman Mansour était né à Birzeit, au nord de Ramallah, en 1947. Il avait étudié l'art et le design à Jérusalem, dont il est sorti diplômé en 1970.

Le ministère palestinien de la culture a rendu hommage à l'artiste, "l'un des plus importants piliers de l'art visuel palestinien contemporain, dont la carrière, sur plusieurs décennies, fait partie de la mémoire visuelle et nationale palestinienne".

Le ministère a salué sa toile la plus connue, "Camel of Hardships" ("Le Chameau des fardeaux", 1973) - qui représente un vieil homme palestinien portant la ville de Jérusalem sur son dos - la qualifiant d'"icône nationale et artistique". L'oeuvre de Sliman Mansour faisait office "de témoin de l'histoire palestinienne et de gardien de l'identité", a-t-il ajouté.

Pleurant une "immense perte", la galerie Zawyeh de Ramallah a salué une "figure artistique majeure", qui, "à travers son œuvre, a exploré les thèmes du déplacement, de la résilience, de la résistance et du lien indéfectible unissant les Palestiniens à leur terre natale".

Sliman Mansour a reçu de nombreuses récompenses, parmi lesquelles le prix Unesco-Sharjah pour la culture arabe en 2019.