L'Iran, une escalade nucléaire qui inquiète la communauté internationale

Le chef de l'énergie atomique Mohammad d'Iran Mohammad Eslami est photographié de dos alors qu'il assiste à la conférence générale de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), réunion annuelle de tous les États membres de l'AIEA, au siège de l'agence à Vienne, en Autriche, le 20 septembre 2021. (Photo, AFP)
Le chef de l'énergie atomique Mohammad d'Iran Mohammad Eslami est photographié de dos alors qu'il assiste à la conférence générale de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), réunion annuelle de tous les États membres de l'AIEA, au siège de l'agence à Vienne, en Autriche, le 20 septembre 2021. (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 21 septembre 2021

L'Iran, une escalade nucléaire qui inquiète la communauté internationale

  • D'après les termes de l'accord conclu à Vienne en 2015 avec les grandes puissances, l'Iran avait convenu de limiter le niveau d'enrichissement d'uranium à 3,67% pour un plafond de 202,8 kilos
  • En avril, la République islamique a franchi le seuil inédit de 60% et en a produit depuis 10 kg, se rapprochant des 90% nécessaires à la confection d'une bombe

VIENNE : Le programme nucléaire iranien sera un des sujets de discussion cette semaine à New York, où les différents protagonistes du dossier doivent se rencontrer lors de l'Assemblée générale des Nations Unies.

Le sujet sera aussi sur toutes les lèvres à la Conférence générale annuelle de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), le gendarme onusien du nucléaire, qui s'est ouverte lundi à Vienne. 

Si Téhéran insiste sur le caractère pacifique de ses activités, leur récente montée en puissance inquiète les experts, au moment où les pourparlers diplomatiques sont à l'arrêt.

 Quelles limites a franchi Téhéran?

D'après les termes de l'accord conclu à Vienne en 2015 avec les grandes puissances (Etats-Unis, Allemagne, France, Royaume-Uni, Chine, Russie), l'Iran avait convenu de limiter le niveau d'enrichissement d'uranium à 3,67% pour un plafond de 202,8 kilos (ou 300 kilos équivalent UF6).

Le processus consiste à augmenter la proportion d'isotopes fissiles dans l'uranium, notamment dans des centrifugeuses.

L'uranium naturel, tel qu'il est extrait du sol, est composé à 99,3% d'uranium 238, non fissile. La part fissile, l'uranium 235, ne constitue que 0,7%. 

Enrichi entre 3 et 5%, cet uranium sert à alimenter les centrales nucléaires pour la production d'électricité. 

Mais en riposte à la décision en 2018 de Donald Trump de se retirer de l'accord, l'Iran s'est progressivement affranchi de ses engagements.

Il a ainsi commencé à dépasser le plafond autorisé tout en enrichissant jusqu'à 5%. Selon le dernier rapport de l'AIEA, il avait accumulé fin août 2.441,3 kilos d'uranium, soit 12 fois la limite autorisée.

En début d'année, l'Iran est allé plus loin en montant à 20%, un niveau qui permet en théorie de produire des isotopes médicaux, utilisés notamment dans le diagnostic de certains cancers. Son stock enrichi à ce taux s'élève désormais à 84 kg.

Puis en avril, la République islamique a franchi le seuil inédit de 60% et en a produit depuis 10 kg, se rapprochant des 90% nécessaires à la confection d'une bombe.

Enfin, elle a développé pour la première fois de l'uranium métal, "sous un prétexte civil, alors qu'il s'agit d'un matériau clé pour fabriquer une arme atomique", explique pour l'AFP Andrea Stricker, co-auteure d'un récent rapport de l'Institut des sciences et de la sécurité internationale de Washington.

En parallèle, l'Iran a fortement augmenté le nombre et la performance des centrifugeuses pour produire davantage, mieux, plus vite.

L'Iran peut-il fabriquer une bombe nucléaire?

La quantité autorisée dans le cadre de l'accord n'avait pas été fixée au hasard. C'était le résultat d'un calcul précis destiné à définir le "breakout time", c'est-à-dire le temps qu'il faudrait en théorie à l'Iran pour obtenir le matériau destiné à une bombe nucléaire. 

Ce délai était d'environ un an. 

Du fait des dernières avancées techniques, il est désormais "bien inférieur", souligne un diplomate proche du dossier, pour lequel ce n'est "pas compliqué d'un point de vue technique" de passer de 60 à 90%.

L'Iran a donc "parcouru 99% du chemin" en atteignant un taux d'enrichissement de 60%, de l'avis des experts, "ce qui montre la gravité de la situation", commente Mme Stricker, tout en appelant à "ne pas céder à l'hystérie". 

"C'est très préoccupant mais ne nous ne connaissons pas les intentions de Téhéran", poursuit-elle, alors que le régime iranien a toujours nié vouloir se doter de la bombe.

Par ailleurs, "l'Iran n'a pas reconstitué un stock d'uranium aussi important qu'avant l'accord de 2015", ajoute la chercheuse.

Quels sont les autres paramètres?

Et même s'il parvient à rassembler suffisamment de matériau pour une bombe, "il lui faudrait le convertir et l'assembler avec des explosifs et d'autres composants", explique Eric Brewer, spécialiste de la prolifération nucléaire au sein du Centre pour les études stratégiques et internationales (CSIS).

D'autres étapes sont ensuite nécessaires "pour adapter l'arme sur un missile et faire fonctionner le dispositif correctement".

En outre, l'AIEA, bien que limitée dans son accès depuis l'entrée en vigueur d'une nouvelle loi iranienne en février, inspecte régulièrement les principaux sites du pays, en particulier le complexe d'enrichissement de Natanz (centre). 

En revanche, note l'expert, Téhéran a accumulé au fil des semaines des connaissances irréversibles, "qui ne pourront pas être effacées par un simple retour dans l'accord". 


Le Hezbollah dit avoir visé des soldats dans le nord d'Israël avec un drone

Le Hezbollah a déclaré jeudi avoir utilisé un drone pour attaquer des soldats israéliens dans le nord d'Israël, près de la frontière avec le Liban. (AFP)
Le Hezbollah a déclaré jeudi avoir utilisé un drone pour attaquer des soldats israéliens dans le nord d'Israël, près de la frontière avec le Liban. (AFP)
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  • L'armée israélienne avait signalé en mi-journée qu'une attaque de drone du Hezbollah avait blessé plusieurs civils dans le nord d'Israël. Ces derniers avaient été évacués vers un hôpital
  • L’agence de presse officielle libanaise ANI a pour sa part fait état de frappes aériennes israéliennes dans le sud et l’est du Liban

BEYROUTH: Le Hezbollah a déclaré jeudi avoir utilisé un drone pour attaquer des soldats israéliens dans le nord d'Israël, près de la frontière avec le Liban.

Cette annonce intervient alors que des représentants israéliens et libanais ont repris leurs discussions jeudi à Washington, à quelques jours de l'expiration d'un cessez-le-feu.

Dans un communiqué, le mouvement pro-iranien a indiqué avoir "pris pour cible un rassemblement de soldats de l'armée ennemie israélienne sur le site de Rosh Hanikra" avec un drone.

L'armée israélienne avait signalé en mi-journée qu'une attaque de drone du Hezbollah avait blessé plusieurs civils dans le nord d'Israël. Ces derniers avaient été évacués vers un hôpital.

L’agence de presse officielle libanaise ANI a pour sa part fait état de frappes aériennes israéliennes dans le sud et l’est du Liban.

Malgré la trêve dans la guerre entre Israël et le Hezbollah en vigueur depuis le 17 avril, des frappes israéliennes ont tué plus de 400 personnes au Liban, selon un décompte de l'AFP basé sur les chiffres du ministère de la Santé.

 


Le CCG affiche son unité sur le plan sécuritaire après une tentative d’infiltration au Koweït

Le secrétaire général du CCG, Jasem Mohamed Albudaiwi. (SPA)
Le secrétaire général du CCG, Jasem Mohamed Albudaiwi. (SPA)
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  • Les ministres du Golfe soulignent le caractère « indivisible » de la sécurité régionale après l’arrestation au Koweït d’individus présumés liés aux Gardiens de la révolution iraniens
  • Le CCG prévoit de renforcer sa coordination, affirme le secrétaire général Jasem Mohamed Albudaiwi

RIYAD : Les ministres de l’Intérieur du Conseil de coopération du Golfe (CCG) ont affirmé mercredi que la sécurité du bloc régional était « indivisible » et ont appelé à un renforcement de la coordination face aux menaces régionales après l’arrestation au Koweït de cellules présumées liées au Corps des gardiens de la révolution islamique iranien, selon l’Agence de presse saoudienne.

Le secrétaire général du CCG, Jasem Mohamed Albudaiwi, a indiqué que les ministres avaient insisté sur la nécessité d’une coopération plus étroite entre leurs ministères et les autorités sécuritaires concernées lors d’une réunion extraordinaire tenue au siège du secrétariat du bloc à Riyad.

La réunion était présidée par le ministre bahreïni de l’Intérieur, Rashid bin Abdullah Al-Khalifa, dans un contexte de fortes tensions régionales et d’inquiétudes sécuritaires liées au conflit en cours impliquant l’Iran, Israël et les États-Unis.

Selon Albudaiwi, les ministres ont discuté de la situation sécuritaire régionale et des moyens de renforcer la coordination commune du CCG afin de faire face aux défis résultant des attaques visant les États du Golfe.

« La sécurité des États du CCG est indivisible », a-t-il déclaré, ajoutant que les ministres avaient souligné l’importance de faire face à toutes les menaces pesant sur la stabilité de la région et de lutter contre le terrorisme sous toutes ses formes.

Cette déclaration intervient quelques jours après l’annonce par les autorités koweïtiennes de l’arrestation de quatre ressortissants iraniens accusés d’avoir tenté d’infiltrer l’île de Bubiyan, un site stratégique proche des côtes irakiennes et iraniennes abritant le port Moubarak Al-Kabeer.

Le ministère koweïtien de l’Intérieur a indiqué que les suspects avaient reconnu appartenir aux Gardiens de la révolution et qu’ils avaient pour mission de mener des actes hostiles après être entrés dans les eaux koweïtiennes à bord d’un bateau de pêche loué. Deux autres suspects présumés ont pris la fuite lors d’un échange de tirs avec les forces koweïtiennes, au cours duquel un membre des forces de sécurité a été blessé.

L’Iran a rejeté ces accusations, les qualifiant d’« absolument sans fondement », affirmant que les quatre officiers étaient entrés accidentellement dans les eaux koweïtiennes en raison d’une panne de navigation. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a ensuite demandé la libération des détenus et déclaré que Téhéran se réservait le « droit de répondre ».

La tentative d’infiltration a rapidement été condamnée par plusieurs États du Golfe, dont l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, le Qatar et Bahreïn, qui ont tous exprimé leur solidarité avec le Koweït et qualifié l’incident de violation de la souveraineté koweïtienne.

Le vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères des Émirats arabes unis, Abdullah bin Zayed Al-Nahyan, a déclaré que la sécurité du Koweït était indissociable de celle de l’ensemble de la région du Golfe, reprenant ainsi le langage adopté plus tard lors de la réunion du CCG.

L’Arabie saoudite a également condamné ce qu’elle a qualifié de tentative d’infiltration iranienne visant à déstabiliser le Koweït, avertissant que de telles actions compromettaient les efforts internationaux destinés à restaurer la sécurité régionale.

Albudaiwi a ajouté que les ministres du CCG avaient également présenté leurs condoléances aux familles des victimes des récentes attaques contre les États du Golfe et souhaité un prompt rétablissement aux blessés.

Il a salué « l’efficacité et la vigilance » des agences de sécurité du CCG dans la découverte et le démantèlement des cellules présumées hostiles, affirmant que ces opérations reflétaient le haut niveau de préparation des services de sécurité du Golfe.

Cette réunion d’urgence intervient alors que les États du Golfe restent en état d’alerte renforcée face à l’escalade des tensions régionales, notamment les attaques iraniennes de missiles et de drones visant les Émirats arabes unis, les menaces pesant sur la navigation maritime dans le détroit d’Ormuz et les inquiétudes concernant la sécurité des routes énergétiques et maritimes stratégiques.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Liban et Israël retentent un rapprochement à Washington

Une personne est visible à l’intérieur d’un véhicule en flammes tandis que des hommes tentent d’éteindre l’incendie après une frappe aérienne israélienne ayant touché une voiture dans la ville côtière de Barja, au sud de Beyrouth, au Liban, mercredi 13 mai 2026. (Photo AP/Mustafa Jamalddine)
Une personne est visible à l’intérieur d’un véhicule en flammes tandis que des hommes tentent d’éteindre l’incendie après une frappe aérienne israélienne ayant touché une voiture dans la ville côtière de Barja, au sud de Beyrouth, au Liban, mercredi 13 mai 2026. (Photo AP/Mustafa Jamalddine)
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  • Des négociateurs israéliens et libanais se retrouvent à Washington pour tenter de consolider le cessez-le-feu avant son expiration le 17 mai, malgré la poursuite des frappes israéliennes au Liban
  • Le Liban réclame l’arrêt des attaques israéliennes, tandis qu’Israël maintient sa pression contre le Hezbollah, dans un contexte de fortes tensions régionales impliquant aussi l’Iran

WASHINGTON: Négociateurs israéliens et libanais se retrouvent à partir de jeudi à Washington, à quelques jours de l'expiration d'un cessez-le-feu qui n'a pas empêché des centaines de morts supplémentaires lors de frappes israéliennes contre le Hezbollah.

Cette rencontre, la troisième de ce type, intervient au lendemain d'une série de frappes israéliennes sur une trentaine de lieux au Liban qui a fait au moins 22 morts, selon le ministère libanais de la Santé.

Les représentants des deux pays s'étaient déjà rencontrés le 23 avril dans la capitale américaine. Le président Donald Trump avait annoncé à cette occasion une prolongation de trois semaines de la trêve, et exprimé l'espoir d'un rapprochement historique entre les deux voisins du Proche-Orient qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques.

Le président des Etats-Unis avait conjecturé qu'il accueillerait dans l'intervalle à la Maison Blanche le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président libanais Joseph Aoun. Mais cet espoir ne s'est pas concrétisé, le chef d'Etat libanais exigeant au préalable un accord sur les questions de sécurité et la fin des attaques israéliennes.

La trêve a été prolongée jusqu'au dimanche 17 mai. Depuis son entrée en vigueur le 17 avril, plus de 400 personnes ont péri dans des frappes israéliennes, d'après un décompte de l'AFP fondé sur des chiffres officiels.

Israël s'est réservé le droit de continuer à viser le Hezbollah, le mouvement chiite pro-iranien qui a entraîné le Liban dans la guerre à la suite du déclenchement de l'offensive israélo-américaine contre l'Iran le 28 février.

"Quiconque menace l'Etat d'Israël mourra en raison de sa faute", a encore averti la semaine dernière Benjamin Netanyahu après l'assassinat d'un important chef militaire du Hezbollah en plein cœur de Beyrouth.

Dans ses propres tractations indirectes avec Washington, l'Iran exige que toute trêve concerne aussi le Liban -- à savoir qu'Israël cesse de frapper son allié du Hezbollah.

- "Consolidation" -

A Washington, le Liban vient chercher "une consolidation du cessez-le-feu", a déclaré à l'AFP un haut responsable ayant requis l'anonymat. "La priorité est de mettre un terme aux morts et aux destructions".

Plus de 2.800 personnes ont péri au Liban depuis le début du conflit début mars, dont au moins 200 enfants, d'après Beyrouth.

Israël vise des secteurs à forte population chiite, dont la banlieue sud de Beyrouth, et s'est emparé d'une bande frontalière qu'il occupait déjà entre 1982 et 2000.

Washington dit défendre la souveraineté du Liban sur tout son territoire mais appelle aussi le pays à s'en prendre au Hezbollah.

Pour le département d'Etat, "ces pourparlers doivent permettre de rompre catégoriquement avec l'approche ratée des deux dernières décennies qui autorisait des mouvements terroristes à s'enraciner et à s'enrichir, tout en sapant l'autorité de l'Etat libanais et en menaçant la frontière septentrionale d'Israël".

A la différence de la précédente session de négociations, ni le secrétaire d'Etat Marco Rubio ni Donald Trump lui-même n'y participeront. Tous deux sont en visite officielle en Chine.

Pour ces deux journées d'entretiens au département d'Etat, l'équipe de médiateurs américains comprend les ambassadeurs des Etats-Unis en Israël et au Liban, respectivement Mike Huckabee, un pasteur évangélique, et Michel Issa, un partenaire de golf de Donald Trump qui est né au pays du Cèdre.

Le Liban est représenté par Simon Karam, un avocat et diplomate de 76 ans, et Israël par son ambassadeur Yechiel Leiter, 67 ans, allié de longue date de Benjamin Netanyahu.