Les Occidentaux pressent l’Iran de revenir aux négociations

"Les Etats-Unis restent déterminés à empêcher l'Iran d'obtenir l'arme nucléaire", a souligné le président américain Joe Biden à la tribune de l'ONU. (Photo, AFP)
"Les Etats-Unis restent déterminés à empêcher l'Iran d'obtenir l'arme nucléaire", a souligné le président américain Joe Biden à la tribune de l'ONU. (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 22 septembre 2021

Les Occidentaux pressent l’Iran de revenir aux négociations

  • Téhéran pour une reprise des négociations « dans les prochaines semaines », loin des attentes des USA et de l’UE qui demandent une reprise immédiate
  • Nous reviendrons pleinement dans l'accord si l'Iran « fait de même », affirme Biden, tout en réitérant sa détermination à l’empêcher d'obtenir l'arme nucléaire

NATIONS UNIES : Les Occidentaux ont fait pression mardi à l'ONU sur le nouveau président iranien Ebrahim Raïssi pour une reprise au plus vite des négociations sur le nucléaire iranien, sans cependant obtenir d'engagement concret.

Pour sa première intervention, avec une vidéo pré-enregistrée, à la tribune de l'ONU, le dirigeant ultraconservateur s'est certes dit favorable à de telles négociations afin de sauver l'accord de Vienne (JCPOA) de 2015 censé empêcher l'Iran de se doter de l'arme nucléaire.

Mais ces discussions doivent avoir pour "objectif final la levée de toutes les sanctions oppressives" visant l'économie iranienne et que les Etats-Unis ont réintroduites en sortant avec fracas de l'accord en 2018, a-t-il martelé.

"Nous ne faisons pas confiance aux promesses du gouvernement américain", qui s'est retiré de cet accord sous la présidence de Donald Trump et qui veut maintenant y revenir sous la houlette de Joe Biden, a relevé Ebrahim Raïssi.

Dans la foulée, le porte-parole de la diplomatie iranienne, Saïd Khatibzadeh, a déclaré que les négociations, suspendues depuis juin, reprendraient "dans  les prochaines semaines", loin des attentes des Etats-Unis et des Européens qui demandent une reprise immédiate. Début septembre, Téhéran avait même parlé de "deux ou trois mois".

"Les Etats-Unis restent déterminés à empêcher l'Iran d'obtenir l'arme nucléaire", a souligné le président américain Joe Biden à la tribune de l'ONU.

"Nous travaillons" pour cela avec les membres permanents du Conseil de sécurité (France, Royaume-Uni, Russie et Chine) ainsi qu'avec l'Allemagne "pour obtenir diplomatiquement et en toute sécurité le retour de l'Iran dans l'accord", a-t-il ajouté.

Campant toutefois sur les mêmes exigences que Téhéran, il a réitéré que les Etats-Unis reviendraient pleinement dans l'accord si l'Iran "fait de même".

Conclu en 2015, l'accord de Vienne sur le nucléaire iranien offrait à Téhéran un allègement des sanctions occidentales et onusiennes en échange de son engagement à ne jamais se doter de l'arme atomique, et d'une réduction drastique de son programme nucléaire, placé sous strict contrôle de l'ONU.

Mais après le retrait unilatéral des Américains de l'accord en 2018, l'Iran a progressivement abandonné la plupart de ses engagements.

"Le temps presse", a lancé mardi le chef de la diplomatie allemande Heiko Maas devant la presse, à l'unisson des autres signataires européens, France et Royaume-Uni.

"Nous n'allons pas attendre deux ou trois mois que la délégation iranienne revienne à la table des négociations à Vienne. Cela doit se faire plus vite", a-t-il affirmé.

"Il faut que l'Iran accepte de reprendre les négociations le plus rapidement possible", avait aussi souligné la veille son homologue français, Jean-Yves Le Drian.

Une réunion ministérielle que les Européens tentaient de monter cette semaine en marge de l'AG de l'ONU avec l'Iran et les deux autres parties prenantes à l'accord (Russie, Chine), pour essayer de relancer les négociations restait mardi très hypothétique.

Une réunion "n'est pas à l'ordre du jour" mais l'accord de Vienne sera au coeur des rencontres bilatérales de l'Iran, a précisé M. Khatibzadeh.

Le nouveau ministre iranien des Affaires étrangères Hossein Amir-Abdollahian a notamment rencontré son homologue allemand et devait voir mercredi la cheffe de la diplomatie britannique Liz Truss. Un entretien avec le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell pourrait aussi avoir lieu.

Outre le retour à la table des négociations, le contrôle du programme nucléaire iranien fait l'objet de vives tensions avec Téhéran.

L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a finalement conclu le 12 septembre -- quelques jours après que le gendarme onusien du nucléaire a dénoncé un manque de coopération à ce sujet-- un accord avec l'Iran sur la surveillance de son programme, laissant espérer une reprise des pourparlers de Vienne.

Prenant la parole à l'ONU peu après Joe Biden, le nouveau président iranien a longuement attaqué les Etats-Unis.

Le "système hégémonique" américain a "misérablement échoué" et n'a plus "aucune crédibilité, a-t-il lancé, citant l'attaque du Congrès américain par des partisans de Donald Trump en janvier et le retrait chaotique d'Afghanistan en août.


Le Conseil des ministres saoudien souligne que le dialogue est essentiel à la désescalade régionale

Le prince héritier Mohammed ben Salmane a présidé la réunion à Djeddah. (SPA)
Le prince héritier Mohammed ben Salmane a présidé la réunion à Djeddah. (SPA)
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  • Les ministres soulignent l’importance de déployer tous les efforts possibles pour parvenir à un apaisement.

RIYAD : Le gouvernement saoudien a réaffirmé que le dialogue demeure indispensable pour parvenir à une désescalade, alors que des informations faisant état de progrès dans les discussions ont été rapportées mardi, laissant entrevoir un possible accord visant à mettre fin au conflit entre les États-Unis et l’Iran.

Le prince héritier Mohammed ben Salmane, qui a présidé la réunion hebdomadaire du Conseil des ministres à Djeddah, a souligné l’importance de tout mettre en œuvre pour instaurer un climat d’apaisement, ouvrant la voie à des solutions diplomatiques garantes de la sécurité et de la stabilité régionales.

Washington et Téhéran sont engagés dans une guerre régionale intense depuis le 28 février, date à laquelle Israël et les États-Unis ont lancé des attaques contre l’Iran, entraînant l’assassinat du guide suprême du pays.

Un responsable américain a évoqué la possibilité qu’un accord avec l’Iran soit conclu dès mercredi, ce qui pourrait permettre la réouverture du détroit d’Ormuz.

Le détroit avait été fermé par l’Iran après l’effondrement d’un protocole d’accord signé entre Washington et Téhéran, qui avait brièvement permis la reprise du trafic maritime dans cette voie navigable stratégique.

Le prince héritier a également informé le Conseil des ministres de son entretien téléphonique, tenu durant le week-end, avec le président américain Donald Trump.

« Son Altesse Royale a souligné la nécessité de privilégier le dialogue pour réduire les tensions, ainsi que l’importance de déployer tous les efforts possibles afin de parvenir à une trêve ouvrant la voie à des solutions diplomatiques », a rapporté samedi l’Agence de presse saoudienne (SPA), peu après l’échange entre les deux dirigeants.

Le Conseil des ministres a par ailleurs salué le soutien international croissant et la participation accrue à la coalition multinationale de défense maritime lancée par l’Arabie saoudite.

Le Royaume et treize autres pays ont créé cette coalition jeudi afin de protéger la navigation dans les principales voies maritimes du Moyen-Orient.

Selon le ministère saoudien de la Défense, la Coalition multinationale de défense maritime s’inscrit dans le cadre des efforts visant à renforcer la sécurité maritime, protéger les routes maritimes internationales et faire face aux menaces pesant sur la navigation et le commerce mondial.

Toujours selon la SPA, cette coalition reflète le rôle de premier plan du Royaume dans le renforcement de la sécurité et de la stabilité aux niveaux régional et international.

Elle renforce la coopération multilatérale entre les États et établit un cadre destiné à protéger les voies maritimes internationales, les routes commerciales et les approvisionnements énergétiques face aux menaces croissantes en mer Rouge, dans le détroit de Bab el-Mandeb et dans le golfe d’Aden. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Salam : ceux qui ont entraîné le Liban dans la guerre ne peuvent parler de souveraineté

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam. (Photo d’archives/AFP)
Le Premier ministre libanais Nawaf Salam. (Photo d’archives/AFP)
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  • Salam a critiqué ceux qui, selon lui, ont monopolisé les décisions de guerre et de paix en dehors de l’autorité de l’État

DUBAÏ : Le Premier ministre libanais Nawaf Salam a déclaré mardi que ceux qui « ont entraîné le Liban dans des guerres inutiles » n’avaient aucun droit de donner des leçons de patriotisme ou de souveraineté nationale.

Dans une déclaration qui semblait viser le Hezbollah sans le nommer, Salam a rejeté les accusations selon lesquelles les dirigeants politiques du pays auraient soutenu Israël au lieu de défendre la souveraineté du Liban.

« Quelqu’un vient nous rendre visite et accuse les autorités politiques d’avoir soutenu Israël au lieu de défendre la souveraineté du Liban, puis appelle au dialogue et à l’unité comme si les Libanais n’avaient aucune mémoire », a déclaré Salam.

Selon lui, le plus grand service rendu à Israël a été celui de ceux qui ont entraîné le Liban dans ce qu’il a qualifié de « guerres de soutien inutiles », offrant à Israël un prétexte pour lancer des attaques portant atteinte à la souveraineté du pays, détruisant villes et villages, tuant des civils et déplaçant des centaines de milliers de personnes.

Salam a également critiqué ceux qui, selon lui, ont monopolisé les décisions de guerre et de paix en dehors de l’autorité de l’État, les accusant d’avoir lié le Liban à des agendas régionaux au détriment des intérêts du peuple libanais.

« Il n’y a de souveraineté pour le Liban qu’à travers une décision unique et indépendante, prise par un État doté d’une seule armée exerçant son autorité sur l’ensemble du territoire », a-t-il affirmé.

Le Premier ministre a estimé qu’un véritable dialogue et une véritable unité nationale ne pouvaient être atteints qu’en reconnaissant les erreurs du passé et en assumant la responsabilité de décisions dont les Libanais continuent de subir les conséquences.

Il a réaffirmé l’engagement du gouvernement à mettre fin à l’occupation israélienne de territoires libanais, obtenir la libération des détenus libanais, permettre le retour en toute sécurité des déplacés dans leurs foyers et reconstruire les zones touchées par le conflit.

Salam a également appelé à mettre fin aux accusations de trahison dans le discours politique, estimant qu’un dialogue sincère et une solidarité nationale étaient indispensables pour permettre au Liban de faire face aux défis actuels.

Ces déclarations interviennent alors que le Liban et Israël poursuivent à Rome un nouveau cycle de négociations, sous médiation américaine, visant à mettre en œuvre l’accord-cadre conclu à Washington en juin.

Cet accord prévoit un retrait progressif des forces israéliennes du sud du Liban, le déploiement de l’armée libanaise dans les zones évacuées par Israël ainsi que le désarmement progressif du Hezbollah.

Ces négociations, entamées mardi et prévues jusqu’à jeudi, constituent le septième cycle de discussions sous médiation américaine depuis que le Hezbollah a ouvert un front contre Israël en soutien à l’Iran après le début de la guerre à Gaza, déclenchant des mois d’affrontements transfrontaliers puis une offensive israélienne de plus grande ampleur au Liban.

Plus tôt dans la journée de mardi, le secrétaire général du Hezbollah, Naïm Qassem, a rejeté ces négociations, estimant qu’elles n’apporteraient au Liban « rien d’autre que la honte, l’humiliation et des compromis successifs ». Il a également critiqué le président Joseph Aoun, l’accusant d’avoir renoncé à son rôle de figure nationale neutre. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le prince héritier saoudien et le président turc discutent de la sécurité régionale et des attaques en mer Rouge

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane s’est entretenu lundi par téléphone avec le président turc Recep Tayyip Erdogan pour discuter des relations bilatérales et des derniers développements dans la région. (SPA/AFP)
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane s’est entretenu lundi par téléphone avec le président turc Recep Tayyip Erdogan pour discuter des relations bilatérales et des derniers développements dans la région. (SPA/AFP)
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  • Les deux dirigeants abordent la sécurité régionale et la situation en mer Rouge, Ankara condamnant les attaques des Houthis contre les navires

RIYAD: Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a eu lundi un entretien téléphonique avec le président turc Recep Tayyip Erdogan afin d’évoquer les relations entre les deux pays et les récents développements régionaux, a rapporté l’Agence de presse saoudienne (SPA).

Au cours de l’appel, les deux dirigeants ont passé en revue les liens entre l’Arabie saoudite et la Turquie et examiné les moyens de renforcer la coopération dans plusieurs domaines, a ajouté la SPA.

Ils ont également discuté de l’évolution de la situation régionale, dans un contexte de tensions accrues au Moyen-Orient, ainsi que de la sécurité en mer Rouge.

Le président Erdogan a réaffirmé la condamnation de la Turquie des attaques menées par les Houthis, soutenus par l’Iran, contre des navires en mer Rouge, et a exprimé le plein soutien de son pays à l’Arabie saoudite.

Le dirigeant turc a également salué la mise en place de la coalition multinationale de défense maritime dirigée par le Royaume, exprimant l’espoir qu’elle réussira à protéger la navigation internationale et à atteindre ses objectifs. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com