La menace de l'ultra-droite s'invite dans le débat en France

Des militants d'extrême-droite. (Photo, AFP)
Des militants d'extrême-droite. (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 25 septembre 2021

La menace de l'ultra-droite s'invite dans le débat en France

  • «La menace est réelle, il faut vraiment la prendre au sérieux. C'est une réalité que vivent d'autres démocraties occidentales»
  • Depuis 2017, six cellules clandestines, dont certaines «avaient expérimenté et testé des explosifs artisanaux», ont été démantelées

PARIS : La menace violente de l'ultra-droite revient sur le devant de la scène en France à sept mois de la présidentielle, avec le premier procès d'une cellule clandestine et le placement en garde à vue de cinq membres présumés d'un groupe néo-nazi.


Comme dans plusieurs autres pays occidentaux, les services de police et de renseignement français doivent depuis quelques années garder un œil plus qu'attentif sur la menace protéiforme de l'ultra-droite, sans pour autant relâcher l'attention sur le terrorisme islamisme sunnite. 


"La menace est réelle, il faut vraiment la prendre au sérieux. C'est une réalité que vivent d'autres démocraties occidentales", a assuré jeudi sur la chaîne de télévision CNews le coordinateur national du renseignement Laurent Nuñez. 


Selon lui, si 36 attentats islamistes ont été déjoués depuis 2017, six cellules d'ultra-droite clandestines qui avaient des velléités de passage à l'acte et dont certaines "avaient expérimenté et testé des explosifs artisanaux" ont été démantelées. 


Parmi ces six groupes, l'un est actuellement jugé à Paris depuis mardi. 


Six anciens membres d'un groupuscule d'ultra-droite baptisé OAS (Organisation des armées sociales), référence à l'Organisation de l'armée secrète durant la Guerre d'Algérie, dans les années 1960, comparaissent pour des projets d'attaques terroristes, pour lesquels ils affirment qu'ils ne seraient "jamais passés à l'acte".


Les six prévenus, âgés de 23 à 33 ans et dont cinq comparaissent libres, sont poursuivis pour "association de malfaiteurs terroriste". Ils encourent jusqu'à dix ans d'emprisonnement.  


Selon l'accusation, ce groupuscule, fondé en novembre 2016 et démantelé en octobre 2017, entendait "préparer physiquement, psychologiquement et matériellement des combattants ultra-droite (...) dans les perspectives d'une guerre raciale imminente".


Leurs cibles envisagées: des personnes musulmanes, juives, arabes, noires... ou encore Christophe Castaner, alors porte-parole du gouvernement français, et Jean-Luc Mélenchon, chef de file du mouvement de gauche radicale France insoumise, actuellement candidat à l'élection présidentielle d'avril..

«Plusieurs familles politiques»

Le menace est d'autant plus difficile à appréhender qu'elle est diverse et rassemble "plusieurs familles politiques", a rappelé Laurent Nuñez, soulignant que "beaucoup de familles de l'ultra-droite (se nourrissaient) aussi de complotisme". 


Avec, comme point commun, de vouloir "s'inscrire immédiatement dans la clandestinité et passer à l'action violente".


Mardi, alors que s'ouvrait ce procès, cinq personnes ont été placées en garde à vue dans l'enquête sur un groupuscule néonazi soupçonné d'avoir voulu préparer une action violente, notamment contre une loge maçonnique. 


Dans ce dossier, trois membres de ce groupuscule baptisé "Honneur et nation" avaient déjà été mis en examen pour "association de malfaiteurs terroriste criminelle" et écroués début mai.


Et selon une source proche du dossier, certaines de ces personnes étaient en contact avec Rémy Daillet, figure du mouvement complotiste français. 


Ce dernier, qui résidait en Malaisie avait été expulsé du pays puis mis en examen et écroué en France notamment pour "complicité d'enlèvement d'un mineur en bande organisée", celui de la petite Mia en avril, commandité par sa mère, qui n'en avait plus la garde. 


Jean-Yves Camus, co-directeur de l'Observatoire des radicalités politiques à la Fondation Jean-Jaurès, relevait vendredi sur la radio publique France Info que le groupe Honneur et nation ne rassemblait guère qu'une centaine de personnes "au grand maximum". 


Le risque n'en demeure pas moins réel, selon lui, d'un passage à l'acte. "D'une part, parce que c'est un milieu extrêmement fréquenté par des personnes instables qui souvent possèdent des armes pas nécessairement déclarées (...) et puis parce qu'il y a une dose de haine qui se focalise sur les musulmans, sur les juifs et sur les francs-maçons".


Présidentielle: A Aubervilliers, Hidalgo refuse la résignation

La candidate de gauche du Parti socialiste (PS) à l'élection présidentielle de 2022, Anne Hidalgo, prononce un discours lors d'un meeting de campagne à Aubervilliers, dans le nord de Paris, le 22 janvier 2022. (Photo, AFP)
La candidate de gauche du Parti socialiste (PS) à l'élection présidentielle de 2022, Anne Hidalgo, prononce un discours lors d'un meeting de campagne à Aubervilliers, dans le nord de Paris, le 22 janvier 2022. (Photo, AFP)
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  • A la peine dans les sondages, qui la donnent entre 2% et 4% des intentions de vote, Anne Hidalgo est passée à l'offensive, face à « une incroyable coalition (qui) s'est nouée pour déclarer cette élection jouée d'avance», a-t-elle expliqué
  • Sans évoquer la primaire populaire, à laquelle elle refuse de participer, elle a rappelé avoir réclamé un « débat honnête, ouvert, limpide» avec ses concurrents de gauche, mais « ils l’ont refusé»

AUBERVILLIERS : "Dans vos rêves!". C'est par ces mots que la candidate socialiste Anne Hidalgo a répondu, samedi lors d'un meeting à Aubervilliers, aux "prophètes de malheur" qui voudraient qu'elle "se résigne devant la difficulté" de la campagne présidentielle et abandonne.

A la peine dans les sondages, qui la donnent entre 2% et 4% des intentions de vote, Anne Hidalgo est passée à l'offensive, face à "une incroyable coalition (qui) s'est nouée pour déclarer cette élection jouée d'avance", a-t-elle expliqué devant plus d'un millier de militants à Aubervilliers.

"Ils s’y sont tous mis, pour nous écarter (...) et siffler la fin du match avant même le coup d’envoi", a-t-elle dénoncé, évoquant "leur rêve" d'une "élection sans les socialistes".

Selon elle, "au chœur vindicatif des conservateurs, se sont jointes les voix d’une partie de la gauche, qui prétend combattre la droite mais rêve surtout de la disparition de la sociale-démocratie", une accusation déjà formulée contre la France insoumise de Jean-Luc Mélenchon.

Face aux "conservateurs de tout poil" et aux "populistes de tout plumage", elle s'est attachée à redorer l'image de son parti, défendant "ces socialistes qui les ont battus si souvent, (...), osent mener les réformes qu’ils détestent, (...)  osent vouloir gouverner, osent étendre les droits des exploités, (...) lutter contre les aberrations de la société de marché, contre les menaces mortelles qui pèsent sur notre planète et sa biodiversité". 

Elle a rappelé les grandes réformes menées par le PS, de l'abolition de la peine de mort aux 35 heures et à la cinquième semaine de congés, en passant par "le revenu minimum", le mariage pour tous ou encore l'accord de Paris sur le climat.

"Alors allons-nous céder ? (...) Allons-nous laisser notre France sombrer dans les affres d'un libéralisme toujours plus violent avec les classes moyennes et les catégories populaires, avec la jeunesse, ou sombrer dans un national-populisme mortifère?" "Jamais", a-t-elle crié.

Sans évoquer la primaire populaire, à laquelle elle refuse de participer, elle a rappelé avoir réclamé un "débat honnête, ouvert, limpide" avec ses concurrents de gauche, mais "ils l’ont refusé". 

"La page est tournée, je défendrai notre projet, les Français trancheront", a-t-elle ajouté, avant d'assurer: "Je n'ai pas peur".


Macron appelle son homologue tunisien à mener une transition « inclusive»

Le président français Emmanuel Macron (à droite) et le président tunisien Kais Saied donnent une conférence de presse conjointe après leur rencontre à l'Elysée, à Paris, le 22 juin 2020. (Photo, AFP)
Le président français Emmanuel Macron (à droite) et le président tunisien Kais Saied donnent une conférence de presse conjointe après leur rencontre à l'Elysée, à Paris, le 22 juin 2020. (Photo, AFP)
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  • Les deux dirigeants « ont évoqué la situation en Tunisie», et Macron « a salué l’annonce du calendrier de transition et a encouragé le président Saied à mener la transition dans le cadre le plus inclusif possible»
  • Depuis le 25 juillet 2021, arguant de blocages multiples, Saied s'est arrogé les pleins pouvoirs en suspendant le Parlement, dominé par le parti d'inspiration islamiste Ennahdha, sa bête noire

PARIS : Le président de la République français Emmanuel Macron s'est entretenu samedi avec son homologue tunisien Kais Saied, appelant celui-ci à conduire une transition "inclusive", a rapporté l’Élysée une semaine après une manifestation d'opposants réprimée brutalement à Tunis.

Les deux dirigeants "ont évoqué la situation en Tunisie", et M. Macron "a salué l’annonce du calendrier de transition et a encouragé le président Saied à mener la transition dans le cadre le plus inclusif possible", selon l’Élysée, qui précise que le président tunisien "s'est engagé à respecter l’État de droit et les libertés démocratiques".

Depuis le 25 juillet 2021, arguant de blocages multiples, M. Saied s'est arrogé les pleins pouvoirs en suspendant le Parlement, dominé par le parti d'inspiration islamiste Ennahdha, sa bête noire.

Depuis, il gouverne par décrets malgré les protestations d'opposants et d'ONG nationales et internationales.

Le 13 décembre, M. Saied a dévoilé une feuille de route destinée à sortir de la crise politique avec un scrutin législatif prévu en décembre 2022, après révision de la loi électorale, et un référendum en juillet 2022 pour amender la Constitution, qu'il veut plus "présidentielle", aux dépens du Parlement.

Le 14 janvier, dans des scènes d'une violence qui n'avait plus été vue à Tunis depuis dix ans, les policiers avaient chargé les manifestants à grand renfort de canons à eau et de gaz lacrymogène, et procédé à des dizaines d'arrestations musclées.

Selon l’Élysée Emmanuel Macron "a également encouragé le président tunisien à mettre en place un programme de réformes nécessaires pour faire face à la crise économique que connait la Tunisie. Il a confirmé que la France était comme toujours prête à appuyer la Tunisie, et à l’accompagner dans la mise en œuvre de ces réformes".


Présidentielle: Pécresse investie par les Centristes

La candidate à la présidence du parti conservateur français Les Républicains (LR) Valérie Pecresse (C) arrive à un conseil national extraordinaire du parti de droite UDI avec son président Jean-Christophe Lagarde (L) à Paris le 22 janvier 2022 dans le cadre de sa campagne politique avant l'élection présidentielle d'avril 2022 en France. (Photo, AFP)
La candidate à la présidence du parti conservateur français Les Républicains (LR) Valérie Pecresse (C) arrive à un conseil national extraordinaire du parti de droite UDI avec son président Jean-Christophe Lagarde (L) à Paris le 22 janvier 2022 dans le cadre de sa campagne politique avant l'élection présidentielle d'avril 2022 en France. (Photo, AFP)
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  • « Mon projet est de droite, il est de rupture, mais il est 100% compatible avec vos valeurs», a assuré la candidate LR, en assurant: « nous sommes ici pour incarner une troisième voie entre l'immobilisme et la démagogie»
  • Elle s'exprimait lors du Conseil national des Centristes, qui venaient de voter une motion lui promettant de s'engager « pleinement et totalement pour sa campagne»

PARIS : Valérie Pécresse a officiellement reçu samedi le soutien des Centristes, petite formation à qui elle a promis "un programme de puissantes réformes", sans lâcher sur la fermeté en matière de régalien.

"Mon projet est de droite, il est de rupture, mais il est 100% compatible avec vos valeurs", a assuré la candidate LR, en assurant: "nous sommes ici pour incarner une troisième voie entre l'immobilisme et la démagogie".

Elle s'exprimait lors du Conseil national des Centristes, qui venaient de voter une motion lui promettant de s'engager "pleinement et totalement pour sa campagne".

Rendant hommage à la "fidélité" du parti présidé par Hervé Morin, elle a salué des valeurs dans lesquelles elle "se reconnaît": "L'Europe, la solidarité, la liberté, la décentralisation" mais aussi "ouvert sur la société, ses évolutions" telles que "l'égalité entre tous quelle que soit leur couleur ou leur origine, l'égalité femmes-hommes".

Face au "cynisme présidentiel", la présidente de l'Ile-de-France a promis de "remettre de l'ordre dans les comptes" avec un programme de "puissantes réformes" sur les retraites, l'assurance chômage ou la décentralisation. 

"Nous allons mettre au coeur de notre projet éduquer", a-t-elle également promis, en reprenant son idée de "nation éducative" qui "mettra fin au collège unique qui est en fait uniforme".

Critiquant sans le nommer Eric Zemmour, elle a estimé que "l'inclusion scolaire n'est pas une obsession dangereuse, mais une ardente obligation" car "nous devons apprendre l'existence de la vulnérabilité et de la différence". Et "je veux parler aussi dans cette campagne de tendresse, d'amour et de fraternité", a lancé l'ancienne ministre de l'Enseignement supérieur.

"Je ne suis pas zig-zag, je ne dis pas à chacun ce qu'il souhaite entendre", a-t-elle ajouté au lendemain d'une visite au très droitier Laurent Wauquiez, en soulignant son "obsession" de "refaire nation".

"Avec moi vous aurez une présidente qui remettra de l'ordre", a-t-elle assuré en proposant un "pacte d'impunité zéro" et un "plan d'urgence".

Hervé Morin de son côté a assuré n'avoir "aucun problème" avec cette fermeté sur le régalien.

"Quand on est de centre-droit on est libéral, on est attachés aux libertés individuelles, mais on est aussi pour un Etat fort sur ses missions régaliennes, capable d'assurer la sécurité, la justice et la protection de nos compatriotes", a-t-il ajouté.

Valérie Pécresse est ensuite attendue au Conseil national de l'UDI, qui devrait aussi lui voter son soutien.