Les frictions Algérie-Maroc menacent la fourniture de gaz à l'Espagne

«L'Algérie a des obligations (envers l'Espagne et le Portugal) et ne peut se priver des revenus internationaux de ces contrats», souligne Roger Carvalho, analyste du cabinet SPTEC. (Photo, AFP)
«L'Algérie a des obligations (envers l'Espagne et le Portugal) et ne peut se priver des revenus internationaux de ces contrats», souligne Roger Carvalho, analyste du cabinet SPTEC. (Photo, AFP)
Short Url
Publié le Jeudi 30 septembre 2021

Les frictions Algérie-Maroc menacent la fourniture de gaz à l'Espagne

  • Alger affiche depuis fin août son intention de fermer le robinet à l'expiration de ce contrat le 31 octobre, ce qui, selon les experts, pourrait compromettre la fourniture de gaz à l'Espagne
  • Selon les experts, le transit du gaz par le GME est avantageux pour les deux voisins

TUNIS: Depuis un quart de siècle, l'Algérie expédie vers l'Espagne des milliards de mètres cubes de gaz naturel via un gazoduc traversant le Maroc mais ce contrat est menacé par l'escalade des tensions entre les deux voisins du Maghreb.

Alger affiche depuis fin août son intention de fermer le robinet à l'expiration de ce contrat le 31 octobre, ce qui, selon les experts, pourrait compromettre la fourniture de gaz à l'Espagne, à l'approche de l'hiver, dans un contexte de forte hausse des prix dans toute l'Europe.

Le ministre des Affaires étrangères espagnol José Manuel Albares a toutefois affirmé jeudi lors d'un visite à Alger avoir été "rassuré quant à la continuité de l'approvisionnement" en gaz de son pays par l'Algérie, sans donner de détails sur les canaux qui seraient utilisés.

En dépit de crises récurrentes entre Alger et Rabat, le pipeline Gaz Maghreb Europe (GME) inauguré en 1996 et qui relie sur 1 400 km les gisements de l'Algérie, le plus gros exportateur de gaz d'Afrique, à la péninsule ibérique, convoie environ 10 milliards de m3 par an (pour une capacité de 13,5 mds).

"Il est très improbable qu'un accord soit conclu pour prolonger le contrat GME. Difficile d'imaginer des négociations au vu du manque de canaux diplomatiques entre Rabat et Alger", analyse pour l'AFP Geoff Porter, expert en géopolitique du Maghreb.

Fin août, l'Algérie a en effet rompu ses relations diplomatiques avec le Maroc, invoquant des "actions hostiles" du royaume, une décision "complètement injustifiée", selon Rabat. 

«Les plus grands perdants»

La crise a éclaté peu après la normalisation des relations diplomatiques entre le Maroc et Israël, en échange de la reconnaissance par les Etats-Unis de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental. Alger, qui appuie les indépendantistes sahraouis du Front Polisario, répète régulièrement de son côté son soutien à la "cause palestinienne".

Selon les experts, le transit du gaz par le GME est avantageux pour les deux voisins.

Alger bénéficie d'une route à bas coûts pour environ la moitié de ses exportations vers l'Espagne et le Portugal.

En contrepartie, Rabat reçoit annuellement près d'un milliard de m3 de gaz naturel, ce qui représente 97% de ses besoins, selon M. Porter. La moitié sont des droits de passage payés en nature, l'autre en gaz acheté à un prix avantageux, selon les experts.

Alger a décidé de frapper Rabat là où il pense faire mal: au portefeuille.

Mais "l'Algérie a des obligations (envers Espagne et Portugal) et ne peut se priver des revenus internationaux de ces contrats", souligne Roger Carvalho, analyste du cabinet SPTEC.

Si les Algériens se passaient de ce gazoduc, "ils en seraient les plus grands perdants", affirme sous couvert d'anonymat un expert marocain de l'énergie selon lequel l'Algérie "risque de perdre des milliards de dollars". 

L'an dernier, la redevance pour le transit du gaz algérien a rapporté au Maroc environ 50 millions de dollars (43,2 millions d'euros), selon le spécialiste marocain.

Sans le GME, Alger dispose de deux options qui ont chacune des inconvénients.

Le gazoduc sous-marin Medgaz achemine depuis 2011 du gaz algérien jusqu'à l'Espagne mais il opère déjà au maximum de sa capacité de 8 milliards de m3 par an, soit la moitié des exportations algériennes annuelles vers Espagne et Portugal.

Le groupe étatique algérien Sonatrach et son partenaire espagnol Naturgy ont prévu d'accroître la capacité à 10 milliards de m3 par an mais cela ne suffira pas.

«Arme économique»

L'autre choix serait d'expédier davantage de gaz naturel liquéfié par voie maritime, ce qui "n'a pas de sens sur le plan économique", selon M. Porter.

"Pour priver le Maroc de sa principale source d'approvisionnement en gaz, l'Algérie va potentiellement perdre une partie de ses recettes d'exportation", souligne-t-il.

De son côté, explique l'expert, le Maroc qui utilise le gaz du GME pour alimenter des centrales thermiques fournissant au moins 10% de son électricité pourrait devoir compenser par une hausse de ses importations de charbon.

Reste qu'"à long terme, utiliser le gaz comme arme économique n'est pas un bon calcul pour l'Algérie", selon l'expert Carvalho. En cas de perturbation de ses approvisionnements, l'Espagne pourrait être tentée de réduire sa dépendance à l'Algérie et de diversifier ses sources.


La branche armée du Hamas dit avoir visé Tel-Aviv avec un «important barrage de roquettes»

Un Palestinien passe devant un bâtiment détruit à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 26 mai 2024, alors que le conflit en cours entre Israël et le groupe militant du Hamas se poursuit (Photo, AFP).
Un Palestinien passe devant un bâtiment détruit à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza, le 26 mai 2024, alors que le conflit en cours entre Israël et le groupe militant du Hamas se poursuit (Photo, AFP).
Short Url
  • "Nous avons bombardé Tel-Aviv avec un important barrage de roquettes en réponse aux massacres sionistes contre les civils", ont écrit les brigades Ezzedine al-Qassam
  • L'armée israélienne a affirmé que "certaines des roquettes ont été interceptées"

TEL AVIV:  La branche armée du Hamas palestinien a dit dimanche avoir visé Tel-Aviv avec un "important barrage de roquettes" dans un message publié sur Telegram après que l'armée israélienne ait affirmé qu'au moins 8 roquettes avaient été tirées depuis la bande de Gaza vers Israël.

"Nous avons bombardé Tel-Aviv avec un important barrage de roquettes en réponse aux massacres sionistes contre les civils", ont écrit les brigades Ezzedine al-Qassam dans leur message mis en ligne quelques minutes après que des sirènes d'alerte aient retenti dans le centre d'Israël selon des journalistes de l'AFP.

Auparavant, l'armée israélienne avait déclaré dans un communiqué que huit roquettes avaient été tirées vers le centre du pays depuis la "région de Rafah", dans l'extrême sud de la bande de Gaza, où d'intenses combats l'opposent actuellement aux mouvement armés palestiniens.

L'armée a précisé qu'"un certain nombre" de roquettes avaient été interceptées par le système de défense aérienne, sans donner plus de détails. Un journaliste de l'AFP a entendu au moins trois explosions dans l'air.

Sirènes  

Une correspondante de l'AFP dans la bande de Gaza a dit avoir vu des roquettes tirées depuis Rafah.

Des sirènes d'alerte ont retenti en début d'après-midi à Tel-Aviv et dans le centre d'Israël pour que les habitants se mettent à l'abri après des tirs de roquettes.

Les services de secours israéliens, le Magen David Adom (MDA), ont fait savoir que leurs équipes n'avaient identifié qu'un patient qui s'était légèrement blessé en se rendant dans un abri.

La guerre a été déclenchée par l'attaque du Hamas le 7 octobre qui a entraîné la mort de plus de 1.170 personnes, majoritairement des civils, selon un décompte de l’AFP réalisé à partir de chiffres officiels israéliens.

Sur les 252 personnes alors emmenées comme otages le 7 octobre, 121 sont toujours retenues à Gaza, dont 37 mortes selon l'armée.

Israël a juré de détruire le Hamas et lancé en représailles une offensive dévastatrice dans la bande de Gaza, entraînant la mort d'au moins 35.984 personnes, pour la plupart des civils, selon des données du ministère de la Santé du Hamas à Gaza.


Plusieurs navires américains échoués près du port artificiel pour l'aide à Gaza

Un enfant joue sur une plage alors qu'un navire transportant de l'aide humanitaire internationale est amarré à la jetée américaine Trident Pier près de Nuseirat, dans le centre de la bande de Gaza, le 21 mai 2024, dans le cadre du conflit actuel entre Israël et le groupe militant palestinien Hamas. (Photo par AFP)
Un enfant joue sur une plage alors qu'un navire transportant de l'aide humanitaire internationale est amarré à la jetée américaine Trident Pier près de Nuseirat, dans le centre de la bande de Gaza, le 21 mai 2024, dans le cadre du conflit actuel entre Israël et le groupe militant palestinien Hamas. (Photo par AFP)
Short Url
  • «Les navires se sont détachés de leur mouillage et deux navires sont désormais amarrés à la plage près du ponton. Les troisième et quatrième navires sont échoués sur la côte israélienne près d'Ashkelon», relève un communiqué
  • Le Centcom précise qu'aucun militaire n'a été blessé et que «le ponton reste pleinement fonctionnel»

WASHINGTON : Quatre embarcations de l'armée américaine utilisées pour la jetée provisoire pour l'aide à Gaza se sont échouées samedi matin à cause d'une «mer agitée», a fait savoir le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom).

«Les navires se sont détachés de leur mouillage et deux navires sont désormais amarrés à la plage près du ponton. Les troisième et quatrième navires sont échoués sur la côte israélienne près d'Ashkelon», relève un communiqué.

Le Centcom précise qu'aucun militaire n'a été blessé et que «le ponton reste pleinement fonctionnel».

Il ajoute que l'armée israélienne aide les Américains à remettre à flots les navires et insiste: «Aucun (militaire) américain n'entrera dans Gaza».

Les Etats-Unis ont achevé la semaine dernière cette jetée dont la construction avait été annoncée en mars par le président Joe Biden. Il s'agit de pallier les restrictions imposées par Israël à l'acheminement terrestre de l'aide vers la bande de Gaza, ravagée par sept mois d'une guerre déclenchée par l'attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre.

Vendredi, l'ONU a fait savoir que l'installation a permis le débarquement en une semaine de 97 camions d'aide humanitaire.

Le Centcom a précisé que 1.005 tonnes d'aide avait été débarquées en date de vendredi, dont 903 acheminées vers l’entrepôt de l'ONU.

Le port artificiel, d'un coût d'au moins 320 millions de dollars, à l'instar d'autres initiatives alternatives, ne peuvent se substituer à un afflux d'aide par voie terrestre, préviennent l'ONU et les organisations humanitaires.

Selon les Nations unies, la quasi-totalité des 2,4 millions d'habitants de la bande de Gaza ont été déplacés par les combats et les bombardements, et se trouvent en situation d'insécurité alimentaire, avec un risque de famine à grande échelle.

 


Le premier groupe de pèlerins marocains arrive en Arabie saoudite grâce à l'initiative de la route de La Mecque

Le premier groupe de pèlerins du Hadj en provenance du Maroc est arrivé samedi à l'aéroport international Prince Mohammed bin Abdulaziz de Médine, après avoir quitté l'aéroport international Mohammed V de Casablanca. (SPA)
Le premier groupe de pèlerins du Hadj en provenance du Maroc est arrivé samedi à l'aéroport international Prince Mohammed bin Abdulaziz de Médine, après avoir quitté l'aéroport international Mohammed V de Casablanca. (SPA)
Le premier groupe de pèlerins du Hadj en provenance du Maroc est arrivé samedi à l'aéroport international Prince Mohammed bin Abdulaziz de Médine, après avoir quitté l'aéroport international Mohammed V de Casablanca. (SPA)
Le premier groupe de pèlerins du Hadj en provenance du Maroc est arrivé samedi à l'aéroport international Prince Mohammed bin Abdulaziz de Médine, après avoir quitté l'aéroport international Mohammed V de Casablanca. (SPA)
Short Url
  • Les dirigeants saoudiens ont donné la priorité à la prise en charge des pèlerins et à la nécessité de créer une atmosphère de foi pendant leur voyage du Hajj
  • Les pèlerins se sont rendus dans le Royaume par le biais de l'initiative de la route de La Mecque

RIYAD : Le premier groupe de pèlerins du Hadj en provenance du Maroc est arrivé samedi à l'aéroport international Prince Mohammed ben Abdulaziz de Médine, après avoir quitté l'aéroport international Mohammed V de Casablanca.

Les pèlerins se sont rendus dans le Royaume par le biais de l'initiative de la route de La Mecque.

Cette initiative vise à faciliter autant que possible le voyage des pèlerins pour accomplir le Hajj, grâce à l'enregistrement électronique dans leur pays d'origine, y compris en ce qui concerne l'immigration, la santé, les bagages, le voyage et le logement à La Mecque et à Médine.

Ils sont transportés par bus sur des itinéraires désignés, et des agences de service livrent leurs bagages sur leurs lieux de séjour, a rapporté l'agence de presse saoudienne.

L'IAM fait partie du programme d'expérience des pèlerins (PEP) du ministère de l'Intérieur, un pilier de la Vision 2030 du Royaume.

Cette initiative, qui en est à sa sixième année, est menée en coopération avec un grand nombre d'autorités publiques et semi-gouvernementales, notamment les ministères des Affaires étrangères, de la Santé, du Hajj et de la Omra, des Médias, de l'Aviation civile, de la Zakat, de l'Impôt et des Douanes, de la SDAIA et du Programme d'expérience du pèlerin.

Les dirigeants saoudiens ont donné la priorité à la prise en charge des pèlerins et à la création d'une atmosphère de foi pendant leur voyage du Hajj.

Les pèlerins qui sont arrivés ces derniers jours ont exprimé leur « gratitude au gouvernement du Royaume pour les services et les facilités qui ont été fournis, et rendu leur pèlerinage sûr et tranquillisant », a déclaré l'agence de presse saoudienne.

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com