Taïwan accuse la Chine de faire monter la pression avec des incursions record d'avions militaires

«La Chine a été belliqueuse et a porté atteinte à la paix régionale tout en se livrant à de nombreux actes d'intimidation», a déclaré le Premier ministre Su Tseng-chang. (Photo, AFP)
«La Chine a été belliqueuse et a porté atteinte à la paix régionale tout en se livrant à de nombreux actes d'intimidation», a déclaré le Premier ministre Su Tseng-chang. (Photo, AFP)
Short Url
Publié le Samedi 02 octobre 2021

Taïwan accuse la Chine de faire monter la pression avec des incursions record d'avions militaires

  • La démonstration de force de Pékin a commencé vendredi, jour anniversaire de la Chine communiste
  • Samedi, un nouveau record a été enregistré avec 39 incursions dans la zone taïwanaise, selon le ministère de la Défense

TAIPEI: Taïwan a accusé samedi Pékin de faire monter la pression et de vouloir nuire à la paix dans la région, après la plus vaste incursion d'avions militaires chinois dans la zone d'identification de défense aérienne de l'île.

La démonstration de force de Pékin a commencé vendredi, jour anniversaire de la Chine communiste, avec l'incursion d'un nombre record d'avions militaires chinois, 38 au total, parmi lesquels un bombardier H-6 à capacité nucléaire. 

Samedi, un nouveau record a été enregistré avec 39 incursions dans la zone taïwanaise, selon le ministère de la Défense.

Les 23 millions d'habitants de cette île, dirigée aujourd'hui par un régime démocratique, vivent sous la menace constante d'une invasion de la Chine. 

Pékin considère ce territoire comme une province rebelle appelée à rentrer dans son giron, si nécessaire par la force. 

Depuis l'arrivée en 2012 de Xi Jinping à la tête du pays, les avions militaires chinois ont pénétré presque quotidiennement dans la zone d'identification de défense aérienne ("Adiz", selon son acronyme en anglais) de Taïwan. 

Mais l'incursion massive de vendredi a suscité des protestations particulièrement virulentes de la part de Taipei.

"La Chine a été belliqueuse et a porté atteinte à la paix régionale tout en se livrant à de nombreux actes d'intimidation", a déclaré le Premier ministre Su Tseng-chang, lors d'un point presse samedi matin.

"Il est évident que le monde, la communauté internationale, rejettent de plus en plus ces comportements de la Chine", a-t-il ajouté.

Le ministère de la Défense taïwanais a indiqué que 22 avions de chasse, deux bombardiers et un avion de lutte anti-sous-marine avaient pénétré vendredi l'Adiz du sud-ouest de l'île. 

Dans la nuit de vendredi à samedi, un deuxième groupe de 13 avions a pénétré l'Adiz, ce qui portait selon le ministère le nombre total d'appareils total à 38, avant une nouvelle incursion de 20 appareils samedi.

Une zone d'identification de défense aérienne est un espace aérien dans lequel un Etat souhaite identifier et localiser les aéronefs pour des raisons de sécurité nationale.

De telles incursions de l'aviation chinoise dans cette zone se sont multipliées depuis deux ans, Pékin entendant effectuer ainsi des démonstrations de force à des moments importants. 

C'est également pour la Chine un moyen d'éprouver la flotte vieillissante d'avions de chasse de Taipei.

«Ne faites pas de bêtises»

La démonstration de force de vendredi intervient quelques jours après que Pékin a reproché à la Grande-Bretagne d'avoir envoyé un navire de guerre, pour la première fois depuis 2008, dans le détroit de Taïwan.

La Chine revendique le détroit qui sépare la Chine continentale de l'île de Taïwan, ainsi que la quasi-totalité de la mer de Chine méridionale, plus au sud. 

Les Etats-Unis et d'autres pays estiment que cette zone appartient aux eaux internationales, et est donc ouverte à tous.

L'an dernier, 380 avions militaires chinois ont été détectés dans la zone d'identification de défense aérienne de l'île et depuis le début de l'année, ils sont plus de 500.

Le précédent record quotidien remonte au 15 juin, lorsque 28 appareils avaient franchi la zone de défense aérienne de Taïwan.

Des experts soulignent que les tensions entre la Chine continentale et Taïwan sont au plus haut depuis le milieu des années 1990, et des responsables militaires américains n'ont pas caché redouter que la Chine puisse envisager d'envahir l'île.

Alexander Huang, professeur associé à l'université Tamkang de Taipei, a estimé que la dernière incursion aérienne ne vise pas simplement et seulement à envoyer un message à Taïwan. 

Il y a trois formations navales comprenant un porte-avion dans la région, deux américaines et une britannique, a-t-il affirmé. 

Donc "la Chine envoie un message politique aux Etats-Unis et au Royaume-Uni le jour de sa fête nationale: +Ne faites pas de bêtises dans ma région+". 

Des navires de guerre canadiens, français et australiens ont croisé dans le détroit de Taïwan ces dernières années, suscitant de vives protestations de la part de Pékin.


Iran: le négociateur en chef conditionne toute discussion avec les Etats-Unis aux «lignes rouges» fixées par Téhéran

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient. (AFP)
Short Url
  • "Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement
  • L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient

TEHERAN: Le chef de l'équipe de négociation iranienne, Mohammad Bagher Ghalibaf, a insisté vendredi sur le nécessaire respect des "lignes rouges" de l'Iran lors des futurs pourparlers avec les Etats-Unis.

"Comme nous l'avons démontré tout au long des négociations précédentes, nous restons fermes dans le respect des conditions et des lignes rouges fixées, et dans la défense des intérêts de la nation iranienne", a déclaré l'influent M. Ghalibaf, cité par l'agence Irna.

"Si l'ennemi se montre excessif" dans ses demandes, "nous avons prouvé que nous sommes prêts à riposter et que nous n'hésiterons pas à infliger une réponse cinglante", a ajouté celui qui est aussi le président du Parlement.

L'Iran et les Etats-Unis ont signé cette semaine un protocole d'accord pour mettre fin à plus de trois mois de guerre au Moyen-Orient.

Le président iranien Massoud Pezeshkian, qui a paraphé l'accord à distance avec son homologue américain Donald Trump, a publié une déclaration similaire, réaffirmant que les intérêts nationaux demeuraient la "ligne rouge" de son pays, sans plus de précisions.

Cette signature doit ouvrir la voie à des négociations plus poussées et techniques, d'une durée reconductible de 60 jours, centrées sur le programme nucléaire iranien en vue d'un accord définitif.

Mais de premiers pourparlers, prévus vendredi en Suisse, ont été annulés.

Les propos de M. Ghalibaf font suite à un communiqué du guide suprême iranien, Mojtaba Khamenei, faisant part de ses réserves pour le protocole d'accord qu'il a finalement autorisé.

Il prévoit notamment la fin de la guerre sur tous les fronts, y compris au Liban. Mais des frappes israéliennes dans la nuit de jeudi à vendredi dans le sud du Liban ont fait 18 morts et 33 blessés, selon les autorités libanaises, Israël déplorant de son côté la perte de quatre soldats.

L'accord a par ailleurs permis la levée du blocus naval américain imposé depuis deux mois aux ports iraniens et la réouverture par Téhéran du détroit d'Ormuz, voie maritime cruciale pour les hydrocarbures.

En Iran, le texte suscite l'opposition de certains conservateurs, hostiles à des concessions, notamment sur le contrôle du stratégique détroit.

"Les Américains ne respectent aucun engagement, ils n'ont jamais été loyaux envers aucun accord et ils ne le seront jamais", a ainsi déclaré Hossein Shariatmadari, rédacteur en chef du journal ultraconservateur Kayhan, lors d'une interview jeudi accordée à la télévision d'Etat.

"Le détroit d'Ormuz est le moyen d'obtenir des compensations" lors des négociations, a-t-il estimé.


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
Short Url
  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Short Url
  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.