La Cour suprême des Etats-Unis fait sa rentrée sous haute surveillance

La Cour suprême américaine, à Washington (Photo, AFP).
La Cour suprême américaine, à Washington (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 04 octobre 2021

La Cour suprême des Etats-Unis fait sa rentrée sous haute surveillance

  • L'an dernier, cette Cour remaniée a donné des gages de son indépendance, en refusant notamment de valider la croisade de Donald Trump contre le verdict des urnes
  • Seuls 40% des Américains apprécient aujourd'hui le travail de la Cour, contre 49% en juillet, et 37% la jugent «trop conservatrice»

WASHINGTON: Avortements, armes à feu, libertés religieuses...: la Cour suprême américaine fait sa rentrée lundi avec à son agenda plusieurs dossiers sensibles qui permettront de prendre pleinement la mesure de l'influence des juges choisis par Donald Trump.

Pour la première fois en un an et demi, ses neuf sages devaient se retrouver en personne pour une audience au sein du temple du droit américain. Mais l'un d'eux, Brett Kavanaugh, a été testé positif au Covid-19 jeudi et participera aux échanges à distance.

Ce magistrat est l'un des trois juges nommés par l'ancien président républicain qui a, au cours de son mandat, solidement renforcé la majorité conservatrice de la Cour (six juges sur neuf).

L'an dernier, cette Cour remaniée a donné des gages de son indépendance, en refusant notamment de valider la croisade de Donald Trump contre le verdict des urnes.

Dans des dossiers dits "de l'ombre" -- le surnom donné aux procédures d'urgence qui ne sont pas débattues publiquement -- elle a toutefois entamé un virage à droite, qui a éclaté au grand jour le 1er septembre quand elle a refusé de bloquer une loi du Texas interdisant quasiment tous les avortements dans cet Etat.

La décision a été fustigée par les démocrates, y compris par le président Joe Biden, et a relancé les appels à réformer la haute juridiction au moment où une commission d'experts étudie différentes options.

Plus largement, elle a entraîné un désaveu dans la population: seuls 40% des Américains apprécient aujourd'hui le travail de la Cour, contre 49% en juillet, et 37% la jugent "trop conservatrice", d'après un sondage Gallup.

Signe des tensions, des défenseurs du droit à l'avortement sont allés protester au domicile même de Brett Kavanaugh et des milliers de personnes ont manifesté samedi devant la Cour suprême derrière des panneaux proclamant: "l'avortement est un choix personnel, pas un débat juridique".

«Bande de militants»

Pour apaiser les esprits, ses magistrats se sont évertués ces dernières semaines à convaincre le public de leur impartialité. "Cette Cour n'est pas constituée d'une bande de militants politiques", a notamment lancé la juge conservatrice Amy Coney Barrett, lors d'un discours dans le Kentucky.

Ses propos ont toutefois souffert de la présence à ses côtés du chef des républicains au Sénat, Mitch McConnell, artisan de sa confirmation à la hâte en pleine campagne présidentielle.

Au-delà des discours, la session 2021-2022 "sera le vrai test pour voir si la Cour peut s'élever au-dessus des querelles partisanes", estime donc David Cole, directeur juridique de la puissante organisation de défense des droits ACLU.

A son menu figurent en effet les sujets de société qui divisent le plus l'Amérique, à commencer par le droit à l'avortement.

La Cour suprême se penchera le 1er décembre sur une loi du Mississippi qui interdit d'avorter au-delà de 15 semaines de grossesse. Les défenseurs de cette loi lui demandent d'en profiter pour annuler son arrêt emblématique de 1973, Roe v. Wade, dans lequel elle a estimé que les femmes avaient un droit constitutionnel à avorter.

Durant sa campagne de 2016, "Donald Trump avait promis de faire entrer à la Cour des juges qui invalideraient" cet arrêt, a rappelé récemment Amy Howe, éditrice du site spécialisé SCOTUSblog. 

"Il a nommé Neil Gorsuch, Brett Kavanaugh et Amy Coney Barrett, et maintenant, il est temps de voir si sa promesse se concrétise", a-t-elle ajouté lors d'une conférence devant le centre de réflexion Cato Institute.

«Brûlant»

Autre dossier explosif: le port d'armes à feu. Jusqu'ici la haute juridiction a estimé que les Américains avaient un droit constitutionnel à posséder une arme chez eux pour leur propre défense, sans rien dire sur le port d'armes en dehors du domicile.

Elle pourrait combler ce vide à l'occasion de l'examen d'une loi de New York, qui limite strictement la délivrance de permis. 

La Cour étudiera aussi les limites posées au financement des écoles confessionnelles. Or, elle est aujourd'hui "très favorable aux libertés religieuses", relève David Cole.

Plusieurs dossiers de condamnés à mort sont également à son menu et il est possible qu'elle accepte un recours contre les politiques de discrimination positive dans les universités, très contestées dans les rangs républicains.

Avec tous ces "sujets brûlants", selon Amy Howe, "la question n'est pas de savoir si la Cour suprême va poursuivre son virage à droite pendant cette nouvelle session, mais jusqu'où elle va aller".


Washington prévoit d'envoyer un nouveau porte-avions au Moyen-Orient dans les prochaines semaines 

Les Etats-Unis préparent le déploiement d'un nouveau porte-avions vers le Moyen-Orient "dans les prochaines semaines" pour y relayer un autre bâtiment déjà sur place, selon une information de l'Institut naval américain. (AFP)
Les Etats-Unis préparent le déploiement d'un nouveau porte-avions vers le Moyen-Orient "dans les prochaines semaines" pour y relayer un autre bâtiment déjà sur place, selon une information de l'Institut naval américain. (AFP)
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  • L'organisation a précisé mercredi que le Theodore Roosevelt et son escorte quitteront leur port d'attache de San Diego, en Californie, "dans les prochaines semaines" afin de "relayer le George Washington" arrivé dans la région depuis une semaine
  • Ce dernier avait lui-même remplacé le porte-avions Abraham Lincoln, dont la mission de très longue durée - plus de huit mois en mer sans escale - a fait émerger des critiques sur les conditions de vie à bord et la santé mentale de l'équipage

WASHINGTON: Les Etats-Unis préparent le déploiement d'un nouveau porte-avions vers le Moyen-Orient "dans les prochaines semaines" pour y relayer un autre bâtiment déjà sur place, selon une information de l'Institut naval américain.

L'organisation a précisé mercredi que le Theodore Roosevelt et son escorte quitteront leur port d'attache de San Diego, en Californie, "dans les prochaines semaines" afin de "relayer le George Washington" arrivé dans la région depuis une semaine.

Ce dernier avait lui-même remplacé le porte-avions Abraham Lincoln, dont la mission de très longue durée - plus de huit mois en mer sans escale - a fait émerger des critiques sur les conditions de vie à bord et la santé mentale de l'équipage.

Selon un haut responsable de la marine américaine cité par l'Institut naval américain, le déploiement du Theodore Roosevelt durera "plus de sept mois". "Leur commandement leur fait tabler sur huit mois", a-t-il encore déclaré.

Contacté par l'AFP, le Pentagone n'a pas fait de commentaire dans l'immédiat.

Le porte-avions Abraham Lincoln et ses quelque 5.000 marins s'apprêtent enfin à toucher terre, en Thaïlande, a indiqué la marine thaïlandaise à l'AFP jeudi. Cette escale est attendue du 2 au 6 septembre, selon des médias locaux.

Le bâtiment avait quitté San Diego le 21 novembre 2025 pour une mission en mer de Chine méridionale et avait été redirigé vers le Moyen-Orient avant que les Etats-Unis et Israël lancent leur offensive conjointe contre l'Iran le 28 février.


Emmanuel Macron rencontrera Andy Burnham à Londres la semaine prochaine

Le président français Emmanuel Macron attend l’arrivée du prince héritier d’Arabie saoudite pour une rencontre au palais de l’Élysée à Paris, le 24 août 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron attend l’arrivée du prince héritier d’Arabie saoudite pour une rencontre au palais de l’Élysée à Paris, le 24 août 2026. (AFP)
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  • Emmanuel Macron se rendra à Londres la semaine prochaine et sera reçu à Downing Street par le Premier ministre britannique Andy Burnham
  • Cette visite intervient avant l’exposition de la tapisserie de Bayeux au British Museum et dans un contexte de rapprochement entre Londres et l’UE sur l’Ukraine

LONDRES: Emmanuel Macron se rendra à Londres la semaine prochaine pour une visite au cours de laquelle le président français sera reçu à Downing Street par le nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham, a indiqué jeudi à l'AFP une source gouvernementale britannique.

Cette visite intervient à quelques jours de l'ouverture de l'exposition exceptionnelle de la tapisserie de Bayeux, prêtée au British Museum à Londres, projet dans lequel Emmanuel Macron s'est beaucoup investi.

Le président français est le deuxième dirigeant étranger, et le premier d'un pays de l'Union européenne (UE), à être reçu par le chef du gouvernement travailliste depuis son accession au pouvoir le 20 juillet, après son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky fin juillet.

MM. Macron et Burnham ont co-présidé cette semaine, avec le chancelier allemand Friedrich Merz, une réunion de la coalition des volontaires pour l'Ukraine.

Le chef de l'Etat français y a participé en visioconférence, tandis que le Premier ministre britannique s'est rendu à Kiev, pour son premier déplacement à l'étranger.

A cette occasion, il a notamment rencontré le président du Conseil européen, Antonio Costa, à qui il a affirmé que le Royaume-Uni devait faire preuve de "plus d'audace" pour se rapprocher de l'UE, selon un compte-rendu de leur entretien publié par Downing Street.


Washington désigne le groupe Palestine Action comme «organisation terroriste étrangère»

"Le terrorisme d'extrême gauche représente une menace grave pour les Etats-Unis et l'Occident dans son ensemble", a déclaré sur X le secrétaire d'Etat américain, Marco Rubio. (AFP)
"Le terrorisme d'extrême gauche représente une menace grave pour les Etats-Unis et l'Occident dans son ensemble", a déclaré sur X le secrétaire d'Etat américain, Marco Rubio. (AFP)
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  • L'organisation propalestinienne Palestine Action est accusée d'avoir "apporté une aide substantielle (...) à un acte de terrorisme ou en faveur de celui-ci", a rapporté dans un communiqué le département du Trésor
  • L'entité italienne visée est Autistici/Inventati (Collectif A/I), que Washington considère comme "un groupe extrémiste qui met en place et gère l'infrastructure numérique de cellules Antifa violentes et d'autres militants à travers le monde

WASHINGTON: Les Etats-Unis ont désigné mercredi comme "organisations terroristes" le groupe Palestine Action, basé au Royaume-Uni, ainsi qu'un groupe italien d'extrême gauche, dans le cadre d'une offensive de l'administration Trump contre les mouvements extrémistes de gauche.

"Le terrorisme d'extrême gauche représente une menace grave pour les Etats-Unis et l'Occident dans son ensemble", a déclaré sur X le secrétaire d'Etat américain, Marco Rubio.

"Nous utiliserons tous les moyens et toutes les prérogatives dont nous disposons pour lutter contre le terrorisme et protéger notre mode de vie contre la coercition terroriste", a-t-il ajouté.

L'organisation propalestinienne Palestine Action est accusée d'avoir "apporté une aide substantielle (...) à un acte de terrorisme ou en faveur de celui-ci", a rapporté dans un communiqué le département du Trésor.

L'entité italienne visée est Autistici/Inventati (Collectif A/I), que Washington considère comme "un groupe extrémiste qui met en place et gère l'infrastructure numérique de cellules Antifa violentes et d'autres militants d'extrême gauche à travers le monde", selon un autre communiqué du département d'Etat.

"Ces outils sont spécifiquement conçus pour faciliter les activités des réseaux terroristes d'extrême gauche, et permettent à ces derniers de s'organiser, recruter, communiquer, diffuser de la propagande, partager des informations sur leurs cibles et des tactiques, et mener des attaques violentes – tout en restant anonymes, intraçables", est-il reproché.

Le département d'Etat affirme aussi que les "cellules anarchistes responsables des actes de sabotage commis contre les réseaux ferroviaires en France, en Italie, en Allemagne et aux Pays-Bas en 2026 ont utilisé les outils et services du collectif A/I pour revendiquer ces attaques, publier des communiqués officiels et diffuser des manuels expliquant comment fabriquer des engins incendiaires de fortune pour les voies ferrées et d'autres infrastructures critiques".

Liberté d'expression 

Au Royaume-Uni, le groupe Palestine Action a été déclaré "terroriste" par le gouvernement travailliste en 2025 après des actes de vandalisme commis par ses militants, notamment sur une base de la Royal Air Force et une attaque à Bristol contre un site de l'entreprise d'armement israélienne Elbit Systems.

La mesure, qui entraîne son interdiction, a déclenché des manifestations d'ampleur et est contestée devant la justice.

"Le fait que Trump s'inspire désormais de la répression exercée par la Grande-Bretagne à l'encontre du mouvement pour la liberté des Palestiniens montre à quel point cette interdiction est dangereuse et devrait servir de signal d'alarme à tous ceux qui ont à cœur la liberté d'expression et les libertés civiles", a réagi Huda Ammori, co-fondatrice de Palestine Action.

Elle a appelé le nouveau Premier ministre britannique, Andy Burnham, à lever cette interdiction qui représente une "attaque sans précédent contre la liberté d'expression en Grande-Bretagne".

Créé en 2020, Palestine Action a gagné en visibilité après le début de la guerre dans la bande de Gaza, provoquée par l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023.

Les sanctions américaines impliquent pour les organisations visées un gel des avoirs éventuellement détenus aux Etats-Unis. Les entreprises et citoyens américains ont interdiction de commercer avec elles, sous peine d'être à leur tour sanctionnés.

Mi-juillet, les Etats-Unis ont accueilli une conférence internationale sur "la résurgence du terrorisme politique", visant notamment le mouvement Antifa, pour "antifasciste". Il s'agit d'un mouvement nébuleux d'activistes de gauche qui, selon les experts, relève davantage d'une idéologie politique que d'un groupe organisé.

Dans un récent rapport sur l'antiterrorisme, l'administration Trump a défini trois principales "menaces" contre la première puissance mondiale: "les narcoterroristes et les gangs internationaux", les "terroristes islamistes historiques" et les "extrémistes violents de gauche, y compris les anarchistes et les antifascistes".

Les détracteurs de l'administration Trump relèvent que la violence d'extrême gauche reste historiquement bien en-deçà de celle de l'extrême droite.