Les scoops du désert d'Aïr Info, un média au Sahara

Les journalistes ont un briefing quotidien dans les locaux d'Air Info à Agadez, le 20 septembre 2021 (Photo, AFP)
Les journalistes ont un briefing quotidien dans les locaux d'Air Info à Agadez, le 20 septembre 2021 (Photo, AFP)
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Publié le Mardi 05 octobre 2021

Les scoops du désert d'Aïr Info, un média au Sahara

Les journalistes ont un briefing quotidien dans les locaux d'Air Info à Agadez, le 20 septembre 2021 (Photo, AFP)
  • Dans le nord du Niger, immense région désertique saharienne très peu habitée, les informations circulent au gré du réseau téléphonique quasi-inexistant en dehors des villes
  • «La seule chose qui nous protège c'est la bonne foi et le sérieux», explique M. Manzo Diallo

AGADEZ: Les locaux ne paient pas de mine: un bâtiment planté dans le sable d'Agadez, au Niger, deux étages, un gros logo et c'est tout. Mais les allées et venues sont nombreuses au siège d'Aïr Info, média du Sahara et de son actualité brûlante. 

Dans le nord du Niger, immense région désertique saharienne très peu habitée, les informations circulent au gré du réseau téléphonique quasi-inexistant en dehors des villes. Alors l'actualité de la région - trafics de drogue et d'armes, drames migratoires, base arrière de groupes armés - passe largement sous les radars. 

C'est ce constat qui, en 2002, a motivé Ibrahim Manzo Diallo, jeune professeur d'école affecté dans le désert, à se lancer. « Les nuits étaient longues, alors on tuait le temps en écrivant », raconte-il. 

A l'époque, aucun média ne racontait « l'actualité du grand Nord ». Alors Ibrahim, entraînant dans son aventure la première imprimerie récemment ouverte en ville, lance un mensuel à Agadez, qu'il finance avec son salaire. 

Vingt ans plus tard, il a treize salariés permanents, et au journal, dont la périodicité de publication varie, s'est ajouté une radio, Sahara FM, l'une des principales stations d'Agadez rachetée en 2013, ainsi qu'un site, devenu au fil des ans sa vitrine. 

Aïr Info est aujourd'hui la grande source d'informations sur le Sahara nigérien. « On ne va plus chercher les scoops, ils viennent à nous », sourit le patron. 

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Une pancarte « Presse gratuite illimitée » est visible sur la vitrine des bureaux d'Air Info à Agadez, le 20 septembre 2021 (Photo, AFP) 

« Appels du pied »  

Le dernier en date? La publication en 2020 d'une vidéo de deux Italiens otages des djihadistes d'Al-Qaïda, première preuve de vie après plusieurs années de détention. Une télé italienne voulait la lui racheter pour un prix dérisoire et, surtout, tout le monde lui a demandé, parfois avec insistance, ses sources. 

« La seule chose qui nous protège c'est la bonne foi et le sérieux », explique M. Manzo Diallo. « Les sources savent que l'on ne dira jamais qui nous parle ». 

Autre scoop, lors de la prise d'otages des Français d'Arlit en septembre 2010, Aïr Info est « l'un des tous premiers » à faire parler des témoins. « Cela a contribué à asseoir notre crédibilité ». 

Mais derrière cet homme en boubou au large sourire, confortablement installé sur la terrasse ventée du média, à décortiquer le typique mouton braisé, il y a un journaliste pris en étau entre des questions de sécurité nationale et d'expansion jihadiste. 

Il raconte « recevoir des appels du pied de partout », de « gens prêts à donner de l'argent pour qu'on taise des informations ». Alors, il a publié sans sourciller la vidéo des Italiens. Personne n'a su qui la lui avait remise. 

Cette liberté de ton a un prix: menaces et prises à parti sont nombreuses. 

En 2007, Aïr Info a été administrativement fermé trois mois et son directeur emprisonné quatre mois après des accusations de liens avec la rébellion touareg d'alors. 

Cette année là, « on avait publié à la Une ‘drame à Tizirzet’ », après la découverte de « civils décapités par ceux qui devaient les protéger », se souvient Ibrahim Manzo Diallo, »j'étais sûr que ça allait me coûter cher ». 

Cela reste, selon lui, son plus beau scoop, malgré la prison et l'achat aussi spectaculaire que suspect de tous les journaux en vente en quelques heures. 

« Bonjour Agadez! »  

A l'étage d'en dessous, les aigus de radio Sahara FM résonnent dans les locaux tandis que les animateurs se succèdent un par un dans l'unique studio. Le programme de la radio est plus léger que celui du journal: l'information pratique y est privilégiée. 

Par exemple, « des maires nous appellent pour qu'on passe à la radio des spots d'avertissement aux populations » vivant près de rivières de la région « sur une crue qui arrive », dit Ibrahim. Une radio d'intérêt publique, en quelque sorte. 

Ce matin, c'est Salah Safo, surnommé « Kofi Annan », qui opère en haoussa. Il anime chaque matin pour les 350 000 auditeurs (selon la radio) l'émission « Bonjour Agadez! ». 

« Les gens appellent pour faire des dédicaces à leurs amis, c'est une émission très aimée! », dit-il, racontant avoir choisi son surnom en raison de la droiture et du sérieux de l'ex-secrétaire général de l'ONU. Après lui, un autre animateur prend le relais en tamasheq. 

Et ainsi de suite, dans chacune des langues de la région. 

« On traite des sujets qui intéressent la population locale », résume le rédacteur en chef de Sahara FM, Oumarou Sani. 

Jeune entrepreneur devenu solide patron d'un groupe de presse aux maigres finances (la Covid a suspendu beaucoup d'aides financières) Ibrahim Manzo Diallo a des rêves toujours plus grands: « on réfléchit à faire de la télévision maintenant! ». 


Trump et Rubio optimistes sur l’Iran, mais Téhéran suit-il ?

Trump affirme que les négociations se déroulent très bien, tandis que Rubio déclare que la guerre est finie - mais est-ce ainsi que l'autre camp voit les choses ? (FILE/AFP)
Trump affirme que les négociations se déroulent très bien, tandis que Rubio déclare que la guerre est finie - mais est-ce ainsi que l'autre camp voit les choses ? (FILE/AFP)
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  • Marco Rubio a maintenu mercredi son affirmation selon laquelle la guerre avec l'Iran était terminée, alors même que les frappes meurtrières se poursuivaient
  • L'évaluation de M. Trump diffère nettement de celle du ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, qui a déclaré que les lignes de communication avec les États-Unis étaient toujours ouvertes, mais avec "progrès tangible"

WASHINGTON/DUBAI : Le président américain Donald Trump a déclaré mercredi que les négociations avec l'Iran se déroulaient "très bien" et qu'elles pourraient aboutir à des résultats au cours du week-end prochain.

"J'ai entendu dire que les négociations elles-mêmes se déroulaient très bien", a déclaré M. Trump à la presse, ajoutant à propos d'un accord potentiel : "Cela pourrait se produire (...) au cours du week-end".

Mercredi, le secrétaire d'État américain Marco Rubio a maintenu son affirmation selon laquelle la guerre avec l'Iran était terminée, alors même que les frappes meurtrières se poursuivaient.

"Nous ne menons plus de frappes soutenues à l'intérieur de l'Iran pour dégrader leur armée, car la furie épique est terminée", a déclaré M. Rubio devant la commission des affaires étrangères de la Chambre des représentants, affirmant que les États-Unis avaient remporté la victoire.

L'évaluation de M. Trump diffère nettement de celle du ministre iranien des affaires étrangères, Abbas Araghchi, qui a déclaré que les lignes de communication avec les États-Unis étaient toujours ouvertes, mais qu'aucun "progrès tangible" n'avait été réalisé dans les négociations visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.

M. Trump a également déclaré qu'il souhaitait séparer les négociations entre les États-Unis et l'Iran de celles portant sur le conflit entre Israël et le Hezbollah au Liban.

"J'aimerais les séparer, j'aimerais qu'il y ait une chose séparée, parce que c'est, c'est séparé", a déclaré M. Trump.

"Nous avons en fait parlé avec le Hezbollah pour la toute première fois", a déclaré le président américain à propos des efforts déployés pour mettre fin aux combats au Liban.

"Ils se sont mis d'accord hier pour ne pas tirer, Israël ne tirera pas, nous verrons bien", a déclaré M. Trump.

Sémantique du cessez-le-feu

Au cours de la nuit, les États-Unis ont déclaré avoir abattu des drones iraniens et frappé une station de contrôle au sol iranienne, tandis que les forces de Téhéran ont lancé des drones et des missiles en direction de plusieurs pays voisins du Golfe.

M. Trump a minimisé les échanges de tirs en déclarant : "C'est une autre partie de l'histoire : "C'est une autre partie du monde, vous savez. Je dirais que dans cette partie du monde, le cessez-le-feu, c'est quand vous tirez de manière plus modérée."

Il y a une raison à tout, et nous les avons frappés assez durement la nuit précédente, et même la nuit dernière", a déclaré M. Trump à propos des Iraniens, avant d'ajouter : "Quand on m'a expliqué que c'était une erreur, j'ai pensé que c'était une erreur : "Quand on me l'a expliqué, j'ai dit 'd'accord'".

Un cessez-le-feu est en vigueur entre les États-Unis et l'Iran depuis le début du mois d'avril, tandis qu'un autre est entré en vigueur au Liban au milieu du même mois.

Malgré cela, les affrontements entre les différentes parties au conflit se poursuivent.

La question de savoir ce qui est considéré comme un cessez-le-feu ou comme la fin de la guerre reste très discutée.

Définition de la victoire

"Nous définissons la victoire comme la destruction de leur base industrielle de défense, la réduction significative du nombre de lanceurs de missiles qu'ils possèdent, la réduction significative de leur stock de drones", a déclaré M. Rubio.

"Et nous avons atteint tous ces objectifs, en plus de détruire ce qu'il restait de leur force aérienne et d'anéantir la totalité de leur marine conventionnelle.

M. Rubio s'est heurté à une forte résistance de la part des démocrates, qui ont fait valoir que le conflit faisait toujours rage, l'Iran ayant frappé l'aéroport du Koweït mercredi, faisant un mort et 63 blessés dans le cadre d'une escalade majeure du conflit.

Bahreïn, qui, comme le Koweït, accueille une importante présence militaire américaine, a également été la cible de frappes de drones de la part de l'Iran pendant la nuit.

"On peut changer le nom de l'opération. Cela ne change rien au fait que le détroit est toujours fermé et que mes militaires, et tous nos militaires, sont toujours en danger", a déclaré Sara Jacobs, représentante de la Californie, à M. Rubio.

L'Iran pourrait être d'un autre avis

M. Rubio a fait le point sur les négociations avec l'Iran, indiquant que les stocks d'uranium hautement enrichi de la république islamique étaient au centre des discussions et que Téhéran n'avait pas encore accepté d'accord de paix.

Washington insiste sur le fait que l'Iran doit remettre son uranium enrichi de qualité quasi militaire, accepter de limiter ses activités nucléaires et rouvrir le détroit d'Ormuz pour qu'un accord de paix puisse être mis en œuvre.

"Je pense que maintenant, dans certains des documents qui ont été échangés, la question est clairement abordée, mais nous n'avons toujours pas reçu l'approbation finale de leur système ce matin", a déclaré M. Rubio à la commission de la Chambre des représentants.

L'Iran a déclaré qu'il avait besoin du déblocage de 12 milliards de dollars d'avoirs gelés avant d'entamer des discussions de fond sur son programme nucléaire, et a rejeté les commentaires antérieurs du président américain Donald Trump qui a suggéré que son stock d'uranium enrichi serait finalement détruit.

Le guide suprême iranien Mojtaba Khamenei a toutefois déclaré dans un message jeudi que les ennemis de l'Iran, après avoir été vaincus sur le champ de bataille, cherchaient maintenant à saper la résilience du public et à semer des divisions internes.

M. Khamenei a appelé à l'unité nationale face à ces menaces et a déclaré que toute action visant à susciter le pessimisme ou la frustration au sein de la population revenait à aider l'ennemi.

Le message a été lu en son nom lors des cérémonies marquant l'anniversaire de la mort du fondateur de la République islamique, Ruhollah Khomeini.

(Avec agences)


Niger: 49 personnes meurent de soif dans le désert après une panne de camion

Quarante-neuf ressortissants nigériens sont morts de soif dans le désert, dans la zone frontalière entre l'Algérie, le Niger et le Mali, après la panne du camion qui les transportait, ont indiqué jeudi les autorités locales. (Photo d'illustration AFP)
Quarante-neuf ressortissants nigériens sont morts de soif dans le désert, dans la zone frontalière entre l'Algérie, le Niger et le Mali, après la panne du camion qui les transportait, ont indiqué jeudi les autorités locales. (Photo d'illustration AFP)
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  • Les 49 personnes ont "trouvé la mort de soif dans une zone reculée située à plus de 80 kilomètres à l'ouest d'Assamaka"
  • "Privés d'eau et incapables de réparer le véhicule malgré les efforts du chauffeur, de ses apprentis et des passagers, les voyageurs se sont retrouvés piégés au cœur d'un environnement hostile"

ABIDJAN: Quarante-neuf ressortissants nigériens sont morts de soif dans le désert, dans la zone frontalière entre l'Algérie, le Niger et le Mali, après la panne du camion qui les transportait, ont indiqué jeudi les autorités locales.

Les 49 personnes ont "trouvé la mort de soif dans une zone reculée située à plus de 80 kilomètres à l'ouest d'Assamaka", a indiqué sur Facebook le gouvernorat d'Agadez, qui administre cette zone, précisant que les voyageurs rentraient du Mali pour célébrer la fête de l'Aïd.

"Privés d'eau et incapables de réparer le véhicule malgré les efforts du chauffeur, de ses apprentis et des passagers, les voyageurs se sont retrouvés piégés au cœur d'un environnement hostile où les températures extrêmes et l'absence de points d'approvisionnement rendent toute survie extrêmement difficile", a détaillé le gouvernorat, ajoutant que les victimes ont été inhumées dans des fosses communes.

"Deux personnes ont toutefois survécu à cette épreuve" et "ont parcouru plus de cinquante kilomètres à pied avant d'atteindre une mare puis de rejoindre Assamaka où ils ont pu donner l'alerte", selon la même source.

De retour du site du drame, les autorités locales ont découvert un autre camion immobilisé à plus de 60 kilomètres d'Assamaka, avec "à son bord plus de 60 personnes... bloquées depuis trois jours au cœur du désert à la suite d'une panne de batterie."

Ces voyageurs avaient quitté un site d'orpaillage malien situé à plus de 300 kilomètres de la frontière nigérienne, précise le gouvernorat dans un second communiqué.

La délégation a apporté l'assistance nécessaire pour dépanner le véhicule, permettant aux passagers de reprendre leur route, ajoute la même source.

Cette zone désertique, point de passage connu de migrants africains qui cherchent à gagner l'Europe, est régulièrement le théâtre de drames de ce type.

En 2025, au moins 35 migrants sont morts dans le désert nigérien, avait rapporté l'ONG Alarme Phone Sahara (APS).

En octobre 2013, 92 migrants nigériens (33 femmes, 52 enfants et 7 hommes) avaient péri de soif en plein désert dans le nord du Niger, près de la frontière algérienne, après avoir été abandonnés par leurs passeurs à la suite de pannes de véhicules. Ils tentaient d'aller en Algérie.

Plus de 34.000 migrants ont été expulsés d'Algérie vers le Niger voisin en 2025, selon APS.


Israël annonce l'ouverture de sa première ambassade en Slovénie

Israël annonce l'ouverture de sa première ambassade en Slovénie
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  • Ljubljana avait reconnu l'Etat de Palestine en juin 2024
  • En avril dernier, la Slovénie avait cosigné avec l'Irlande et l'Espagne une lettre adressée à la Commission européenne pour réclamer un réexamen de l'accord d'association entre l'Union européenne et Israël

JERUSALEM: Israël a annoncé jeudi l'ouverture de sa première ambassade en Slovénie, se félicitant d'un réchauffement des relations avec ce pays d'Europe après le changement de gouvernement.

"Je suis fier d'annoncer qu'Israël ouvrira sa toute première ambassade à Ljubljana", a affirmé le ministre des Affaires étrangères Gidéon Saar dans un communiqué, sans préciser à quelle date.

"L'élection du Premier ministre Janez Jansa marque un nouveau chapitre dans les relations entre Israël et la Slovénie", a affirmé le ministre, évoquant les "années d'hostilité de la part du précédent gouvernement" slovène.

Ljubljana avait reconnu l'Etat de Palestine en juin 2024.

En avril dernier, la Slovénie avait cosigné avec l'Irlande et l'Espagne une lettre adressée à la Commission européenne pour réclamer un réexamen de l'accord d'association entre l'Union européenne et Israël.

En septembre 2025, le gouvernement slovène avait annoncé avoir décidé d'interdire l'entrée sur son territoire au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, rappelant que des procédures étaient en cours contre lui pour crimes de guerre et contre l'humanité à la Cour pénale internationale (CPI).

En juillet 2025, l'interdiction du commerce d'armes avec Israël avait été annoncée, en raison de la guerre dans la bande de Gaza.

Le chef de la droite nationaliste Janez Jansa, admirateur du président américain Donald Trump, a été élu Premier ministre fin mai à Ljubljana par le Parlement.

"Aujourd'hui, nous tournons une nouvelle page. Lorsque les amis d'Israël reviennent au pouvoir, Israël revient également", s'est félicité M. Saar.