Pour Noura al Kaabi, ministre de la Culture des EAU : «Il est crucial de sauvegarder les institutions culturelles»

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Publié le Mercredi 16 septembre 2020

Pour Noura al Kaabi, ministre de la Culture des EAU : «Il est crucial de sauvegarder les institutions culturelles»

  • « Il est encourageant de voir que les gens réalisent l’importance de la culture dans un monde post-Covid-19 »
  • « Les Émirats arabes unis et la France ont travaillé en partenariat sur nombre de projets dans différents secteurs »

Arab News en français rencontre Noura al Kaabi, Ministre de la Culture et de la Jeunesse des Emirats Arabes Unis.

Question: Votre parcours englobe énergie, médias et culture. Comment envisagez-vous de réunir ces deux derniers afin de leur permettre de rayonner ensemble ? Et quels sont à votre avis les principaux enseignements qui peuvent être reproduits dans d’autres pays du Moyen-Orient ?

Réponse: Les Émirats arabes unis [EAU] ont connu depuis vingt ans une croissance exponentielle dans le secteur des médias. Cela s’explique par la création, ces dernières années, de pôles médiatiques. On peut citer Twofour54 à Abu Dhabi, la Dubai Media City, ou Sharjah Media City. Ils accueillent certaines des plus grandes chaînes de télévision : CNN, CNBC, et National Geographic…

Ces pôles, situés dans des zones franches et offrant infrastructures développées et avantages fiscaux, ont permis de faire des EAU un lieu de tournage privilégié pour les producteurs. Des films comme Mission impossible : Protocole fantôme et Star Wars : Le Réveil de la force, ou encore Bang Bang ! et Race ont été tournés à Abu Dhabi, grâce à des avantages fiscaux. De grandes maisons de production ont compris l’intérêt de filmer ici. Cela a permis à des talents locaux de s’épanouir, et à des cinéastes indépendants de mettre en valeur des histoires de la région.

La façon dont les nouvelles locales sont présentées sur les plates-formes internationales a contribué au développement du Moyen-Orient dans son ensemble. Après le remaniement ministériel de juillet 2020, le secteur des médias relève du ministère de la Culture et de la Jeunesse. Nous espérons nous concentrer davantage sur les politiques et les réglementations, afin de soutenir les maisons de production et faire progresser la culture avec le développement intégré des médias, pour que soient retranscrites au reste du monde les histoires de notre région.

Q: La Covid-19 a eu un impact fort dans le monde. Certains perçoivent cette période comme un nouveau départ et veulent se concentrer sur des valeurs essentielles. La culture en fait partie… Quel sera son rôle dans le monde post-Covid-19 ?

R: Les gens prennent conscience de l’importance de la culture. Il est crucial de sauvegarder les institutions culturelles afin de maintenir une production durable. Un plan de relance du ministère, de mai 2020, vise à aider les créatifs et les PME qui ont été financièrement très affectées par cette pandémie. Il soutiendra leurs entreprises pour conserver un écosystème culturel florissant aux EAU.

La culture permet de garder une forme de stabilité. L’art et la culture se sont toujours adaptés et sont le reflet de la société. Les émissions télévisées, les livres, la musique et les films ont fait prendre conscience de l’outil essentiel qu’est la culture pour une société active. À l’avenir, il est probable que le gouvernement devra trouver de nouvelles solutions de financement pour encourager le secteur créatif.

Le financement communautaire est une idée assez nouvelle qui a contribué à la croissance d’autres secteurs économiques. Nous invitons chacun à réfléchir à différentes formes de financement. L’analyse du savoir et de la politique culturelle a montré que cette industrie va croître après la Covid-19, et qu’il est nécessaire d’établir des normes pour aider ce secteur. Les travailleurs indépendants auront besoin d’un écosystème qui les protège et les dynamise. Il est important d’ouvrir des canaux de communication entre les décideurs politiques et les travailleurs. Cela aidera les premiers à comprendre la situation des travailleurs, et nous aidera à mieux répondre à ce dont l’écosystème a besoin pour se développer.

Q: Dans un monde fragmenté, comment pensez-vous que la culture réduira les différences et rassemblera les gens ?

R: D’une part, nous sommes plus que jamais connectés à notre identité, au monde qui nous entoure… D’autre part, une mine d’informations et de contenus vont émerger de ce moment charnière dans les arts visuels, les films, les émissions télévisées, la musique, le théâtre… Le ministère de la Culture et de la Jeunesse a organisé plusieurs conférences en ligne, sur le thème « La Culture en amont ». Il a aussi proposé des ateliers en ligne à l’occasion d’un séminaire d’été en ligne, rassemblant des organismes culturels des Émirats. Le très populaire Cultural Majlis de Sultan Sooud al-Qassemi a eu lieu en ligne, afin de réunir des acteurs clés de la région. La Sharjah Art Foundation, en collaboration avec The Africa Institute, a présenté trois films du réalisateur ghanéo-britannique John Akomfrah. Le département de la Culture et du Tourisme (DCT) à Abu Dhabi a réuni la communauté culturelle via une série de conférences organisées par Mohammed al-Mubarak, président de ce département

Il sera intéressant de voir le type d’art qui émergera de cette pandémie, marquée par des périodes d’isolement et de fermeture des lieux publics. Certaines œuvres d’art majeures ont été créées durant des pandémies. Elles nous rappellent différentes créations dans le monde arabe. On peut citer Le Visiteur de la nuit, une ode écrite par le poète irako-syrien Al-Mutanabbi (915-965), l’un des chefs-d’œuvre de la poésie classique arabe ; le récit de Taha Hussein qui se déroule en Égypte (1889-1902), publié sous le titre Al-Ayyam en arabe, et qui raconte l’histoire du frère de l’auteur, mort lors d’une épidémie de choléra ; ou encore le roman de Naguib Mahfouz La Chanson des gueux (1977), qui se déroule dans une ville infestée par la peste. Il est important de garder l’esprit ouvert et de modifier nos comportements pour notre bien et celui de la société.

Q: Les Émirats misent beaucoup sur la mise en place d’une solide stratégie autour de la culture…

R: Aux EAU, nous avons la chance d’être guidés par des dirigeants visionnaires, toujours à la recherche de moyens de rendre l’avenir accessible. L’objectif est de parvenir à une harmonie et à un développement durables pour tous les aspects de la culture, de l’économie et des infrastructures. Abu Dhabi a mis en place une stratégie claire sur cinq ans, afin de renforcer l’écosystème culturel. Elle lui permettra de contribuer à hauteur de 28 milliards de dirhams des EAU [AED] au PIB cette année (6,5 milliards d’euros) et de créer 45 000 emplois. Cette stratégie vise à préserver et à soutenir le patrimoine culturel d’Abu Dhabi, augmenter la prise de conscience d’un engagement pour le patrimoine culturel et les arts, stimuler la créativité en tant que vecteur d’éducation et de changement social, construire et renforcer le secteur culturel d’Abu Dhabi et, enfin, contribuer à la croissance et à la diversification de l’économie.

L’initiative La Culture pour tous, lancée par le DCT est également importante, car elle englobe tous les sites culturels d’Abu Dhabi à travers les plates-formes de ses réseaux sociaux. Elle propose d’accéder aux contenus dynamiques de Manarat Al Saadiyat, Qasr Al Hosn, Berklee Abu Dhabi, Abu Dhabi Art, et a pour vocation d’instruire le public, par le biais de plates-formes numériques permettant à chacun d’apprendre, de découvrir et d’apprécier cette richesse du savoir à distance.

Dubaï a été une plaque tournante avec des pôles comme Dubai Design District et Alserkal Avenue, qui rassemblent des initiatives créatives locales dans une même région. Dubaï organise aussi la plus grande exposition d’art au Moyen-Orient, Art Dubai, qui accueille chaque année plus de 90 galeries du monde entier. Dubai Culture a précisé les piliers du secteur qui serviront de base pour la feuille de route stratégique de six ans. Ils permettront de soutenir les créatifs, de s’assurer que l’art et la créativité sont à la portée de tous, de promouvoir le développement du secteur créatif à Dubaï comme contributeur clé de la croissance économique de l’émirat, en renforçant sa position sur la carte culturelle mondiale et en sauvegardant le patrimoine culturel des EAU.

Sharjah est une plate-forme pour la représentation institutionnelle et le développement de l’art et de la culture, grâce aux efforts de la Sharjah Art Foundation, de l’Emirates Publishers Association et de Sharjah Museums Authority… En 2019, Sharjah a été désignée capitale mondiale du Livre par l’Unesco, en reconnaissance pour ses efforts dans la promotion des livres et de la lecture.

Ces initiatives nous ont permis de préserver et d’exposer la civilisation culturelle de la région et au-delà, à travers des projets de grande envergure tels que le Louvre Abu Dhabi, et à l’avenir le Zayed National Museum, ainsi que le Guggenheim Abu Dhabi. Pour sa part, le ministère de la Culture et de la Jeunesse le fait en inscrivant d’importants sites patrimoniaux et culturels sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco qui comprend notamment les sites d’Al Aïn (Hafit, Hili, Bidaa Bint Saud et les oasis.)

Q: Les EAU ont développé une solide relation de culture et d’échanges avec la France et le monde francophone. Comment envisagez-vous les prochaines étapes et développements ?

R: Les Émirats jouissent d’une excellente relation avec la France, établie en 1951 lors de la première visite en France de notre défunt père fondateur Cheikh Zayed ben Sultan Al Nahyane. Depuis, les EAU et la France ont travaillé en partenariat sur nombre de projets, notamment la conservation et la promotion de la culture et du patrimoine des deux pays.

Dans un accord historique signé en 2007, les EAU ont fourni leur généreux soutien à la restauration du théâtre impérial du château de Fontainebleau, qui a rouvert ses portes en juin 2019 et qui porte le nom du président Cheikh Khalifa ben Zayed al-Nahyane. Dix ans plus tard, Abu Dhabi a accueilli le prestigieux Louvre Abu Dhabi sur l’île de Saadiyat, premier d’une série de musées qui seront construits dans le quartier culturel.

Dans le cadre du Dialogue culturel EAU-France lancé en 2018, nous avons échangé sur notre patrimoine et nos valeurs culturelles via des conférences, des ateliers de travail, des programmes d’échanges et des expositions. Citons « Cités millénaires : Voyage virtuel de Palmyre à Mossoul » présenté à l’Institut du monde arabe à Paris, qui utilise des techniques numériques pour mettre en relief les sites culturels du monde arabe détruits et endommagés par les récents conflits. La chaîne de radio d’Abu Dhabi Media, Star FM, comprend un programme en langue française Salut les Émirats qui présente l’histoire de l’art et de la culture française, ainsi que des événements et des activités dans le domaine culturel aux Émirats.

Chaque année, de nombreux Émiratis se rendent en France et sont de plus en plus intéressés par l’apprentissage du français. Nous pouvons tirer parti de ces échanges culturels pour franchir à l’avenir d’autres étapes de la collaboration culturelle.

Q: Comment relevez-vous les défis afin de franchir des étapes culturelles importantes et les objectifs des Émirats ?

R: Depuis ma nomination comme ministre de la Culture en octobre 2017, nous avons travaillé sur de nombreux projets qui devraient contribuer au développement de l’écosystème culturel des EAU à l’avenir. J’ai la chance d’être entourée d’une équipe qui comprend les nuances du développement culturel des EAU et qui a joué un rôle déterminant dans la réalisation de nombreuses étapes. La première étape majeure a été le séminaire sur l’avenir de la culture, au Louvre Abu Dhabi en février 2018, en présence de Cheikh Mohammed ben Rashid al-Maktoum. De nombreux acteurs de la scène culturelle ont fait des recommandations sur les politiques à adopter, afin de mettre en place la stratégie et la feuille de route du secteur. Cheikh Mohammed nous a enjoints de travailler sur le Fonds pour le développement de la culture et des industries culturelles et créatives.

Nous travaillons en étroite collaboration avec le ministère de l’Éducation pour intégrer l’éducation culturelle dans les programmes scolaires. Nous veillons aussi à développer une stratégie pour la formation d’un orchestre national et d’industries créatives et culturelles, et pour la préservation de la langue arabe – son image et les méthodes d’apprentissage.

Il reste beaucoup à faire, et nous avons la chance d’avoir l’immense soutien des organisations fédérales et locales qui nous permettent d’atteindre nos objectifs.


Journaliste tuée: les dirigeants libanais dénoncent un «crime de guerre»

Les proches et les amis d'Amal Khalil, correspondante chevronnée du quotidien Al-Akhbar tuée lors d'une frappe aérienne israélienne qui aurait eu lieu dans le sud du Liban, se recueillent chez elle, dans le village de Bisariyeh, le 23 avril 2026. (AFP)
Les proches et les amis d'Amal Khalil, correspondante chevronnée du quotidien Al-Akhbar tuée lors d'une frappe aérienne israélienne qui aurait eu lieu dans le sud du Liban, se recueillent chez elle, dans le village de Bisariyeh, le 23 avril 2026. (AFP)
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  • "Israël cible délibérément les journalistes dans le but de cacher la vérité sur ses crimes contre le Liban", a affirmé le président Joseph Aoun, dénonçant "des crimes de guerre"
  • Le Premier ministre Nawaf Salam a estimé lui aussi que "cibler des journalistes et entraver l'accès des équipes de secours constitue un crime de guerre", assurant que son pays poursuivra l'affaire devant les instances internationales

BEYROUTH: Les dirigeants libanais ont accusé jeudi Israël d'avoir perpétré un "crime de guerre" après la mort d'une journaliste dans une frappe aérienne israélienne dans le sud du pays.

Amal Khalil, 42 ans, journaliste du quotidien Al-Akhbar, a été tuée mercredi et sa collègue indépendante Zeinab Faraj blessée dans cette frappe dans le sud, où les forces israéliennes occupent plusieurs régions.

"Israël cible délibérément les journalistes dans le but de cacher la vérité sur ses crimes contre le Liban", a affirmé le président Joseph Aoun, dénonçant "des crimes de guerre".

Le Premier ministre Nawaf Salam a estimé lui aussi que "cibler des journalistes et entraver l'accès des équipes de secours constitue un crime de guerre", assurant que son pays poursuivra l'affaire devant les instances internationales.

Les deux journalistes s'étaient réfugiées dans une maison du village d'al-Tiri, après qu'une frappe israélienne a visé une voiture qui les précédait, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).

Les deux occupants du véhicule, le maire de la ville voisine de Bint Jbeil, occupée par Israël, et un homme qui l'accompagnait, ont été tués, a précisé la même source.

Une frappe israélienne a ensuite visé la maison où s'étaient réfugiées les deux journalistes. Les secours ont évacué dans un premier temps la journaliste blessée, avant que "des tirs israéliens visent l'ambulance", selon le ministère de la Santé.

Les autorités libanaises ont dû mener des contacts avec les Casques bleus déployés dans le sud du Liban et il a fallu plusieurs heures avant que les secouristes puissent à nouveau accéder au secteur pour retirer des décombres le corps de l'autre journaliste.

Le ministère de la Santé a accusé jeudi Israël d'avoir "entravé les opérations de sauvetage" et "visé une ambulance portant clairement le signe de la Croix-Rouge".

L'armée israélienne a de son côté affirmé avoir frappé dans le secteur d' al-Tiri deux véhicules à bord desquels se trouvaient des "terroristes", qui avaient "franchi la ligne de défense avancée" de ses troupes dans le sud du Liban.

Israël dit avoir tracé une "ligne jaune" ou ligne de défense avancée en profondeur dans le sud du Liban où ses troupes sont entrées, et interdit aux habitants d'y retourner.

Un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 17 avril, après une guerre entre Israël et le Hezbollah pro-iranien qui a fait plus de 2.400 morts au Liban.

L'armée israélienne a démenti avoir "empêché les équipes de secours d'accéder à la zone". Elle a indiqué que "des informations font état de deux journalistes blessés lors des frappes" et affirmé que l'incident était "en cours d'examen".

Correspondante dans le sud du Liban pour le journal al-Akhbar, proche du Hezbollah, Amal Khalil a couvert les différentes guerres dans cette région. Elle était connue pour son courage et était respectée par ses collègues.

Le 28 mars, trois journalistes avaient été tués dans une frappe israélienne dans le sud et des experts de l'ONU avaient réclamé une enquête internationale.

 


Des colons Israéliens pénètrent en Syrie avant d'être arrêtés

Une quarantaine d'Israéliens ont brièvement pénétré en Syrie mercredi avant d'être appréhendés par l'armée israélienne, qui a "fermement condamné cet incident". (AFP)
Une quarantaine d'Israéliens ont brièvement pénétré en Syrie mercredi avant d'être appréhendés par l'armée israélienne, qui a "fermement condamné cet incident". (AFP)
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  • L'armée a déclaré "condamner fermement cet incident et souligner sa gravité, qui constitue une infraction pénale qui met en danger des civils comme des soldats"
  • "Les pionniers de Bashan" ont eux posté, toujours sur X, une photo montrant leurs militants sur ce toit en indiquant: "sans colonisation civile, la présence militaire ne tiendra pas à long terme"

JERUSALEM: Une quarantaine d'Israéliens ont brièvement pénétré en Syrie mercredi avant d'être appréhendés par l'armée israélienne, qui a "fermement condamné cet incident".

Selon la télévision publique israélienne Kan, il s'agit de militants appartenant au groupuscule "Les pionniers de Bashan" qui prône l'établissement de colonies israéliennes dans le sud de la Syrie.

Ils s'étaient d'abord rassemblés près de la frontière, avant de pénétrer sur le territoire syrien sur quelques centaines de mètres, selon l'armée, qui indique les avoir remis à la police.

L'armée a déclaré "condamner fermement cet incident et souligner sa gravité, qui constitue une infraction pénale qui met en danger des civils comme des soldats".

La chaîne Kan a posté sur X des images montrant ces militants se retrancher sur un toit près du village syrien d'Hader.

"Les pionniers de Bashan" ont eux posté, toujours sur X, une photo montrant leurs militants sur ce toit en indiquant: "sans colonisation civile, la présence militaire ne tiendra pas à long terme. Nous sommes ici jusqu'à ce qu'ils laissent nos familles entrer pour y vivre".

Selon Kan, ce n'est pas la première fois que ce groupuscule s'infiltre côté syrien. Les dernières fois, il n'y avait pas eu de condamnation officielle, a-t-elle indiqué.

Depuis la chute en décembre 2024 du président Bachar al-Assad et la prise du pouvoir par une coalition islamiste en Syrie, Israël a envoyé des troupes dans une zone tampon contrôlée par l'ONU qui séparait les forces israéliennes et syriennes sur le plateau du Golan.

Israël, qui réclame une zone démilitarisée dans le sud de la Syrie, a mené depuis un an des centaines de frappes et conduit des incursions chez son voisin.

Israël avait pris la majeure partie de ce plateau à la Syrie lors de la guerre israélo-arabe de 1967, puis a annexé les zones sous son contrôle.

La colonisation israélienne, aujourd'hui présente en Cisjordanie, est régulièrement dénoncée par l'ONU comme illégale au regard du droit international et comme un des principaux obstacles à une solution de paix durable entre Israéliens et Palestiniens en ce qu'elle empêche la création d'un Etat palestinien viable.

Quelque 500.000 Israéliens vivent dans des colonies en Cisjordanie occupée, au milieu de trois millions de Palestiniens.


Pourparlers avec Israël: Le Liban demande une prolongation de la trêve et l'arrêt de la destruction des villages du sud

Des équipes de secours utilisent des pinces spéciales pour dégager les décombres d'un bâtiment touché par l'armée israélienne, dans le village de Hanaouay, au sud du Liban, le 22 avril 2026. (AFP)
Des équipes de secours utilisent des pinces spéciales pour dégager les décombres d'un bâtiment touché par l'armée israélienne, dans le village de Hanaouay, au sud du Liban, le 22 avril 2026. (AFP)
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  • Un responsable libanais a déclaré que le président Aoun a chargé une délégation de discuter des mesures à prendre pour assurer le respect du cessez-le-feu et l'arrêt des violations
  • M. Aoun s'est entretenu avec des dirigeants régionaux dans le cadre d'efforts diplomatiques visant à renforcer le soutien à la position du Liban dans les pourparlers

BEYROUTH : Le Liban demandera une prolongation d'un mois du cessez-le-feu actuel avec Israël lors d'une deuxième série de discussions directes à Washington jeudi, ont indiqué des sources libanaises à Arab News.

Un responsable libanais a déclaré que le président Joseph Aoun avait également chargé la délégation de discuter des mesures à prendre pour garantir le respect du cessez-le-feu et l'arrêt des violations, en particulier ce que Beyrouth décrit comme la destruction continue par Israël de villages dans le sud du Liban.

L'ambassadrice du Liban à Washington, Nada Hamadeh Moawad, et son homologue israélien, Yechiel Leiter, se rencontreront pour la deuxième fois en deux semaines au siège du département d'État américain à Washington.

Les discussions devraient porter sur les préparatifs d'un cycle de négociations plus large, notamment sur la formation des délégations libanaise et israélienne, alors que le fragile cessez-le-feu de dix jours conclu sous l'égide des États-Unis expire dimanche.

Selon la source, l'ancien ambassadeur libanais Simon Karam devrait diriger l'équipe de négociation libanaise. M. Karam a déjà participé à des pourparlers indirects avec Israël à Ras Naqoura, en tant que membre du comité chargé de superviser l'application du cessez-le-feu.

L'ambassadeur américain au Liban, Michel Issa, devrait également assister à la réunion.

M. Aoun s'est entretenu avec des dirigeants de la région dans le cadre d'efforts diplomatiques visant à renforcer le soutien à la position du Liban dans les pourparlers.

Le président libanais a tenu un appel téléphonique avec le prince héritier saoudien Mohammed bin Salman, au cours duquel il l'a remercié pour le soutien continu du Royaume au Liban, en particulier dans les circonstances difficiles actuelles.

Dans un appel séparé, l'émir du Qatar, Cheikh Tamim bin Hamad Al-Thani, a exprimé son soutien aux efforts de M. Aoun pour mettre fin aux hostilités, notamment par des négociations directes, en obtenant un retrait israélien du Sud-Liban et en déployant l'armée libanaise le long de la frontière pour renforcer l'autorité de l'État.

Mercredi, M. Aoun a déclaré qu'il était en étroite coordination avec le président du Parlement, Nabih Berri, et le premier ministre, Nawaf Salam, au sujet des négociations, soulignant que des pourparlers menés conformément aux intérêts et aux principes du Liban restaient la seule voie pour mettre fin à la guerre, assurer le retrait israélien, faciliter le retour des personnes déplacées et des détenus, et permettre la reconstruction, selon des sources officielles.

M. Aoun avait précédemment affirmé dans une déclaration officielle que les "négociations directes" étaient son option préférée.

"Ces négociations ne sont pas une faiblesse. Elles ne sont pas un recul. Elles ne sont pas une concession", a déclaré le président dans une allocution télévisée.

"Elles sont une décision qui découle de la force de notre croyance en nos droits et en la protection de notre peuple, ainsi que de notre responsabilité de protéger notre pays par tous les moyens possibles.

Le Hezbollah a décrit les pourparlers comme faisant partie d'une série de "concessions perdantes" que le gouvernement libanais fait à Israël.

M. Salam, qui s'est exprimé depuis Paris mardi soir après avoir rencontré le président français Emmanuel Macron, a confirmé que le Liban continuerait à poursuivre la diplomatie par le biais de discussions directes avec Israël.

"Les négociations seront ardues et nous aurons besoin du soutien actif de nos alliés. Il ne peut y avoir d'État ou de souveraineté avec plus d'une armée."

Il a ajouté : "Nous ne cherchons pas la confrontation avec le Hezbollah, mais nous ne lui permettrons pas de nous intimider."

Lors d'une conférence de presse commune, le président français a souligné la nécessité de prolonger la trêve entre le Liban et Israël pour permettre l'ouverture de négociations.

Il a également insisté sur la nécessité du retrait d'Israël du Sud-Liban, ainsi que sur le désarmement du Hezbollah dans un cadre dirigé par le Liban.

Une source officielle libanaise a déclaré à Arab News qu'il y avait un consensus parmi les responsables libanais pour entamer des négociations sur la base d'un plan clair, notant que si le Hezbollah s'oppose aux pourparlers directs, cela reste "leur prérogative".

La source officielle a déclaré que le désarmement du Hezbollah "est la responsabilité du Liban", tout en citant les "violations" israéliennes continues depuis le cessez-le-feu du 16 avril, y compris la destruction à grande échelle des villages du sud "au point d'effacer leurs caractéristiques".

"Il s'agit d'une violation inacceptable à tous points de vue", a déclaré le responsable à Arab News.

Selon les conditions du cessez-le-feu, Israël affirme avoir le droit de "se défendre, à tout moment, contre des attaques planifiées, imminentes ou en cours".

L'armée israélienne a déclaré que la zone tampon établie dans le sud, à une profondeur de 5 à 10 km en territoire libanais, où 39 villages et villes ont été rasés, vise à éliminer les menaces du Hezbollah.

La source officielle libanaise a déclaré que la prochaine réunion de Washington reflétait un effort pour séparer les négociations avec le Liban de la voie plus large des États-Unis et de l'Iran.

Il a décrit cette démarche comme un "découplage" des deux dossiers, tout en notant que toute évolution positive des pourparlers entre les États-Unis et l'Iran, s'ils reprennent, pourrait encore avoir un impact bénéfique sur le Liban.

"Le Liban n'est pas à la table des négociations", a déclaré la source, ajoutant que si le Hezbollah préfère que l'Iran négocie en son nom, "l'État libanais est présent et c'est lui qui négocie".

Par ailleurs, dans le cadre des efforts visant à mettre en œuvre la décision du cabinet de restreindre les armes aux institutions de l'État, M. Aoun a demandé, lors d'une réunion avec de hauts responsables de la sécurité, des mesures d'application plus strictes à Beyrouth et dans d'autres régions.

Il a demandé une augmentation du déploiement des forces militaires et de sécurité et une meilleure coordination entre les agences.

M. Aoun a également appelé à l'intensification des raids contre les dépôts d'armes présumés et a souligné la nécessité d'empêcher toute manifestation armée, mettant en garde contre toute tentative de porter atteinte à la sécurité.

Il a déclaré que la préservation de la paix civile à ce stade était "une ligne rouge", soulignant qu'aucune partie ne devait entraver la mise en œuvre des mesures de sécurité.