Tesla déménage son siège de la Silicon Valley au Texas

Le logo de la marque Tesla, qui a annoncé début octobre avoir livré un nombre record de véhicules au troisième trimestre, à contre-courant d'un marché plombé par la pénurie de semi-conducteurs. (Photo, AFP)
Le logo de la marque Tesla, qui a annoncé début octobre avoir livré un nombre record de véhicules au troisième trimestre, à contre-courant d'un marché plombé par la pénurie de semi-conducteurs. (Photo, AFP)
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Publié le Vendredi 08 octobre 2021

Tesla déménage son siège de la Silicon Valley au Texas

  • L'Etat est connu pour l'absence d'impôt sur le revenu, un élément a priori favorable à Elon Musk, l'homme actuellement le plus riche au monde
  • Le fantasque entrepreneur s'est à plusieurs reprises écharpé avec les autorités californiennes sur les règles sanitaires qu'il jugeait trop strictes

NEW YORK : Tesla va déménager son siège de la Californie au Texas, où le constructeur de véhicules électriques bâtit une nouvelle usine, a annoncé jeudi son patron Elon Musk. 


Le fantasque entrepreneur, qui s'est à plusieurs reprises écharpé depuis le début de la pandémie avec les autorités californiennes sur des règles sanitaires qu'il jugeait trop strictes, a lui-même quitté Los Angeles en 2020 après y avoir longtemps vécu.


"Je suis heureux de vous annoncer que nous allons bouger notre siège à Austin", a-t-il déclaré à l'occasion de l'assemblée générale annuelle des actionnaires de Tesla. 


Cela ne veut pas dire que Tesla quitte complètement la côte ouest, a tout de suite précisé M. Musk. 


"Pour être bien clair, nous allons continuer à étendre nos activités en Californie", en augmentant notamment la production à l'usine de Fremont, a-t-il souligné.


Mais, a aussi remarqué l'entrepreneur, "on ne peut pas s'agrandir à l'infini dans la baie de San Francisco", où la densité est importante, le coût de la vie élevé et la circulation souvent difficile. 


Alors qu'à Austin, l'usine est installée "à cinq minutes de l'aéroport et à quinze minutes du centre-ville". 


M. Musk avait justifié l'an dernier son déménagement personnel par la nécessité d'être au plus près des deux projets qui occupaient alors l'essentiel de son temps: le développement de fusées par sa société spatiale SpaceX dans le sud de l'Etat et la construction d'une usine automobile par Tesla près d'Austin.


En annonçant jeudi l'installation de son entreprise au Texas, Elon Musk prend un peu le contre-pied de plusieurs grandes sociétés américaines, qui ont récemment ouvertement critiqué cet Etat suite à l'adoption d'une loi particulièrement restrictive sur l'avortement. 


Le géant de l'informatique Salesforce a par exemple offert son aide aux employés qui souhaiteraient quitter le Texas. 


Mais Tesla suit aussi la voie des entreprises Oracle et Hewlett Packard Enterprise, qui ont mis le cap sur le Texas en 2020. 

Epinglé sur la diversité

Oracle avait alors expliqué que ce déménagement serait favorable à sa croissance et fournirait "davantage de flexibilité à (son) personnel sur le lieu et la manière de travailler".


Le Texas s'est aussi évertué ces dernières années à attirer les entreprises à coup d'incitations fiscales. Et l'Etat est connu pour l'absence d'impôt sur le revenu, un élément a priori favorable à Elon Musk, l'homme actuellement le plus riche au monde selon le classement Bloomberg.


Avec son université cotée et une vie culturelle riche, Austin est pour sa part devenue un lieu attractif pour les entreprises de la tech. 


S'exprimant sur une scène installée devant l'usine en construction à la périphérie de la ville, en tee-shirt noir agrémenté d'un bandana autour du cou, Elon Musk a par ailleurs asséné que les affaires marchaient bien pour le groupe. 


Tesla a annoncé début octobre avoir livré un nombre record de véhicules au troisième trimestre, à contre-courant d'un marché plombé par la pénurie de semi-conducteurs.


Les actionnaires ont toutefois apporté un petit bémol jeudi en votant a priori en majorité, contre l'avis du conseil d'administration de Tesla, pour une résolution demandant au groupe d'être plus transparent sur ses pratiques en termes de diversité. 


Ce vote, qui doit encore être confirmé par un décompte officiel, intervient quelques jours après la décision d'un jury californien de condamner l'entreprise à payer à un ex-employé noir 137 millions de dollars de dommages et intérêts pour avoir fermé les yeux sur le racisme que subissait l'homme dans une usine Tesla. 


La proposition demande notamment à ce que Tesla donne des détails sur la répartition des employés par genre et par ethnicité et à ce que le conseil évalue l'efficacité des mesures prises par le groupe en termes de recrutement ou de promotion. 


La Bourse de Paris proche de l'équilibre, inquiète de la remontée des taux obligataires

Cette photo prise le 17 janvier 2022 montre la Bourse du Commerce (C) parmi les toits de Paris. (Photo, AFP)
Cette photo prise le 17 janvier 2022 montre la Bourse du Commerce (C) parmi les toits de Paris. (Photo, AFP)
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  • La Bourse de Paris restait préoccupée mercredi par la remontée des rendements obligataires et par les tensions sur les cours du pétrole
  • La Bourse de Tokyo a chuté mercredi dans la foulée (-2,8%) plombée en outre par le plongeon des titres Sony et Toyota

PARIS : La Bourse de Paris restait préoccupée mercredi par la remontée des rendements obligataires et par les tensions sur les cours du pétrole.

Après une ouverture en baisse, l'indice CAC 40 évoluait proche de l'équilibre (+0,06% à 7 138,35 points) à 09H25, au lendemain d'une baisse de 0,94%.

Mardi, au sortir d'un week-end prolongé, les marchés américains ont fini en net recul sur fond de remontée des rendements obligataires en prévision de relèvements de taux qui pourraient être plus amples qu'escompté aux États-Unis.

La Bourse de Tokyo a chuté mercredi dans la foulée (-2,8%) plombée en outre par le plongeon des titres Sony et Toyota.

Le taux d'emprunt à dix ans de l'Allemagne est repassé mercredi en territoire positif pour la première fois depuis mai 2019, alors que l'inflation, plus forte que prévu en zone euro, fait craindre un durcissement monétaire.

L'inflation a encore accéléré en décembre au Royaume-Uni pour atteindre un sommet en quasiment trente ans à 5,4%. Même tableau en Allemagne, où l'inflation a bien atteint 5,3% en décembre sur un an, au plus haut niveau depuis juin 1992.

De quoi "renforcer l'interprétation selon laquelle les banques centrales vont probablement relever les taux plus d'une fois au fil de la première moitié 2022", selon Michael Hewson, analyste chez CMC Markets.

Une hausse des taux obligataires pénalise généralement les actions car elle améliore la rentabilité des obligations, des actifs considérés comme moins risqués par les investisseurs.

Autre préoccupation, les prix du pétrole, qui se négocie à son plus haut niveau depuis sept ans, poursuivaient leur escalade, une explosion dans le sud-est de la Turquie ayant endommagé un oléoduc reliant l'Iraq à la Turquie étant à l'origine de ce bond prolongé, selon Bloomberg.

La tech victime de la remontée des taux

Le secteur technologique restait affaibli par la remontée des taux sur le marché obligataire: STMicroelectronics reculait de 1,97% à 41,81 euros, Dassault Systemes de 0,74% à 45,03 euros, Teleperformance de 0,43% à 346,50 euros.

Schneider Electric et EDF en baisse

Le titre Scheider Electric perdait 1,65% à 157,24 euros après que RBC a abaissé sa recommandation à "performance du secteur" contre "surperformance", selon Bloomberg.

EDF cédait 1,14% à 8,34 euros après une baisse de recommandation sur le titre à "sous-pondérer" contre "surpondérer" par JPMorgan, selon Bloomberg.


Emirates suspend des vols vers les Etats-Unis à cause de la 5G

Un avion Emirates est stationné après son atterrissage à l'aéroport international du Cap après avoir volé depuis Dubaï, l'un des premiers vols commerciaux internationaux à destination de l'Afrique du Sud, au Cap, le 1er octobre 2020. (Photo, AFP)
Un avion Emirates est stationné après son atterrissage à l'aéroport international du Cap après avoir volé depuis Dubaï, l'un des premiers vols commerciaux internationaux à destination de l'Afrique du Sud, au Cap, le 1er octobre 2020. (Photo, AFP)
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  • Emirates, la compagnie aérienne de Dubaï, a suspendu mercredi ses vols vers neuf destinations aux Etats-unis
  • L'une des plus grandes compagnies aériennes au monde pour les vols long-courriers, continue toutefois de desservir New York, Los Angeles et Washington

DUBAÏ : Emirates, la compagnie aérienne de Dubaï, a suspendu mercredi ses vols vers neuf destinations aux Etats-unis, invoquant des "inquiétudes opérationnelles" liées au déploiement de réseaux 5G près de certains aéroports américains.

Plusieurs compagnies aériennes américaines avaient mis en garde lundi les autorités contre le potentiel "chaos" que représenterait le déploiement de la technologie d'internet mobile ultrarapide autour des aéroports.

"En raison de préoccupations opérationnelles liées au déploiement prévu des services de réseau mobile 5G dans certains aéroports des Etats-Unis, Emirates suspendra ses vols vers (neuf) destinations américaines", a déclaré mardi le fleuron économique de Dubaï.

La mesure s'applique "à partir du 19 janvier 2022 et jusqu'à nouvel ordre", a précisé Emirates dans un communiqué, citant neuf aéroports : Boston, Chicago, Dallas Fort Worth, Houston, Miami, Newark, Orlando, San Francisco et Seattle.

L'une des plus grandes compagnies aériennes au monde pour les vols long-courriers, continue toutefois de desservir New York, Los Angeles et Washington.

L'autorité américaine de l'aviation, la FAA, s'inquiète elle-même de possibles interférences entre les fréquences utilisées par la 5G et celles utilisées par des instruments de bord essentiels à l'atterrissage des avions dans certaines conditions météorologiques.

La FAA a exigé des ajustements à ces projets, les opérateurs de téléphonie mobile AT&T et Verizon ayant finalement décidé de temporairement les retarder. AT&T et Verizon devaient activer la nouvelle technologie ce mercredi.

A Dubaï, Emirates a assuré "travailler étroitement avec les avionneurs et les autorités compétentes", en espérant une reprise des vols "le plus vite possible".


Grandes entreprises françaises: parité en vue dans les conseils d'administration, pas à leur tête

Christel Heydemann, directrice de Schneider Europe et administratrice d'Orange, assiste à une séance lors de la première édition des "Rendez-vous de Bercy" au ministère de l'Economie à Paris, le 21 novembre 2017. (Photo, AFP)
Christel Heydemann, directrice de Schneider Europe et administratrice d'Orange, assiste à une séance lors de la première édition des "Rendez-vous de Bercy" au ministère de l'Economie à Paris, le 21 novembre 2017. (Photo, AFP)
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  • Au 18 janvier, on ne trouve qu'une seule directrice générale d’un groupe du CAC 40: Catherine MacGregor, chez Engie depuis le 1er janvier 2021
  • Le 1er juillet, Estelle Brachlianoff occupera les mêmes fonctions chez Veolia, après sa nomination début janvier 2022

PARIS : Si les femmes ont massivement intégré les conseils d'administration des grandes entreprises françaises durant la dernière décennie, les postes de direction leur résistent encore, au moment où Christel Heydemann tente de prendre la direction d'Orange.

Deux femmes bientôt à la tête d'une entreprise du CAC 40

Au 18 janvier, on ne trouve qu'une seule directrice générale d’un groupe du CAC 40: Catherine MacGregor, chez Engie depuis le 1er janvier 2021. Le 1er juillet, Estelle Brachlianoff occupera les mêmes fonctions chez Veolia, après sa nomination début janvier 2022.

Jamais deux femmes n'ont occupé en même temps la direction opérationnelle d'une entreprise de l'indice phare parisien, excepté pendant l'intérim exercé entre mars et septembre 2021 par Véronique Penchienati-Bosetta chez Danone.

L'Américaine Patricia Russo avait été la pionnière, à l'issue de la fusion Alcatel-Lucent en 2006, mais il avait fallu attendre 10 ans de plus pour qu'une deuxième femme suive, Isabelle Kocher, déjà chez Engie. Ilham Kadri est PDG de Solvay depuis mars 2019, soit quelques mois après la rétrogradation de l'entreprise belge hors du CAC 40.

La nomination de Mme Heydemann serait "un bon signal de progrès" qui "répond à une attente de la société", estime la vice-présidente et porte-parole de l'organisation patronale Medef, Dominique Carlac'h, également dirigeante d'une PME.

L'indice phare parisien attend encore sa première présidente-directrice générale. Il pourrait ne jamais y en avoir, car les groupes dissocient de plus en plus les deux fonctions. C'est le choix qu'ont fait Véolia et Orange en janvier.

Mme Heydemann a reçu le soutien du ministre de l'Economie Bruno Le Maire.

"À compétences égales, le ministre souhaite que ce soit une femme", avait-on assuré mi-janvier à Bercy après l'audition des trois candidats. L'Etat est le premier actionnaire d'Orange, avec 20% du capital.

D'autres entreprises importantes, mais non cotées, sont elles aussi dirigées par une femme, à l'image de la RATP avec Catherine Guillouard, ou de France Télévision avec Dephine Ernotte.

A Londres, le FTSE-100, qui regroupe les cent plus grosses valorisations de la place, ne compte actuellement que huit femmes DG, la dernière, Roisin Currie chez la chaîne britannique de fast-food Greggs, nommée le 6 janvier.

Au conseil d'administration mais pas au Comex

Les femmes sont de plus en plus présentes dans les organes dirigeants des 120 plus importantes sociétés cotées.

Elles occupaient 46% des sièges des conseil d'administration et de surveillance en septembre 2021 selon la plateforme de données dédiées à la gouvernance d'entreprise Ethics and Boards, contre 26,2% en 2013. C'est le taux le plus haut en Europe.

En France, la loi Copé-Zimmermann impose depuis 2011 un quota de 40% femmes dans ces conseils.

Toutefois, seuls neuf étaient présidés par des femmes en juillet sur l'indice élargi parisien de 120 entreprises en septembre 2021, dont Legrand (Angeles Garcia-Poveda, conseil d'administration) et Michelin (Barbara Dalibard, conseil de surveillance) pour le CAC 40. Elles n'étaient que trois en 2017. 

Et dans les conseils exécutifs (Comex) et de direction, pas concernés par la loi, les femmes occupent moins d'un siège sur quatre (23,8%) en janvier 2022, contre 12% en 2013, selon Ethics and Boards.

La plateforme ne comptait à cette date que 14 femmes à la direction d'un groupe du SBF 120. 

Ces entreprises appartiennent à des secteurs différents, des matières premières (CGG, Eramet) à l'immobilier (Gecina jusqu'en avril, Nexity) en passant la finance (Amundi, Eurazeo). Le décompte inclut la nomination d'Eva Berneke comme DG de l'opérateur de satellite Eutelsat en janvier 2022. 

Avec le vote de la "loi visant à accélérer l'égalité économique et professionnelle" en décembre, les instances dirigeantes des entreprises de plus de 1 000 salariés doivent inclure au moins 30% de femmes d'ici 2027. Ce taux montera à 40% d'ici à 2030.