Vogue Paris fête 100 ans ... sans rédactrice en chef française

La puissante Anna Wintour, rédactrice en chef de l'édition américaine de Vogue, préside désormais aux destinées de Vogue Paris. (Photo, AFP)
La puissante Anna Wintour, rédactrice en chef de l'édition américaine de Vogue, préside désormais aux destinées de Vogue Paris. (Photo, AFP)
L'ancienne rédactrice en chef française, Emmanuelle Alt. (Photo, AFP)
L'ancienne rédactrice en chef française, Emmanuelle Alt. (Photo, AFP)
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Publié le Vendredi 08 octobre 2021

Vogue Paris fête 100 ans ... sans rédactrice en chef française

  • Emmanuelle Alt a été remerciée en mai, après dix ans à la tête de Vogue Paris. Elle n'a pas été remplacée
  • Cherchant à réduire les coûts, les propriétaires de Conde Nast International ont placé l'édition française sous le contrôle direct de la puissante Anna Wintour, de l'édition américaine

PARIS : Vogue Paris fait perdurer depuis un siècle le fantasme de la Parisienne et est à l'origine des tendances, du New look de Dior après la guerre à la libération des moeurs des années 60. 


Ironie du calendrier, l'édition française de la bible de la mode fête ses 100 ans avec certes une grande exposition au Palais Galliera, musée de la mode de Paris, mais privée de sa rédactrice en chef et sous le contrôle accru de New York. 


Emmanuelle Alt a été remerciée en mai, après dix ans à la tête de Vogue Paris. Elle n'a pas été remplacée. 


Cherchant à réduire les coûts, les propriétaires de Conde Nast International (qui édite le magazine) ont placé l'édition française sous le contrôle direct de la puissante Anna Wintour, rédactrice en chef de l'édition américaine de Vogue. Une évolution qui s'est déjà produite au Brésil, en Inde ou en Espagne.


"Nous n'avions aucune idée que cela se terminerait comme ça lorsque nous avons commencé à travailler" sur le sujet, déclare Sylvie Lécallier, commissaire de l'exposition "Vogue Paris 1920-2020", retardée d'un an en raison de la pandémie.


Rivalités entre Vogue et Frog

Depuis son lancement, Vogue Paris était plus libre et plus bohème que la grande soeur new-yorkaise. Ce fut aussi l'endroit où une grande partie du style du XXe siècle a été définie. 


Des rivalités entre Vogue et Frog (appellation donnée à French Vogue, "grenouille" en anglais) ont ponctué l'histoire du célèbre magazine. 


Y a-t-il beaucoup de différences entre les éditions américaine et française? 


"Au début, non. Et puis, de plus en plus", déclare à l'AFP Sylvie Lécallier. 


En 1929, vient l'idée de donner "une identité vraiment parisienne" à des contenus en lien avec l'intelligentsia et les milieux artistiques parisiens: Colette, Cocteau, Ray, la comtesse de Noailles...


Dans les années 30, c'est Paris qui est un lieu d'expérimentation pour trouver de nouveaux photographes, "parce qu'à New York il n'y en a pas".  


Il devient aussi crucial pour Vogue Paris de défendre la haute couture française face aux Américains, et face au prêt-à-porter américain après la Seconde guerre mondiale.


"Tout ce milieu bohème parisien est complètement à l'opposé du bureau new-yorkais. Il y a des échanges, des rencontres, des courriers, des mémos entre les différentes bureaux qui racontent des divergences de vue sur la façon de créer le magazine", souligne Mme Lécallier.


"C'est très stimulant pour tout le monde: Vogue Paris nourrit de nouveaux points de vue, Vogue américain ramène un peu de raison, des choses plus commerciales".


Avec les derniers changements, "on ne sais pas vers quoi on va aller". "C'est la fin d'une histoire", souligne la commissaire. 

Une «tempête parfaite»

Comme une grande partie de la presse écrite, Vogue affronte une chute des ventes et des revenus publicitaires à l'ère du numérique.


Dans un monde où les nouvelles tendances de la mode peuvent faire le tour du monde en quelques secondes, il est devenu beaucoup plus difficile pour un magazine mensuel de donner le ton.


Les réseaux sociaux ont créé "une tempête parfaite" pour Vogue, déclare à l'AFP l'expert des médias Douglas McCabe du cabinet d'études Enders Analysis. 


"Les 80 premières années de la vie de Vogue, il avait le marché pour lui tout seul, c'était la bible de la mode", souligne-t-il. "Aujourd'hui sur internet, il existe des tas de façons d'obtenir les informations. Influenceurs, Instagram, YouTube – tout le monde est une menace." 


"Ce n'est pas qu'ils ne peuvent pas survivre encore 100 ans, mais ils seront de taille différente", selon Douglas McCabe.


C'est la version imprimée qui génère l'essentiel du chiffre d'affaires et les ventes de Vogue Paris ne cessent de reculer: 81.962 exemplaires en 2020 contre 98.345 en 2017,  selon le site de données ACPM.


Dans ce contexte, le nouveau poste de premier plan à Paris a été attribué à Eugénie Trochu, qui a joué un rôle clé dans le développement de la version du magazine en ligne. 


Aïd en vue : forte demande de chocolats et confiseries

La demande en confiseries — notamment bonbons et chocolat — augmente à l’approche de l’Aïd al-Fitr. (AN Photo)
La demande en confiseries — notamment bonbons et chocolat — augmente à l’approche de l’Aïd al-Fitr. (AN Photo)
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  • Servir des sucreries et des fruits secs pendant l’Aïd est une tradition ancienne, avec des foyers proposant une variété de friandises accompagnées de café arabe et de thé
  • Durant les derniers jours du Ramadan, la demande pour les produits locaux et importés augmente, les clients se ruant vers les commerces d’Al-Balad

DJEDDAH : La demande en confiseries — notamment bonbons et chocolat — augmente à l’approche de l’Aïd al-Fitr, les sucreries étant un élément incontournable des célébrations dans tout le Royaume.

Servir des sucreries et des fruits secs pendant l’Aïd est une tradition de longue date, les familles proposant une variété de gourmandises avec du café arabe et du thé.

Dans les derniers jours du Ramadan, la demande pour les produits locaux et importés augmente fortement, les clients se rendant massivement dans les boutiques d’Al-Balad, les centres commerciaux et les plateformes en ligne pour préparer la fête.

Abdulaziz Farhane, responsable des ventes et du marketing d’une grande chocolaterie de Tahlia Street à Djeddah, a indiqué que les ventes de sucreries avaient fortement augmenté ces derniers jours.

« Les entreprises, hôtels et particuliers avaient déjà commencé à passer leurs commandes pour l’Aïd dès le 15e jour du Ramadan », a-t-il déclaré. « Nos boutiques à Djeddah ont enregistré une hausse de 25 % des ventes. Nous devons répondre à un grand nombre de clients ayant réservé à l’avance. »

Le quartier historique d’Al-Balad constitue également un centre majeur pour les achats du Ramadan et de l’Aïd, avec de nombreux commerces proposant des confiseries traditionnelles et modernes ainsi que des cadeaux.

Le vendeur Saeed Al-Yamani a déclaré : « Nos ventes ont doublé à l’approche de l’Aïd al-Fitr, avec une forte hausse des achats et commandes durant les dix derniers jours du mois sacré. »

Les chocolats suisses et belges de luxe, vendus entre 200 et 400 riyals le kilo, sont très demandés, aux côtés des confiseries traditionnelles à 50–80 riyals.

« L’Aïd est un moment où l’on célèbre la fin du Ramadan en recevant famille et amis à la maison. La tradition est donc d’offrir chocolats, confiseries et café arabe », a expliqué un employé, Faisal Bawazeer.

Il ajoute qu’il préfère acheter ses confiseries plus tôt dans le Ramadan afin d’éviter la foule et la hausse des prix en fin de période. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Du blues de "Sinners" à une rare égalité: cinq temps forts des Oscars 2026

Priyanka Chopra et Javier Bardem sur scène. (AFP)
Priyanka Chopra et Javier Bardem sur scène. (AFP)
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  • Une bataille après l'autre triomphe aux Oscars, tandis que Sinners brille par sa performance musicale spectaculaire rendant hommage au blues et à la musique noire
  • Javier Bardem lance un message politique discret mais fort : « non à la guerre, libérez la Palestine », dans une cérémonie par ailleurs plutôt consensuelle

HOLLYWOOD: "Une bataille après l'autre" a triomphé aux Oscars dimanche devant "Sinners", auquel on doit un des temps forts de la cérémonie, une performance musicale magistrale.

Le blues de "Sinners" et la Corée de "KPop Demon Hunters" sur scène

Le blues s'est emparé du Dolby Theatre, transformé en bar de fortune dans une grange du Mississippi pour reproduire la scène musicale d'anthologie de "Sinners" (quatre Oscars dont la meilleure musique de film).

Miles Caton, qui interprète un fils de pasteur accro à la musique du diable, et l'auteur-compositeur-interprète Raphael Saadiq ont repris "I Lied To You", entourés d'artistes incarnant toutes les époques de la musique noire, de l'Afrique de l'Ouest jusqu'au hip-hop américain. Participaient à cet hommage le musicien Shaboozey et la danseuse étoile Misty Copeland, qui a récemment subi un remplacement de hanche.

Les chanteuses de "KPop Demon Hunters" (meilleur film d'animation) ont elles rendu hommage à la culture sud-coréenne en interprétant leur tube "Golden", meilleure chanson originale.

Robert Redford "cowboy intellectuel" pour Barbra Streisand

La cérémonie a honoré les figures du cinéma disparues récemment, dont l'acteur et réalisateur Robert Redford, "cow-boy intellectuel qui a tracé sa propre voie", selon Barbra Streisand, son amie depuis "Nos plus belles années" (1973).

Tué avec son épouse Michelle en décembre, le réalisateur Rob Reiner laisse en héritage des films qui "dureront des générations, parce qu'ils parlaient de ce qui nous fait rire et pleurer, et de ce à quoi nous aspirons à être", a dit Billy Crystal, héros de sa comédie romantique "Quand Harry rencontre Sally" (1989). Le fils du couple a plaidé non-coupable de ces meurtres.

Rachel McAdams, qui incarnait la fille de Diane Keaton dans "Esprit de famille" en 2005, a salué "une légende qui ne se terminera jamais".

Humour consensuel pour Conan O'Brien

"Je dois vous prévenir, cette soirée pourrait devenir politique", avait annoncé le présentateur de la cérémonie, l'humoriste Conan O'Brien. Ses piques sur le système de santé américain ou le patron de Netflix se sont avérées plutôt consensuelles.

C'est sur le traitement de l'affaire Epstein aux Etats-Unis qu'il a été le plus mordant, lançant: "C'est la première fois depuis 2012 qu'aucun Britannique n'est nommé dans les catégories meilleur acteur ou meilleure actrice. Un porte-parole britannique a déclaré: "+Ouais, mais au moins, nous on arrête nos pédophiles+".

En pleine guerre au Moyen-Orient déclenchée par Donald Trump, le ton est resté globalement très sage, hormis le "non à la guerre, libérez la Palestine" lancé par Javier Bardem sur scène.

"Bébé yoda" fait sa promo

Diffusée sur la chaîne américaine ABC, propriété du groupe Disney, la cérémonie a été l'occasion de faire la promotion de plusieurs films produits par la firme aux grandes oreilles.

"Bébé yoda", héros de la série "The Mandalorian" et du film "The Mandalorian and Grogu", en salles en France le 20 mai, est apparu dans le public. Anne Hathaway, à l'affiche du "Diable s'habille en Prada 2" le 29 avril, a remis un prix avec la papesse de la mode Anna Wintour. Et les "Avengers" Chris Evans et Robert Downey Jr se sont retrouvés sur scène avant la sortie de "Doomsday" le 16 décembre.

Les bandes-annonces ont ensuite été diffusées pendant les publicités.

Rare ex-aequo dans l'histoire des Oscars

Pour la 7e fois seulement depuis 1929, un prix a récompensé deux films ex-aequo. Le meilleur court métrage de fiction est revenu à "The Singers", de Sam Davis et Jack Piatt, et à une production française, "Deux personnes échangeant de la salive", d'Alexandre Singh et Natalie Musteata.

L'acteur et humoriste Kumail Nanjiani, qui remettait ce prix, s'est amusé de "l'ironie que l'Oscar du court métrage prenne deux fois plus de temps".

Barbra Streisand, pour "Funny Girl", et Katharine Hepburn, pour "Le Lion en hiver", s'étaient partagé le prix de la meilleure actrice en 1969. La dernière égalité remontait à 2013, avec "Skyfall" et "Zero Dark Thirty" dans la catégorie meilleur montage sonore.


L’Institut du monde arabe rend hommage à Leila Shahid

Engagée en politique dès ses 18 ans, cette proche de Yasser Arafat, qui parlait couramment anglais et français, a été la première femme à représenter l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) à l'étranger, à partir de 1989 en Irlande, puis aux Pays-Bas et au Danemark. (AFP)
Engagée en politique dès ses 18 ans, cette proche de Yasser Arafat, qui parlait couramment anglais et français, a été la première femme à représenter l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) à l'étranger, à partir de 1989 en Irlande, puis aux Pays-Bas et au Danemark. (AFP)
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  • Le président palestinien Mahmoud Abbas a déclaré dans un communiqué que Leïla Shahid "avait incarné le modèle d'une diplomatie engagée envers les valeurs de liberté, de justice et de paix"
  • "Elle est la Palestine incarnée dans le monde francophone", a résumé de son côté le représentant adjoint de la Palestine à l'ONU Majed Bamya, évoquant sur X une personnalité "si universelle et si palestinienne"

PARIS: Mardi 31 mars 2026, l’Institut du monde arabe rendra hommage à Leila Shahid pour une soirée exceptionnelle. Proches, amis et compagnons de route évoqueront son parcours et son engagement, avec notamment les interventions d’Elias Sanbar, Karim Kattan et de nombreux invités. Un moment de mémoire et de dialogue pour saluer une grande voix de la Palestine.

Engagée en politique dès ses 18 ans, cette proche de Yasser Arafat, qui parlait couramment anglais et français, a été la première femme à représenter l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) à l'étranger, à partir de 1989 en Irlande, puis aux Pays-Bas et au Danemark.

Elle a ensuite été déléguée générale de l'Autorité palestinienne en France de 1994 à 2005, avant d'occuper les mêmes fonctions à Bruxelles auprès de l'UE durant la décennie suivante.

Le président palestinien Mahmoud Abbas a déclaré dans un communiqué que Leïla Shahid "avait incarné le modèle d'une diplomatie engagée envers les valeurs de liberté, de justice et de paix".

"Elle est la Palestine incarnée dans le monde francophone", a résumé de son côté le représentant adjoint de la Palestine à l'ONU Majed Bamya, évoquant sur X une personnalité "si universelle et si palestinienne".

"Combattante infatigable" 

L'ancien Premier ministre français et ministre des Affaires étrangères Dominique de Villepin a salué, toujours sur X, "une ardente amoureuse de la culture, de la poésie et des arts", qui "fut de celles et ceux qui, dès les premières heures, crurent obstinément à la possibilité d'une paix juste et durable au Proche-Orient".

De nombreuses réactions en France sont venues de la gauche, à l'instar de l'ancienne ministre socialiste Martine Aubry, qui a évoqué une "inlassable militante pour la reconnaissance d'un État palestinien et pour la paix avec Israël".

"Leïla Shahid aura été de ces diplomates exemplaires qui marquent une génération", a pour sa part réagi dans un communiqué l'Institut du Monde Arabe (IMA): "Combattante infatigable, héroïne des temps modernes, elle portait la Palestine en elle avec force et dignité".

"Le désastre des souffrances du peuple palestinien à Gaza l'a hantée jusqu’à sa fin tragique", ajoute l’institution parisienne.

Face à la guerre dans la bande de Gaza, déclenchée par l'attaque du Hamas du 7 octobre 2023, Leïla Shahid n'avait eu de cesse d'appeler la communauté internationale à agir pour un cessez-le feu.

Mais dans un entretien à France-Inter deux jours après le 7-Octobre, elle se disait "pessimiste" quant à l'avenir de la Palestine, et mettait en garde contre une annexion par Israël de "ce qu'il reste comme territoires palestiniens".