De la Somalie en guerre au magazine Vogue, le parcours remarquable d’un mannequin qui porte le voile

Rawdah Mohammed puise son inspiration dans ses origines somaliennes dans le cadre de son activité de rédactrice en chef de la nouvelle édition scandinave du magazine Vogue. (Photo fournie)
Rawdah Mohammed puise son inspiration dans ses origines somaliennes dans le cadre de son activité de rédactrice en chef de la nouvelle édition scandinave du magazine Vogue. (Photo fournie)
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Publié le Vendredi 20 août 2021

De la Somalie en guerre au magazine Vogue, le parcours remarquable d’un mannequin qui porte le voile

  • Rawdah Mohamed est la seule rédactrice en chef de couleur qui porte le voile au sein d’un magazine occidental
  • La famille du mannequin somalo-norvégien a fui la guerre civile en Somalie pour le Kenya quand elle était encore bébé

LONDRES: Rawdah Mohammed a vécu dans un camp de réfugiés après que sa famille a obtenu l’asile politique en Norvège. À l’école, elle se faisait souvent intimider parce qu’elle portait le voile.

Le mannequin de 29 ans puise son inspiration dans ses origines somaliennes. Elle vient d’être nommée rédactrice en chef de la nouvelle édition scandinave du magazine Vogue.

En plus d’être la seule rédactrice en chef de couleur qui porte le voile au sein d’un magazine occidental, Rawdah Mohammed a également dû suivre un chemin parsemé d’embûches pour décrocher le job de ses rêves.

La famille du mannequin somalo-norvégien a fui la guerre civile en Somalie pour le Kenya quand elle était encore bébé. Accompagnée de ses parents et de ses neufs frères et sœurs – dont une adoptive –, elle a grandi dans camp de réfugiés au Kenya avant que la famille ne s'installe en Norvège, Rawadh avait alors 8 ans.

«Dès notre arrivée en Norvège, nous avons vécu pendant deux ans dans un camp de réfugiés situé dans une toute petite ville. C’était difficile parce que les habitants étaient extrêmement racistes. Ils ne voulaient pas que des réfugiés s’installent chez eux, pensant que nous étions dangereux et que nous avions l’intention de prendre leur travail», se souvient-elle, pour Arab News.

Au cours de ces deux années, elle se faisait intimider à l’école parce qu’elle portait le voile. Les autres petites filles du camp le retiraient en classe.

Ses professeurs ont évoqué la possibilité de lui interdire le port du voile à l’école, ce qui l’a «traumatisée et bouleversée».

«En route vers la Norvège, ma maman ne cessait de répéter que la sécurité régnait dans ce pays, qu’il n’y avait pas de guerre et que nous pourrons faire ce que nous voudrons parce que nous y serons complètement libres», raconte-t-elle.

Le mannequin admet avoir ressenti que, dans cet endroit où elle espérait pouvoir être libre, tout le monde l’était sauf elle.

Rawdah Mohamed est la première rédactrice en chef de couleur qui porte le voile au sein d’un magazine occidental. (Photo fournie)
Rawdah Mohamed est la première rédactrice en chef de couleur qui porte le voile au sein d’un magazine occidental. (Photo fournie)

«On me disait que quelque chose ne tournait pas rond chez moi, que j’étais à l’origine du problème et que je devais changer. Je n’ai pas du tout apprécié cela. Je n’ai pas fait tout ce trajet pour qu’on me dise que je ne suis toujours pas libre», explique-t-elle.

«J’ai décidé de continuer à porter le voile. C’était comme une prise de position.»

Sa vie a commencé à s’améliorer à l’âge de 10 ans, lorsque sa famille a quitté le camp et obtenu l’autorisation de rester en Norvège.

«C’est à ce moment-là que j’ai vraiment pu vivre mon enfance. Nous étions dans un lieu sûr et avions une adresse permanente, que nous considérions notre foyer. Je n’avais jamais connu ce sentiment. Ma mère était heureuse parce que tous ses enfants étaient en sécurité. Nous avions de quoi manger et ne manquions de rien», poursuit-elle.

Bien qu’elle n’ait pas vécu longtemps en Somalie, Rawdah Mohammed affirme que son amour pour la mode provient de ses origines somaliennes.

«Nos vêtements sont hauts en couleur», insiste-t-elle.

Petite, elle adorait regarder les femmes se préparer pour un mariage dans le camp de réfugiés au Kenya, ou accompagner sa mère au marché pour «voir ce que les autres portaient».

«Au camp de réfugiés, je faisais partie des rares enfants autorisés à assister aux mariages simplement parce ce que j’étais passionnée par ce qu’ils faisaient. Je m’asseyais dans la rue et regardais passer ces dames», déclare-t-elle.

Le vendredi, les adolescentes suivaient des cours d’instruction religieuse sur le Coran et l’islam. Les jeunes filles s’habillaient pendant que Rawdah les observait avec envie. Elle trouvait leurs voiles attrayants. C’est d’ailleurs ce qui l’a inspirée et incitée à en porter.

«Dans le camp de réfugiés au Kenya, seules les adolescentes portaient le voile. J’aimais imiter leurs tenues ou même la manière dont elles parlaient et marchaient. Elles ornaient leur hijab d’accessoires. C’était très stylé. Je voulais à tout prix leur ressembler», ajoute-t-elle.

Rawdah Mohammed décrit à quel point la confection de vêtements traditionnels pour l’Aïd était «spéciale» dans le camp. C’était la seule occasion où ses parents pouvaient se permettre de lui acheter de nouveaux habits.

«Il fallait acheter du tissu et l’apporter au couturier, qui était toujours un homme. On lui disait exactement ce qu’on voulait et il confectionnait la robe. C’était pour moi un moment unique», renchérit-elle.

Elle affirme être «tombée par hasard sur le mannequinat» après qu’une amie l’a mise en contact avec son manager alors qu’elle suivait des études en analyse comportementale et soins de santé à l’université.

«J’ai assisté à un défilé de mode à Oslo à la fin de 2018. C’est là-bas que j’ai rencontré mon manager. Il m’a exposé un peu leur travail avant qu’on ne se réunisse dans son bureau. Je lui ai dit que je n’étais pas sûre de vouloir devenir mannequin, mais que je tenais absolument à travailler dans la mode», souligne-t-elle.

Cependant, après quelques séances photos qui lui ont plu, Rawdah Mohammed décide de devenir mannequin en 2019.

Au début de sa carrière, elle jongle entre le mannequinat et le travail avec des autistes et d’autres personnes souffrant de handicaps mentaux.

À ce jour, elle continue de faire du bénévolat dans les soins de santé mentale et travaille auprès des patients dans les hôpitaux surchargés durant la pandémie de Covid-19.

Elle est choquée de constater que le voile est perçu différemment dans le monde de la mode par rapport aux professions de la santé.

«C’est si étrange. Vous ne vous imaginez même pas ce que les gens peuvent dire à ce sujet. Après tout, ce n’est qu’un bout de tissu sur ma tête», s’étonne-t-elle.

«On s’attend à ce que tous les adultes soient suffisamment intelligents pour comprendre que ce n’est rien de plus qu’un choix religieux qui ne prête pas à débat. Lorsque vous entrez dans le monde de la mode, vous vous rendez compte qu’il y a nettement moins d’ouverture. C’est comme si j’étais toujours au camp de réfugiés, où je devais justifier mon apparence et défendre mes droits», explique-t-elle.

Au contraire, «lorsqu’on est infirmière, le voile fait partie de l’uniforme. Personne ne remet cela en question. Tout le monde en a tellement l’habitude. Ce n’est jamais un problème», soutient-elle.

Son indignation s’est d’abord manifestée lorsque certains lui ont demandé quelle quantité de cheveux elle avait le droit de montrer et si elle pouvait exhiber son cou.

 «Au début, j’étais extrêmement choquée par l’attitude des gens à l’égard de tout ce qui est différent ou des choses auxquelles ils ne sont pas habitués», énonce-t-elle.

«Il y a même eu certaines situations où ils demandaient à me voir avant une séance photos pour tenter de me persuader de montrer un peu de cheveux, alors qu’ils sont parfaitement au courant que je ne peux pas le faire. Parfois même, ils me demandent quelle quantité de cheveux je suis prête à montrer parce qu’ils aimeraient en voir un petit peu. Je trouve cela scandaleux», dit-elle.

Cependant, le mannequin affirme que ceux qui font appel à ses services sont ouverts d’esprit quand il est question de voile. «C’est pour cela qu’ils travaillent avec moi.»

«Les gens avec qui je travaille en valent la peine et sont ouverts au dialogue. 99% des personnes que je rencontre et avec qui je coopère sont différentes. Je ne travaille pas avec des gens qui ne me comprennent pas», insiste-t-elle.

Selon elle, les mannequins doivent parfois apporter leurs propres voiles pour le tournage et montrer au styliste comment les mettre. C’est un stress supplémentaire. Cependant, elle considère que c’est à elle de faire en sorte que le monde de la mode puisse se familiariser avec le voile et ce qu’il représente.

«Nous sommes la première génération de mannequins qui portent le voile, et c’est à nous de le leur montrer. Si nous ne le faisons pas correctement, l’industrie de la mode pourra faire ce que bon lui semble. Il y aura donc des mannequins qui soi-disant portent le voile, mais ce dernier ne sera pas perçu de la même manière que le mannequin et la communauté musulmane le perçoivent.»

 «C’est donc à nous qu’incombe la responsabilité de montrer à l’industrie de la mode le fonctionnement de nos communautés, la manière dont nous nous voyons et notre interprétation du port du voile.»

«Lorsque je suis en tournage et que je dois expliquer au styliste ce qui est possible et ce qui ne l’est pas, je le fais de bon cœur. Parfois, j’y vais un jour à l’avance pour en discuter. Cela ne me dérange pas, c’est quelque chose que j’aime faire», insiste-t-elle.

La famille du mannequin somalo-norvégien a fui la guerre civile en Somalie pour le Kenya quand elle était encore bébé. Accompagnée de ses parents et de ses neufs frères et sœurs – dont une adoptive –, elle a grandi dans un camp de réfugiés au Kenya avant que la famille ne s’installe en Norvège, Rawdah avait alors 8 ans. (Photo fournie)
La famille du mannequin somalo-norvégien a fui la guerre civile en Somalie pour le Kenya quand elle était encore bébé. Accompagnée de ses parents et de ses neufs frères et sœurs – dont une adoptive –, elle a grandi dans un camp de réfugiés au Kenya avant que la famille ne s’installe en Norvège, Rawdah avait alors 8 ans. (Photo fournie)

Elle ajoute que les mannequins qui portent le voile doivent s’assurer que le photographe comprend bien leurs «intégrité et points de vue religieux».

«Si le photographe vous demande de prendre une certaine pose qui ne vous convient pas ou qui pourrait avoir un caractère sexuel, vous devez lui dire que vous ne pouvez pas le faire parce que cela vous met mal à l’aise. Bien sûr, en tant que mannequin portant le voile, on a une responsabilité supplémentaire. Si ces photos sont publiées, on subit le retour de bâton», affirme-t-elle.

Rawdah Mohammed a décroché le poste de rédactrice en chef de l’édition scandinave de Vogue très récemment.

La première édition du magazine a été publiée la semaine dernière avec, en couverture, la jeune militante suédoise pour le climat Greta Thunberg.

«J’écris des articles sur la mode et m’occupe du style du magazine. J’assiste à des défilés de mode et en fait la critique. Je fais des vidéos et m’occupe des réseaux sociaux», précise-t-elle.

Elle est particulièrement fan des stylistes libanais et porte souvent leurs créations pour les grands événements.

«Je pense que leur haute couture est exceptionnelle. J’aime beaucoup Nicolas Jebran et Georges Chakra. Ce sont mes préférés.»

Le mannequin ajoute que les stylistes arabes sont très familiers avec le concept du voile. C’est beaucoup plus facile de porter leurs créations.

«Certaines de leurs tenues ne sont pas très pudiques. Ils ajoutent donc du tissu pour que je puisse porter un voile ainsi que des morceaux de vêtements assortis à la robe pour que je n’aie pas à me soucier des fentes ou des tissus transparents.»

Lorsqu’on lui demande ce qu’elle prévoit pour l’avenir, Rawdah Mohammed déclare qu’elle ne s’en inquiète pas beaucoup. Elle aime être un esprit libre.

«J’aime ma vie comme elle est. Quand on se laisse porter, on passe toujours de très bons moments», conclut-elle.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


La femme au cœur de la transformation saoudienne selon Doha Brahim

L’épouse de l’ambassadeur Fatima Al Ruwaily accueillant ses invités.
L’épouse de l’ambassadeur Fatima Al Ruwaily accueillant ses invités.
L’épouse de l’ambassadeur Fatima Al Ruwaily accueillant ses invités.
L’épouse de l’ambassadeur Fatima Al Ruwaily accueillant ses invités.
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L’épouse de l’ambassadeur Fatima Al Ruwaily accueillant ses invités.
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  • Décorés sobrement, mais avec beaucoup d’élégance, les salons de la résidence de l’Arabie saoudite ont été, l’espace d’une soirée, un lieu de retrouvailles et de convivialité
  • Après une brève allocution de bienvenue, Al Ruwaily a donné la parole à la docteure Doha Brahim, spécialiste en administration des affaires et membre de la Commission des droits de l’homme en Arabie saoudite depuis 2020

PARIS: Délicatesse et chaleur humaine étaient au rendez-vous lors de l’iftar organisé par l’épouse de l’ambassadeur saoudien à Paris, Fatima Al Ruyaily, qui a réuni plusieurs dizaines de personnalités féminines connues de la place parisienne.

Décorés sobrement, mais avec beaucoup d’élégance, les salons de la résidence de l’Arabie saoudite ont été, l’espace d’une soirée, un lieu de retrouvailles et de convivialité.

Après une brève allocution de bienvenue, Al Ruwaily a donné la parole à la docteure Doha Brahim, spécialiste en administration des affaires et membre de la Commission des droits de l’homme en Arabie saoudite depuis 2020.

De passage à Paris pour quelques heures seulement, la docteure Brahim a livré un témoignage éclairant sur l’évolution de la place des femmes dans le Royaume.

Vision 2030 et promotion du rôle des femmes

Arrivée le matin même de Riyad, elle devait repartir dès le lendemain, mais son intervention a permis de mesurer l’ampleur des transformations engagées ces dernières années.

Au cœur de son propos : la Vision 2030, vaste programme de réformes lancé par le Royaume pour diversifier son économie et transformer en profondeur la société saoudienne.

« Nous vivons un moment historique dans l’histoire de notre pays », a-t-elle déclaré, ajoutant que cette vision stratégique constitue bien plus qu’un projet économique : elle dessine une transformation globale fondée sur l’innovation, le progrès social et l’ouverture culturelle.

Portée par le roi Salman ben Abdelaziz et mise en œuvre par le prince héritier Mohammed ben Salmane, la Vision 2030 place le développement humain au cœur de ses priorités. « Les citoyens sont à la fois le moteur, le sujet et les bénéficiaires de cette vision », a insisté Doha Brahim.

Dans ce cadre, la promotion des femmes occupe une place centrale. Loin d’être perçue comme un simple symbole ou un privilège, l’autonomisation féminine est présentée comme un droit fondamental et un levier indispensable du développement.

« Un développement global ne peut être atteint que par la participation de tous », a-t-elle affirmé, soulignant que les réformes engagées dépassent le cadre économique pour s’inscrire dans une véritable transformation culturelle et sociale.

Cette évolution s’inscrit également dans les engagements internationaux du Royaume, notamment dans le cadre des Objectifs de développement durable des Nations unies, parmi lesquels figure l’égalité entre les sexes.

Au cours des dernières années, l’Arabie saoudite a multiplié les initiatives destinées à mesurer et encourager la participation des femmes dans la société, parmi lesquelles la création d’outils statistiques et d’institutions dédiées, comme l’Observatoire national des femmes, chargé de suivre leur participation dans les différents secteurs de la vie publique et économique.

Ces efforts commencent à produire des résultats tangibles, souligne Brahim. La participation des femmes au marché du travail a connu une progression spectaculaire, passant d’environ 17 % à plus de 36 %, dépassant même les objectifs initialement fixés dans le cadre de la Vision 2030.

Aujourd’hui, les femmes saoudiennes occupent des postes dans des domaines autrefois largement masculins. Elles participent à la vie politique à travers leur présence dans les instances consultatives, exercent des responsabilités diplomatiques et contribuent activement au développement économique.

La femme saoudienne est également présente dans les secteurs d’avenir, notamment la technologie, l’innovation et l’entrepreneuriat, et cette présence ne cesse de croître.

De nombreuses femmes créent désormais leurs propres entreprises, contribuant à dynamiser l’économie nationale et à renforcer le tissu entrepreneurial du pays.

L’éducation constitue l’un des moteurs les plus puissants de cette transformation, puisque les femmes représentent aujourd’hui plus de la moitié des étudiants dans les universités du Royaume, notamment dans les disciplines scientifiques.

Certaines participent désormais à des projets scientifiques internationaux majeurs, affirme Brahim, qui signale au passage la participation d’une astronaute saoudienne à une mission vers la Station spatiale internationale.

La transformation touche également des domaines inattendus : les femmes s’illustrent dans les arts, la littérature et la culture, devenant des ambassadrices de l’identité saoudienne sur la scène internationale.

Mais c’est peut-être dans les secteurs de la sécurité et de la justice que le changement apparaît le plus marquant, car les femmes sont désormais présentes dans les forces armées, la garde nationale ou encore l’armée de l’air.

Parallèlement, le système judiciaire s’est ouvert à leur participation, avec un nombre croissant d’avocates et de juristes. Sur la scène diplomatique, plusieurs femmes ont été nommées ambassadrices, représentant le Royaume dans des capitales importantes et au sein d’organisations internationales, y compris auprès de l’Union européenne.

Le sport féminin constitue un autre symbole de cette évolution rapide. En quelques années seulement, l’Arabie saoudite est passée d’une absence quasi totale de pratique sportive féminine à la création de ligues professionnelles et à la participation de sportives saoudiennes à des compétitions internationales.

Pour Doha Brahim, ces évolutions traduisent une transformation profonde de la société saoudienne. « Le parcours d’autonomisation des femmes n’est pas un projet temporaire », a-t-elle souligné. Il s’inscrit dans une dynamique de long terme visant à construire une société plus inclusive et durable.

« Nous ne construisons pas seulement une économie », a-t-elle conclu, « nous construisons aussi une société fondée sur la justice, le partenariat et l’égalité des opportunités ».

L’iftar, qui s’est prolongé par un échange entre les convives sur le potentiel des femmes et le rôle central qui leur revient dans le développement social, a constitué une parenthèse de détente et d’espoir au milieu des turbulences que traverse le monde.


Mode féminine: des fleurs pour le défilé Dior, des smokings chez Saint Laurent

Christian Dior – défilé de la collection prêt-à-porter femme automne/hiver 2026-2027, dans le cadre de la Fashion Week féminine de Paris, à Paris, le 3 mars 2026. (AFP)
Christian Dior – défilé de la collection prêt-à-porter femme automne/hiver 2026-2027, dans le cadre de la Fashion Week féminine de Paris, à Paris, le 3 mars 2026. (AFP)
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  • À la Fashion Week de Paris, Jonathan Anderson pour Dior a présenté une collection féminine automne-hiver 2026 très florale, inspirée par la nature et réinterprétant l’héritage de la maison
  • Anthony Vaccarello a célébré ses dix ans à Saint Laurent avec des smokings féminins structurés, dentelles sombres et silhouettes épurées, affirmant une vision moderne et libératrice de la femme

PARIS: La semaine de la mode parisienne est entrée dans le vif du sujet mardi avec un deuxième défilé féminin de Jonathan Anderson pour Dior, très floral, et des smokings pour femmes et dentelles sombres par Anthony Vaccarello pour Saint Laurent.

Sous un soleil radieux, le défilé Dior s'est tenu dans le jardin des Tuileries, où le bassin de l'Octogone, aux eaux fleuries de nénuphars, était entouré d'une passerelle vitrée et couverte dans le vert caractéristique des chaises du lieu, dont la version miniature a servi d'invitation.

L'actrice française Isabelle Adjani, le réalisateur espagnol Pedro Almodovar ou le chanteur et producteur américain Pharrell Williams étaient notamment présents sous la verrière.

Malgré un contexte international tendu, il n'y aura "pas d'annulation, pas de modification", avait assuré lundi à l'AFP Pascal Morand, président exécutif de la Fédération de la haute couture et de la mode (FHCM), deux jours après le lancement d'une attaque israélo-américaine sans précédent contre l'Iran.

Les organisateurs de cette semaine de la mode féminine dédiée à l'automne-hiver 2026 restent toutefois "très attentifs à la situation, en lien avec la préfecture", avait-il ajouté.

- "Styliste jardinier" -

Chez Dior, "la +grammaire+ de la Maison est vraiment installée, avec un prêt-à-porter ayant presque des accents +Couture+ et une narration extrêmement cohérente", a souligné après le show Pierre Groppo, rédacteur en chef mode et lifestyle de Vanity Fair France.

Emblématique de la maison, "le tailleur Bar est là mais retravaillé", avec basques à effet boule et jupes - très courtes - à godet, et les mannequins, des "princesses un peu primesautières", a-t-il détaillé à l'AFP, qualifiant le show de "post-romantique".

"C'est frais parce que très végétal", lié à l'amour de Christian Dior pour la nature, a-t-il affirmé, citant des "détails lotus ou floraux" dessinés par un styliste "qui serait devenu jardinier", avant de lancer: "c'est une collection qui a de la sève".

Pour Jeanne Le Bault, rédactrice en chef mode du magazine Marie Claire, Jonathan Anderson "a conservé l'esprit Dior mais l'a réinterprété à la lumière des sensibilités contemporaines, entre classicisme élégant et détails novateurs dans la coupe et les superpositions".

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Christian Dior – défilé de la collection prêt-à-porter femme automne/hiver 2026-2027, dans le cadre de la Fashion Week féminine de Paris, à Paris, le 3 mars 2026. (AFP)

En résumé, c'est "une collection qui célèbre l'héritage Dior tout en le rendant plus frais, fluide et inspiré par la nature", selon elle.

Souvent présenté comme l'un des enfants prodiges de la mode, Jonathan Anderson, ancien directeur artistique de Loewe, est devenu en juin 2025 le premier styliste depuis Christian Dior à superviser les trois lignes de la maison phare de LVMH.

- Dix ans -

Autre moment fort de la journée, le défilé Saint Laurent par Anthony Vaccarello, son directeur artistique depuis 2016, s'est tenu dans le cadre magique des jardins du Trocadero avec la Tour Eiffel en toile de fond, devant l'actrice française Charlotte Gainsbourg et la chanteuse de K-pop Rosé.

Pour célébrer ses dix ans à la tête de la maison française, le créateur belge de 44 ans, à la vision novatrice et pointue, a signé un "manifesto" reprenant en 49 looks l'essentiel de sa vision de la mode, où s'impose la dentelle, dans une palette de couleurs réduite.

"Depuis ses débuts, une simplicité de silhouette - comme tracée de quelques coups de crayon - définit l'idéal Saint Laurent", écrit le styliste dans sa note d'intention, pour qui des "pièces épurées, dénuées de détails superflus" composent un "ethos fondateur".

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Saint Laurent – défilé de la collection prêt-à-porter femme automne/hiver 2026-2027, dans le cadre de la Fashion Week féminine de Paris, à Paris, le 3 mars 2026. (AFP)

Vestes de smoking très structurées pour un "sentiment libérateur d'aisance et de liberté", chignons serrés, escarpins ultra-pointus, et des mannequins - dont Bella Hadid - aux moues boudeuses mais décidées: la femme Vaccarello s'affirme.

La Fashion Week se poursuit mercredi, avec notamment les défilés de Courrèges, Balmain - pour lequel officiera pour la première fois Antonin Tron, qui a remplacé l'emblématique Olivier Rousteing -, Dries van Noten, Stella McCartney et Tom Ford.

En soirée, les fashionistas assisteront au dernier défilé du créateur belge Pieter Mulier pour Alaïa, avant son départ pour Versace, annoncé début février.


Un événement littéraire dans le quartier historique de Djeddah

L’événement du livre à Al-Balad, quartier historique de Djeddah, est l’un des rendez-vous culturels les plus marquants du Ramadan. (X/@JeddahAlbalad)
L’événement du livre à Al-Balad, quartier historique de Djeddah, est l’un des rendez-vous culturels les plus marquants du Ramadan. (X/@JeddahAlbalad)
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  • Plus de 30 maisons d’édition arabes proposent nouveautés, livres rares et romans dans le quartier historique d’Al-Balad
  • L’initiative vise à encourager la lecture et dynamiser la scène culturelle pendant le Ramadan

DJEDDAH : L’événement littéraire à Al-Balad, dans le quartier historique de Djeddah, s’impose comme l’une des manifestations culturelles les plus emblématiques du Ramadan, faisant revivre l’histoire et la culture au cœur de la ville.

Organisé par le Ministère saoudien de la Culture en coopération avec le Jeddah Historic District Program, l’événement réunit plus de 30 maisons d’édition locales, du Golfe et du monde arabe, venues d’Arabie saoudite, des Émirats arabes unis, du Liban, du Koweït et d’autres pays arabes.

Les visiteurs peuvent y découvrir une sélection variée d’ouvrages : nouveautés, livres d’occasion et rares, ainsi que des romans.

L’événement se poursuit jusqu’au 9 mars et accueille le public chaque jour après la prière du Maghrib jusqu’à 2 heures du matin.

Situé derrière Bab Jadid, il occupe un emplacement stratégique au cœur du quartier historique de Djeddah, un quartier animé et riche en activités.

Le gouvernement saoudien met l’accent sur l’organisation d’initiatives littéraires afin de promouvoir la lecture au sein de la société. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com