Écroué en France, un rebelle islamiste syrien clame son innocence

Cette photographie prise le 16 septembre 2021, du haut de l'arc de Triomphe à Paris, montre le Palais de justice de Paris. Thomas SAMSON / AFP
Cette photographie prise le 16 septembre 2021, du haut de l'arc de Triomphe à Paris, montre le Palais de justice de Paris. Thomas SAMSON / AFP
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Publié le Vendredi 08 octobre 2021

Écroué en France, un rebelle islamiste syrien clame son innocence

  • «C'est un dossier qui tourne en rond, avec un homme qui tourne en rond en prison», soupire Me Romain Ruiz
  • La compétence universelle de la justice française l'autorise à poursuivre et juger un étranger pour certains crimes s'il est en France

PARIS : Simple porte-parole ou responsable plus impliqué qu'il ne le dit ? Écroué en France depuis bientôt deux ans, une ancienne figure d'un groupe rebelle islamiste, accusé de torture et complicité d'enlèvements en Syrie, clame son innocence contre les accusations des parties civiles.

«C'est un dossier qui tourne en rond, avec un homme qui tourne en rond en prison», soupire Me Romain Ruiz.

Avec son confrère Raphaël Kempf, il défend Majdi Nema, arrêté en France en janvier 2020. De son nom de guerre Islam Alloush, ce Syrien né en 1988, ancien officier de l'armée syrienne qui a fait défection en 2012, a été le porte-parole du groupe Jaysh al-Islam (Armée de l'Islam, JAI), formé au début de la guerre civile pour combattre le régime de Bachar al-Assad.

Avec plus de 20.000 combattants, ce mouvement islamiste d'obédience salafiste, farouchement opposé au groupe État islamique, a contrôlé avec d'autres factions rebelles la région de Ghouta orientale (sud), aux portes de Damas, de 2011 à avril 2018.

Selon la Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH), il y faisait «régner la terreur» dans la population civile en pratiquant torture, enlèvements ou recrutement d'enfants-soldats.

En juin 2019, la FIDH, la Ligue des droits de l'homme (LDH), le Centre syrien pour les médias et la liberté d'expression (SCM) et des proches de victimes ont porté plainte à Paris pour «torture», «crimes contre l'humanité et «crimes de guerre» contre des membres de JAI.

La compétence universelle de la justice française l'autorise à poursuivre et juger un étranger pour certains crimes s'il est en France.

De passage dans le pays quelques mois plus tard avec un visa étudiant en poche, Majdi Nema a été interpellé à Marseille par l'Office de lutte contre les crimes contre l'humanité (OCLCH), la section de recherches de Marseille et les «super-gendarmes» du GIGN.

- «Décideur ?» -

Mis en examen pour «actes de torture et complicité», «crimes de guerre» et «complicité de disparitions forcées» de 2013 à 2016, il a été écroué.

La justice le soupçonne notamment d'avoir participé à l'enlèvement, avec son groupe, de l'avocate et journaliste syrienne Razan Zeitouneh et de trois autres militants syriens le 9 décembre 2013. Ils n'ont plus donné trace de vie depuis.

Mme Zeitouneh, Prix Sakharov pour son implication dans le soulèvement contre Bachar al-Assad, critiquait les violations des droits humains par toutes les parties au conflit, dont JAI.

«Nous avons beaucoup de preuves contre lui, que nous pourrons exposer lors du procès», assure à l'AFP Mazen Darwish, directeur de SCM réfugié en France.

Majdi Nema, proche du fondateur de JAI Zahran Alloush, était «plus qu'un porte-parole, il faisait partie des décideurs» du groupe, assure-t-il, et doit ainsi endosser la responsabilité des crimes commis.

Le Syrien conteste les faits, affirmant notamment avoir quitté la Ghouta orientale en mai 2013, sept mois avant les enlèvements qu'on lui reproche, pour Istanbul. Il y a repris ses études tout en poursuivant son activité de porte-parole, dont il a démissionné en 2016 avant de quitter le groupe rebelle en 2017.

Depuis son arrestation, il a été interrogé au moins huit fois par les deux juges d'instruction chargées du dossier et une dizaine de témoins ont déjà été entendus.

Sa détention provisoire est régulièrement prolongée. En juillet dernier, lors d'une audience publique devant le juge des libertés et de la détention (JLD) à laquelle l'AFP a assisté, le parquet a invoqué les risques de «pression» sur les témoins.

- «Dossier à charge» -

«L'existence de menaces et le climat de peur pesant sur des personnes désirant être entendues» ont été «actés» dans la procédure, a insisté la représentante du ministère public. Et «l'exploitation de son téléphone portable a montré l'étendue de ses contacts. Il voyageait beaucoup, donc le risque de fuite est élevé», a-t-elle ajouté.

Dans le box, l'homme, carrure massive, front dégarni et fine queue de cheval sur la nuque, a dénoncé «une affaire politique», estimant qu'«aucun élément» ne l'accablait dans le dossier.

Majdi Nema a affirmé que s'il n'avait pas été arrêté, il serait «en train de préparer une thèse de doctorat à King's College, l'une des meilleures universités au monde dans le renseignement et la sécurité internationale».

Ses avocats ont fustigé un dossier mené uniquement «à charge», avec des interrogatoires «lunaires» et émaillés de problèmes de traduction, et rejeté les accusations de pression sur les témoins.

Majdi Nema est un étudiant «brillant», qui s'est intéressé au droit de la guerre et a souhaité «réguler» les actes de son groupe opposé au régime syrien, ont-ils expliqué à l'AFP, indiquant que, dans son ordinateur, les enquêteurs de l'OCLCH avaient découvert «des mémos» rédigés en ce sens pour les combattants de JAI.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), interrogé par l'AFP, son travail de recherche en France «était censé contribuer à une conférence à Doha sur les groupes armés dans le monde».

- Compétence universelle -

Mes Kempf et Ruiz attendent toujours qu'une requête en annulation de sa mise en examen, déposée en juillet 2020, soit examinée par la chambre de l'instruction de la cour d'appel de Paris.

Pendant ce temps, «on fait penser aux victimes, aux proches de victimes que la France est capable de leur offrir la justice alors qu'elle n'est peut-être pas compétente», a déclaré Me Kempf devant le juge chargé de statuer sur la détention de Majdi Nema.

Dans leur requête, les avocats font valoir que leur client ne pouvait être poursuivi en France pour «complicité de disparition forcée» car la compétence universelle dans ce cas «n'est applicable que si ce crime est le fait d'agents étatiques ou de personnes agissant avec l'autorisation, l'appui ou l'acquiescement de l'Etat».

Or, JAI n'est pas un groupe étatique, ont-ils rappelé.

«Le système judiciaire français se croit légitime à juger des dossiers sans en avoir les moyens», expliquent aussi les deux conseils. «C'est noble, mais nous n'avons pas les moyens de faire fonctionner des commissions rogatoires internationales dans des pays avec lesquels il n'y a pas de coopération judiciaire, comme la Syrie».

«Les attaques contre la compétence universelle visant à délégitimer ce mécanisme sont récurrentes», rétorque Me Clémence Bectarte, avocate de la FIDH, rappelant que la justice française reste le seul recours pour les victimes qui ne peuvent déposer plainte en Syrie.

«La compétence universelle est en plein essor et a démontré qu'il était possible de poursuivre et juger des responsables de crimes internationaux sur ce fondement», poursuit-elle, faisant allusion à deux procès sur le génocide au Rwanda qui ont abouti à des condamnations définitives.

«Il est venu étudier en France, cette dernière a la responsabilité de le poursuivre», martèle Mazen Darwish. Les avocats de Majdi Nema «essaient de faire de ce criminel un nouveau Che Guevara, c'est incorrect et malhonnête».


«Inertie», «atonie»: début de quinquennat sans souffle pour Macron II

Le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre français Elisabeth Borne marchent côte à côte après la première réunion hebdomadaire du cabinet tenue par le nouveau Premier ministre français à l'Elysée à Paris le 23 mai 2022. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre français Elisabeth Borne marchent côte à côte après la première réunion hebdomadaire du cabinet tenue par le nouveau Premier ministre français à l'Elysée à Paris le 23 mai 2022. (AFP)
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  • Emmanuel Macron reste étonnamment en retrait, loin de son image de président pressé et de l'élan habituel d'une majorité en campagne
  • Le président a sans doute voulu jouer la montre afin de ne pas exposer trop tôt la nouvelle équipe avant les législatives, estiment des experts

PARIS: "Inertie" dénoncée par les oppositions, attente jusque dans son camp: cinq semaines après sa réélection, Emmanuel Macron reste étonnamment en retrait, loin de son image de président pressé et de l'élan habituel d'une majorité en campagne.


Si plusieurs déplacements ont ponctué la fin de son premier mandat, le président a surtout depuis beaucoup consulté pour mettre sa majorité en ordre de bataille en vue des législatives des 12 et 19 juin et préparer son action future.


La guerre en Ukraine a aussi continué à occuper une place importante dans son agenda, tout comme l'Europe avec un discours ambitieux sur l'avenir du projet européen le 9 mai à Strasbourg.


Après un discret weekend de l'Ascension, ponctué d'échanges téléphoniques internationaux, à sa résidence de Brégançon dans le Var, le chef de l'Etat reprendra le chemin de Bruxelles pour un sommet européen lundi et mardi, puis des déplacements de terrain dans l'Hexagone, indique-t-on dans son entourage, en récusant tout immobilisme.


Pour sa part, le président de l'institut Elabe, Bernard Sananès, se dit "surpris du décalage entre la volonté qui a été celle d'Emmanuel Macron avant la présidentielle de gouverner jusqu’au dernier moment, et l’impression aujourd'hui qu'au premier moment, ça tarde à redémarrer".


A la différence de François Mitterrand ou Jacques Chirac, il n'a certes pas été réélu au terme d'une cohabitation, et son second quinquennat s'inscrit donc assez naturellement dans la continuité du premier.

«Peupler le vide»
"Mais on ne sent pas cette impulsion nouvelle et on voit bien que les Français sont assez critiques", souligne Bernard Sananès, interrogé par l'AFP.


La nomination d'un nouveau gouvernement, censé donner le tempo, a pris quatre semaines après la victoire à la présidentielle, autre temps long inédit, laissant Jean-Luc Mélenchon et son union de la gauche quasi seuls sur le devant de la scène.


Le président a sans doute voulu jouer la montre afin de ne pas exposer trop tôt la nouvelle équipe avant les législatives, estiment des experts.


"Ca permet de ne pas donner prise à un certain nombre d'attaques, de peupler le vide, et d'avoir ensuite un effet de souffle" avec l'annonce du nouveau gouvernement, explique à l'AFP Benjamin Morel, maîtres de conférences à l'université Paris 2. 


Mais dans cette "période d'atonie relative", cette perspective s'est réduite "comme peau de chagrin", considère-t-il. 


Le gouvernement d'Elisabeth Borne, dont tous les poids lourds étaient déjà présents à l'Acte I, a été largement perçu comme celui du changement dans la continuité.


Il suscite peu l'enthousiasme des Français, qui se disent mécontents à 58% de sa composition, selon un sondage Ifop-Fiducial pour Sud-Radio publié vendredi.

«Vacance du pouvoir»
La plupart des nouveaux ministres ne sont pas connus, et, le plus souvent, leur nomination est perçue comme une mauvaise plutôt qu’une bonne décision, d'après une enquête Odoxa - Backbone Consulting réalisée pour Le Figaro.


A deux semaines des législatives, cette atonie inquiète dans la majorité. "Il n’y a pas de lead (direction, ndlr) politique", se désole une source parlementaire à La République en marche (LREM), en appelant à "muscler le jeu".


Les accusations de viol contre le nouveau ministre des Solidarités Damien Abad, prise de guerre LR destinée à capter l'électorat de droite, ont aussi jeté un froid.


Abad, "ça pollue tout, surtout la séquence de Borne", relève la source parlementaire, même si le parquet de Paris a fait savoir qu'il n'ouvrait pas d'enquête préliminaire "en l'état".


L'absence de "dynamique" se répercute dans les intentions de vote qui prédisent au camp du président une majorité se resserrant (295 à 335 sièges sur 577 selon un sondage OpinionWay pour Les Echos du 25 mai).


En attendant, l'opposition se frotte les mains. En campagne samedi à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), Marine Le Pen (RN) a pointé "un sentiment de vacance du pouvoir".


"Tout ça est extrêmement lent, alors même que la situation de nombre de Français est critique et urgente" en matière de pouvoir d'achat, a-t-elle lancé. 


Macron est "inerte", "son gouvernement est assez éteint", renchérit le centriste Jean-Christophe Lagarde (UDI), allié des Républicains.


Une première «réserve de vagues» créée en France

Cette photo aérienne montre des vagues en baie de Quiberon, dans l'ouest de la France, le 19 mai 2022.  (Damien Meyer/AFP)
Cette photo aérienne montre des vagues en baie de Quiberon, dans l'ouest de la France, le 19 mai 2022. (Damien Meyer/AFP)
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  • La ville bretonne de Saint-Pierre-Quiberon a voté en février la création d'une «réserve de vagues» d'environ 30 hectares, pour «préserver et promouvoir leur richesse et leur qualité»
  • Par «vague», il faut entendre les vagues les plus emblématiques, celles qui ont leur place dans les romans, les tableaux, les descriptions des guides, celles qui attirent des milliers de touristes et de surfeurs

SAINT-PIERRE-QUIBERON, France : Protéger les vagues remarquables d'un paysage pour les générations futures: dans l'ouest de la France, une municipalité a voté la création de la première «réserve de vagues» du pays afin de préserver ce patrimoine de toute intervention humaine.

Sur la «Côte sauvage de Quiberon», les vagues de l'océan Atlantique qui se fracassent contre les falaises déchiquetées ne semblent pas menacées. Pourtant, la ville bretonne de Saint-Pierre-Quiberon a voté en février la création d'une «réserve de vagues» d'environ 30 hectares, pour «préserver et promouvoir leur richesse et leur qualité».

Dans sa déclaration d'utilité publique, la mairie décrit des «vagues exceptionnelles» qui constituent un «patrimoine et une ressource naturelle, sportive, socio-économique et culturelle».

Immuables en apparence, les vagues sont pourtant vouées à mourir, explique l'association France Hydrodiversité, qui souhaite les protéger, à l'instar de l'ONG californienne «Save the waves».

Par «vague», il faut entendre les vagues les plus emblématiques, celles qui ont leur place dans les romans, les tableaux, les descriptions des guides, celles qui attirent des milliers de touristes et de surfeurs jusqu'à se voir attribuer un nom.

«Les vagues sont vulnérables et les interventions humaines peuvent les menacer, menacer leur qualité, voire les faire disparaître», avertit Grégoire Touron-Gardic, chercheur à l'université britannique de Portsmouth, spécialisé dans la gestion des aires marines protégées.

La mythique vague de «La Barre» d'Anglet dans le sud-ouest de la France, point de rendez-vous des surfeurs les plus aguerris dans les années 1960, a ainsi disparu après la construction d'une digue à l'entrée du port qui a modifié la dynamique des courants et la sédimentologie.

Au Pays basque espagnol, la vague de Mundaka, considérée comme l'une des meilleures d'Europe pour les sports de vague, s'est estompée après des dragages qui ont modifié la nature du sol.

- «Outil de protection de l'environnement» -

A l'origine de l'initiative de Saint-Pierre-Quiberon, le surfeur breton Erwan Simon, co-fondateur de France Hydrodiversité.

«On protège la biodiversité mais les vagues ne sont pas vivantes et n'ont pas de statut juridique en France. Or chaque vague est différente et l'hydrodiversité, la diversité des formes et mouvements de l'eau, doit être protégée là où elle est remarquable», argumente M. Simon en précisant que de telles réserves existent déjà au Pérou, aux Etats-Unis ou en Australie.

Sans valeur légale, la jeune «réserve» bretonne est encore symbolique. «Nous nous engageons à ne jamais autoriser des travaux de prélèvement de sable ou tout autre événement industriel qui pourrait avoir un impact sur la forme des vagues», précise la maire Stéphanie Doyen.

«L'intérêt pour nous était de consacrer le caractère patrimonial de ces vagues qui attirent beaucoup de monde, tout en rappelant leur vulnérabilité et l'importance de les protéger», ajoute l'élue.

«Les vagues fournissent de nombreux services pour l'environnement marin», explique M. Touron-Gardic. «Elles participent au transport des sédiments, permettent les échanges gazeux eau-atmosphère et constituent un milieu privilégié pour certaines espèces marines», plaide le chercheur qui aimerait en faire un «outil de protection de l'environnement».

«Il y aura toujours de la houle à la côte. Elle contribue à de très nombreuses interconnexions entre l'atmosphère, l'océan et l’environnement littoral local», estime de son côté Julien Touboul, directeur adjoint à l'Institut des sciences de l'océan de Marseille dans le sud-est de la France.

«L'idée est de reconnaître la vague comme un phénomène exceptionnel qui se produit spécifiquement à un endroit», plaide Frédéric Habasque, géologue et co-fondateur de l'association.

«Si une vague disparaît, on ne la retrouvera pas. Même si des scientifiques essayent de modéliser les vagues avec des récifs artificiels, ils ne pourront pas recréer artificiellement la vague de Quiberon», assure-t-il.


Un refuge des Alpes françaises ferme «définitivement», victime du réchauffement climatique

Un homme escalade une cascade de glace dans la vallée de Freissinières dans le Parc National des Ecrins près de L'Argentière-la-Bessée, dans les Alpes, dans le sud-est de la France le 15 janvier 2022 (Photo, AFP).
Un homme escalade une cascade de glace dans la vallée de Freissinières dans le Parc National des Ecrins près de L'Argentière-la-Bessée, dans les Alpes, dans le sud-est de la France le 15 janvier 2022 (Photo, AFP).
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  • Le glacier jouait le rôle de contrefort du socle granitique
  • Le refuge du massif des Ecrins était déjà fermé depuis l'été 2021 du fait de la fonte accélérée du glacier de la Pilatte

GRENOBLE: Le refuge de la Pilatte, situé à 2.577 m d'altitude dans les Alpes françaises, ferme "définitivement" pour raisons de sécurité, le réchauffement climatique déstabilisant le socle rocheux sur lequel il est bâti, indique la Fédération française des clubs alpins et de montagne.

Le refuge du massif des Ecrins, ouvert en 1954 et qui servait de camp de base pour de nombreuses courses d'alpinisme, était déjà fermé depuis l'été 2021 du fait de la fonte accélérée du glacier de la Pilatte, à l'origine d'un "phénomène paraglaciaire" qui a provoqué l'apparition d'importantes fissures au niveau du refuge. Ces fissures étaient suivies annuellement par des experts depuis les années 1990. 

Le glacier, qui jouait le rôle de contrefort du socle granitique, a "perdu près de 50 mètres d'épaisseur depuis le début des années 1990", explique la Fédération dans un communiqué sur son site internet.

Des mesures de suivi géologique menées parallèlement autour du bâtiment ont toutes pointé une "accélération nouvelle et brutale" au printemps 2021, "entraînant une fragilisation de la structure du refuge", note la fédération.