Facebook a censuré à tort les Palestiniens pendant les combats de mai, selon HRW

Au cours de la féroce escalade des combats entre les militants palestiniens et les troupes israéliennes, de nombreux Palestiniens se sont tournés vers les médias sociaux pour souligner les injustices. (Photo, Reuters/Archives)   
Au cours de la féroce escalade des combats entre les militants palestiniens et les troupes israéliennes, de nombreux Palestiniens se sont tournés vers les médias sociaux pour souligner les injustices. (Photo, Reuters/Archives)  
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Publié le Samedi 09 octobre 2021

Facebook a censuré à tort les Palestiniens pendant les combats de mai, selon HRW

  • Facebook, propriétaire d'Instagram et de WhatsApp, a censuré le contenu documentant les violations présumées des droits humains par Israël
  • Dans un exemple, la censure automatique de Facebook a supprimé du contenu car il mentionnait la mosquée d’al-Aqsa

LONDRES : Une enquête de Human Rights Watch a révélé que le géant des médias sociaux Facebook avait à tort réduit au silence le contenu palestinien, notamment la documentation des violations des droits humains par Israël, lors de la flambée de violence qui s'est produite en mai de cette année.

«Facebook a supprimé et censuré à tort le contenu des Palestiniens et de leurs partisans, particulièrement sur les violations des droits de l’homme perpétrées en Israël et en Palestine pendant les hostilités de mai 2021», a révélé vendredi HRW.

Au cours de l'escalade féroce des combats entre les militants palestiniens et les troupes israéliennes, de nombreux Palestiniens se sont tournés vers Facebook et d'autres plateformes de médias sociaux, comme Instagram, qui appartient à Facebook, pour documenter ce qu'ils considéraient comme des violations des droits de l’homme par les forces israéliennes.

Mais bientôt, les observateurs ont remarqué que les réactions sur leurs contenus étaient faibles et, dans certains cas, les messages ont été entièrement supprimés des réseaux.

Dans un exemple, HRW a déclaré, Instagram a supprimé une photo d'un immeuble détruit, qui était sous-titrée : «Ceci est une photo de l'immeuble de ma famille avant qu'il ne soit frappé par des missiles israéliens, le samedi 15 mai 2021. Nous avons trois appartements dans cet immeuble».

Dans un autre exemple, Instagram «a supprimé la diffusion d'une caricature politique dont le message était que les Palestiniens sont opprimés et ne mènent pas une guerre de religion avec Israël».

À la suite d'une enquête interne, Facebook a admis avoir commis des erreurs dans certaines de ses décisions, mais HRW a souligné que «la reconnaissance des erreurs et les tentatives de l'entreprise pour corriger certaines d'entre elles sont insuffisantes et ne tiennent vraiment pas compte, de l'ampleur et de la portée des restrictions sur le contenu signalé».

Facebook n'explique pas non plus de manière convenable pourquoi ces restrictions se sont produites en premier lieu, a ajouté HRW.

Dans un cas perplexe, Instagram a supprimé une capture d'écran des gros titres et des photos de trois articles d'opinion du New York Times pour lesquels l'utilisateur d'Instagram a ajouté un commentaire exhortant les Palestiniens à «ne jamais céder» leurs droits.

HRW a expliqué que le message «n'a pas transformé le contenu d'une manière qui pourrait raisonnablement être interprétée comme une incitation à la violence ou à la haine».

Tous ces téléchargements ont été supprimés car ils contenaient des propos haineux ou des symboles de discours haineux. «Ces suppressions suggèrent qu'Instagram restreint la liberté d'expression sur des questions d'intérêt public», a averti HRW.

Dans d'autres cas, Facebook a joint des avertissements de contenu «bouleversant» à certains messages qui sensibilisent aux questions relatives aux droits de l’homme et n'incluent pas la violence ou le racisme.

Certains outils de filtrage apparemment bien intentionnés ont finalement contribué à faire taire les voix palestiniennes. Selon Buzzfeed News, certains messages ont été censurés pour avoir seulement mentionné la «mosquée d’Al-Aqsa», l'un des sites les plus saints de l'Islam et le lieu le plus vénéré pour les musulmans à Jérusalem, parce qu'il existe un groupe terroriste nommé la Brigade des martyrs d'Al-Aqsa.

«Ce type de suppression automatique de contenu entrave le journalisme et d'autres écrits, et compromet la capacité future des mécanismes judiciaires à fournir des réparations aux victimes et à obliger les auteurs de crimes graves à rendre des comptes», a précisé HRW.

Deborah Brown, chercheuse principale en droits numériques et avocate à HRW, a signalé : «Facebook a supprimé le contenu publié par les Palestiniens et leurs partisans s'exprimant sur les problèmes des droits de l'homme en Israël et en Palestine.

«Avec l'espace pour un tel plaidoyer menacé dans de nombreuses régions du monde, la censure de Facebook menace de restreindre une plate-forme cruciale pour l'apprentissage et l'engagement sur ces questions».

HRW a indiqué que Facebook mène une enquête indépendante sur la censure pendant le conflit et a insisté que la société de médias sociaux doit rendre les conclusions de toute enquête accessibles au public.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Liban: neuf blessés dans une frappes israélienne sur un hôpital

Jeudi, les frappes quotidiennes se sont poursuivies, a rapporté l'Agence nationale d'information libanaise (Ani). Un photographe de l’AFP a vu de la fumée s’élever après un raid sur la localité de Hanniyeh.  Dans le même temps, le Hezbollah a revendiqué des attaques simultanées contre des forces israéliennes qui occupent plusieurs localités du sud du Liban. (AFP)
Jeudi, les frappes quotidiennes se sont poursuivies, a rapporté l'Agence nationale d'information libanaise (Ani). Un photographe de l’AFP a vu de la fumée s’élever après un raid sur la localité de Hanniyeh. Dans le même temps, le Hezbollah a revendiqué des attaques simultanées contre des forces israéliennes qui occupent plusieurs localités du sud du Liban. (AFP)
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  • Le ministère a précisé que les différentes sections de l'hôpital, dont les urgences et l'unité de soins intensifs, ont été endommagées ainsi que des ambulances stationnées dans la cour de l'établissement
  • Il a mis en ligne une vidéo qui montre des éclats de verre dispersés dans l’un des couloirs de l’hôpital, des fenêtres et des portes soufflées, ainsi qu’un plafond effondré dans l’un des bureaux, tandis qu’un membre du personnel se trouve sur les lieux

BEYROUTH: Neuf personnes ont été blessées jeudi dans une frappe israélienne qui a endommagé un hôpital du sud du Liban, selon le ministère de la Santé, l'armée israélienne poursuivant ses raids malgré une trêve fragile avec le Hezbollah pro-iranien.

Dans un communiqué, le ministère a "vivement dénoncé" la frappe qui a "infligé de graves dégâts à l'hôpital gouvernemental de Tebnine".

Il a précisé que la frappe a fait "neuf blessés, parmi lesquels sept membres du personnel de l'hôpital dont cinq femmes".

Le ministère a précisé que les différentes sections de l'hôpital, dont les urgences et l'unité de soins intensifs, ont été endommagées ainsi que des ambulances stationnées dans la cour de l'établissement.

Il a mis en ligne une vidéo qui montre des éclats de verre dispersés dans l’un des couloirs de l’hôpital, des fenêtres et des portes soufflées, ainsi qu’un plafond effondré dans l’un des bureaux, tandis qu’un membre du personnel se trouve sur les lieux.

Le ministère avait indiqué mercredi que trois hôpitaux dans le sud avaient été fermés et 16 autres endommagés depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah pro-iranien le 2 mars.

Les frappes israéliennes ont coûté la vie à 3.089 personnes au Liban, dont 116 secouristes et personnels de la santé, depuis le début des hostilités, selon le ministère de la Santé libanais.

Par ailleurs, ce même ministère a révisé jeudi à la hausse un bilan concernant une frappe sur la localité de Deir Qanun al-Nahr mardi qui a fait 14 morts, dont trois femmes et quatre enfants, contre 10 indiqué précédemment.

Jeudi, les frappes quotidiennes se sont poursuivies, a rapporté l'Agence nationale d'information libanaise (Ani). Un photographe de l’AFP a vu de la fumée s’élever après un raid sur la localité de Hanniyeh.

Dans le même temps, le Hezbollah a revendiqué des attaques simultanées contre des forces israéliennes qui occupent plusieurs localités du sud du Liban.

Il a dit avoir mené "une vaste attaque contre différentes positions" israéliennes dans trois localités au moyen de "drones d'attaques et de roquettes en salves répétées", selon un communiqué.

Un cessez-le-feu qui devait expirer le 17 mai a été prolongé de 45 jours à l'issue de négociations entre le Liban et Israël, inédites depuis des décennies, sous médiation américaine.

Le Liban a été plongé dans la guerre régionale avec l'Iran le 2 mars, lorsque le Hezbollah a lancé une attaque sur Israël pour venger la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei.

 


Washington annonce des sanctions visant des personnes considérées proches du Hezbollah

Washington a annoncé jeudi placer sur sa liste de personnes et entités sous sanctions neuf individus, accusés d'être proches ou membres de la direction du Hezbollah et d'"entraver la paix et le désarmement" du groupe libanais pro-iranien. (AFP)
Washington a annoncé jeudi placer sur sa liste de personnes et entités sous sanctions neuf individus, accusés d'être proches ou membres de la direction du Hezbollah et d'"entraver la paix et le désarmement" du groupe libanais pro-iranien. (AFP)
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  • Le gouvernement libanais a refusé mi-mars les lettres de créance de l'ambassadeur iranien et ordonné son départ du pays, mais M. Sheibani a refusé de quitter Beyrouth
  • La décision du gouvernement avait été vivement critiquée par le Hezbollah

WASHINGTON: Washington a annoncé jeudi placer sur sa liste de personnes et entités sous sanctions neuf individus, accusés d'être proches ou membres de la direction du Hezbollah et d'"entraver la paix et le désarmement" du groupe libanais pro-iranien.

Parmi les cibles des sanctions du département américain du Trésor se trouvent l'ambassadeur désigné de l'Iran au Liban, Mohammad Reza Raouf Sheibani, des responsables des services de renseignement libanais, des alliés politiques du Hezbollah et quatre responsables du groupe.

L'un d'entre eux, Hassan Fadlallah, est un député du Hezbollah qui a également dirigé la radio (Al-Nour) et la télévision (Al-Manar) du mouvement.

Le gouvernement libanais a refusé mi-mars les lettres de créance de l'ambassadeur iranien et ordonné son départ du pays, mais M. Sheibani a refusé de quitter Beyrouth.

La décision du gouvernement avait été vivement critiquée par le Hezbollah.

"Le Hezbollah est une organisation terroriste qui doit être totalement désarmée. Le département du Trésor continuera de s'en prendre aux responsables ayant infiltré le gouvernement libanais et permettant au Hezbollah de mener sa campagne de violence sans but contre le peuple libanais et d'entraver la paix", a déclaré le secrétaire du Trésor, Scott Bessent, cité dans le communiqué.

En réaction, le Hezbollah a dénoncé dans un communiqué "une tentative d'intimidation américaine contre le peuple libanais (...) en soutien à l'agression" israélienne contre le Liban.

"Ces sanctions (...) nous confortent dans nos choix (...) et n'auront aucun impact concret sur nos choix (...) ni sur l'action entreprise pour défendre la souveraineté" du peuple libanais, a ajouté le mouvement.

Les sanctions impliquent le gel de l'ensemble des avoirs détenus directement et indirectement par les personnes ciblées ainsi que l'interdiction pour les citoyens et entreprises américains de mener des échanges avec elles.

Cette interdiction s'applique également aux entreprises étrangères si elles disposent d'une filière aux Etats-Unis ou réalisent une partie de leurs échanges en dollars.

Les sanctions visent aussi deux responsables du mouvement chiite Amal, allié du Hezbollah, qui a dénoncé une mesure "inacceptable et injustifiée", visant "en premier lieu le mouvement Amal et son rôle politique, attaché aux causes nationales ainsi qu'à la protection de l'Etat et de ses institutions".

Le Hezbollah estime par ailleurs que "le fait de cibler les officiers libanais à la veille des rencontres au Pentagone est une tentative évidente d'intimider nos institutions sécuritaires officielles et de soumettre l'Etat aux conditions de la tutelle américaine".

Des négociations, inédites depuis des décennies, sont en cours entre le Liban et Israël sous médiation américaine. Le Hezbollah s'y oppose. Le Pentagone doit accueillir une session de discussions le 29 mai en présence d'une délégation de l'armée libanaise.

Le Liban a été plongé début mars dans la guerre lancée par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran, lorsque le Hezbollah a lancé une attaque sur Israël pour venger la mort du guide suprême iranien Ali Khamenei. Des troupes israéliennes sont ensuite entrées dans le sud du Liban.

Bien qu'une trêve soit actuellement en cours, Israël et le Hezbollah poursuivent leurs affrontements.


Maroc: au moins quatre morts dans l'effondrement d'un immeuble à Fès

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  • Dans certains quartiers périphériques de Fès, de nombreux bâtiments sont érigés sans respecter les normes de construction en vigueur
  • Les opérations de recherches se poursuivent pour tenter de secourir "d'autres personnes susceptibles d'être piégées sous les décombres", ont précisé les autorités locales

RABAT: Au moins quatre personnes sont décédées jeudi dans l'effondrement d'un immeuble à Fès, dans le nord du Maroc, selon un bilan provisoire des autorités locales qui poursuivent leurs opérations à la recherche d'éventuelles autres victimes coincées sous les décombres.

Six autres personnes ont été blessées à des degrés divers dans l'effondrement de cet immeuble résidentiel de quatre étages, situé dans un quartier périphérique de cette ville, selon les mêmes sources, citées par l'agence officielle MAP.

Dans certains quartiers périphériques de Fès, de nombreux bâtiments sont érigés sans respecter les normes de construction en vigueur.

Les opérations de recherches se poursuivent pour tenter de secourir "d'autres personnes susceptibles d'être piégées sous les décombres", ont précisé les autorités locales.

Le périmètre de l'accident a été sécurisé et les habitants des immeubles mitoyens ont été évacués à titre préventif.

Une enquête a été ouverte pour déterminer les circonstances et les causes du sinistre.

Début décembre, 22 personnes avaient été tuées dans l'effondrement de deux immeubles mitoyens déjà à Fès, le pire accident de ce type ces dernières années dans le pays.

Toujours à Fès, neuf personnes avaient péri en mai 2025 dans l'effondrement d'un immeuble d'habitation. En février 2024, cinq personnes étaient aussi mortes dans l'effondrement d'une maison dans la vieille ville.