Les discours de haine en ligne « peu contrôlés dans le monde arabe »

Très peu de mesures ont été adoptées dans le monde arabe pour rendre Facebook et d'autres réseaux sociaux responsables de la diffusion d'idées extrémistes, d'opinions sectaires et de discours de haine. (AFP/File Photo)
Très peu de mesures ont été adoptées dans le monde arabe pour rendre Facebook et d'autres réseaux sociaux responsables de la diffusion d'idées extrémistes, d'opinions sectaires et de discours de haine. (AFP/File Photo)
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Publié le Samedi 09 octobre 2021

Les discours de haine en ligne « peu contrôlés dans le monde arabe »

  • Le témoignage de la lanceuse d'alerte, Frances Haugen, atteste d'une approche peu rigoureuse en matière de lutte contre l'extrémisme en ligne
  • Facebook soutient que sa technologie repère de manière proactive les discours de haine dans plus de 40 langues, dont l'arabe

LONDRES : Pour une plateforme qui compte plus de 2,91 milliards d’ « amis », Facebook s'est fait de nombreux ennemis ces derniers temps. Cette animosité s'est faufilée même parmi ses employés.

En effet, Frances Haugen, ancienne employée de Facebook et lanceuse d'alerte, vient de témoigner cette semaine devant les membres du Sénat. Elle a dressé un tableau cinglant de la manière dont le plus grand réseau social du monde fait primer les gains sur la sécurité publique.

La plate-forme a pourtant mené des recherches internes approfondies, qui ont été divulguées aux médias américains. Ils font apparaître les préjudices que Facebook et ses produits infligent aux communautés, aux institutions démocratiques et aux enfants dont l'image est fragile.

En revanche, peu de mesures ont été prises dans le monde arabe, par exemple, pour amener Facebook et d'autres plates-formes de réseaux sociaux à assumer la responsabilité des idées extrémistes, des opinions sectaires et des discours haineux qui continuent de se frayer un chemin jusqu'aux millions d'utilisateurs dans la région, même si ces plates-formes sont censées surveiller leur contenu.

« Une petite recherche en arabe a suffi pour que j'identifie 38 groupes ou pages existant actuellement sur Facebook avec plus de 100 adeptes ou « likes » qui font incontestablement référence dans leur titre aux Protocoles des Sages de Sion. Il s'agit de l'exemple le plus infâme de désinformation et de discours de haine anti-juifs de l'histoire », explique à Arab News David Weinberg, directeur du bureau de Washington pour les affaires internationales de l'Anti-Defamation League ("Ligue anti-diffamation").

« On peut dire que Facebook aurait pu aisément partir de telles pages s'il était intéressé, même de façon superficielle, par la détection proactive des discours de haine horrifiants qui violent de façon flagrante ses conditions d'utilisation et peuvent engendrer des violences létales ».

Certes, Facebook a supprimé des millions de publications comportant des discours de haine sur ses plateformes en 2020. Cependant, un long chemin reste à parcourir, notamment pour les langues autres que l'anglais.

« Facebook n'a pas répondu au vrai problème. Il s'est plutôt livré à des manœuvres promotionnelles. Les propos de Mme Haugen ont démasqué tous les méfaits de Facebook », confie à Arab News Mohammad Najem, directeur exécutif de SMEX, une organisation de Beyrouth spécialisée dans la défense des droits numériques qui se concentre sur la liberté d'expression, la confidentialité et la sécurité en ligne.

« Malheureusement, ces menaces sont de plus en plus nombreuses et les entreprises de technologie leur consacrent très peu d'efforts».

Frances Haugen, ancienne employée de Facebook et lanceuse d'alerte, lors de son témoignage devant la Commission du commerce, des sciences et des transports du Sénat dans une séance intitulée « Protéger les enfants sur le web : Témoignage d'une lanceuse d'alerte de Facebook » au Capitole, le 05 octobre 2021 à Washington, DC. (AFP)
Frances Haugen, ancienne employée de Facebook et lanceuse d'alerte, lors de son témoignage devant la Commission du commerce, des sciences et des transports du Sénat dans une séance intitulée « Protéger les enfants sur le web : Témoignage d'une lanceuse d'alerte de Facebook » au Capitole, le 05 octobre 2021 à Washington, DC. (AFP)

Réagissant à ces allégations, un porte-parole de Facebook a déclaré vendredi à Arab News que « les discours de haine ne sont pas tolérés sur nos plateformes, ce qui nous amène à continuer à investir massivement dans les personnes, les systèmes et la technologie pour repérer et supprimer ce contenu dans les plus brefs délais ».

« Facebook emploie désormais 40 000 personnes chargées de la sûreté et de la sécurité et a investi 13 milliards de dollars à cet effet depuis 2016. La technologie que nous employons permet d'identifier de manière anticipée les discours de haine et ce, dans plus de 40 langues dans le monde, dont l'arabe ».

« Nous sommes conscients qu'il nous reste du travail à faire, mais nous continuons à améliorer considérablement notre système de lutte contre les contenus néfastes ».

« Notre dernier rapport sur le respect des normes communautaires (Community Standards Enforcement Report) montre que Facebook repère et supprime dorénavant les discours haineux sur ses plateformes comme il ne l'a jamais fait auparavant : la prévalence des discours haineux –  soit la quantité de ce type de contenu que les gens observent réellement –  sur Facebook représente désormais 0,05 % du contenu visionné et a baissé de près de 50 % durant les trois derniers trimestres ».

Facebook a certes été soumis à une surveillance particulière ces derniers temps, mais il n'est pas le seul coupable. La modération jugée insuffisante sur la plate-forme de microblogging qu'est Twitter suscite, elle aussi, de vives inquiétudes.

La politique de Twitter en matière de discours haineux a été récemment mise à jour et stipule que les utilisateurs ne doivent pas « promouvoir la violence à l'encontre d'autres personnes, les attaquer ou les menacer directement en raison de leur race, de leur origine ethnique ou nationale ». Pourtant les comptes qui se livrent à ces pratiques restent actifs sur la plate-forme.

Les grandes plate-formes de médias sociaux, parmi lesquelles Facebook, Instagram et WhatsApp, ont subi une panne importante le 4 octobre 2021, comme l'ont montré les sites de suivi, ce qui a eu un impact sur plusieurs dizaines de millions d'utilisateurs potentiels.  (AFP)
Les grandes plate-formes de médias sociaux, parmi lesquelles Facebook, Instagram et WhatsApp, ont subi une panne importante le 4 octobre 2021, comme l'ont montré les sites de suivi, ce qui a eu un impact sur plusieurs dizaines de millions d'utilisateurs potentiels.  (AFP)

« Prenons l'exemple du chef suprême de l'Iran : il est autorisé à se servir de Twitter en recourant aux nombreux comptes qu’il possède sur cette plate-forme y compris des comptes réservés à la propagande –ceux-ci sont rédigés en persan, en arabe et en anglais, mais aussi en ourdou, en espagnol, en français, en allemand, en italien, en russe et en hindi –», explique M. Weinberg.

«Twitter compte également parmi ses utilisateurs de grands médias appartenant à des groupes extrémistes violents soutenus par l'Iran, tels que le Hamas, le Hezbollah et le Jihad islamique palestinien. Même Facebook n'a pas fait preuve d'une telle indulgence ».

Ainsi, le religieux égyptien exilé Youssouf Al-Qaradawi et Qaïs Al-Khazali, désigné comme terroriste, restent actifs et bien en vue (le premier compte 3,2 millions d'adeptes) ; tous deux ont fait l'objet de la série Deep Dive d'Arab News.

Dans l'un de ses messages de haine, Al-Qaradawi a écrit : « À travers l'histoire, Dieu les a assujettis (les Juifs) à des gens qui les ont punis pour leur corruption. La dernière punition leur a été infligée par Hitler. C'était une punition de Dieu. La prochaine fois, si Dieu le veut, ce sont les fidèles croyants qui les puniront».

En outre, les autres réseaux sociaux semblent tous être confrontés au même problème : ne pas pouvoir détecter de manière cohérente les discours haineux dans des langues autres que l'anglais.

Comme l'a souligné Mme Haugen dans son témoignage devant le Sénat, Facebook possède « des documents qui illustrent l'importance de l'investissement dans les opérations lancées dans différentes langues, et ces documents montrent qu'il y a toujours eu un sous-investissement dans les langues autres que l'anglais ».

Mme Haugen a quitté Facebook en mai et a transmis à des journalistes et à d'autres personnes des documents internes, alléguant que Facebook privilégie systématiquement les gains au détriment de la sécurité. (Getty via AFP)
Mme Haugen a quitté Facebook en mai et a transmis à des journalistes et à d'autres personnes des documents internes, alléguant que Facebook privilégie systématiquement les gains au détriment de la sécurité. (Getty via AFP)

De ce fait, les groupes extrémistes ont pu exploiter librement cette approche peu rigoureuse à l'égard du niveau de modération dans d'autres langues.

Les spécialistes s'accordent à dire que les plates-formes de réseaux sociaux, dans leur quête de gains, pourraient avoir exacerbé la division sociale, suscité des attaques racistes et compromis la confiance et ce, à l'échelle mondiale. Tout cela a débouché sur une confusion inédite entre réalité et fiction. « J'ai assisté à plusieurs reprises à des conflits opposant les profits de Facebook à notre sécurité », a expliqué Mme Haugen aux sénateurs lors du témoignage qu'elle a livré mardi.

« À chaque fois, Facebook favorisait ses profits dans la façon dont il réglait ces conflits. Cela a entraîné davantage de divisions, davantage de dommages, davantage de mensonges, davantage de menaces et davantage de conflits. Dans certains cas, ces discussions en ligne, menaçantes, ont provoqué une violence réelle qui a blessé, voire, tué des gens.

« Tant que Facebook opère dans l'ombre et soustrait ses recherches à l'examen du public, il n'a pas de comptes à rendre. Tant que les incitations ne changeront pas, Facebook ne changera pas. Si on le laisse faire, Facebook continuera à faire des choix qui nuisent au bien collectif. Notre bien à tous ».

Il ne faut pas sous-estimer l'influence des réseaux sociaux sur l'attitude et la confiance du public. Ainsi, en 2020, 79 % des jeunes arabes - chiffre impressionnant - obtenaient leurs informations des médias sociaux, contre 25 % en 2015, selon l'enquête Arab Youth Survey.

Des partisans du président américain Donald Trump, dont Jake Angeli, un partisan de QAnon connu pour son visage peint et son chapeau à cornes, manifestent au Capitole le 6 janvier 2021. (AFP/File Photo)
Des partisans du président américain Donald Trump, dont Jake Angeli, un partisan de QAnon connu pour son visage peint et son chapeau à cornes, manifestent au Capitole le 6 janvier 2021. (AFP/File Photo)

Facebook, ainsi que le reste de ses produits populaires, tels qu'Instagram et WhatsApp, qui ont été confrontés lundi à une panne qui a duré près de six heures à travers le monde, ont souvent été impliqués dans des épisodes de violence : de l'incitation à la haine ethnique contre les musulmans rohingyas en Birmanie à la prise d'assaut du Capitole à Washington par des partisans du président sortant Donald Trump en janvier dernier.

« Les recherches effectuées par Facebook montrent que la colère est plus facile à inspirer aux gens que toute autre émotion », a expliqué Mme Haugen dans une interview qu'elle a récemment accordée à l'émission « 60 Minutes » de CBS News.

Elle a également affirmé que « Facebook s’est rendu compte que, s’il modifie l'algorithme pour accroître sa sécurité, les utilisateurs passeront moins de temps à naviguer sur le site, ils cliqueront sur moins de publicités et généreront moins d'argent ».

Nombreux sont celles et ceux qui ont applaudi le courage de Mme Haugen qui s'est exprimée et a divulgué des milliers de documents internes qui mettent à nu les rouages de l'entreprise - des allégations jugées « tout bonnement infondées » par Mark Zuckerberg, le PDG de Facebook.

Au cours des derniers mois, ce réseau social a mené des batailles juridiques sur plusieurs fronts.  En Australie, le gouvernement a intenté une action en justice contre Facebook pour trancher sur son statut d'éditeur, ce qui le ferait porter la responsabilité du contenu posté par des tiers en cas de diffamation.

De son côté, la Russie tente de soumettre le géant des médias sociaux à une amende draconienne représentant 5 à 10 % de son chiffre d'affaires annuel, en raison d'un grand nombre de violations de la loi.

Certes, Facebook a supprimé des millions de publications comportant des discours de haine sur ses plateformes en 2020. Cependant, un long chemin reste à parcourir. (AFP/File Photo)
Certes, Facebook a supprimé des millions de publications comportant des discours de haine sur ses plateformes en 2020. Cependant, un long chemin reste à parcourir. (AFP/File Photo)

Au début de cette année, les pays du Groupe des Sept (G7), qui regroupe le Canada, la France, l'Allemagne, l'Italie, le Japon, le Royaume-Uni et les États-Unis, se sont accordés sur un taux d'imposition mondial d'au moins 15 % auquel Facebook et d'autres géants du secteur des technologies, dont Amazon, doivent se soumettre.

À la décharge de Facebook, il faut reconnaître que ses modérateurs doivent accomplir une tâche exténuante : naviguer entre les règles et réglementations des différents gouvernements et la sophistication de plus en plus poussée des extrémistes qui sévissent sur la Toile.

Pour Jacob Berntsson, responsable de la politique et de la recherche au sein de Tech Against Terrorism (Technologie contre le terrorisme) -  une initiative visant à contrer l'extrémisme en ligne tout en préservant la liberté d'expression - les organisations terroristes sont désormais plus à même d'utiliser les plateformes de réseaux sociaux sans se laisser piéger par les modérateurs.

« Je pense que Facebook est sans aucun doute capable d'améliorer sa réponse à ce niveau, mais la tâche devient particulièrement difficile lorsque le statut juridique du groupe est peu clair, par exemple », confie M. Berntsson à Arab News.

« Tout cela montre, à mon avis, que la modération du contenu à cette échelle est pratiquement impossible.  Les erreurs sont inévitables et les lacunes aussi ».

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Twitter: @Tarek_AliAhmad


L'Arabie saoudite et 13 autres pays mettent en place une coalition de défense maritime

L'Arabie saoudite a accueilli jeudi une réunion visant à discuter de la mise en place d'une coalition multinationale de défense maritime. (SPA)
L'Arabie saoudite a accueilli jeudi une réunion visant à discuter de la mise en place d'une coalition multinationale de défense maritime. (SPA)
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  • Les 14 pays participants ont publié une déclaration commune exprimant leur soutien à la création de la coalition multinationale de défense maritime
  • La Coalition multinationale de défense maritime a pour objectif de relever les défis croissants auxquels est confrontée la sécurité maritime mondiale, a indiqué l’alliance dans un communiqué commun

RIYAD : L’Arabie saoudite et 13 autres pays ont créé jeudi une coalition de défense maritime visant à protéger la navigation dans les voies navigables stratégiques du Moyen-Orient.

Cette annonce fait suite à une réunion à Riyad de responsables militaires de dizaines de pays venus discuter de cette alliance.

La Coalition multinationale de défense maritime a pour objectif de relever les défis croissants auxquels est confrontée la sécurité maritime mondiale, a indiqué l’alliance dans un communiqué commun.

L’alliance servira de cadre à la coopération en matière de défense maritime, « visant à renforcer la sécurité maritime, à protéger la liberté de navigation, à sécuriser les voies commerciales internationales et les voies d’approvisionnement en énergie, et à préserver les intérêts maritimes communs dans le détroit de Bab el-Mandeb, la mer Rouge et le golfe d’Aden, conformément aux dispositions du droit international, des conventions des Nations unies et de la coutume internationale », précise le communiqué.

Parmi les membres fondateurs de la coalition figurent les États du Golfe, ainsi que le Pakistan, la Turquie, l’Égypte et la Jordanie. 

Cette alliance s’inscrit dans le cadre des efforts visant à renforcer la sécurité maritime, à protéger les voies maritimes internationales et à faire face aux menaces pesant sur la navigation maritime et le commerce mondial, a déclaré le ministère de la Défense du Royaume.

Les chefs d’état-major et leurs représentants de 43 pays, ainsi que la délégation de l’Union européenne auprès du Royaume, ont participé à la réunion. 

Plus de 50 pays et organisations ont été invités et ont participé soit en personne, soit par visioconférence.

Cela reflète l’intérêt international croissant pour le renforcement de la coopération en matière de défense maritime et souligne l’importance d’unir les efforts pour faire face aux menaces communes qui pèsent sur la sécurité des voies maritimes internationales, a déclaré le ministère.

Les participants ont examiné les menaces croissantes pesant sur la sécurité maritime, notamment les attaques contre les navires commerciaux, les pétroliers et les infrastructures maritimes critiques, ainsi que les risques qu’elles font peser sur la sécurité de la navigation, les chaînes d’approvisionnement mondiales et la stabilité de l’économie internationale. Ils ont souligné la nécessité de renforcer la coopération multilatérale en matière de défense afin de dissuader et de contrer ces menaces et de protéger les voies maritimes internationales.

Les participants ont également examiné le projet de charte de la coalition multinationale de défense maritime, ainsi que ses documents de référence, son cadre organisationnel, ses modalités de commandement et de contrôle, ses mécanismes opérationnels et les prochaines étapes proposées. 

Les discussions ont porté sur la mise en place d’un cadre institutionnel solide visant à renforcer la coopération en matière de défense maritime entre les pays participants et à coordonner les réponses aux menaces communes dans le détroit de Bab el-Mandeb, la mer Rouge et le golfe d’Aden.

La réunion a également porté sur les dispositions fondatrices de la coalition, notamment la désignation du Royaume d’Arabie saoudite comme État fondateur et chef de file, ainsi que comme pays hôte de son quartier général. 

Cela souligne la confiance de la communauté internationale dans le leadership du Royaume et son rôle central dans la promotion de la sécurité maritime collective, a déclaré le ministère.

Les participants ont convenu que les responsables de la planification militaire des pays souhaitant rejoindre la coalition poursuivraient leurs travaux afin de finaliser la charte et les documents de référence de la coalition, d’établir sa structure organisationnelle, ses modalités de commandement et de contrôle ainsi que ses mécanismes opérationnels, et de mettre en place les cadres techniques et les équipes spécialisées nécessaires. 

Les États membres potentiels mèneront à bien leurs procédures nationales respectives, ouvrant ainsi la voie à la signature de la charte, au lancement officiel de la coalition et au début de ses opérations, a précisé le ministère. 

La coalition multinationale de défense maritime est une initiative internationale ouverte accueillant tous les pays qui partagent ses objectifs et ses principes, a déclaré le ministère. 

La participation sera soumise aux procédures nationales de chaque pays et contribuera à renforcer la sécurité maritime collective, à préserver la liberté de navigation et le commerce mondial, ainsi qu’à faire respecter le principe de responsabilité internationale partagée face aux menaces communes.

Cette initiative reflète la ferme conviction du Royaume selon laquelle la sécurité des voies maritimes internationales relève d’une responsabilité collective nécessitant une coopération internationale efficace, durable et coordonnée.

L’un des principaux résultats de cette réunion a été la publication par les 14 pays participants d’une déclaration commune exprimant leur soutien à la création de la coalition multinationale de défense maritime et saluant le consensus atteint sur ses modalités de fondation.

Les signataires étaient l’Arabie saoudite, le Koweït, Bahreïn, le Qatar, le Pakistan, la Turquie, l’Égypte, la Jordanie, le Yémen, le Bangladesh, le Nigeria, le Soudan, Djibouti et la Somalie.

D’autres pays participants ont également exprimé leur soutien à cette initiative et sont en train de mener à bien les procédures et autorisations nationales requises pour adhérer à la déclaration commune. 

La déclaration restera ouverte à ces pays, ainsi qu’à d’autres pays intéressés, dès l’achèvement de leurs procédures nationales respectives.

La réunion s’est conclue par un engagement unanime à mener à bien les procédures de création de la coalition multinationale de défense maritime.

Une fois mise en place, la coalition renforcera les capacités collectives visant à dissuader et à contrer les menaces pesant sur la sécurité maritime, à protéger les voies de navigation internationales, à préserver la liberté de navigation et le commerce mondial, ainsi qu’à promouvoir la sécurité et la stabilité régionales et internationales.


Négociations sur Gaza: des avancées sur un désarmement du Hamas 

Malgré le cessez-le-feu, les violences se poursuivent dans la bande de Gaza. Selon les autorités sanitaires locales, des frappes israéliennes ont fait au moins quatre morts jeudi. (AFP)
Malgré le cessez-le-feu, les violences se poursuivent dans la bande de Gaza. Selon les autorités sanitaires locales, des frappes israéliennes ont fait au moins quatre morts jeudi. (AFP)
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  • Des négociations se tiennent depuis des semaines en Egypte pour mettre en oeuvre la deuxième phase de l'accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, entré en vigueur en octobre dernier
  • Cette phase prévoit notamment un retrait israélien progressif du territoire palestinien, le désarmement du Hamas et le déploiement d'une force internationale de stabilisation

JERUSALEM: Des avancées ont été enregistrées dans les négociations au Caire au sujet du désarmement du Hamas, ont indiqué jeudi à l'AFP une source diplomatique et une autre au sein du mouvement islamiste palestinien.

Des négociations se tiennent depuis des semaines en Egypte pour mettre en oeuvre la deuxième phase de l'accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, entré en vigueur en octobre dernier et visant à mettre fin définitivement à la guerre dans la bande de Gaza.

Cette phase prévoit notamment un retrait israélien progressif du territoire palestinien, le désarmement du Hamas et le déploiement d'une force internationale de stabilisation.

La source au sein du Hamas a souligné une "grande convergence" sur plusieurs points liés aux armes, disant avoir transmis aux médiateurs des amendements à la feuille de route proposée par Washington et attendre la réponse d'Israël.

"Nous continuons à faire avancer la feuille de route", a indiqué de son côté la source diplomatique informée des négociations qui a requis l'anonymat.

Elle a rappelé que celle-ci prévoit le "démantèlement de toutes les armes" - précisant qu'il n'y aura "pas d'exception" - afin de "remettre l'ensemble de l'autorité au gouvernement technocratique".

La gestion quotidienne de Gaza durant la période post-conflit doit être, selon le plan de paix, assurée par une instance de technocrates palestiniens, le Comité national pour l'administration de Gaza (NCAG).

La remise des armes au NCAG doit être opérée, selon la source diplomatique, en coordination avec la Force internationale de stabilisation (ISF), une structure naissante censée regrouper des troupes multinationales opérant sous l'égide du Conseil de paix proposé par Donald Trump.

La source au sein du Hamas a affirmé qu'une formule avait été "élaborée mettant l'accent sur le stockage des armes lourdes, le démantèlement des groupes armés et un retrait israélien simultané".

Coté israélien, une source politique a déclaré à l'AFP qu'il "n'y aura aucun retrait israélien de la +ligne jaune+ dans la bande de Gaza tant que le Hamas n'aura pas été totalement désarmé et que la bande de Gaza n'aura pas été entièrement démilitarisée".

La "ligne jaune" est le nom donné par Israël à la ligne de démarcation entre la zone sous contrôle du Hamas et celle tenue par l'armée israélienne dans la bande de Gaza.

Israël affirme contrôler actuellement plus de 60% de ce territoire palestinien.

La première phase du cessez-le-feu a vu la libération des derniers otages israéliens de Gaza enlevés par le Hamas le 7 octobre 2023 lors de son attaque en Israël qui a déclenché la guerre, en échange de Palestiniens détenus par Israël.

Malgré le cessez-le-feu, les violences se poursuivent dans la bande de Gaza. Selon les autorités sanitaires locales, des frappes israéliennes ont fait au moins quatre morts jeudi.


Egypte: l'incendie dans le port de Damiette dû à une attaque de drone 

Le gouvernement égyptien a annoncé jeudi que l'incendie qui s'est déclaré la veille sur deux navires stockant du gaz dans le port de Damiette (nord) avait été provoqué par une attaque de drone, la première du genre contre le pays depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. (REUTERS)
Le gouvernement égyptien a annoncé jeudi que l'incendie qui s'est déclaré la veille sur deux navires stockant du gaz dans le port de Damiette (nord) avait été provoqué par une attaque de drone, la première du genre contre le pays depuis le début de la guerre au Moyen-Orient. (REUTERS)
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  • Un navire américain de stockage et de regazéification et un méthanier, propriété d'intérêts grecs et battant pavillon des Bermudes, ont été touchés par au moins un drone non identifié
  • La présidence égyptienne du Conseil des ministres a indiqué dans un communiqué qu'à l'issue des premières investigations sur l'incident, "il est apparu qu'il résultait d'une attaque de drone, sans qu'aucune partie n'en ait revendiqué la responsabilité"

LE CAIRE: Le gouvernement égyptien a annoncé jeudi que l'incendie qui s'est déclaré la veille sur deux navires stockant du gaz dans le port de Damiette (nord) avait été provoqué par une attaque de drone, la première du genre contre le pays depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.

Un navire américain de stockage et de regazéification et un méthanier, propriété d'intérêts grecs et battant pavillon des Bermudes, ont été touchés par au moins un drone non identifié, avait auparavant rapporté la société privée de sécurité Ambrey, basée au Royaume-Uni.

La présidence égyptienne du Conseil des ministres a indiqué dans un communiqué qu'à l'issue des premières investigations sur l'incident, "il est apparu qu'il résultait d'une attaque de drone, sans qu'aucune partie n'en ait revendiqué la responsabilité".

Elle a ajouté que "les autorités compétentes poursuivent leur enquête afin d'établir les circonstances de l'incident et de prendre les mesures nécessaires pour préserver les intérêts de l'Egypte et sa sécurité nationale".