Le festival de la BD, une première au Liban

En dépit des moments difficiles que traverse le Liban, l’Institut français du Liban a décidé de maintenir la 1re édition du festival de la BD. (Fournie)
En dépit des moments difficiles que traverse le Liban, l’Institut français du Liban a décidé de maintenir la 1re édition du festival de la BD. (Fournie)
Short Url
Publié le Lundi 11 octobre 2021

Le festival de la BD, une première au Liban

  • «Ce festival devait forcément se tenir, parce qu’un pays qui traverse des périodes troublées a plus que jamais besoin des artistes»
  • Quarante artistes de quatorze nationalités différentes se sont croisés pour exposer des planches, marier musique et dessin, illustration et oralité

BEYROUTH: En dépit des moments difficiles que traverse le Liban, l’Institut français du Liban a décidé de maintenir la 1re édition du festival de la BD, qui se déroule en principe à la même période que le Salon francophone du livre, le troisième plus important du monde. Mais ce dernier se trouve reporté sine die en raison de la crise économique aiguë qui affecte le pays.

photo
«La BD arabe a plus de cent ans, mais les jeunes illustrateurs d’aujourd’hui relatent leur vie de tous les jours.» (Fournie)

Mathieu Diez, le nouveau directeur du bureau du livre auprès de l’Institut, qui se trouve être aussi l’ancien directeur du festival Lyon BD, précise que cet événement, prévu à l’origine en 2020, n’a pas vocation à remplacer le Salon du livre, dont il souhaite le retour le plus vite possible.

photo
De grands noms de la BD ont donné des master class aux jeunes talents. (Fournie)

«Ce festival devait forcément se tenir, parce qu’un pays qui traverse des périodes troublées a plus que jamais besoin des artistes, et que, justement, les créateurs libanais consultés ont massivement répondu présent. C’est aussi un acte de résistance. L’accueil positif que le festival a reçu a été impressionnant. Je suis très fier qu’on ait réussi à proposer un festival réparti sur l’ensemble de la ville de Beyrouth. Il s’est construit sur la rencontre des auteurs et des publics occidentaux et arabes, et ce brassage constituait notre plus grande ambition», indique Mathieu Diez.

Cette manifestation du 9e art s’est exprimée en trois langues: français, arabe et anglais. Elle s’est invitée dans vingt lieux de la capitale, dont certains sont emblématiques du patrimoine libanais, comme le palais Sursock et la villa Dagher. Après l’explosion du 4 août 2020, les habitants pansent encore leurs blessures.

photo
Cette manifestation du 9e art s’est exprimée en trois langues: français, arabe et anglais. (Fournie)

Quarante artistes de quatorze nationalités différentes se sont croisés pour exposer des planches, marier musique et dessin, illustration et oralité. De grands noms de la BD ont donné des master class aux jeunes talents. Parmi les invités figuraient Pénélope Bagieu, une habituée des concerts dessinés – notamment en compagnie de China Moses ou de Brigitte –, Charles Berberian, père de la fameuse série Henriette, qui aime le dessin autant que la musique, Fabien Toulmé, Mathieu Sapin, Michèle Standjofski, illustratrice et responsable de la section illustration de l’Académie libanaise des beaux-arts. Selon cette dernière, le festival a permis de réunir pour la première fois tous les acteurs de cet art et, grâce à lui, les étudiants ont pu côtoyer les professionnels du secteur.

photo
Quarante artistes de quatorze nationalités différentes se sont croisés pour exposer des planches, marier musique et dessin, illustration et oralité. (Fournie)

Également de la partie, Raphaelle Macaron a non seulement signé l’affiche du festival, mais elle a dessiné avec le groupe Acid Arab, un collectif français de musique électro-orientale aussi populaire au Maghreb qu’en Europe et au Moyen-Orient, lors du concert d’ouverture, qui se tenait au palais Sursock.

«C’est une chance de pouvoir s’exprimer après le 4-Août. J’ai été très motivée par certains projets, soit parce qu’ils étaient cathartiques pour moi, soit parce qu’ils contribuaient à la relève du pays», confie Raphaelle Macaron. «Dans l’affiche, pour moi, le phare allumé représente l’espoir au bout du tunnel», ajoute-t-elle.

photo
Ce festival de BD constitue une première dans un pays exsangue. (Fournie)

Si de nombreux sujets ont été abordés au cours du festival, ce sont les thèmes engagés qui ont avant tout retenu l’attention: la place de la femme – une question qui touche également l’univers de la BD – et la révolution libanaise ont inspiré plus d’un auteur. L’exposition qui s’est tenue à Dar el-Nimer, organisée par The Mu’taz and Rada Sawaf Arab Comics Initiative de l’université américaine de Beyrouth et dirigée par l’illustratrice Lina Ghaibeh, a permis au public de découvrir la nouvelle scène de la BD arabe à travers des planches originales, des dizaines d’exemplaires de revues, des albums individuels ou collectifs. Ces créateurs viennent d’Algérie, d’Égypte, d’Irak, de Jordanie, du Liban, de Libye, du Maroc, de Palestine, de Syrie et de Tunisie.

«La BD arabe a plus de cent ans, mais les jeunes illustrateurs d’aujourd’hui relatent leur vie de tous les jours. La rue est au centre de leurs créations, parce qu’ils l’ont envahie lors des Printemps arabes. Ils ont échangé pour la première fois à travers les graffitis et les réseaux sociaux et ont commencé à collaborer. Ils se sont révélés, ont affirmé leur identité et sont parvenus à faire entendre une voix souvent écrasée par la suprématie occidentale, qui ne reçoit de la région que des échos des conflits qui s’y déroulent. Ils sont engagés et montrent de belles choses. Vous verrez ainsi pour la première fois les rues de Tunis, les policiers marocains, la manière dont les Égyptiens s’habillent», explique, enthousiaste, Lina Ghaibeh. «Les Syriens écrivent dans leur dialecte, les Libanais aussi. Tous s’adressent en premier lieu à leur peuple», indique-t-elle.

photo
Si de nombreux sujets ont été abordés au cours du festival, ce sont les thèmes engagés qui ont avant tout retenu l’attention: la place de la femme – une question qui touche également l’univers de la BD – et la révolution libanaise ont inspiré plus d’un auteur. (Fournie)

Pour Othman Selmi, illustrateur tunisien, ce festival est un lieu de rencontres qui permet de faire le bilan des problèmes et des défis à relever. Le dessinateur égyptien Migo estime quant à lui que la fresque qui retrace la chronologie de la BD arabe exposée à Dar el-Nimer permet de «savoir où nous sommes et où nous pouvons arriver».

Ce festival de BD constitue une première dans un pays exsangue. L’événement revêt une symbolique forte. Il montre l’attachement du pays à la culture et à sa place dans le monde. C’est aussi une parenthèse magnifique dans la morosité ambiante que connaît le Liban.

De quoi la littérature est-elle le nom en Algérie ?
Par BOUALEM SANSAL -

Le programme Art Bridges d’Arabie saoudite touche à sa fin

Les programmes se sont déroulés en Écosse, au Japon, en Corée du Sud (photo) et en Espagne. (Fourni)
Les programmes se sont déroulés en Écosse, au Japon, en Corée du Sud (photo) et en Espagne. (Fourni)
Short Url
  • L’initiative a réuni des artistes visuels, des acteurs culturels, des professionnels des industries créatives et des producteurs de projets culturels

DUBAÏ : La Commission des arts visuels d’Arabie saoudite a conclu l’édition 2025-2026 de son initiative Art Bridges, mettant fin à un programme d’échanges internationaux d’une durée d’un an destiné à renforcer les liens entre le secteur des arts visuels du Royaume et les communautés créatives à travers le monde.

L’initiative a réuni 40 artistes visuels saoudiens et basés en Arabie saoudite, ainsi que des acteurs culturels, des professionnels des industries créatives et des producteurs de projets culturels, qui ont participé à une série d’échanges internationaux visant à encourager la collaboration, le développement professionnel et le dialogue interculturel.

Les programmes ont été organisés en Écosse, au Japon, en Corée du Sud et en Espagne.

À l’occasion de la clôture du programme, Dina Amin, directrice générale de la Commission des arts visuels, a déclaré : « En lançant Art Bridges, notre objectif était de créer des opportunités dont l’impact se poursuivrait bien après le retour des participants chez eux.

Tout au long de cette édition, nous avons vu des artistes et des acteurs culturels établir des relations avec leurs homologues à travers le monde, tout en partageant leur propre expérience de l’évolution du secteur des arts visuels en Arabie saoudite. Nous espérons que les échanges et les liens créés grâce à ces programmes continueront d’influencer leur travail dans les années à venir. »

Au cours des quatre programmes d’échanges, les participants ont exploré la manière dont les artistes, les institutions culturelles et les organisations créatives de différents pays répondent à des défis communs, notamment l’accompagnement des talents émergents, le développement des publics, la préservation du patrimoine culturel et la création de parcours professionnels durables dans le domaine des arts.

Le programme s’est conclu par une rencontre organisée ce mois-ci à Riyad, réunissant les participants des quatre groupes afin de revenir sur leurs expériences. L’événement a également proposé la projection d’un court documentaire retraçant l’initiative et son impact au cours de l’année écoulée.

Art Bridges s’inscrit dans la stratégie plus large de la Commission des arts visuels visant à soutenir le développement professionnel des artistes et des acteurs culturels, tout en renforçant l’engagement culturel international du Royaume. L’initiative s’aligne également sur les ambitions de la Vision 2030 de l’Arabie saoudite, qui vise à développer les industries créatives du pays et à approfondir les échanges culturels à l’échelle mondiale.

Créée en 2020 sous l’égide du ministère de la Culture, la Commission des arts visuels est l’une des 11 commissions sectorielles chargées de contribuer au développement du paysage culturel de l’Arabie saoudite. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Une coproduction franco-égyptienne rend hommage à l’héritage de Dalida

Une nouvelle comédie musicale célébrant la vie et la carrière de l’icône de la chanson Dalida sera présentée en première en Égypte cet automne. (Photo d’archives / Getty Images)
Une nouvelle comédie musicale célébrant la vie et la carrière de l’icône de la chanson Dalida sera présentée en première en Égypte cet automne. (Photo d’archives / Getty Images)
Short Url
  • Une comédie musicale consacrée à Dalida sera présentée en Égypte à partir du 31 octobre, pour les 40 ans de sa disparition
  • Cette coproduction franco-égyptienne célèbre les racines égyptiennes de la chanteuse et la coopération culturelle entre les deux pays

DUBAÏ : Une nouvelle comédie musicale célébrant la vie et la carrière de l’icône de la chanson Dalida sera présentée en première en Égypte cet automne, à l’occasion des 40 ans de la disparition de la chanteuse.

« Dalida: The Song That Never Ends » (« Dalida : La chanson qui ne s’arrête jamais ») a été dévoilée lors d’une conférence de presse organisée dimanche à l’ambassade de France au Caire, en présence de l’ambassadeur de France Éric Chevalier, de la soprano de renommée internationale Farrah El-Dibany, du réalisateur Khairy Beshara et du scénariste Walid Khairy.

Cette coproduction entre l’Égypte et la France a été développée dans le cadre de la Saison de la Méditerranée 2026 (« 2026 Mediterranean Season »), une initiative culturelle portée par la France visant à célébrer la coopération artistique et le patrimoine commun des pays méditerranéens.

La production sera présentée en première à la Bibliotheca Alexandrina le 31 octobre, avant d’être jouée au Caire en novembre. La première à Alexandrie marquera également la clôture de l’édition de cette année de la Saison de la Méditerranée

--
« Dalida : La chanson qui ne s’arrête jamais » a été dévoilée lors d’une conférence de presse organisée dimanche à l’ambassade de France au Caire. (Photo fournie)

Selon un communiqué, l’ambassadeur Éric Chevalier a souligné que ce projet illustre la solidité des liens culturels entre la France et l’Égypte et reflète leur engagement commun à préserver l’héritage artistique de Dalida.

Farrah El-Dibany a confié qu’incarner la légendaire chanteuse était un rêve d’enfance. Elle a expliqué avoir proposé le projet à Khairy Beshara avant que tous deux ne le développent avec le scénariste Walid Khairy.

Khairy Beshara a décrit Dalida comme une femme faite de contrastes, alliant fragilité et force tout au long de sa vie et de sa carrière. Il a salué le travail de Walid Khairy, dont le scénario restitue avec justesse la complexité de sa personnalité et donne toute sa dimension au spectacle.

De son côté, Walid Khairy a indiqué que la comédie musicale met en lumière des chapitres méconnus de la vie de Dalida tout en célébrant ses racines égyptiennes, restées au cœur de son identité malgré son succès international. Produite par la société 26One1 Company, l’œuvre retrace son parcours, de l’Égypte jusqu’à la célébrité mondiale.

La production proposera également de nouveaux arrangements musicaux signés par le pianiste et compositeur franco-arménien André Manoukian.

Annoncée en 2023 par le président français Emmanuel Macron, la Saison de la Méditerranée favorise les échanges culturels à travers des expositions, des spectacles et des collaborations artistiques. L’édition 2026 met particulièrement l’accent sur la créativité, la jeunesse et les partenariats interculturels. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Un rare panneau du XIXe siècle exposé au Musée de la mer Rouge présente le texte complet du Coran

Le manuscrit soigneusement réalisé commence par la sourate Al-Fatihah au sommet. (SPA)
Le manuscrit soigneusement réalisé commence par la sourate Al-Fatihah au sommet. (SPA)
Short Url
  • Cette œuvre d’une seule page présente l’intégralité du texte du Saint Coran intégrée dans une illustration détaillée

DJEDDAH : Un rare panneau de calligraphie coranique du XIXe siècle est exposé au Musée de la mer Rouge, dans la ville historique de Djeddah.

Réalisée vers 1859–1860 par Ghouth Mahboob Ghalib à Mysore, en Inde, cette œuvre d’une seule page présente l’intégralité du texte du Saint Coran disposée au sein d’une illustration détaillée de la Grande Mosquée de La Mecque.

Rédigé en écriture Diwani à l’encre noire et avec des dorures, le manuscrit place la Kaaba en son centre, a rapporté la SPA.

Le texte minutieusement élaboré commence par la sourate Al-Fatihah au sommet, s’entrelace avec les détails architecturaux de la mosquée et s’achève par la sourate An-Nas.

Cet artefact met en lumière les parcours historiques et spirituels des pèlerins qui traversaient la mer Rouge vers La Mecque, emportant avec eux des objets d’art témoignant du patrimoine culturel et de l’histoire du Hajj. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Asharq Al-Awsat.