Macron dévoile son plan d'investissement «France 2030»

Le président français Emmanuel Macron (Photo, AFP).
Le président français Emmanuel Macron (Photo, AFP).
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Publié le Mardi 12 octobre 2021

Macron dévoile son plan d'investissement «France 2030»

  • Son discours sur ce plan de plusieurs dizaines de milliards d'euros sera scruté avec attention par le monde économique mais aussi la classe politique à six mois du premier tour de la présidentielle
  • La logique de «France 2030», a-t-il expliqué, est de «réconcilier cette France des start-up», objets de toutes les attentions depuis le début du quinquennat, et «cette France de l'industrie», qui se sent parfois délaissée

PARIS: Hydrogène, semi-conducteurs ou encore batteries électriques: Emmanuel Macron détaille mardi les secteurs prioritaires du plan "France 2030" pour "faire émerger les champions de demain", face aux concurrences chinoise et américaine et aux critiques sur le "déclin" de la France.

Son discours sur ce plan de plusieurs dizaines de milliards d'euros, avec également des annonces attendues sur les petits réacteurs nucléaires SMR, sera scruté avec attention par le monde économique mais aussi la classe politique à six mois du premier tour de la présidentielle le 10 avril 2022.

Prévue à 10H00 à l'Elysée devant une dizaine de membres du gouvernement dont Jean Castex, des chefs d'entreprise et des jeunes, l'intervention du chef de l'Etat lui donnera l'occasion de tenter de remettre l'économie au coeur de la campagne face à certains candidats qui l'accusent d'accélérer "le déclassement" ou "le déclin" de la France.

Il lui permettra aussi de détailler sa stratégie de sortie de la crise du Covid-19 qui franchit, avec ce plan, une troisième étape après celle des mesures d'urgence mises en place depuis mars 2020 et celle du plan de relance de 100 milliards.

"La crise a rappelé notre vulnérabilité, notre dépendance vis-à-vis de l'étranger dans certains secteurs clé mais aussi l'importance que l'innovation peut tout changer", relève l'entourage du président.

Emmanuel Macron a récemment souligné que le "super vaccin" de Pfizer avait été "inventé par une startup allemande qui a une dizaine d'années" tandis que l'autre vaccin ARN messager, celui de Moderna, a également été mis au point par une jeune entreprise américaine qui "a 10 ans d'âge".

Il s'agit donc de fixer "un objectif à 10 ans d'être les meilleurs du monde sur telle technologie de rupture, telle innovation, tel développement industriel", a-t-il ajouté jeudi dernier au forum annuel Bpifrance Inno Génération (BIG) à Paris.

Pour faire éclore ces champions "français et européens", "France 2030" vise à se déployer rapidement avec le déblocage d'environ 30 milliards d'euros, selon les estimations, sur cinq ans. Afin qu'"en 2030 il y ait déjà des projets sortis de terre", selon l'entourage du président.

Une première partie de cette enveloppe sera intégrée, par amendement, au projet de budget pour 2022, actuellement en discussion au Parlement.

«Processus darwinien»

Dans son discours, Emmanuel Macron va détailler les secteurs prioritaires de "France 2030", dont les semi-conducteurs victimes d'importantes pénuries au niveau mondial, les batteries électriques, l'intelligence artificielle, l'avion bas carbone ou l'agriculture. Avec, pour chacun d'entre eux, l'objectif d'accompagner la transition écologique. 

Outre le nucléaire, le chef de l'Etat a également annoncé son intention de "donner un grand coup d'accélérateur" à la filière hydrogène "pour pouvoir à la fois démultiplier les solutions technologiques et mieux la structurer" autour des acteurs existants comme Air Liquide, des "laboratoires publics" et des "startup privées".

Car la logique de "France 2030", a-t-il expliqué, est de "réconcilier cette France des start-up", objets de toutes les attentions depuis le début du quinquennat, et "cette France de l'industrie", qui se sent parfois délaissée et ne représente plus que 13,5% du PIB contre 22% en Allemagne.

Le président du Medef Geoffroy Roux de Bézieux souhaite que "l'Etat se concentre sur les filières où son soutien est réellement nécessaire" et juge que "l'intérêt de ce plan est de faire entrer de nouveaux innovateurs dans les filières les plus stratégiques, afin que s'enclenche un processus darwinien".

"Le risque de ces grands plans tient dans la gouvernance et l'exécution. Souvenons-nous des échecs passés, tel le plan Calcul du général de Gaulle: la gouvernance était alors trop centralisée, dirigiste et colbertiste", a-t-il averti dans un entretien aux Echos lundi. 

Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire, qui a multiplié les réunions de "concertation" ces dernières semaines, insiste aussi sur la nécessité "d'augmenter la productivité de la France et d'éviter le "déclassement" du pays et de l'Europe face aux géants chinois et américains. Le plan comprendra pour cela un volet "compétences et métiers" afin d'assurer la transmission des savoirs et l'engagement des jeunes.

Grâce aux taux d'intérêt bas, "c'est le moment d'investir", affirme le ministre, en répliquant aux critiques de l'opposition de droite sur la "frénésie" de dépenses de l'Etat et le creusement de son endettement.


Alimentation durable: les principaux distributeurs français «à la traîne» 

Concernant la "transition protéinique", Carrefour, plus qu'avant et que ses concurrents, "met le paquet pour" vendre "plus de légumineuses" ou de "produits céréaliers complets", mais le groupe français "continue à avoir des pratiques (promotions, publicités, etc.) qui incitent à la consommation. (AFP)
Concernant la "transition protéinique", Carrefour, plus qu'avant et que ses concurrents, "met le paquet pour" vendre "plus de légumineuses" ou de "produits céréaliers complets", mais le groupe français "continue à avoir des pratiques (promotions, publicités, etc.) qui incitent à la consommation. (AFP)
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  • Du côté de la France, Carrefour est la seule "à avoir publié une feuille de route pour atteindre ses objectifs à court terme", tandis que "les plans climat de E.Leclerc et d'Intermarché ne sont pas encore concrets", estiment les auteurs de l'étude
  • Les Suisses Denner et Migros se classent respectivement 9e et 10e, devant le britannique Tesco (11e) et le suédois ICA (14e)

PARIS: Les principaux supermarchés français "sont à la traîne" sur le changement climatique et la transition vers une alimentation plus durable et végétale comparé à leurs homologues européens, Néerlandais en tête, selon un classement publié mardi par le centre de réflexion Questionmark.

Deux axes ont été retenus pour évaluer 27 enseignes: les actions engagées pour réduire les émissions de CO2 conformément à l'Accord de Paris sur le climat de 2015, et celles visant à rééquilibrer les ventes de protéines vers davantage d'aliments d'origine végétale plutôt qu'animale.

Aucune des trois françaises étudiées n'intègrent le Top 10: Carrefour se classe 12e et Intermarché 20e, tandis qu'E.Leclerc, premier distributeur de France en parts de marchés, arrive dernier (27e) selon l'étude du centre néerlandais Questionmark, soutenu par le Réseau Action Climat (RAC).

A l'inverse, les Pays-Bas s'illustrent en haut du tableau, avec la branche néerlandaise de Lidl (1e), puis les distributeurs Albert Heijn (3e) et Jumbo (4e), selon l'étude à laquelle ont également participé les associations Madre Brava, ProVeg International et WWF Pays-Bas.

Chez les bons élèves se trouvent aussi les enseignes de Lidl en Pologne (2e), Allemagne (5e) et Espagne (6e), suivies des supermarchés allemands Rewe (7e) et Aldi Süd (8e).

Les Suisses Denner et Migros se classent respectivement 9e et 10e, devant le britannique Tesco (11e) et le suédois ICA (14e).

Du côté de la France, Carrefour est la seule "à avoir publié une feuille de route pour atteindre ses objectifs à court terme", tandis que "les plans climat de E.Leclerc et d'Intermarché ne sont pas encore concrets", estiment les auteurs de l'étude.

"Les émissions totales de gaz à effet de serre de Carrefour France et Intermarché ont augmenté depuis qu'ils les publient", et "les progrès de E.Leclerc sont inconnus", seules les émissions de 2023 ayant été publiées, ajoutent-ils.

Concernant la "transition protéinique", Carrefour, plus qu'avant et que ses concurrents, "met le paquet pour" vendre "plus de légumineuses" ou de "produits céréaliers complets", mais le groupe français "continue à avoir des pratiques (promotions, publicités, etc.) qui incitent à la consommation, voire à la surconsommation de viande", a déclaré à l'AFP Benoît Granier, responsable alimentation du RAC.

Dans ce contexte, le RAC "exhorte le gouvernement" français "à renforcer l'encadrement du secteur de la grande distribution et à publier enfin la Stratégie nationale pour l'alimentation, la nutrition et le climat (SNANC)", attendue depuis plus de deux ans.


Maisonnave: Le secteur culturel de l'Arabie Saoudite est un nouveau moteur économique entre Riyad et Paris

M. Maisonnave a déclaré à Al-Eqtisadiah, lors de la cérémonie d'ouverture de La Fabrique, que la coopération culturelle avec l'Arabie saoudite est un élément important pour l'attractivité de ce pays dans les décennies à venir. AL-EQTISADIAH.
M. Maisonnave a déclaré à Al-Eqtisadiah, lors de la cérémonie d'ouverture de La Fabrique, que la coopération culturelle avec l'Arabie saoudite est un élément important pour l'attractivité de ce pays dans les décennies à venir. AL-EQTISADIAH.
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  • La Fabrique est un espace dédié à la créativité artistique et aux échanges culturels, lancé dans le cadre d'un partenariat entre le Riyadh Art program et l'Institut français de Riyad
  • Du 22 janvier au 14 février, l'initiative fournira un espace de travail ouvert qui permettra aux artistes de développer et de travailler sur leurs idées dans un cadre collaboratif

RIYAD: La culture est devenue un pilier fondamental des relations bilatérales entre la France et l'Arabie saoudite, selon l'ambassadeur de France au Royaume, Patrick Maisonnave.

Maisonnave a souligné son lien avec les secteurs du divertissement et du tourisme, ce qui en fait un nouveau moteur de la coopération économique entre Riyad et Paris.

Il a déclaré à Al-Eqtisadiah, lors de la cérémonie d'ouverture de La Fabrique dans le quartier Jax de Diriyah, que la coopération culturelle avec l'Arabie saoudite est un élément important pour son attractivité dans les décennies à venir.

La Fabrique est un espace dédié à la créativité artistique et aux échanges culturels, lancé dans le cadre d'un partenariat entre le Riyadh Art program et l'Institut français de Riyad.

Du 22 janvier au 14 février, l'initiative fournira un espace de travail ouvert qui permettra aux artistes de développer et de travailler sur leurs idées dans un cadre collaboratif.

Lancement de La Fabrique, un espace dédié à la créativité artistique

L'ambassadeur a souligné que le processus de transformation du Royaume dans le cadre de la Vision 2030 a contribué à l'émergence d'une nouvelle génération de jeunes artistes et créateurs, ainsi qu'à un désir croissant de la société saoudienne de se connecter à la culture et de s'intéresser à ce qui se passe dans le monde.

Il a affirmé que la relation entre les deux pays est "profonde, voire culturelle par excellence", l'intérêt de la partie saoudienne pour la culture française allant de pair avec l'intérêt croissant du public français et des institutions culturelles qui se développent dans le Royaume.

Selon les dernières estimations, l'économie de la culture représente environ 2,3 % du produit intérieur brut de la France, soit plus de 90 milliards d'euros (106,4 milliards de dollars) de recettes annuelles, d'après les données du gouvernement. Le secteur emploie directement plus de 600 000 personnes, ce qui en fait l'un des secteurs les plus créateurs d'emplois dans les domaines de la création, de l'édition, du cinéma et des arts visuels.

L'Arabie saoudite bénéficie de l'expérience française dans le domaine culturel

M. Maisonnave a expliqué que la France possède des institutions culturelles bien établies, tandis que l'Arabie saoudite est en train de construire un secteur culturel solide, ce qui ouvre la voie à des opportunités de coopération.

Cette initiative s'inscrit dans le prolongement de la signature, il y a un an, de dix accords culturels majeurs entre des institutions françaises et saoudiennes, visant à renforcer la coopération et à transférer l'expertise et les connaissances françaises afin de contribuer au développement du système culturel dans le Royaume.

Il a ajouté que des expériences telles que La Fabrique permettent de rencontrer la nouvelle génération de créateurs saoudiens, qui ont exprimé leur intérêt pour la mise en relation avec des institutions et des artistes français à Paris et en France.

La Fabrique offre un espace pour de multiples pratiques artistiques contemporaines, y compris les arts de la performance, les arts numériques et interactifs, la photographie, la musique et le cinéma, tout en permettant au public d'assister aux étapes de la production d'œuvres artistiques et d'interagir avec le processus de création.


La CJUE valide les astreintes de 68,5 M EUR contre la Pologne pour son refus de fermer une mine de charbon

La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) UE a rejeté jeudi le recours de la Pologne contre 68,5 millions d'euros d'astreintes accumulées depuis le refus de Varsovie de mettre fin à l'extraction de lignite dans une énorme mine proche des frontières avec la République tchèque et l'Allemagne. (AFP)
La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) UE a rejeté jeudi le recours de la Pologne contre 68,5 millions d'euros d'astreintes accumulées depuis le refus de Varsovie de mettre fin à l'extraction de lignite dans une énorme mine proche des frontières avec la République tchèque et l'Allemagne. (AFP)
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  • "La Cour de justice rejette le pourvoi de la Pologne contre l'arrêt du Tribunal concernant l'annulation des astreintes journalières infligées dans l'affaire de la mine de Turów"
  • La mine polonaise, qui s'étend à ciel ouvert sur plus de 10 kilomètres le long des deux zones frontalières, suscite des tensions avec ses voisins qui lui reprochent d'abaisser le niveau des nappes phréatiques et de polluer l'environnement

VARSOVIE: La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) UE a rejeté jeudi le recours de la Pologne contre 68,5 millions d'euros d'astreintes accumulées depuis le refus de Varsovie de mettre fin à l'extraction de lignite dans une énorme mine proche des frontières avec la République tchèque et l'Allemagne.

"La Cour de justice rejette le pourvoi de la Pologne contre l'arrêt du Tribunal concernant l'annulation des astreintes journalières infligées dans l'affaire de la mine de Turów", selon un communiqué de presse officiel dans lequel la CJUE insiste sur son souhait de "garantir l'application effective du droit de l'Union dans l'intérêt général".

La mine polonaise, qui s'étend à ciel ouvert sur plus de 10 kilomètres le long des deux zones frontalières, suscite des tensions avec ses voisins qui lui reprochent d'abaisser le niveau des nappes phréatiques et de polluer l'environnement.

En 2021, la République tchèque avait porté l'affaire devant la CJUE.

La mine Turow a été sommée de cesser ses activités, mais l'ancien gouvernement polonais nationaliste n'a pas obtempéré et, en conséquence, Varsovie a été condamné par Bruxelles à une astreinte de 500.000 euros par jour.

Selon le gouvernement, la fermeture de la mine compromettrait la sécurité énergétique du pays.

En 2022, moyennant un engagement à des investissements importants dans la protection de l'environnement, la Pologne est parvenue finalement à un accord amiable avec la République tchèque.

Cependant la Commission européenne a sommé Varsovie de verser environ 68,5 M EUR, soit l'équivalent des astreintes journalières cumulées avant la conclusion de l'accord avec Prague.

Face au nouveau refus polonais, Bruxelles a prélevé les sommes dues dans les fonds européens destinés à Varsovie, une démarche alors inédite.

"L'accord amiable conclu entre la République tchèque et la Pologne n'a pas supprimé rétroactivement les astreintes ordonnées en référé", a expliqué jeudi la CJUE.

Selon la Cour européenne, les astreintes gardent "un caractère préventif et non répressif, contrairement à ce que prétendait la Pologne".

"L'obligation de payer l'astreinte journalière, versée au budget de l'Union, vise à assurer le respect des mesures provisoires déjà ordonnées", a insisté la CJUE.