Le Sahara occidental au menu du Conseil de sécurité de l'ONU sur fond de rupture entre Alger et Rabat

Le siège des Nations Unies à New York, le 20 mai 2021 (Photo, AFP)
Le siège des Nations Unies à New York, le 20 mai 2021 (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 13 octobre 2021

Le Sahara occidental au menu du Conseil de sécurité de l'ONU sur fond de rupture entre Alger et Rabat

Le siège des Nations Unies à New York, le 20 mai 2021 (Photo, AFP)
  • La situation au Sahara occidental s'est «fortement dégradée» depuis la rupture il y a près d'un an du cessez-le-feu observé depuis 1991, avait relevé récemment dans un rapport le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres
  • Joe Biden ne s'est toujours pas prononcé sur la reconnaissance unilatérale - faite peu avant son départ - de Donald Trump d'une souveraineté du Maroc sur l'ensemble du Sahara occidental

NATIONS UNIES: Le conflit au Sahara occidental, opposant le Maroc au Front Polisario, a été au centre mercredi d'une réunion semestrielle à huis clos du Conseil de sécurité de l'ONU, sur fond de position américaine ambiguë et de rupture de relations entre Rabat et Alger qui soutient les indépendantistes sahraouis.  

La situation au Sahara occidental s'est « fortement dégradée » depuis la rupture il y a près d'un an du cessez-le-feu observé depuis 1991, avait relevé récemment dans un rapport le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres. « Les accrochages sécuritaires continuent » et « la situation sur le terrain est pire qu’avant », indique un diplomate sous couvert d'anonymat.  

Les Etats-Unis, en charge du dossier à l'ONU, n'ont pas prévu de déclaration au Conseil, ont indiqué des diplomates. En avril, lors de la dernière session, Washington avait essayé de faire approuver un texte demandant « à éviter une escalade ». Mais ce projet avait été refusé par la Chine, l'Inde et des pays africains, craignant qu'il soit mal interprété.  

« Le Kenya a des opinions et sentiments forts sur le Sahara occidental » et « nous pensons que c'est une question d'indépendance », a indiqué à quelques médias avant le début de la réunion son ambassadeur à l'ONU, Martin Kimani, un des rares diplomates à avoir accepté de s'exprimer sur ce dossier sensible.  

Nairobi, comme le Vietnam ou le Mexique, autres membres non permanents actuellement du Conseil de sécurité, entretient des relations diplomatiques avec la "République arabe sahraouie démocratique", non reconnue par une majorité de la communauté internationale.  

« Les États-Unis sont un acteur important » sur ce dossier et « nous nous attendons à ce que tout le monde travaille de manière constructive maintenant pour y parvenir », a déclaré son homologue irlandaise, Geraldine Byrne Nason, interrogée pour savoir si elle attendait une clarification américaine.  

Joe Biden ne s'est toujours pas prononcé sur la reconnaissance unilatérale - faite peu avant son départ - de Donald Trump d'une souveraineté du Maroc sur l'ensemble du Sahara occidental.  

Le Département d'Etat américain a refusé récemment de répondre sur ce sujet, se bornant à saluer la nomination, après plus de deux ans sans titulaire, d'un nouvel émissaire de l'ONU pour ce conflit, l'Italien Staffan de Mistura, 74 ans, qui prendra ses fonctions le 1er novembre.  

Ce dernier succède à l'ex-président allemand Horst Köhler, démissionnaire en mai 2019 après avoir relancé en Suisse des discussions entre le Maroc et le Front Polisario, en présence de l'Algérie et de la Mauritanie. En août, Alger a cependant rompu ses relations diplomatiques avec Rabat, ce qui n'augure pas d'une reprise prochaine de discussions multilatérales sur le Sahara.  

Début octobre, Alger a demandé le retrait de forces marocaines d'une zone tampon dans la région pour faciliter une relance d'un règlement.  

Le Polisario réclame un référendum d'autodétermination prévu par l'ONU, tandis que le Maroc, qui contrôle plus des deux tiers de l'ex-colonie espagnole, ne propose qu'un plan d'autonomie sous sa souveraineté. 


Gaza: des tirs israéliens font 9 morts, selon les secours

Neuf personnes ont été tuées mercredi par des tirs israéliens dans la bande de Gaza, selon la Défense civile et des sources médicales du territoire palestinien, ravagé par la guerre entre le Hamas et Israël. (AFP)
Neuf personnes ont été tuées mercredi par des tirs israéliens dans la bande de Gaza, selon la Défense civile et des sources médicales du territoire palestinien, ravagé par la guerre entre le Hamas et Israël. (AFP)
  • L'hôpital Nasser, situé dans le sud de Gaza à Khan Younès, a annoncé avoir reçu les dépouilles de quatre personnes, dont une femme, âgées de 10 à 39 ans et tuées dans une frappe aérienne visant une tente de déplacés
  • L'établissement a également indiqué avoir reçu le corps d'Ahmad Salim, un chauffeur de camion tué par des tirs israéliens à al-Mawasi, une zone située dans le sud de Gaza

GAZA: Neuf personnes ont été tuées mercredi par des tirs israéliens dans la bande de Gaza, selon la Défense civile et des sources médicales du territoire palestinien, ravagé par la guerre entre le Hamas et Israël.

La Défense civile, un organisme opérant sous l'autorité du mouvement islamiste Hamas, a recensé neuf morts en plusieurs endroits, dans des frappes aériennes et des tirs.

L'hôpital Nasser, situé dans le sud de Gaza à Khan Younès, a annoncé avoir reçu les dépouilles de quatre personnes, dont une femme, âgées de 10 à 39 ans et tuées dans une frappe aérienne visant une tente de déplacés.

L'établissement a également indiqué avoir reçu le corps d'Ahmad Salim, un chauffeur de camion tué par des tirs israéliens à al-Mawasi, une zone située dans le sud de Gaza.

L'armée israélienne a affirmé que M. Salim s'était dirigé en courant vers des soldats qui interrogeaient d'autres chauffeurs de camion interpellés.

Les soldats ont ouvert le feu dans sa direction après "avoir identifié une menace immédiate", a précisé l'armée, affirmant enquêter sur les autres incidents survenus mercredi.

L'hôpital Al-Chifa, à Gaza-ville, a de son côté déclaré avoir reçu quatre corps: celui d'un enfant tué par des tirs israéliens dans l'est de la ville, celui d'un homme tué dans une frappe aérienne dans l'ouest et deux autres tués dans un bombardement ayant visé un véhicule.

L'armée israélienne a confirmé à l'AFP avoir mené une frappe aérienne sur la ville de Gaza, mais a dit ne pas "être au courant" d'un bombardement dans l'ouest de la ville.

Israël et le Hamas s'accusent presque quotidiennement de violer le cessez-le-feu dans le territoire dévasté.

Au moins 1.084 Palestiniens y ont été tués depuis son entrée en vigueur en octobre, selon le ministère de la Santé du territoire, également placé sous l'autorité du Hamas et dont les chiffres sont jugés fiables par l'ONU.

Dans le même temps, Israël a recensé cinq soldats et un contractuel travaillant pour le ministère de la Défense tués dans le territoire palestinien.

Les restrictions imposées aux médias et l'accès limité à Gaza empêchent l'AFP de vérifier de manière indépendante les bilans ou de couvrir librement les violences sur place.


La justice libanaise remet en liberté un célèbre chanteur libano-palestinien devenu islamiste

  • Cet artiste connu dans le monde arabe s'était rendu après douze ans de cavale passés dans le camp de réfugiés palestiniens d'Aïn al-Heloué, près de Saïda (sud), qui échappe au contrôle aux autorités libanaises
  • Il est poursuivi dans quatre affaires liées à sa participation présumée en 2013 à des affrontements à Saïda, aux côtés du cheikh radical Ahmad al-Assir, contre l'armée libanaise, dont 18 soldats avaient été tués

BEYROUTH: La justice libanaise a décidé mercredi de remettre en liberté un célèbre chanteur libano-palestinien devenu islamiste, Fadl Chaker, qui s'était rendu aux autorités en octobre 2025, a indiqué une source judiciaire à l'AFP.

Cet artiste connu dans le monde arabe s'était rendu après douze ans de cavale passés dans le camp de réfugiés palestiniens d'Aïn al-Heloué, près de Saïda (sud), qui échappe au contrôle aux autorités libanaises.

Il est poursuivi dans quatre affaires liées à sa participation présumée en 2013 à des affrontements à Saïda, aux côtés du cheikh radical Ahmad al-Assir, contre l'armée libanaise, dont 18 soldats avaient été tués.

Il va être remis en liberté moyennant deux cautions d'une valeur cumulée de près de 3.500 dollars, a précisé la source judiciaire.

Le montant a été versé et Fadl Chaker doit sortir de prison mercredi, a-t-elle ajouté.

Pendant ses années de fuite, la justice l'avait condamné par contumace à des peines allant de cinq à 15 ans de prison avec travaux forcés dans ces dossiers.

Quelques mois avant de s'être rendu, Fadl Chaker avait sorti des chansons qui arrivaient en tête des classements dans le monde arabe. Ses clips vidéo, tournés dans le camp de Aïn el-Heloué, atteignaient des centaines de millions de vues sur YouTube.

Assir avait lui été arrêté en 2015, et condamné à mort avec sursis en 2017 pour "terrorisme".

 


Le Liban exige le retrait d'Israël de deux «zones pilotes» pour participer à des négociations à Rome 

  • Israël et le Liban avaient conclu un accord-cadre à l'issue de cinq cycles de négociations à Washington le 26 juin en vue d'une "paix durable" entre les deux pays, en état de guerre depuis des décennies
  • Il prévoit que l'armée libanaise commence à se déployer dans des "zones pilotes" dont se retirerait Israël, qui occupe une partie du sud du pays, sous réserve du désarmement du Hezbollah

BEYROUTH: Le Liban exige qu'Israël se retire de deux "zones pilotes" dans le sud du pays avant de participer à un nouveau cycle de pourparlers prévu à Rome, a indiqué mercredi à l'AFP une source diplomatique au courant des négociations.

L'Italie et Israël ont annoncé que ces négociations se tiendraient les 15 et 16 juillet à Rome, mais les autorités libanaises n'ont pas confirmé leur participation dans l'immédiat.

Israël et le Liban avaient conclu un accord-cadre à l'issue de cinq cycles de négociations à Washington le 26 juin en vue d'une "paix durable" entre les deux pays, en état de guerre depuis des décennies.

Il prévoit que l'armée libanaise commence à se déployer dans des "zones pilotes" dont se retirerait Israël, qui occupe une partie du sud du pays, sous réserve du désarmement du Hezbollah.

"Le Liban pose comme condition le retrait d'Israël de deux zones pilotes pour participer aux négociations", a affirmé la source diplomatique ayant requis l'anonymat.

Le Hezbollah est opposé à ces négociations et refuse d'être désarmé.

La formation pro-iranienne a entraîné le Liban dans la guerre régionale en mars, en soutien à Téhéran.

Israël a riposté par une vaste campagne de bombardements et une offensive terrestre, qui ont tué près de 4.300 personnes, selon Beyrouth.

Discussions "cruciales" 

Selon la source diplomatique, le département d'Etat américain a informé les deux délégations qu'il ne pouvait pas accueillir les négociations "de façon permanente", d'où le choix de Rome.

Elle a expliqué que des discussions "cruciales" étaient attendues et que les négociateurs auraient besoin de se concerter avec leurs autorités, ce qui ne serait "pas possible" à Washington du fait de la distance avec Israël et le Liban.

La source diplomatique a ajouté qu'Israël avait rapidement accepté la tenue des négociations à Rome, dans l'idée de "réduire la pression exercée directement" sur la partie israélienne pendant les précédentes discussions par le secrétaire d'Etat Marco Rubio.

La partie libanaise a cependant reçu la garantie de Washington qu'il maintiendrait le "même niveau d'engagement et la même ligne de conduite dans la gestion des pourparlers" de Rome, selon cette source diplomatique.

L'accord-cadre n'établit pas de calendrier de retrait du sud du Liban, où Israël a annoncé vouloir maintenir ses troupes dans une zone pouvant s'étendre jusqu'à dix km de sa frontière.

L'armée israélienne poursuit ponctuellement des frappes meurtrières, malgré une trêve entrée en vigueur le 21 juin, à la suite de la signature d'un protocole d'accord entre l'Iran et les Etats-Unis.

L'Iran a exigé que le cessez-le-feu au Liban soit inclus dans cet accord, mais Beyrouth "veut négocier par lui-même" et rejette toute ingérence, a souligné la source diplomatique.

Les négociations à Rome seront suivies par une visite courant juillet du président libanais, Joseph Aoun, à Washington, à l'invitation de son homologue américain.

M. Aoun a estimé mercredi que cette invitation traduisait "le soutien des Etats-Unis à un processus visant à trouver une solution durable à la série de guerres et d'agressions israéliennes contre notre pays".