Six mégaprojets qui incarnent le plan de développement de 7 000 milliards de dollars de l'Arabie saoudite

Dans le cadre de la Vision 2030, le Royaume redéfinit son image mondiale et diversifie son économie en marge du pétrole
Dans le cadre de la Vision 2030, le Royaume redéfinit son image mondiale et diversifie son économie en marge du pétrole
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Publié le Jeudi 14 octobre 2021

Six mégaprojets qui incarnent le plan de développement de 7 000 milliards de dollars de l'Arabie saoudite

  • Dans le cadre de la Vision 2030, le Royaume redéfinit son image mondiale et diversifie son économie en marge du pétrole
  • La libéralisation, les réformes économiques et les investissements étrangers sont considérés comme la clé du succès de cette stratégie

DUBAΪ/LE CAIRE/DJEDDAH: Six projets phares particulièrement ambitieux sont en cours de développement dans le Royaume. Ils visent à aider à transformer l'économie tout en montrant au monde et à tous les Saoudiens la richesse géographique, le patrimoine culturel et l'hospitalité de leur nation, ainsi que ses ambitions économiques et son attachement à la conservation de l'environnement.

Ces projets sont plus que jamais nécessaires pour stimuler les investissements étrangers et augmenter les dépenses dans l'économie, car le Royaume s'attend à ce que 7 000 milliards de dollars (1 dollar = 0,86 euro) d'investissements et de dépenses gouvernementales se matérialisent d'ici à la fin de la décennie.

Toutefois, poursuivre la libéralisation et les réformes économiques sera nécessaire pour assurer leur succès, tout comme le fait de maintenir les investissements étrangers, fait savoir Nasser Saïdi, ancien ministre de l'Économie du Liban, aujourd'hui consultant en économie à Dubaï.

Ce dernier ajoute: « Ces projets doivent être considérés sous la lumière d’un objectif plus large, qui vise à entreprendre une transformation structurelle de l'économie saoudienne.»

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Nadhmi al-Nasr est le PDG du projet Neom. (Photo fournie)

«Une diversification économique plus rapide et plus approfondie est impérative afin de créer des emplois durables pour la jeune population et de relever le défi de la transition énergétique mondiale en marge des combustibles fossiles, principale source de revenus et d'exportations de l'Arabie saoudite.»

«En investissant dans de nouveaux secteurs (qu’il s’agisse du tourisme, de l'économie numérique ou des énergies renouvelables) et dans le développement économique régional sur sa côte ouest, l'Arabie saoudite se libère de sa dépendance excessive au pétrole et parvient à redéfinir l'image du pays.»

«C’est pourquoi les mégaprojets se sont poursuivis (les contrats connexes ont déjà été signés) même pendant la pandémie, alors même qu’avait lieu un resserrement budgétaire.»

«Les investisseurs étrangers ont de quoi être rassurés par le potentiel de croissance prometteur de l'Arabie saoudite (par exemple dans les secteurs du tourisme, des médias et des loisirs, jusqu'alors inexploités) et les retours sur investissement qu’il engendre.»

«Toutefois, ce sont là des projets à long terme, dont la gestation prend du temps. C'est pourquoi les mesures de libéralisation (pleine propriété étrangère, facilitation du séjour de longue durée, réforme des marchés du travail, autorisation de la concurrence, protection des droits de propriété, lois sur l'insolvabilité et la faillite) sont importantes pour attirer les IDE [investissements directs à l’étranger, NDRL].»

«Les investisseurs étrangers peuvent compter sur le fait que les mégaprojets sont des porte-drapeaux politiques; leur potentiel de succès doit être considéré et ils continueront d'être financés par le PIF [Fonds public d’investissement saoudien, NDLR], les réserves de la SCB, les marchés de la dette, etc. Ils seront par ailleurs beaucoup plus faciles à exécuter actuellement, alors que les prix du pétrole plafonnent à plus de 80 dollars.»

Tarek Fadlallah, PDG de Nomura Asset Management au Moyen-Orient, déclare à Arab News: «Les projets liés au tourisme connaissent un véritable coup de fouet qui est lié au fait que les Saoudiens sont restés chez eux. Je l'ai constaté moi-même lors d'une récente visite à Riyad: tout le secteur de la restauration et des loisirs a été transformé par la pandémie.»

«Des projets comme AlUla et Qiddiya sont plus avancés que d'autres. Des entreprises et des fonds étrangers y ont effectivement investi et les ont rapprochés de leurs réalisations.»

«La stratégie des mégaprojets est extrêmement ambitieuse. Leur succès sera une contribution vitale à celui de la Vision 2030. Cette stratégie continuera à nécessiter des investissements étrangers pour l'aider à fonctionner.»

 

Les six projets sont :

 

  • La Compagnie de développement de la mer Rouge

Le Projet de la mer Rouge est un projet de tourisme durable de luxe qui a pour objectif de devenir un leader mondial du tourisme régénératif. Son site s’étendu sur 28 000 kilomètres carrés sur la côte ouest du Royaume.

La Compagnie de développement de la mer Rouge, créée en 2018, est entièrement détenue par le Fonds d'investissement public et dirigera le développement du projet.

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Vue d'artiste de la spectaculaire station de montagne Desert Rock de la Red Sea Development Company. (Photo fournie/Projet mer Rouge)

Ce projet, qui emploie 35 000 personnes, met en valeur le paysage et le riche patrimoine culturel de la côte de la mer Rouge. Occupant un archipel de plus de 90 îles – certaines sont intactes – avec des volcans endormis, des déserts et une grande variété de faune et de paysages montagneux, il mettra l'accent sur la préservation de l'environnement, s’appuiera exclusivement sur des sources d'énergie renouvelables et interdira les plastiques à usage unique. Son objectif est le suivant: zéro déchet en décharge.

Le plan directeur est le fruit d’une collaboration entre WATG (Wimberly Allison Tong & Goo, NDLR) et Buro Happold. Il se fonde sur les concepts des plus grands cabinets d'architecture du monde. Les travaux d'infrastructure ont commencé. 80 km de nouvelles routes sont déjà terminées. 10 000 travailleurs vivent dans un village conçu pour sa construction.

 

  • Qiddiya

Qiddiya, qui a pour ambition de devenir un centre de loisirs, de sports et d'arts, est l'un des nouveaux mégaprojets qui s’inscrivent dans la Vision 2030 du Royaume. Cette initiative repose sur cinq piliers principaux: sports et bien-être, nature et environnement, parcs et attractions, mouvement et mobilité, arts et culture.

Qiddiya Investment Company, autre SPA (société par actions) fermée, a été créée en 2018. Elle est détenue à 100% par le PIF. Son objectif est de renforcer le statut du Royaume en tant que destination touristique de premier plan.

Un parc à thème Six Flags d’une dimension record proposera 28 manèges et d’autres attractions répartis sur 6 terrains thématiques. L’une des attractions phares sera le premier parc à thème aquatique du Royaume. Avec ses manèges et attractions, ce sera le plus grand parc à thème de la région. Qiddiya proposera également des retraites dans des tentes de luxe, des rencontres avec les animaux, des aventures et des explorations de plein air.

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Vue d'artiste de Qiddiya, l'un des nombreux projets saoudiens lancés dans le cadre de l'ambitieux plan de développement Vision 2030 du Royaume. (Photo fournie)

Un parc consacré à la vitesse comprendra notamment une piste de course FIA (Fédération internationale de l’automobile, NDLR) de grade 1 dédiée aux passionnés de sports mécaniques ainsi qu'un parcours de golf conçu par Jack Nicklaus, l'un des plus grands golfeurs de tous les temps, ouvert aux sportifs d’élites comme aux amateurs.

Ce projet situé à Riyad prévoit également plusieurs centres artistiques et culturels, notamment un complexe artistique, des espaces de festival, un cinéma multiplexe et un centre des arts du spectacle.

 

  • Projet de développement de l’Asir

Le 28 septembre, le prince héritier, Mohammed ben Salmane, a lancé une stratégie touristique pour développer la région sud-ouest de l'Asir. Dotée de 50 milliards de riyals saoudiens (13 milliards de dollars, soit 11,20 milliards d’euros), elle a pour objectif d’attirer plus de 10 millions de visiteurs d'ici à 2030.

Les attractions touristiques sur les sommets des montagnes de l’Asir feront de la province une destination 365 jours par an qui exploitera le potentiel touristique dans sa diversité géographique et naturelle, mais aussi culturelle et patrimoniale.

En outre, ce projet offrira de nouvelles opportunités d'emploi, améliorera la qualité de vie et modernisera les services et les infrastructures essentiels de la région.

Le PIF prévoit un investissement de 3 milliards de dollars pour construire 2 700 chambres d'hôtel, 1 300 unités résidentielles et 30 attractions commerciales ou de loisirs dans la province d’Asir d'ici à 2030.

 

  • Autorité de développement de la porte de Diriyah

Le 15 juillet, la construction des infrastructures essentielles de la plus grande ville culturelle et patrimoniale du monde a commencé le long de la rocade ouest de Riyad dans le cadre du développement de l’Autorité de développement de la porte de Diriyah.

L'autorité a été chargée par le gouvernement saoudien de réaménager «le berceau du Royaume» en une destination de classe mondiale. Elle a fait savoir qu'elle achèverait et livrerait ses actifs de première phase d'ici au début de l’année 2022.

Ce mégaprojet de 50 milliards de dollars comptera certains des restaurants et des hôtels les plus luxueux du monde. L’ensemble de ses structures seront construites dans le style architectural traditionnel de Najdi.

La première phase du plan directeur de ce projet se concentrera sur un parc paysager, Wadi Hanifah et Bujairi Terrace, avec 18 nouveaux restaurants, plusieurs d’entre eux étant distingués par le guide Michelin, tandis que d'autres proposeront des spécialités saoudiennes locales.

 

  • Neom

Mégaprojet situé au nord-ouest de l'Arabie saoudite, sur la côte de la mer Rouge, Neom recherche des entrepreneurs et des investisseurs.

À la mi-septembre, environ 150 entreprises de conception et de construction ont visité le projet pendant quatre jours afin de se mettre en quête d’opportunités et de partenariats potentiels.

Ce projet comprend des villages de construction avec des communautés qui comptent jusqu'à 30 000 travailleurs ainsi que des bureaux, des entrepôts et des établissements de services de construction.

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Les récifs coralliens regorgent de vie marine au large des côtes de l'île de Yabous, en Arabie saoudite, dans la mer Rouge. (Photo fournie/Neom)

À la fin du mois de juillet, la société Neom et l'université des sciences et technologies du roi Abdallah ont lancé un projet commun qui a pour objectif de construire le plus grand jardin de corail du monde sur l'île de Shusha, à Neom.

Cette initiative constitue un parfait exemple de la promesse faite par l'Arabie saoudite de protéger 95% de l'environnement naturel au sein de Neom. Le Shushah Island Coral Reefscape, qui s'étend sur 100 acres (soit plus de 404 kilomètres carrés), mettra en relief la conservation des récifs coralliens menacés par le changement climatique. Le projet devrait être achevé en 2025.

 

  • Amaala

Amaala, situé sur la plage de la mer Rouge en Arabie saoudite, est un projet ultraluxueux axé sur le bien-être, la vie saine et la méditation.

Il offrira aux clients des installations et des services exceptionnels dans des domaines tels que les arts, la culture, la mode, le bien-être et les services sportifs.

Amaala a annoncé le 27 juillet dernier un partenariat avec le Saudi Art Council dans le cadre de l’exposition intitulée «21,39 Jeddah Arts» afin de célébrer les talents créatifs et artistiques de la région et au-delà.

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Les majestueux sommets de la montagne Al-Lawz, le plus haut sommet de Neom. (Photo fournie/Neom)

Cette exposition illustrera les efforts d'Amaala pour la promotion de l'écosystème créatif de l'Arabie saoudite à travers des résidences d'art, des plates-formes et des incubateurs.

Le 22 juin, Amaala a reçu des récompenses aux Transform Awards 2021 avec ses partenaires, Landor & Fitch. Ils ont remporté le prestigieux Grand Prix grâce à la nouvelle image de marque qu’il ont réussi à donner au projet par leur stratégie visuelle et créative.

En outre, le 22 mars, Amaala a annoncé la signature d'un protocole d'accord avec la Saudi Contractors Authority (SCA) qui lui permet de partager ses projets potentiels avec ses membres du SCA puis d’obtenir des informations sur les acquéreurs intéressés.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur arabnews.com


L'Iran n'a pas à "intervenir au Liban", dit le président libanais

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  • Le président libanais Joseph Aoun a appelé l’Iran à cesser toute ingérence au Liban, affirmant la souveraineté du pays dans une interview à CNN
  • Il a également exhorté le Hezbollah à privilégier la diplomatie et la négociation comme seule voie pour résoudre le conflit avec Israël

BEYROUTH: Le président libanais, Joseph Aoun, a sommé l'Iran de ne plus "intervenir" dans son pays, dans une interview à la chaîne CNN diffusée vendredi, et affirmé au Hezbollah soutenu par Téhéran que la diplomatie était la seule solution au conflit avec Israël.

"Ce n'est pas votre pays, c'est le nôtre (...) Vous n'avez pas à intervenir dans notre pays", a lancé le dirigeant libanais à l'adresse de l'Iran.

"Le Hezbollah doit comprendre qu'il (n'y a pas) d'autre solution que de s'asseoir et de parler, pas d'autre moyen (...) de sauver ce qu'il reste sauf à travers la négociation et la diplomatie", a-t-il ajouté.


Liban: sept morts dans des frappes israéliennes sur Tyr, selon la défense civile

Un médecin dans un laboratoire endommagé de l’hôpital Jabal Amel, à la suite de la frappe aérienne israélienne de lundi qui a touché un bâtiment voisin, dans la ville portuaire de Tyr, au sud du Liban. (AP)
Un médecin dans un laboratoire endommagé de l’hôpital Jabal Amel, à la suite de la frappe aérienne israélienne de lundi qui a touché un bâtiment voisin, dans la ville portuaire de Tyr, au sud du Liban. (AP)
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  • Des frappes israéliennes nocturnes à Tyr, dans le sud du Liban, ont fait au moins sept morts et plusieurs blessés, touchant notamment des zones proches d’un hôpital et des quartiers résidentiels
  • Israël annonce de nouvelles attaques contre le Hezbollah au nord du fleuve Litani et ordonne des évacuations, tandis que le conflit continue de provoquer de lourdes pertes civiles et des déplacements massifs

BEYROUTH: Des frappes nocturnes israéliennes sur la ville millénaire de Tyr, dans le sud du Liban, dont l'une près d'un hôpital, ont tué sept personnes, a indiqué vendredi à l'AFP une source au sein de la défense civile.

L'armée israélienne a annoncé de son côté qu'elle allait attaquer le Hezbollah dans trois localités au nord du fleuve Litani, à une quarantaine de km de la frontière, ordonnant à leur population d'évacuer.

Le mouvement pro-iranien avait rejeté jeudi un accord de cessez-le-feu annoncé la veille à Washington après des négociations entre le Liban et Israël, réclamant un retrait total des forces israéliennes qui occupent une partie du sud du pays.

A Tyr, une frappe tard jeudi soir a fait quatre morts et sept blessés, selon la Défense civile. Elle a dévasté le siège d'une banque et endommagé légèrement l'hôpital Jabal Amel, l'un des trois que compte la ville, a constaté le correspondant de l'AFP.

Une autre frappe sur un quartier résidentiel de la ville a tué trois personnes et en a blessé cinq autres dont deux enfants, selon la Défense civile.

Lundi, une frappe près de l'hôpital Jabal Amel avait tué quatre personnes et blessé 127 autres, dont 39 membres du personnel, selon le ministère de la Santé.

La ville côtière, qu'une partie de ses habitants refuse d'évacuer malgré les avertissements israéliens, est régulièrement pilonnée.

Des habitants s'étaient réfugiés dans le quartier chrétien exigu de la Vieille ville, épargné par les avertissements isaréliens, dormant dans leurs voitures ou sous des tentes.

Mais ils l'ont fui après qu'Israël a menacé mardi le quartier, accusant des membres du Hezbollah de s'y cacher, selon le correspondant de l'AFP.

Une frappe avait également visé mercredi soir les abords d'un parc où campent des dizaines de réfugiés syriens, selon le correspondant de l'AFP qui n'a pas fait état de victime.

Dans ce contexte, une pétition, appelant à exclure toute présence armée à Tyr - où le Hezbollah est fortement implanté - autre que celle de l'armée libanaise, a recueilli près de 250 signatures selon les organisateurs.

Une pétition similaire concernant Nabatiyé - autre grande ville du sud à majorité chiite - pratiquement désertée du fait des bombardements israéliens, a recueilli plus de 500 signatures.

Les frappes israéliennes sur le Liban ont fait 3.526 morts depuis le début du conflit le 2 mars, et ont déplacé plus d'un million de personnes, selon les autorités. Côté israélien, 27 soldats et un contractuel civil ont été tués au Liban.


Le Hezbollah rejette le dernier exutoire négocié par les Etats-Unis, Aoun exige l'application du cessez-le-feu

Une photo prise depuis la zone sud de Nabatieh montre de la fumée s'élevant du site d'une frappe aérienne israélienne dans le village de kfar Tibnit, le 4 juin 2026. (AFP)
Une photo prise depuis la zone sud de Nabatieh montre de la fumée s'élevant du site d'une frappe aérienne israélienne dans le village de kfar Tibnit, le 4 juin 2026. (AFP)
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  • Une déclaration conjointe libano-israélienne, publiée à l'aube du jeudi, heure de Beyrouth, indique qu'"Israël et le Liban ont, sous l'égide des États-Unis, accepté de mettre en œuvre un cessez-le-feu"
  • Le secrétaire général du Hezbollah, Naim Qassem, a déclaré que "le résultat des négociations directes absurdes, humiliantes et honteuses est reflété dans l'annonce de Washington"

BEYROUTH : Le président libanais Joseph Aoun a déclaré jeudi que la déclaration commune issue du quatrième cycle de négociations israélo-libanaises sous l'égide des États-Unis comportait "des points très importants en faveur du Liban et représentait la dernière occasion de passer à un cessez-le-feu définitif et global, étant entendu que chaque partie assumerait la responsabilité si elle ne répondait pas".

Un responsable libanais a confirmé à Arab News que le président attendait la réponse du Hezbollah, qui devrait arriver par l'intermédiaire du président du Parlement, Nabih Berri.

"Toutes les parties ont été informées du résultat de la session de négociation", a déclaré le fonctionnaire. "Ce qui a été publié n'est pas un accord de cessez-le-feu. Il s'agit d'une déclaration dont Israël a accepté intégralement le contenu et les conditions. Ce qui reste, c'est la réponse du Hezbollah".

Une fois cette réponse donnée, a ajouté le fonctionnaire, Washington sera informé et les prochaines étapes seront déterminées.

S'adressant de manière informelle aux journalistes au palais de Baabda, M. Aoun a déclaré que Washington "déterminerait le calendrier et le mécanisme de mise en œuvre du cessez-le-feu, qui pourrait commencer 24 heures après la notification de l'approbation et une fois que les garanties nécessaires auront été fournies." Le président américain Donald Trump serait le garant direct de la mise en œuvre.

Le président a déclaré que "la délégation libanaise de négociation, dirigée par l'ambassadeur Simon Karam, a tenu bon tout au long des deux sessions convoquées au cours des deux derniers jours".

La session de mercredi a été difficile : M. Karam a été poussé à suspendre le cycle de négociations et a insisté pour refuser d'aborder toute autre question tant qu'un cessez-le-feu global n'aurait pas été mis en place. Le secrétaire d'État américain Marco Rubio a été invité à relancer les pourparlers, qui se sont conclus par l'acceptation de la demande libanaise d'un cessez-le-feu global.

M. Aoun a déclaré que "de mercredi matin jusqu'aux petites heures de jeudi, nous sommes restés en contact avec les acteurs internationaux et nationaux pour verrouiller le cessez-le-feu global, et un certain nombre d'États frères et amis ont également joué un rôle en exerçant des pressions au nom du Liban".

La déclaration conjointe israélo-libanaise, publiée jeudi à l'aube, heure de Beyrouth, précise que "tant Israël que le Liban ont accepté, sous l'égide des États-Unis, de mettre en œuvre un cessez-le-feu. Son entrée en vigueur est subordonnée à une cessation totale des tirs du Hezbollah et au retrait de tout son personnel de la zone située au sud du Litani. Le Hezbollah doit également permettre l'établissement rapide de zones pilotes où les forces armées libanaises - et uniquement les forces armées libanaises - exercent un contrôle exclusif sur le territoire, tout acteur armé non étatique étant écarté du tableau."

Israël a déclaré que "sa sécurité et le respect de son intégrité territoriale ne peuvent être assurés que par le désarmement du Hezbollah et le démantèlement de son infrastructure sur l'ensemble du territoire libanais".

De son côté, le Liban a souligné "la nécessité d'un respect mutuel des frontières internationalement reconnues et le besoin urgent d'une mise en œuvre complète de la cessation des hostilités, en mettant l'accent sur les principes de l'intégrité territoriale et de la pleine souveraineté de l'État". Le Liban s'est engagé à renforcer les capacités de l'armée libanaise, avec le soutien des États-Unis, afin d'exercer un contrôle effectif sur l'ensemble du pays.

Toutes les parties ont déclaré que "l'avenir des relations entre Israël et le Liban doit être exclusivement décidé par les deux gouvernements souverains". Elles ont rejeté toute tentative, de la part d'un État ou d'un acteur non étatique, de prendre en otage l'avenir du Liban.

Selon la déclaration, "Israël et le Liban ont réaffirmé qu'ils n'avaient aucune intention hostile l'un envers l'autre et se sont engagés à poursuivre les négociations directes afin de renforcer la confiance, de résoudre toutes les questions en suspens et d'œuvrer à la conclusion d'un accord global entre les deux pays".

De leur côté, les États-Unis ont réitéré leur "soutien constant aux deux gouvernements dans l'exercice de leur souveraineté". Ils ont ajouté que "tout accord de cessation des hostilités doit être conclu directement entre les deux gouvernements, sous l'égide des États-Unis, et non par le biais d'une voie distincte".

Les États-Unis ont également souligné leur intention de "soutenir les forces armées libanaises, dans le but d'améliorer leur capacité et de permettre l'exercice effectif de la souveraineté sur l'ensemble du territoire libanais".

S'adressant aux journalistes jeudi, le président Aoun a déclaré que "le Liban a suggéré de commencer la mise en œuvre de "zones pilotes" dans les villes de Zawtar Al-Sharqiya, Zawtar Al-Gharbiya, Yahmar et la zone entourant le château de Beaufort (Qalaat Al-Shaqif), occupé la semaine dernière par Israël, en raison de leur importance symbolique et de leur proximité avec la ville de Nabatieh".

M. Aoun a souligné "la grande importance de l'accord conclu à Washington dans l'intérêt du Liban et de la région. Il représente une véritable occasion de passer de l'escalade à la stabilité. Le succès de ce processus dépend de l'engagement clair de toutes les parties concernées et de la mise en œuvre intégrale des mesures convenues. L'État libanais a entamé ces négociations avec un fort sentiment de responsabilité nationale. L'objectif principal était de protéger le Liban, de garantir la sécurité de ses citoyens et de maintenir la stabilité. Chacun doit aborder les récents développements avec un sens de la responsabilité nationale et saisir cette opportunité pour renforcer la sécurité et la stabilité dans tout le pays".

M. Aoun a également déclaré que les États-Unis avaient joué un rôle de médiateur et de pivot dans ces négociations, contribuant à rapprocher les parties "d'un accord grâce à une approche ferme et à des efforts soutenus pour aplanir les divergences".

Le président libanais a ajouté que "cet accord diffère de celui conclu le 27 novembre 2024, non seulement par sa substance mais aussi par le contexte politique qui l'entoure, ce qui renforce ses perspectives de durabilité et de succès". Cela dépend maintenant du rôle du président américain Donald Trump et de son administration dans l'obtention des garanties nécessaires pour solidifier l'accord et assurer son respect par toutes les parties."

Pendant ce temps, les forces israéliennes se sont retirées de la ville de Dibbin dans le district de Marjayoun, au sud du fleuve Litani, au cours de la matinée, tandis que l'armée libanaise a annoncé son déploiement à la jonction de la ville plus tard dans l'après-midi.

Une source militaire libanaise a déclaré à Arab News que "suite au retrait israélien de Dibbin, l'armée libanaise a levé les barrages routiers, rouvert l'accès à la ville et commencé à dégager les obstructions militaires de la zone".

Quant à savoir si l'entrée dans la ville était basée sur un calendrier de retrait israélien clair, la source militaire a déclaré : "Il n'y a pas de calendrier de retrait.

La source militaire a confirmé que l'armée libanaise restait déployée au sud du fleuve Litani partout où il n'y avait pas de présence de l'armée israélienne, que ce soit à Hasbaya, Marjayoun ou même dans la ville de Tyr.

En ce qui concerne la possibilité de mettre en place des zones pilotes et le calendrier d'une telle initiative, la source a déclaré : "Le commandement de l'armée n'a pas été informé de la mise en place de zones pilotes : "Le commandement de l'armée n'a pas été informé de quoi que ce soit à ce sujet jusqu'à présent.

Le terme "zone pilote" est apparu comme un mécanisme de mise en œuvre progressive visant à démanteler les impasses sécuritaires qui sont géographiquement et politiquement enracinées. Toutefois, son application au Liban pourrait se heurter aux réalités des conditions complexes du terrain au Liban.

Une source militaire libanaise a estimé que l'adoption de ce terme "réduit la probabilité d'un échec global, car il se concentre sur l'essai d'une zone géographique spécifique et limitée dans le secteur au sud du fleuve Litani, servant de laboratoire pour évaluer l'étendue de l'engagement des parties et le sérieux des garanties".

La source a expliqué que les arrangements supposaient que "l'armée israélienne se retirerait complètement, tandis que des unités des forces armées libanaises s'installeraient et assumeraient le contrôle militaire, sécuritaire et administratif exclusif. Aucune autorité parallèle ou arme en dehors du cadre de la légitimité officielle de l'État ne serait autorisée. Cela signifie le retrait de tous les éléments du Hezbollah de la région, le démantèlement de l'infrastructure du parti et l'interdiction de son rétablissement, de sorte que la région soit entièrement démilitarisée de toute présence militaire non affiliée au gouvernement souverain".

Dans un discours prononcé jeudi après-midi, le secrétaire général du Hezbollah, Naim Qassem, a déclaré que "le résultat des négociations directes absurdes, humiliantes et honteuses est reflété dans l'annonce de Washington, qui expose les principes fondamentaux par lesquels les États-Unis et Israël envisagent la soumission du Liban au projet du Grand Israël".

Qassem a déclaré que "le résultat des négociations est rejeté dans son intégralité par de larges segments du peuple libanais".

Mahmoud Qamati, chef adjoint du conseil politique du Hezbollah, a annoncé que le Hezbollah rejetait "tout accord partiel ou toute formule de compromis en matière de sécurité".

Qamati a déclaré que "les zones pilotes et le projet de désarmement constituent un recul stratégique".

Alors que le Hezbollah insiste sur la condition d'un retrait israélien complet du Sud-Liban, le négociateur libanais, selon la source officielle, estime que "le Liban considère les zones pilotes comme une occasion de garantir des retraits israéliens progressifs et de restaurer la souveraineté sur certains secteurs".

Entre-temps, jeudi, l'armée israélienne a demandé aux citoyens libanais de ne pas se rendre au sud de la rivière Zahrani "pour leur propre sécurité". Elle a également continué à cibler des véhicules et des individus dans le sud du Liban.

Les parties libanaise et israélienne doivent tenir un nouveau cycle de négociations le 22 juin, "en vue de parvenir à un accord global". Les États-Unis ont accepté de continuer à faciliter la communication entre les parties dans l'intervalle", selon la déclaration commune.