Pénuries de courant et immobilier sapent la croissance en Chine

Officiellement, le gouvernement chinois vise un objectif de croissance du PIB d'au moins 6% cette année (Photo, AFP).
Officiellement, le gouvernement chinois vise un objectif de croissance du PIB d'au moins 6% cette année (Photo, AFP).
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Publié le Lundi 18 octobre 2021

Pénuries de courant et immobilier sapent la croissance en Chine

  • Bien que sujet à caution, le chiffre officiel du PIB de la Chine est toujours scruté de près compte tenu du poids du pays dans l'économie mondiale
  • Ce ralentissement est lié principalement à «des coupures de courant, au rebond épidémique dans certaines régions en août, à des perturbations des chaînes d'approvisionnement et au ralentissement dans l'immobilier»

PEKIN: "Les incertitudes s'accumulent": la Chine a vu sa croissance s'essouffler au troisième trimestre, avec une hausse du PIB de 4,9%, conséquence de la crise de l'immobilier et des pénuries d'électricité qui pénalisent les entreprises.

Ce ralentissement était largement anticipé. Un groupe d'analystes sondés par l'AFP tablait toutefois sur une décélération moins prononcée (5%).

Au deuxième trimestre 2021, le produit intérieur brut (PIB) du pays avait enregistré une hausse de 7,9% sur un an, après un rebond sur la période janvier-mars (18,3%).

Bien que sujet à caution, le chiffre officiel du PIB de la Chine est toujours scruté de près compte tenu du poids du pays dans l'économie mondiale.

D'un trimestre à l'autre, la croissance du géant asiatique progresse de 0,2% seulement, un rythme bien inférieur à celui de la période avril-juin (1,3%) et le plus faible depuis début 2020 quand l'épidémie de Covid-19 avait mis quasi à l'arrêt l'activité en Chine.

"Les incertitudes liées à la conjoncture mondiale s'accumulent, tandis que la reprise intérieure reste instable et inégale", a relevé le Bureau national des statistiques (BNS).

Ce ralentissement de la croissance est lié principalement à "des coupures de courant, au rebond épidémique dans certaines régions en août, à des perturbations des chaînes d'approvisionnement et au ralentissement dans l'immobilier", relève pour l'AFP l'analyste Rajiv Biswas, du cabinet IHS Markit.

«Incertitude considérable»

Désormais quasi débarrassée du Covid-19, la Chine voit sa reprise menacée par la forte hausse du coût des matières premières, en particulier du charbon, dont le pays est très dépendant pour alimenter ses centrales électriques.

Résultat: les centrales tournent au ralenti, malgré une forte demande, et l'électricité est rationnée, ce qui a fait bondir les coûts de production et pénalisé les entreprises.

En septembre, la production industrielle a ainsi progressé de 3,1% seulement sur un an, un rythme bien moindre que celui enregistré un mois plus tôt (5,3%). Les analystes tablaient certes sur un ralentissement, mais plus modéré (4,5%).

Autre point d'inquiétude pour les économistes: les déboires d'Evergrande et une éventuelle faillite de ce géant de l'immobilier.

Ce secteur, qui est traditionnellement l'une des locomotives de l'économie chinoise, a joué un rôle clé pour la reprise post-pandémie.

De ce fait, "une incertitude considérable demeure" pour la croissance en fin d'année, soulignait récemment dans une note la banque d'affaires Goldman Sachs.

Une contagion de la crise immobilière au reste de l'économie pourrait coûter "dans le pire scénario" un à deux points de croissance à la Chine, a prévenu la banque UBS.

Les autorités ont par ailleurs lancé ces derniers mois une campagne afin de freiner ce qu'elles considèrent comme un développement "désordonné" de l'économie. 

Plusieurs secteurs dynamiques (numérique, showbiz, cours de soutien scolaire...) ont été visés, faisant perdre aux firmes dans le collimateur des dizaines de milliards d'euros de valeur boursière. 

Ce tour de vis a créé de l'incertitude parmi les investisseurs et pesé sur la croissance.

Crainte de l'hiver

Sur le front sanitaire, la Chine a été confrontée cet été à un rebond épidémique, le plus important en termes d'étendue géographique, qui a pénalisé la consommation. La situation est désormais largement maîtrisée.

Les ventes de détail, principal indicateur de la consommation, ont malgré tout connu une hausse de 4,4% sur un an en septembre, contre 2,5% en août.

Il s'agit d'un niveau bien supérieur aux prévisions d'analystes (3,3%).

Mais l'objectif de "zéro infection" en Chine, avec des quarantaines drastiques dès l'apparition de cas, risque de freiner la reprise, nuance l'analyste de la banque Nomura, Ting Lu.

Le taux de chômage -- calculé pour les seuls urbains -- s'est affiché en septembre à 4,9%, en baisse de 0,2 point par rapport à août, après un record absolu de 6,2% en février 2020, au plus fort de l'épidémie.

Compte tenu du ralentissement économique, ce chiffre "laisse perplexe", relève l'économiste Zhang Zhiwei, chez Pinpoint Asset Management.

Toujours est-il que la baisse du chômage ne va "pas inciter" Pékin à lancer des mesures pour relancer l'économie, croit savoir M. Zhang. 

Quant à l'investissement en capital fixe, sa croissance a fortement ralenti sur les neuf premiers mois de l'année, à 7,3%, selon le BNS.

Officiellement, le gouvernement chinois vise un objectif de croissance du PIB d'au moins 6% cette année. Le Fonds monétaire international (FMI) table quant à lui sur une hausse de 8%.

"Mais les perspectives s'annoncent difficiles pour le quatrième trimestre", prévient M. Biswas.

"Les pénuries d'électricité sont amenées à se poursuivre en hiver", une saison qui voit traditionnellement un pic de consommation.

PEKIN: "Les incertitudes s'accumulent": la Chine a vu sa croissance s'essouffler au troisième trimestre, avec une hausse du PIB de 4,9%, conséquence de la crise de l'immobilier et des pénuries d'électricité qui pénalisent les entreprises.

Ce ralentissement était largement anticipé. Un groupe d'analystes sondés par l'AFP tablait toutefois sur une décélération moins prononcée (5%).

Au deuxième trimestre 2021, le produit intérieur brut (PIB) du pays avait enregistré une hausse de 7,9% sur un an, après un rebond sur la période janvier-mars (18,3%).

Bien que sujet à caution, le chiffre officiel du PIB de la Chine est toujours scruté de près compte tenu du poids du pays dans l'économie mondiale.

D'un trimestre à l'autre, la croissance du géant asiatique progresse de 0,2% seulement, un rythme bien inférieur à celui de la période avril-juin (1,3%) et le plus faible depuis début 2020 quand l'épidémie de Covid-19 avait mis quasi à l'arrêt l'activité en Chine.

"Les incertitudes liées à la conjoncture mondiale s'accumulent, tandis que la reprise intérieure reste instable et inégale", a relevé le Bureau national des statistiques (BNS).

Ce ralentissement de la croissance est lié principalement à "des coupures de courant, au rebond épidémique dans certaines régions en août, à des perturbations des chaînes d'approvisionnement et au ralentissement dans l'immobilier", relève pour l'AFP l'analyste Rajiv Biswas, du cabinet IHS Markit.

«Incertitude considérable»

Désormais quasi débarrassée du Covid-19, la Chine voit sa reprise menacée par la forte hausse du coût des matières premières, en particulier du charbon, dont le pays est très dépendant pour alimenter ses centrales électriques.

Résultat: les centrales tournent au ralenti, malgré une forte demande, et l'électricité est rationnée, ce qui a fait bondir les coûts de production et pénalisé les entreprises.

En septembre, la production industrielle a ainsi progressé de 3,1% seulement sur un an, un rythme bien moindre que celui enregistré un mois plus tôt (5,3%). Les analystes tablaient certes sur un ralentissement, mais plus modéré (4,5%).

Autre point d'inquiétude pour les économistes: les déboires d'Evergrande et une éventuelle faillite de ce géant de l'immobilier.

Ce secteur, qui est traditionnellement l'une des locomotives de l'économie chinoise, a joué un rôle clé pour la reprise post-pandémie.

De ce fait, "une incertitude considérable demeure" pour la croissance en fin d'année, soulignait récemment dans une note la banque d'affaires Goldman Sachs.

Une contagion de la crise immobilière au reste de l'économie pourrait coûter "dans le pire scénario" un à deux points de croissance à la Chine, a prévenu la banque UBS.

Les autorités ont par ailleurs lancé ces derniers mois une campagne afin de freiner ce qu'elles considèrent comme un développement "désordonné" de l'économie. 

Plusieurs secteurs dynamiques (numérique, showbiz, cours de soutien scolaire...) ont été visés, faisant perdre aux firmes dans le collimateur des dizaines de milliards d'euros de valeur boursière. 

Ce tour de vis a créé de l'incertitude parmi les investisseurs et pesé sur la croissance.

Crainte de l'hiver

Sur le front sanitaire, la Chine a été confrontée cet été à un rebond épidémique, le plus important en termes d'étendue géographique, qui a pénalisé la consommation. La situation est désormais largement maîtrisée.

Les ventes de détail, principal indicateur de la consommation, ont malgré tout connu une hausse de 4,4% sur un an en septembre, contre 2,5% en août.

Il s'agit d'un niveau bien supérieur aux prévisions d'analystes (3,3%).

Mais l'objectif de "zéro infection" en Chine, avec des quarantaines drastiques dès l'apparition de cas, risque de freiner la reprise, nuance l'analyste de la banque Nomura, Ting Lu.

Le taux de chômage -- calculé pour les seuls urbains -- s'est affiché en septembre à 4,9%, en baisse de 0,2 point par rapport à août, après un record absolu de 6,2% en février 2020, au plus fort de l'épidémie.

Compte tenu du ralentissement économique, ce chiffre "laisse perplexe", relève l'économiste Zhang Zhiwei, chez Pinpoint Asset Management.

Toujours est-il que la baisse du chômage ne va "pas inciter" Pékin à lancer des mesures pour relancer l'économie, croit savoir M. Zhang. 

Quant à l'investissement en capital fixe, sa croissance a fortement ralenti sur les neuf premiers mois de l'année, à 7,3%, selon le BNS.

Officiellement, le gouvernement chinois vise un objectif de croissance du PIB d'au moins 6% cette année. Le Fonds monétaire international (FMI) table quant à lui sur une hausse de 8%.

"Mais les perspectives s'annoncent difficiles pour le quatrième trimestre", prévient M. Biswas.

"Les pénuries d'électricité sont amenées à se poursuivre en hiver", une saison qui voit traditionnellement un pic de consommation.


De la sécurité hydrique à l’IA, Vision Golfe trace la prochaine étape de la coopération France-GCC

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  • Vision Golfe 2026 a mis en lumière l’attention croissante portée par la France et les pays du Golfe à la résilience, à la souveraineté et à la compétitivité, par des discussions consacrées surtout à la sécurité hydrique et à l’intelligence artificielle
  • Au-delà des débats stratégiques, les nombreuses rencontres B2B et B2G ont souligné la volonté du forum de favoriser des partenariats concrets, des investissements et une coopération économique durable

PARIS: La résilience stratégique s’est imposée comme le thème central de la première journée de Vision Golfe 2026, qui a réuni à Paris des décideurs politiques français et du Golfe, des chefs d’entreprise, des investisseurs et des innovateurs afin d’explorer de nouvelles perspectives de coopération dans un environnement mondial de plus en plus complexe.

Placée sous le thème « De la coopération à la transformation », cette édition du forum a mis en avant une ambition commune : dépasser les relations économiques traditionnelles pour construire des partenariats plus profonds, capables de soutenir la compétitivité à long terme, une croissance durable et la souveraineté économique.

Le forum s’est ouvert avec les interventions de Louis Margueritte, directeur général de Business France, des ministres français Roland Lescure et Nicolas Forissier, ainsi que les allocutions de Khalid bin Saleh Al-Mudaifer, vice-ministre saoudien de l’Industrie et des Ressources minérales chargé des affaires minières, et de Jean-Yves Le Drian, ancien ministre français. Tous ont souligné l’importance stratégique croissante de la coopération entre la France et les pays du Golfe dans des domaines allant de l’investissement et du développement industriel à la souveraineté économique et à la croissance de long terme.

Dans un contexte marqué par les incertitudes géopolitiques, les ruptures technologiques et les pressions croissantes sur les ressources critiques, les discussions ont porté tout au long de la journée sur les moyens de renforcer la résilience grâce à la coopération dans les domaines de l’investissement, de l’innovation, des infrastructures et du capital humain. 

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Roland Lescure, ministre français de l’Économie. (Photo fournie)

Compétitivité économique et autonomie stratégique

Un thème récurrent a émergé au fil des échanges : le lien croissant entre compétitivité économique et autonomie stratégique.

Qu’il s’agisse des ressources critiques, des infrastructures numériques, des capacités industrielles ou des chaînes d’approvisionnement, les intervenants ont souligné que la résilience économique dépend de plus en plus de la capacité à réduire les vulnérabilités tout en préservant des partenariats internationaux solides.

La notion de souveraineté dépasse désormais les seules considérations de sécurité pour englober l’accès aux technologies, aux talents, aux financements et à des écosystèmes industriels résilients. 

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Louis Margueritte, directeur général de Business France. (Photo fournie)

Cette vision élargie de la résilience a constitué le fil conducteur de plusieurs discussions de la journée.

Lors du panel intitulé « Sécurité hydrique, décarbonation et souveraineté : des stratégies intégrées pour une gestion circulaire des ressources », la question de l’eau s’est imposée comme un enjeu central des stratégies économiques.

Les échanges ont montré que la sécurité hydrique n’est plus perçue uniquement comme un défi environnemental ou infrastructurel, mais comme un pilier stratégique du développement économique, de la croissance industrielle, de la sécurité alimentaire et de la résilience climatique.

Le panel réunissait Abdullah Bin Tuwaym, directeur des transactions à la Saudi Water Partnership Company (SHARAKAT), Mohammed Al-Zuabi, directeur général de Marafiq, Luis de Lope, directeur général de SAUR International, et Iheb Triki, cofondateur et directeur général de Kumulus Water.

Les discussions ont porté sur l’évolution des partenariats public-privé, le financement des infrastructures durables, le rôle des technologies numériques dans la gestion des services publics et l’importance croissante de l’économie circulaire dans la gestion des ressources.

Les intervenants ont souligné que les pays du GCC ont fait de la sécurité hydrique une priorité stratégique nationale grâce à des investissements dans le dessalement, le traitement des eaux usées et les infrastructures de services publics avancées. L’attention se porte désormais davantage sur l’efficacité, la réutilisation de l’eau, les technologies décentralisées et le renforcement de la coopération public-privé afin de consolider la souveraineté des ressources à long terme.

Complémentarité des atouts de la France et du Golfe

Ces échanges ont illustré une prise de conscience plus large parmi les acteurs français et du Golfe : la sécurité des ressources est devenue une composante essentielle de la résilience économique.

Si l’eau symbolise le défi de la rareté, l’intelligence artificielle a été présentée comme l’une des plus grandes opportunités de croissance pour les années à venir.

Le panel « IA et technologies émergentes : construire un leadership franco-golfique dans la course mondiale à l’innovation » a examiné la manière dont les deux régions peuvent renforcer leur position dans un environnement technologique mondial de plus en plus compétitif.

Les intervenants ont insisté sur le fait que l’IA n’est plus seulement une question d’innovation. Elle est devenue un facteur stratégique influençant la productivité, la compétitivité industrielle, les services publics et les capacités technologiques nationales.

Les discussions ont mis en évidence la complémentarité des atouts des deux régions. La France apporte des institutions de recherche de premier plan, un savoir-faire industriel et des écosystèmes d’innovation reconnus, tandis que les pays du Golfe disposent de stratégies nationales ambitieuses, d’importantes capacités d’investissement et d’une forte capacité de déploiement à grande échelle.

Selon les participants, un renforcement de la coopération permettrait d’accélérer l’innovation, d’attirer les talents et de consolider la souveraineté technologique à un moment où la compétition mondiale pour les technologies avancées s’intensifie.

La question de la résilience a également occupé une place importante lors du panel « Corridors stratégiques : renforcer la connectivité et la résilience dans la logistique mondiale », animé par Ali Itani, responsable d’Arab News France et Japon.

Réunissant Gérard Mestrallet, envoyé spécial du président de la République française pour le corridor économique Inde-Moyen-Orient-Europe (IMEC), Charles-Emmanuel de Beauregard (QNB), Alexandre Joseph (Bahri) et Poul Hestbaek (Folk Maritime Services Company), cette discussion a mis en lumière l’importance croissante des réseaux de transport et de logistique.

Les perturbations récentes du commerce mondial ont révélé les vulnérabilités des chaînes d’approvisionnement, poussant gouvernements et entreprises à repenser les flux de marchandises, d’énergie et de ressources stratégiques entre les régions.

Les intervenants ont souligné que les corridors de transport, les routes maritimes et les plateformes logistiques sont désormais considérés comme des actifs stratégiques au service de la sécurité économique et de la compétitivité.

Selon eux, le renforcement de la connectivité entre l’Europe et le Golfe sera essentiel pour soutenir les échanges commerciaux, les investissements et le développement industriel à venir.

Si les discussions ont largement porté sur les technologies, les infrastructures et les ressources, les intervenants ont rappelé à plusieurs reprises que la transformation de long terme repose avant tout sur le capital humain.

Les systèmes éducatifs, le développement des compétences et la formation professionnelle doivent évoluer pour répondre aux besoins d’économies en mutation rapide.

Les participants ont souligné l’importance de préparer les nouvelles générations aux métiers émergents tout en favorisant l’apprentissage tout au long de la vie et l’adaptation des compétences.

Alors que la France et les pays du Golfe poursuivent d’ambitieuses stratégies de diversification économique, le capital humain apparaît comme un levier essentiel de compétitivité et d’innovation. 

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Des responsables politiques français et du Golfe, des dirigeants d’entreprise, des investisseurs et des innovateurs réunis à Paris à l’occasion de Vision Golfe 2026 pour explorer de nouvelles opportunités de coopération. (Photo fournie)

Parallèlement aux sessions de conférence, une série de rencontres entre entreprises (B2B) et entre entreprises et institutions publiques (B2G) s’est tenue tout au long de la journée, renforçant la dimension concrète et opérationnelle du forum.

Si les discussions ont couvert des sujets aussi variés que la gestion de l’eau, l’intelligence artificielle, la logistique ou encore l’éducation, un même constat s’est imposé lors de cette première journée de Vision Golfe 2026 : la compétitivité économique de demain reposera sur des partenariats plus étroits dans les secteurs stratégiques.

À mesure que le forum se poursuit, l’attention devrait progressivement se déplacer de l’identification des priorités communes vers la mise en œuvre de projets, d’investissements et de collaborations capables de transformer ces ambitions en réalisations concrètes pour la France comme pour les pays du Golfe.


BMW révise à la baisse ses objectifs à cause du Moyen-Orient et du marché chinois

Le spécialiste de véhicules haut de gamme a vu son bénéfice net chuter de 23,1% au premier trimestre sur un an, à 1,7 milliard d'euros, notamment en raison des droits de douane américains. (AFP)
Le spécialiste de véhicules haut de gamme a vu son bénéfice net chuter de 23,1% au premier trimestre sur un an, à 1,7 milliard d'euros, notamment en raison des droits de douane américains. (AFP)
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  • Selon un communiqué, le groupe basé à Munich prévoit désormais une baisse "significative" de son bénéfice avant impôts, contre une baisse modérée auparavant, ainsi qu'un "léger" recul des livraisons contre une stagnation plus tôt
  • Sa marge opérationnelle devrait s'établir à un niveau très faible de 1 à 3%, et non dans une fourchette de 4 à 6% comme indiqué précédemment

BERLIN: Le constructeur automobile allemand BMW a annoncé mardi revoir à la baisse ses objectifs pour 2026, en raison du conflit au Moyen-Orient et des difficultés sur le marché chinois, et a laissé entendre qu'il pourrait bientôt instaurer un plan d'économies.

Selon un communiqué, le groupe basé à Munich prévoit désormais une baisse "significative" de son bénéfice avant impôts, contre une baisse modérée auparavant, ainsi qu'un "léger" recul des livraisons contre une stagnation plus tôt.

Sa marge opérationnelle devrait s'établir à un niveau très faible de 1 à 3%, et non dans une fourchette de 4 à 6% comme indiqué précédemment.

La dégradation du marché automobile chinois s’est encore accélérée au deuxième trimestre, notamment pour les segments non électrique, note le constructeur.

De plus, les prix de l'énergie demeurent élevés, dans le sillon de la guerre en Iran, et la confiance des consommateurs dans le monde est en berne.

Ces deux effets pèseront "significativement" sur les résultats au deuxième trimestre, prévient le groupe.

Par ailleurs, BMW va "intensifier et accélérer ses initiatives en cours de réduction des coûts" via des mesures de restructuration, qui ne sont néanmoins pas détaillées.

Celles-ci entraîneront un "impact ponctuel négatif" au deuxième semestre et auront des effets sur les prochaines années, prévient le constructeur.

Le spécialiste de véhicules haut de gamme a vu son bénéfice net chuter de 23,1% au premier trimestre sur un an, à 1,7 milliard d'euros, notamment en raison des droits de douane américains.

En mai, le patron de BMW Oliver Zipse notait une conséquence positive du conflit au Moyen-Orient sur l'activité: la hausse de la demande de véhicules électriques en Europe en réponse à la flambée du carburant.

Mais cela ne soulage pas pour autant l'industrie automobile allemande, pilier de la première économie européenne, qui est prise en tenaille entre la rude compétition chinoise et les droits de douane américains.


Carrefour s'engage à retirer 5.000 tonnes de plastique de ses rayons d'ici à 2030

Carrefour s'est engagé mardi à retirer 5.000 tonnes d'emballages plastique de ses magasins d'ici à 2030 au profit de matériaux plus durables et moins coûteux, et revendique avoir déjà enlevé "25.000 tonnes" de plastique de ses rayons depuis 2017. (AFP)
Carrefour s'est engagé mardi à retirer 5.000 tonnes d'emballages plastique de ses magasins d'ici à 2030 au profit de matériaux plus durables et moins coûteux, et revendique avoir déjà enlevé "25.000 tonnes" de plastique de ses rayons depuis 2017. (AFP)
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  • Carrefour veut aussi favoriser les "ventes de produits consignés" avec des prix "en moyenne 5% moins chers au litre que leur équivalent non réutilisable" et "plus de 1.000 références"
  • Objectif: 50 millions de bouteilles réutilisables ainsi commercialisées d'ici à 2030

PARIS: Bouteilles réutilisables, recharges pour les produits d'hygiène... Carrefour s'est engagé mardi à retirer 5.000 tonnes d'emballages plastique de ses magasins d'ici à 2030 au profit de matériaux plus durables et moins coûteux, et revendique avoir déjà enlevé "25.000 tonnes" de plastique de ses rayons depuis 2017.

Cette annonce survient dans "contexte de fortes tensions sur le prix et la disponibilité du plastique", dérivé du pétrole renchéri avec la guerre au Moyen-Orient, selon un communiqué du distributeur.

Le groupe compte ainsi économiser 5 millions d'euros qui seront réinvestis dans des baisses de prix pouvant aller jusqu'à 10%, est-il ajouté.

"La forte instabilité des marchés pétroliers et la hausse des éco-contributions (payées par les producteurs et distributeurs, NDLR) associées au prix des emballages ont entraîné une hausse de la tonne de plastique vierge de 50%", résume Carrefour.

Cinq actions sont prévues "dans des rayons" où le plastique reste "encore trop souvent la norme", avec l'objectif d"'initier une transformation complète" via de "nouveaux standards de marché", explique le groupe dirigé depuis 2017 par Alexandre Bompard.

Après de précédentes mesures de "déplastification" concernant les fruits et légumes, les piles, les ampoules et le textile, le distributeur promet de supprimer le suremballage plastique sur les lots promotionnels dès 2028 pour ses produits en marque propre et dès 2030 pour ceux des marques nationales.

Il entend réduire de 30% les emballages plastiques des produits d'hygiène et d'entretien "via le développement de format recharges en plastique recyclé, à un prix 10 à 20% moins cher" ou encore "de grands contenants", pour "2.000 tonnes de plastique" en moins.

Egalement au programme, un "emballage 100% papier" pour le papier hygiénique, pour une réduction de 1.500 tonnes.

Carrefour veut aussi favoriser les "ventes de produits consignés" avec des prix "en moyenne 5% moins chers au litre que leur équivalent non réutilisable" et "plus de 1.000 références". Objectif: 50 millions de bouteilles réutilisables ainsi commercialisées d'ici à 2030.

Enfin, de nouveaux emballages "associant boîte carton et fenêtre plastique" sont prévus pour les pâtisseries et viennoiseries "au rayon traditionnel".

Ces dernières semaines, des associations ont dénoncé l'omniprésence du plastique dans les supermarchés et leur recours encore trop faible à la consigne du verre pour réemploi.

Le gouvernement envisage par ailleurs la mise en place d'une consigne sur les bouteilles en plastique pour recyclage, objet d'une réunion de concertation mardi.