Sous pression, le gouvernement envisage un chèque carburant

Les prix à la pompe ont encore augmenté de 2 centimes la semaine dernière, atteignant des niveaux historiquement hauts à 1,56 euro le litre pour le gazole en moyenne, et 1,62 euro pour l'essence sans-plomb. (Photo, AFP)
Les prix à la pompe ont encore augmenté de 2 centimes la semaine dernière, atteignant des niveaux historiquement hauts à 1,56 euro le litre pour le gazole en moyenne, et 1,62 euro pour l'essence sans-plomb. (Photo, AFP)
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Publié le Lundi 18 octobre 2021

Sous pression, le gouvernement envisage un chèque carburant

  • Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire et la ministre de la Transition énergétique Barbara Pompili ont tout deux évoqué cette piste lundi
  • «Il y aura une action à court terme», avait déjà assuré la semaine dernière Emmanuel Macron

PARIS: Pour apaiser un début de fronde face à la flambée des prix des carburants, le gouvernement semble se diriger vers le versement d'un chèque, qu'il tente de calibrer au mieux, au moment où l'enjeu du pouvoir d'achat fait un retour tonitruant dans la pré-campagne présidentielle.

Le ministre de l'Economie Bruno Le Maire et la ministre de la Transition énergétique Barbara Pompili ont tout deux évoqué cette piste lundi, mais aussi les obstacles à lever pour mettre en place un tel chèque carburant.

Si Bruno Le Maire s'est ainsi dit sur Europe 1 "davantage favorable" à la création d'un chèque, sur le modèle du chèque énergie qui a été décidé pour compenser la hausse du prix du gaz, qu'à une baisse des taxes sur le gazole et l'essence, "il reste du travail à faire", pour le mettre au point, a-t-il prévenu.

La question est "surtout (de) savoir que ça puisse arriver le plus rapidement possible vers les Français" qui en ont besoin, selon lui.

Les prix à la pompe ont encore augmenté de 2 centimes la semaine dernière, atteignant des niveaux historiquement hauts à 1,56 euro le litre pour le gazole en moyenne, et 1,62 euro pour l'essence sans-plomb contenant jusqu'à 10% d'éthanol (SP95-E10).

"On n’a pas aujourd’hui, comme pour le chèque énergie, une base de données de toutes les personnes qui pourraient en avoir besoin. On n'a pas une base de données des gens qui ont besoin de leur voiture pour aller travailler par exemple", a de son côté expliqué sur France 2 Barbara Pompili.

Dans les Hauts-de-France, la région présidée par Xavier Bertrand, prétendant à droite à la candidature pour la prochaine élection présidentielle, un tel dispositif existe depuis 2016, concentré sur les foyers aux revenus modestes qui utilisent beaucoup leur véhicule pour travailler.

Le temps presse maintenant pour le gouvernement, qui entend faire une annonce "dès qu'on peut", selon Barbara Pompili. "Il y aura une action à court terme", avait déjà assuré la semaine dernière Emmanuel Macron.

Car le sujet est sensible, le prix à la pompe faisant partie des dépenses les plus scrutées par les ménages, et potentiellement explosif, comme à l'automne 2018 lorsque la trajectoire de hausse de la taxe carbone avait déclenché le mouvement des gilets jaunes.

A six mois de l'élection présidentielle les craintes sur le pouvoir d'achat deviennent ainsi un des sujets majeurs de la pré-campagne, alors que l'exécutif tente de défendre l'amélioration du pouvoir d'achat des Français depuis le début du quinquennat (+4%).

Ce samedi, quelques ronds points ont d'ailleurs de nouveau été occupés dans plusieurs départements, mais sans commune mesure avec ce qu'il s'était passé il y a trois ans.

FO appelle à systématiser la prime transport

Le syndicat Force ouvrière demande l'ouverture sans délai de négociations au niveau national interprofessionnel pour une mise en œuvre systématique de la "prime transport", dans un communiqué lundi.

FO assure avoir interpellé Matignon à ce sujet vendredi. Comme il l'avait déjà fait en novembre 2018, alors qu'éclatait le mouvement des "gilets jaunes", le syndicat appelle à une réunion rapide d'une commission tripartite (confédérations syndicales et organisations patronales) avec le ministère du Travail afin de "généraliser ce dispositif".

"Les négociations devraient porter sur un cadrage minimum au niveau national interprofessionnel ou à tout le moins au niveau des branches afin de s'assurer que le plus grand nombre de salariés concernés puisse bénéficier d'une 'prime transport', dont le plafond devrait être relevé à cette même occasion", précise-t-il.

"En effet, l'inflation accélère, portée notamment par les hausses des prix de l'énergie, gaz et électricité mais aussi les prix des carburants dont la hausse est estimée à plus de 12% au cours des six derniers mois", argue la Confédération.

FO appelle par ailleurs "à l'élargissement et l'augmentation de l'aide à la mobilité pour les demandeurs d'emploi".

La "prime de transport" consiste en une prise en charge des frais de carburant ou d'électricité engagés par un salarié pour ses déplacements entre sa résidence habituelle et son lieu de travail, lorsque l'un ou l'autre est situé en dehors de la région Ile-de-France et d’un périmètre de transports urbains.

Pas de «cagnotte fiscale»

Et déjà, les oppositions montent au créneau, notamment à gauche, pour réclamer un effort important et surtout rapide.

Alexis Corbière, porte-parole du candidat LFI Jean-Luc Mélenchon, a demandé un blocage immédiat des prix, quand le candidat du parti communiste Fabien Roussel a réclamé l'instauration d'une "taxe flottante", et cela "rapidement" pour amortir la hausse des prix à la pompe, alors que les taxes représentent 60% du prix du litre de carburant.

Plus largement, il a appelé lundi les Français à se mobiliser devant les préfectures, et à Paris le 21 novembre, pour défendre leur pouvoir d'achat. 

Le patron d'EELV Julien Bayou a lui demandé la redistribution de la "cagnotte fiscale" liée à la hausse des prix à la pompe via un chèque énergie supplémentaire.

Une cagnotte qui n'existe pas selon Bruno Le Maire. S'il a concédé que la hausse des prix de l'énergie pourrait représenter une hausse des rentrées de TVA de 2,5 milliards d'euros en 2022, "l'Etat ne se fait pas d'argent sur le dos des Français", a-t-il martelé lundi.

Le chèque énergie supplémentaire de 100 euros qui sera versé à 5,8 millions de ménages en décembre et le plafonnement de la hausse des prix de l'électricité prévue en février prochain, via une baisse de taxe, coûteront 5,6 milliards d'euros aux finances publiques, a-t-il rappelé.


L’ambassadeur Al Ruwaily, en fin de mission à Paris : les relations franco-saoudiennes continueront de se renforcer

Alruwaily et son épouse Fatima Alruwaily avec l’ancien ministre des affaires étrangères Jean-Yves Le Drian et son épouse. (Photo fournie)
Alruwaily et son épouse Fatima Alruwaily avec l’ancien ministre des affaires étrangères Jean-Yves Le Drian et son épouse. (Photo fournie)
  • Au fil de son intervention, l’ambassadeur a insisté sur la qualité exceptionnelle du partenariat franco-saoudien, qu’il considère comme l’un des plus solides jamais établis entre les deux pays
  • Les visites croisées du prince héritier à Paris et du président Emmanuel Macron à Riyad ont donné une nouvelle impulsion à cette relation, avec la signature d’accords structurants, dont le Conseil de partenariat stratégique franco-saoudien

PARIS: C’est avec une émotion sincère que l’ambassadeur d’Arabie saoudite en France, Fahd Al Ruwaily, a fait ses adieux à Paris, au terme de plus de cinq années et demie d’une mission qui aura profondément marqué les relations entre les deux pays.

Entouré de responsables français, de diplomates, d’amis et de partenaires de longue date, il a choisi de placer cette soirée sous le signe de la gratitude, de l’amitié et de l’espoir.

arabie saoudite

L’ambassadeur Alruwaily avec le sénateur Olivier Cadic ( à droite) et le directeur Moyen-Orient et Afrique du Nord au Quai d’orsay Romaric Roignan. (Photo fournie)

Dès les premiers mots de son intervention, il a tenu à remercier chaleureusement les nombreux invités venus partager ce moment malgré la chaleur caniculaire. « Votre présence me touche profondément », a-t-il confié avec simplicité, donnant à cette réception un ton chaleureux teinté de nostalgie.

Revenant sur son arrivée en France à la fin de l’année 2020, il a évoqué les circonstances exceptionnelles de sa prise de fonctions, en pleine pandémie de Covid-19.

Paris, alors silencieuse et confinée, n’avait pas encore retrouvé le rayonnement qui fait sa réputation. C’est dans cette résidence, où s’est tenue la réception, qu’il avait présenté, le 30 décembre 2020, la copie de ses lettres de créance, marquant ainsi le début d’une mission diplomatique qui allait rapidement prendre une dimension particulière.

« Il est toujours difficile de quitter Paris », a-t-il reconnu. Étudiant, puis jeune diplomate, quelques jours passés dans la capitale française suffisaient déjà à lui laisser des souvenirs impérissables.

Après plus de cinq années passées en France, les émotions sont naturellement bien plus fortes.

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Le couple Alruwaily avec l’ancien ministre des affaires étrangères Philippe Douste-Blazy et son épouse. (Photo fournie)

Cette période aura coïncidé avec une phase historique pour le Royaume d’Arabie saoudite. Al Ruwaily a rappelé que sa mission s’est inscrite dans la dynamique de la Vision 2030, vaste programme de réformes lancé par le prince héritier Mohammed ben Salmane.

Dix ans après son lancement, ce projet a profondément transformé le Royaume dans les domaines économique, culturel, éducatif, touristique et social, ouvrant de nombreuses perspectives de coopération avec la France.

Au fil de son intervention, l’ambassadeur a insisté sur la qualité exceptionnelle du partenariat franco-saoudien, qu’il considère comme l’un des plus solides jamais établis entre les deux pays.

Les visites croisées du prince héritier à Paris et du président Emmanuel Macron à Riyad ont donné une nouvelle impulsion à cette relation, avec la signature d’accords structurants, dont le Conseil de partenariat stratégique franco-saoudien et sa feuille de route.

À ses yeux, cette coopération dépasse largement le cadre diplomatique. Elle se nourrit de convergences sur les grands dossiers régionaux et internationaux, mais également d’échanges humains, économiques, culturels, scientifiques et sécuritaires de plus en plus nombreux.

Le seul mois de juin en a offert une illustration éloquente, a souligné Al Ruwaily. Plusieurs hauts responsables saoudiens ont effectué des visites en France, tandis que d’importantes délégations françaises se rendaient au Royaume.

La réunion annuelle du Conseil d’affaires franco-saoudien, le Forum Vision Golfe ou encore la participation remarquée du Royaume au salon Eurosatory témoignent d’une relation particulièrement dynamique.

Au-delà du bilan diplomatique, le discours a surtout laissé transparaître une profonde reconnaissance envers celles et ceux qui ont accompagné cette mission.

L’ambassadeur a réservé ses premiers remerciements à son épouse, Fatimah, et à leurs enfants, saluant leur patience et leur soutien tout au long de ces années exigeantes.

Il a également rendu hommage aux équipes de l’ambassade, dont l’engagement et l’esprit de famille ont constitué, selon lui, l’une des clés des succès obtenus.

Il a ensuite exprimé sa gratitude envers les autorités françaises, les parlementaires, les responsables du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, les conseillers de l’Élysée ainsi que les organisations internationales installées à Paris, avec lesquelles le Royaume entretient une coopération étroite.

Au moment de conclure, l’émotion était palpable. En quittant Paris, a-t-il confié, sa famille et lui emportent bien davantage que des souvenirs professionnels. Ils repartent avec des amitiés sincères, des expériences humaines précieuses et la conviction que les liens entre la France et l’Arabie saoudite continueront de se renforcer au service du dialogue, de la coopération et de la paix.

Selon plusieurs médias français, l’ancien ambassadeur d’Arabie saoudite en Syrie devrait succéder à Fahd Al Ruwaily à Paris.


La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, annonce soutenir Edouard Philippe à la présidentielle

La porte-parole du gouvernement Maud Bregeon a annoncé lundi qu'elle soutiendrait la candidature de l'ancien Premier ministre Édouard Philippe (Horizons) à la présidentielle et serait présente à son meeting prévu dimanche à Paris. (AFP)
La porte-parole du gouvernement Maud Bregeon a annoncé lundi qu'elle soutiendrait la candidature de l'ancien Premier ministre Édouard Philippe (Horizons) à la présidentielle et serait présente à son meeting prévu dimanche à Paris. (AFP)
  • "Il est aujourd'hui plus que les autres dans (la) capacité de rassembler largement" et d'atteindre le second tour de la présidentielle "pour éviter l'arrivée du Rassemblement national au pouvoir"
  • Le rassemblement "bien au-delà de sa propre famille politique" est "un impératif absolument vital pour le pays"

PARIS: La porte-parole du gouvernement Maud Bregeon a annoncé lundi qu'elle soutiendrait la candidature de l'ancien Premier ministre Édouard Philippe (Horizons) à la présidentielle et serait présente à son meeting prévu dimanche à Paris.

"Il est aujourd'hui plus que les autres dans (la) capacité de rassembler largement" et d'atteindre le second tour de la présidentielle "pour éviter l'arrivée du Rassemblement national au pouvoir", a expliqué sur France Inter la porte-parole, proche du ministre de la Justice Gérald Darmanin dont l'éventuelle candidature semble d'autant plus incertaine.

Le rassemblement "bien au-delà de sa propre famille politique" est "un impératif absolument vital pour le pays", a ajouté Maud Bregeon, adhérente du parti Renaissance, dirigé par un autre candidat à la présidentielle et également ancien Premier ministre, Gabriel Attal.

Édouard Philippe a "beaucoup d'expérience, expérience de Premier ministre, expérience de maire et je crois que dans les temps extrêmement troublés que nous vivons aujourd'hui, c'est quelque chose qui est important", a-t-elle argumenté.

Maud Bregeon, 35 ans, n'a pour autant "pas l'intention de changer de parti".

Quant à l'engagement imposé par Sébastien Lecornu aux membres de son gouvernement de ne pas faire de politique en dehors de leurs fonctions ministérielles, elle a expliqué qu'elle n'aurait "aucun rôle opérationnel" dans la campagne du maire du Havre.

Connue pour être une "puncheuse", cette figure médiatique du camp macroniste est une ancienne ingénieure d'EDF, spécialiste du nucléaire, originaire de Poitiers. Elle a adhéré dès novembre 2016 à En Marche et a été élue députée en 2022.

Proche de Gérald Darmanin, comme Édouard Philippe issu de LR, son positionnement donne une indication de celui du ministre de la Justice qui pourrait annoncer son ralliement à la candidature du Havrais.

Au sein du camp centriste, Edouard Philippe, président d'Horizons, candidat déclaré de longue date, est toujours en tête dans les sondages face à Gabriel Attal (Renaissance) mais tous deux restent largement distancés par le Rassemblement national.


La canicule "recule" mais la pression sur le système de santé va durer "plusieurs jours", prévient Matignon

Une enseigne de pharmacie affiche 44 °C à Thionville, dans le nord-est de la France, le 26 juin 2026, en pleine vague de chaleur. (AFP)
Une enseigne de pharmacie affiche 44 °C à Thionville, dans le nord-est de la France, le 26 juin 2026, en pleine vague de chaleur. (AFP)
  • La canicule recule en France, mais ses effets sanitaires devraient se poursuivre plusieurs jours, avec une pression élevée sur les hôpitaux et une hausse des décès, notamment à domicile
  • Le gouvernement maintient un niveau de vigilance élevé face aux risques d'incendies et prévoit un bilan de cette crise pour renforcer la préparation aux futures vagues de chaleur

PARIS: La canicule "recule" mais ses effets sanitaires "restent devant nous" pendant "plusieurs jours", ont indiqué samedi les services du Premier ministre Sébastien Lecornu, à l'issue d'une nouvelle cellule interministérielle de crise (CIC) sur la vague de chaleur inédite, à laquelle il a assisté en visio.

"Si la canicule recule, ses effets sur la pression sur le système de santé, eux, restent devant nous: un plateau haut va s'installer pendant plusieurs jours, par effet de latence sanitaire (déshydratation, décompensations, hospitalisations différées)", a écrit Matignon dans un compte-rendu de la réunion qui s'est tenue samedi matin.

Matignon appelle à la "vigilance de tout un chacun" en confirmant, comme déjà évoqué par la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, "une hausse du nombre de décès, principalement à domicile, cohérente avec un pic différé" et liée à "l'isolement de certaines personnes âgées ou fragiles".

En revanche, "aucune situation anormale dans les Ehpad n'a été remontée", soulignent les services de M. Lecornu, attentif à ne pas répéter les erreurs qui avaient marqué la canicule de 2003, qui a fait 15.000 morts, dont beaucoup de personnes âgées.

Matignon fait valoir "l'efficacité des mesures mises en place par les équipes sur le terrain et les nombreux investissements réalisés ces dernières années".

Le système de santé "connaît un pic d'activité lié à la canicule" qui "justifie le maintien" de la mobilisation à son niveau le plus élevé (plan Orsan 3) et le "déclenchement des plans blancs" dans les hôpitaux concernés, détaille Matignon.

Dans un autre message à la presse, le Premier ministre se dit "prêt" sur le volet des feux de forêts, alors que les départs de feu et les interventions des services d'urgence sont "plus élevés" que l'année dernière.

Le gouvernement invite à "la vigilance" du fait de "la sécheresse de la végétation et de l'arrivée du mistral et de la tramontane", en rappelant qu'une "régulation des moissons" a été mise en œuvre pour éviter les départs de feu, ainsi que les investissements déjà engagés pour la sécurité civile.

Le Premier ministre se félicite aussi que "de nombreux choix" ces derniers jours aient "bien fonctionné dans la gestion de crise", citant l'interdiction de la consommation d'alcool lors de la Fête de la musique ou l'"effet" des investissements pour l'hôpital issus du Ségur de la Santé.

Mais il reconnaît que "d'autres points peuvent devenir préoccupants en cas de canicules répétées et doivent être traités : rafraîchissement des hopitaux, robustesse des réseaux d'eau, électrique, SNCF".

Il a demandé de ce fait un "bilan" de cette canicule "pour en tirer des conclusions de planification", alors que l'exécutif est critiqué pour n'avoir pas suffisamment anticipé la crise climatique.