Un mur commémorant l’explosion de Beyrouth recouvert de portraits des victimes

Des bénévoles apportant les touches finales au mur commémoratif représentant plus de 200 victimes de l’explosion du port de Beyrouth. (Photo fournie)
Des bénévoles apportant les touches finales au mur commémoratif représentant plus de 200 victimes de l’explosion du port de Beyrouth. (Photo fournie)
Le journaliste visuel Brady Back travaillant sur un portrait. (Photo fournie)
Le journaliste visuel Brady Back travaillant sur un portrait. (Photo fournie)
Une partie du mur commémoratif réalisé par Brady Black dans le quartier Saïfi, à quelques mètres du port de Beyrouth. (Photo fournie)
Une partie du mur commémoratif réalisé par Brady Black dans le quartier Saïfi, à quelques mètres du port de Beyrouth. (Photo fournie)
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Publié le Mercredi 20 octobre 2021

Un mur commémorant l’explosion de Beyrouth recouvert de portraits des victimes

  • L’artiste américain Brady Black a dessiné plus de 200 portraits à la mémoire de toutes les victimes de l’explosion du 4 août 2020
  • «J’espère que ce mur sera reçu comme il se doit et aidera les victimes d’une manière ou d’une autre», explique-t-il à Arab News

DUBAÏ: Les victimes de l’explosion du port de Beyrouth seront toujours «vues et commémorées» grâce à un mur sur lequel sont dessinés plus de 200 portraits réalisés par un artiste américain.

L’artiste et journaliste visuel Brady Black, basé à Beyrouth, a décidé de faire le portrait des victimes de l’explosion meurtrière du 4 août 2020 après avoir vu leurs familles et leurs proches pleurer leur mort tragique.

Depuis que la troisième plus forte explosion non-nucléaire au monde a eu lieu, les familles des victimes manifestent devant le port de Beyrouth en brandissant des photos de leurs proches pour demander que justice soit faite.

Installé au Liban depuis son arrivée avec sa femme en 2015, M. Black a contacté un institut d’art appelé Art of Change à Beyrouth pour collaborer sur un projet créatif et commémorer les victimes. Il a passé près de quatre mois à dessiner les portraits des 220 victimes en noir et blanc. Chaque portrait fait environ 3 m2 et représente une image de chaque victime.

«J’espère que ce mur sera reçu comme il se doit et les aidera d’une manière ou d’une autre», explique-t-il à Arab News. Jusqu’à présent, les réactions sont positives et encourageantes, affirme l’artiste. «J’ai vu beaucoup de familles satisfaites par le travail accompli.»

L’explosion du port de Beyrouth, propriété du gouvernement, a coûté la vie à 220 personnes, fait plus de 6500 blessés et laissé 300 000 personnes sans-abris. L’explosion a été provoquée par un incendie dans un entrepôt contenant du nitrate d’ammonium et a causé des dommages estimés à 3 milliards de dollars (environ 2,56 milliards d’euros).

Depuis l’explosion, les familles des victimes se rassemblent le quatrième jour de chaque mois pour manifester et brandir les photos des êtres chers qu’elles ont perdus. M. Black a été témoin de plusieurs de ces rassemblements, ce qui l’a incité à réaliser ce projet. «Il me semblait qu’elles disaient “Regardez-les… souvenez-vous d’eux”. J’ai donc décidé de faire ce qu’elles faisaient, c’est-à-dire brandir les photos de leurs proches pour que tout le monde puisse les voir, a souligné M. Black. «Je le fais simplement de manière permanente et très visible», indique-t-il.

Art of Change a joué un rôle essentiel dans le projet, selon M. Black. «L’installation elle-même n’a duré que quelques heures grâce à la mobilisation de 40 bénévoles qui se sont tous réunis pour monter l’ensemble», précise-t-il. «Nous avons eu besoin de quelques jours supplémentaires pour apporter les touches finales.»

Art of Change, cofondé par Jason Camp et Imane Assaf à Beyrouth, est un institut d’art et un centre créatif qui collabore avec des artistes. «Les portraits des 220 victimes ont été installés sur un mur commémoratif pour leur rendre hommage dans le quartier de Saïfi, qui se trouve à quelques mètres du lieu de l’explosion», détaille Mme Assaf, directrice du centre, à Arab News.

«Le 4 août, à l’occasion du premier anniversaire de l’explosion, les familles sont venues voir le mur commémoratif et ont déposé des fleurs. C’était tellement émouvant et puissant.»

Art of Change avait déjà collaboré avec Brady Black sur des projets similaires impliquant les pauvres et les plus démunis, dont les photos avaient été affichées à Hamra et Manara, entre autres. Pour ce projet en particulier, M. Black a confié qu’il appréciait les réactions positives, mais qu’il n’était pas prêt émotionnellement à parler aux familles des victimes. «Cela a été très encourageant pour moi de pouvoir contribuer un tant soit peu à ce que leur voix soit entendue», conclut-il.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Liban: Israël vise un commandant de haut rang du Hezbollah dans la banlieue de Beyrouth

Israël a mené mercredi soir une frappe sur la banlieue sud de Beyrouth pour la première fois depuis près d'un mois, tuant un commandant de haut rang du Hezbollah, selon une source proche de la formation pro-iranienne. (AFP)
Israël a mené mercredi soir une frappe sur la banlieue sud de Beyrouth pour la première fois depuis près d'un mois, tuant un commandant de haut rang du Hezbollah, selon une source proche de la formation pro-iranienne. (AFP)
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  • Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a confirmé de son côté une frappe visant à "neutraliser le commandant" de cette unité, sans préciser son identité, dans un communiqué conjoint avec le ministre de la Défense
  • Le bombardement a eu lieu dans le quartier de Ghobeiri, dans la banlieue sud de la capitale libanaise, bastion du mouvement chiite, selon l'Agence nationale d'information (ANI, officielle)

BEYROUTH: Israël a mené mercredi soir une frappe sur la banlieue sud de Beyrouth pour la première fois depuis près d'un mois, tuant un commandant de haut rang du Hezbollah, selon une source proche de la formation pro-iranienne.

Par ailleurs, au moins 11 personnes ont été tuées mercredi dans des frappes sur le sud et l'est du Liban, selon le ministère de la Santé, alors que Israël poursuit ses opérations malgré la trêve entrée en vigueur le 17 avril.

Une frappe à Saksakiyeh, entre Saïda et Tyr, a notamment fait quatre morts et 33 blessés, dont six enfants, selon le ministère.

D'autre part, quatre soldats israéliens en opération dans le sud du Liban ont été blessés, dont un grièvement, mercredi, par un drone explosif, selon un communiqué militaire israélien publié jeudi.

A Beyrouth, "Malek Ballout, commandant des opérations de la force al-Radwan", l'unité d'élite du groupe, a été tué, a déclaré à l'AFP la source proche du Hezbollah.

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a confirmé de son côté une frappe visant à "neutraliser le commandant" de cette unité, sans préciser son identité, dans un communiqué conjoint avec le ministre de la Défense.

Le bombardement a eu lieu dans le quartier de Ghobeiri, dans la banlieue sud de la capitale libanaise, bastion du mouvement chiite, selon l'Agence nationale d'information (ANI, officielle).

De la fumée s'est élevée du quartier visé, ont constaté des journalistes de l'AFP qui ont vu des habitants quitter les lieux avec leurs effets personnels.

De nombreux Libanais ont déjà fui cette banlieue au début des hostilités le 2 mars, quand le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre régionale en visant Israël, en représailles à l'offensive israélo-américaine sur l'Iran.

D'après une source de sécurité libanaise s'exprimant sous couvert d'anonymat, la frappe a ciblé un appartement où se tenait une réunion de responsables de la force al-Radwan.

Depuis le 8 avril, date à laquelle l'aviation israélienne avait mené des frappes massives sur le Liban, faisant plus de 350 morts, Beyrouth et sa banlieue n'avaient plus été visées.

"Chaque occasion" 

Le Hezbollah a pour sa part annoncé avoir ciblé des forces et véhicules israéliens dans plusieurs localités frontalières du sud du Liban, affirmant riposter à "la violation du cessez-le-feu par l'ennemi israélien".

Au terme de l'accord de cessez-le-feu, rendu public par le département d'Etat américain, Israël "se réserve le droit de prendre, à tout moment, toutes les mesures nécessaires en légitime défense contre des attaques planifiées, imminentes ou en cours" du Hezbollah.

"Nous saisirons chaque occasion pour approfondir le démantèlement du Hezbollah et continuer à l'affaiblir", a averti le chef de l'armée israélienne, le lieutenant-général Eyal Zamir, venu rendre visite aux soldats israéliens déployés dans le sud.

Les frappes israéliennes au Liban ont fait près de 2.700 morts, plus de 8.200 blessés et un million de déplacés depuis début mars.

Sur cette période, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) "a vérifié 152 attaques contre des structures de santé, qui ont fait 103 morts et 241 blessés", selon son directeur général, Tedros Adhanom Ghebreyesus.

"Ces attaques ont entraîné la fermeture de trois hôpitaux et de 41 centres de soins (...) et endommagé 16 autres hôpitaux", a-t-il précisé sur X.


Huit morts dans l'incendie d'un centre commercial près de Téhéran

Au moins huit personnes ont été tuées et une quarantaine blessées dans l'incendie d'un centre commercial dans une ville proche de Téhéran, a rapporté mercredi la télévision d'Etat. (AFP)
Au moins huit personnes ont été tuées et une quarantaine blessées dans l'incendie d'un centre commercial dans une ville proche de Téhéran, a rapporté mercredi la télévision d'Etat. (AFP)
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  • Le parquet a ouvert une enquête afin de déterminer les raisons de ce drame et a délivré un mandat d'arrêt contre le constructeur du bâtiment
  • Les incendies sont fréquents en Iran mais font rarement des victimes

TEHERAN: Au moins huit personnes ont été tuées et une quarantaine blessées dans l'incendie d'un centre commercial dans une ville proche de Téhéran, a rapporté mercredi la télévision d'Etat.

L'incendie a débuté mardi dans ce centre commercial de la ville d'Andisheh qui héberge 250 commerces et une cinquantaine de bureaux situé à une trentaine de kilomètres de la capitale, selon les autorités locales.

Des images diffusées mardi par les médias iraniens montraient plusieurs étages en flammes, laissant s'échapper d'épaisses fumées noires.

Le parquet a ouvert une enquête afin de déterminer les raisons de ce drame et a délivré un mandat d'arrêt contre le constructeur du bâtiment.

Les incendies sont fréquents en Iran mais font rarement des victimes.

En juin 2020, une puissante explosion provoquée par des bonbonnes de gaz qui avaient pris feu dans une clinique du nord de Téhéran avait fait au moins 19 morts.

En janvier 2017, un incendie dans un centre commercial de 15 étages à Téhéran avait fait au moins 22 morts, dont 16 pompiers.


Israël appelle à l'évacuation de 12 villages du sud du Liban 

Plus de 2.700 personnes ont été tuées dans les frappes israéliennes depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, selon les autorités libanaises. L'armée israélienne a dénombré 17 soldats et un contractuel tués dans le sud du Liban. (AFP)
Plus de 2.700 personnes ont été tuées dans les frappes israéliennes depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, selon les autorités libanaises. L'armée israélienne a dénombré 17 soldats et un contractuel tués dans le sud du Liban. (AFP)
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  • Israël affirme avoir le droit selon les termes de la trêve de frapper à l'intérieur d'un secteur délimité par une "ligne jaune" qu'elle appelle "zone de sécurité", qui s'étend sur une dizaine de km depuis la frontière
  • La plupart des villages désignés par le porte-parole se trouvent cependant bien au-delà de cette zone

JERUSALEM: L'armée israélienne a appelé mercredi à l'évacuation de 12 villages du sud du Liban, avant de probables frappes visant selon elle le mouvement pro-iranien Hezbollah.

"Pour votre sécurité, vous devez évacuer vos maisons immédiatement et vous éloigner (...) d'au moins 1.000 mètres vers des zones dégagées", a écrit sur son compte X Avichai Adraee, le porte-parole de l'armée israélienne en langue arabe.

Israël et le Hezbollah s'accusent régulièrement de violer le cessez-le-feu, entré en vigueur le 17 avril.

Israël affirme avoir le droit selon les termes de la trêve de frapper à l'intérieur d'un secteur délimité par une "ligne jaune" qu'elle appelle "zone de sécurité", qui s'étend sur une dizaine de km depuis la frontière.

La plupart des villages désignés par le porte-parole se trouvent cependant bien au-delà de cette zone.

Plus de 2.700 personnes ont été tuées dans les frappes israéliennes depuis le début de la guerre entre Israël et le Hezbollah le 2 mars, selon les autorités libanaises. L'armée israélienne a dénombré 17 soldats et un contractuel tués dans le sud du Liban.