Critiquée à l'OMC, la Chine promet de s'ouvrir davantage

Le port de Lianyungang dans la province de Jiangsu: bien qu'étant un géant commercial, la Chine continue de profiter des avantages des pays en développement face à ses principaux partenaires commerciaux que sont les Etats-Unis et l'Union européenne. (Photo, AFP)
Le port de Lianyungang dans la province de Jiangsu: bien qu'étant un géant commercial, la Chine continue de profiter des avantages des pays en développement face à ses principaux partenaires commerciaux que sont les Etats-Unis et l'Union européenne. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 21 octobre 2021

Critiquée à l'OMC, la Chine promet de s'ouvrir davantage

  • Pékin est régulièrement accusé par les pays riches de ne pas respecter ses obligations prévues en matière de libre échange
  • A l’Organisation mondiale du commerce, la République populaire se présente comme un pays «en développement» pour profiter des avantages commerciaux

GENEVE : La Chine a promis mercredi à l'OMC d'ouvrir davantage son marché et d'accélérer son "nouveau modèle de développement" fondé sur la demande intérieure, des promesses qui n'ont pas fait taire les critiques américaines et européennes.

L'Organisation mondiale du commerce organise de mercredi à vendredi l'examen des pratiques commerciales de la Chine, un exercice auquel se soumettent à intervalles réguliers tous les membres de l'organisation, à huis clos.

Le ministre du Commerce chinois, Wang Wentao, qui s'est exprimé en ligne, a soutenu que son pays entendait ouvrir son économie et "ne poursuivait jamais son propre développement aux dépens des intérêts des autres pays", selon un représentant du Commerce basé à Genève.

La plupart des pays ayant pris la parole ont souligné les efforts entrepris par la Chine pour moderniser ses politiques économiques et commerciales, mais l'ont exhorté "à poursuivre les réformes et son ouverture afin d'atteindre une concurrence de marché plus libre et plus équitable, tout en assurant une plus grande transparence", selon le même représentant du Commerce.

Pékin est régulièrement accusé par les pays riches de ne pas respecter ses obligations prévues par l'OMC en matière de notifications des mesures commerciales - telles que les subventions et les droits de douane.

Dans un rapport publié à l'occasion de la réunion, transmis par l'OMC, la Chine indique avoir l'intention "d'accélérer les efforts déployés pour encourager un nouveau modèle de développement qui a pour élément principal la circulation intérieure".

Pékin indique aussi vouloir "faire du marché chinois un marché pour le monde", et "mettre en œuvre une politique d'importation plus dynamique".

Dans le rapport, la Chine défend avec vigueur le multilatéralisme, et promet "en tant que pays en développement" d'approfondir la coopération Sud-Sud et contribuer à l'allégement de la dette de ces pays.

Le précédent examen des politiques commerciales chinoises remonte à 2018. Alors que la guerre commerciale entre Washington et Pékin venait de commencer, les États-Unis de Donald Trump avaient alors remis en cause la légitimité de la Chine à faire partie de l'OMC, en l'accusant notamment de ne pas ouvrir suffisamment son marché.

Cette fois encore, les États-Unis se sont montrés très critiques. Le chargé d'Affaires américain, David Bisbee, a été l'un des premiers à prendre la parole.

Lors de l'examen de 2018, a-t-il dit, les États-Unis ont prononcé un discours qui exposait "l'importance du rôle de la Chine dans le système commercial international et les défis uniques et fondamentaux que la Chine pose à ce système", et "aujourd'hui, ces défis persistent".

Il a accusé Pékin d'être devenu "la plus grande puissance commerciale à l'OMC, tout en accentuant son approche étatique du commerce (...) au détriment des travailleurs et des entreprises des États-Unis et d'autres pays" et a en particulier pointé du doigt les politiques industrielles de la Chine qui "vont bien au-delà du soutien aux industries nationales" et "faussent les règles du jeu".

L'ambassadeur de l'UE, Joao Aguiar Machado, a dénoncé également les "distorsions de concurrence" générées par le soutien de l’État chinois à l'économie et appelé la Chine à "s'abstenir de réclamer des avantages qui correspondraient à un pays en développement dans les négociations en cours" à l'OMC.

A l'OMC, les membres annoncent eux-mêmes qu'ils font partie des pays "développés" ou "en développement" - comme le fait la Chine - ce que lui reprochent vivement Washington et Bruxelles, qui réclament une réforme de l'organisation.


Suez remporte à Oman un des plus gros contrats de son histoire, dans la gestion de l'eau

Le géant des services à l'environnement Suez a remporté un contrat de gestion de l'eau de deux milliards d'euros sur 15 ans à Oman. (AFP)
Le géant des services à l'environnement Suez a remporté un contrat de gestion de l'eau de deux milliards d'euros sur 15 ans à Oman. (AFP)
  • Le géant des services à l'environnement Suez a remporté un contrat de gestion de l'eau de deux milliards d'euros sur 15 ans à Oman
  • Ce contrat, qui couvre la gestion et la maintenance des services d'eau potable et d'assainissement de la capitale Mascate et des gouvernorats de Sharqiyah Nord et Sharqiyah Sud, figure "dans le top 3 de l'histoire de Suez"

PARIS: Le géant des services à l'environnement Suez a remporté un contrat de gestion de l'eau de deux milliards d'euros sur 15 ans à Oman, un des plus importants de son histoire, a-t-il annoncé lundi.

Ce contrat, qui couvre la gestion et la maintenance des services d'eau potable et d'assainissement de la capitale Mascate et des gouvernorats de Sharqiyah Nord et Sharqiyah Sud, figure "dans le top 3 de l'histoire de Suez", a déclaré le directeur général du groupe, Xavier Girre, lors d'un entretien à l'AFP.

 

 


Air France reprend ses vols directs entre Riyad et Paris

 Air France a annoncé la reprise de ses vols directs entre Riyad et Paris, rétablissant une liaison stratégique entre le Royaume d'Arabie saoudite et la France après une suspension temporaire liée à la situation régionale. (AFP)
Air France a annoncé la reprise de ses vols directs entre Riyad et Paris, rétablissant une liaison stratégique entre le Royaume d'Arabie saoudite et la France après une suspension temporaire liée à la situation régionale. (AFP)
  • « L'Arabie saoudite est un marché d'une importance stratégique pour Air France, et nous sommes heureux de reprendre nos vols directs entre Riyad et Paris »
  • « Nous sommes de nouveau en mesure d'offrir à nos clients des solutions de voyage fluides, aussi bien pour les déplacements professionnels que pour les voyages de loisirs, tout en leur garantissant le niveau de service et l'hospitalité française »

RIYAD: Air France a annoncé la reprise de ses vols directs entre Riyad et Paris, rétablissant une liaison stratégique entre le Royaume d'Arabie saoudite et la France après une suspension temporaire liée à la situation régionale.

À compter de cette reprise, la compagnie française retrouvera son programme initial de trois vols hebdomadaires entre l'aéroport international King Khalid de Riyad et l'aéroport Paris-Charles de Gaulle, conformément à son programme de la saison estivale 2026.

Cette reprise intervient dans un contexte de renforcement des échanges économiques, touristiques et culturels entre les deux pays. Elle marque également la volonté d'Air France de consolider sa présence sur le marché saoudien, considéré comme l'un des plus stratégiques de la région.

« L'Arabie saoudite est un marché d'une importance stratégique pour Air France, et nous sommes heureux de reprendre nos vols directs entre Riyad et Paris », a déclaré Raza Syed, Country Manager Arabie saoudite et Égypte d'Air France-KLM.

Il a souligné que cette reprise reflète l'engagement à long terme du groupe envers le Royaume et permettra aux voyageurs de bénéficier à nouveau de l'ensemble du réseau international d'Air France-KLM grâce aux correspondances proposées depuis Paris. « Nous sommes de nouveau en mesure d'offrir à nos clients des solutions de voyage fluides, aussi bien pour les déplacements professionnels que pour les voyages de loisirs, tout en leur garantissant le niveau de service et l'hospitalité française qui font la réputation d'Air France », a-t-il ajouté.

Dans le cadre de cette reprise, Flying Blue, le programme de fidélité d'Air France et de KLM, lance une offre promotionnelle destinée aux voyageurs au départ du Royaume. Les passagers réservant leurs billets entre le 29 juin et le 13 juillet 2026 pourront cumuler trois fois plus de Miles, pour des voyages effectués jusqu'au 31 décembre 2026.

Horaires des vols

La liaison Riyad-Paris (AF685) sera assurée les mardis, jeudis et dimanches, avec un départ de Riyad à 8h45 et une arrivée à Paris à 14h25.

Le vol retour Paris-Riyad (AF684) opérera les lundis, mercredis et samedis, avec un départ de Paris à 23h20 et une arrivée à Riyad à 6h35 le lendemain.

Fondée en 1933, Air France emploie plus de 40 000 collaborateurs et, avec KLM et Transavia, fait partie du groupe Air France-KLM. Le groupe dessert plus de 300 destinations dans le monde grâce à une flotte de plus de 500 appareils et poursuit ses investissements dans la modernisation de sa flotte ainsi que dans la réduction de son empreinte environnementale.


La dette française dépasse les 3.500 milliards d'euros, en pleine préparation du budget 2027

La dette colossale de la France a dépassé la barre des 3.500 milliards d'euros au premier trimestre, en plein débat sur le budget 2027 et la maîtrise des finances publiques. (AFP)
La dette colossale de la France a dépassé la barre des 3.500 milliards d'euros au premier trimestre, en plein débat sur le budget 2027 et la maîtrise des finances publiques. (AFP)
  • La situation de la dette française est "assez délicate", estime Mathieu Plane, économiste de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), "parce qu'on n'est pas du tout dans une zone de stabilité ou de décrue"
  • "Depuis 2007, en points de PIB, la dette a quasiment doublé", car elle ne pesait alors que 65,5% du PIB

PARIS: La dette colossale de la France a dépassé la barre des 3.500 milliards d'euros au premier trimestre, en plein débat sur le budget 2027 et la maîtrise des finances publiques.

La dette publique a augmenté à 3.536,1 milliards d'euros, pour s'établir à 117,5% du produit intérieur brut (PIB), a annoncé jeudi l'Institut national de la statistique (Insee).

Cela représente une augmentation de 75,6 milliards d'euros par rapport à fin 2025, où elle était de 3.460,5 milliards d'euros, soit 115,7% du PIB. Elle avait alors baissé sur un trimestre mais continué à grimper par rapport à fin 2024, où elle était de 3.306,1 milliards et pesait 112,6% du PIB.

La situation de la dette française est "assez délicate", estime Mathieu Plane, économiste de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), "parce qu'on n'est pas du tout dans une zone de stabilité ou de décrue".

"Depuis 2007, en points de PIB, la dette a quasiment doublé", car elle ne pesait alors que 65,5% du PIB, ajoute-t-il. "On a depuis 20 ans des chocs macroéconomiques qui font que les dettes publiques ont beaucoup augmenté", mais "depuis quelques années la France décroche de la moyenne européenne".

Entre 2019 et 2025, la France a connu "la plus forte progression, après celle de la Finlande," de sa dette en points de PIB, relève le spécialiste des finances publiques François Ecalle.

"Ce qui l'explique, c'est le niveau du déficit", et "la plupart des gouvernements en sont responsables depuis 50 ans", estime-t-il.

Premier poste de l'Etat 

Deuxième économie de la zone euro derrière l'Allemagne, la France en est l'un des cancres budgétaires. Elle affiche le deuxième déficit le plus élevé, à 5,1% du PIB en 2025, derrière la Belgique (5,2%). Un niveau trop important pour lui permettre de stabiliser sa dette, la troisième plus élevée (par rapport au PIB) après celles de la Grèce et de l'Italie.

"Notre position relative, par rapport aux autres pays, s'est nettement dégradée", renchérit Bruno Cavalier, économiste chez Oddo BHF.

Dans le budget, le poste consacré au remboursement de la dette est devenu le premier de l'Etat, devant celui de l'Education (hors pensions), rappelait récemment le ministre français de l'Economie Roland Lescure lors d'un colloque à la Cour des comptes, évoquant un "coût de la dette record".

Le service de la dette de l'Etat devrait ainsi atteindre 64 milliards d'euros en 2026, et "pourrait augmenter jusqu'à 100 milliards dans les années qui viennent", avait-il ajouté.

"Notre charge d'intérêts de la dette va mécaniquement augmenter" car "le renouvellement de la dette va nous coûter plus cher qu'avant", souligne Mathieu Plane. "C'est très important d'être crédibles pour garantir un financement bon marché" des investisseurs.

Le gouvernement français veut afficher une trajectoire vertueuse: il s'est fixé comme objectif un déficit à 5% en 2026, avec une dette à 118,4% du PIB, avant de ramener son déficit sous 3% en 2029, avec une dette stabilisée à 118% du PIB.

Comité d'alerte 

Mais la tâche s'annonce ardue. Selon une étude réalisée par quatre économistes de l'Institut des politiques macroéconomiques et internationales (i-MIP), il existerait un peu plus d'une chance sur deux (55%) de rater la cible des 118% du PIB en 2029.

Le redressement des finances publiques est d'autant plus complexe que le gouvernement, en quête d'un budget pour 2027 - dont il doit présenter les grandes lignes mi-juillet -, a promis d'éviter les hausses d'impôts.

Pour faire le point sur la situation, il réunira prochainement un Comité d'alerte des finances publiques. Ce Comité devrait être l'occasion d'annoncer de nouvelles coupes budgétaires pour compenser le coût de la guerre au Moyen-Orient, après déjà 6 milliards d'euros d'économies présentées en avril.

Dans un contexte économique difficile, le gouvernement devrait aussi abaisser ses prévisions de croissance pour 2026, actuellement de 0,9%. La Banque de France a revu à la baisse les siennes à 0,5% du PIB (contre 0,9% avant). L'Insee, elle, table sur 0,7%.

Face à une équation budgétaire complexe, le ministre des Comptes publiques David Amiel a aussi missionné quatre économistes pour réfléchir à des scénarios de redressement des finances publiques dès 2027. Ils devraient rendre leurs conclusions début juillet.