Au Soudan du Sud, les inondations mettent en péril les moyens de subsistance des habitants

Les tukuls – des huttes locales faites de boue et d’herbe – sont entourées d’eau près de Malualkon, dans l’État de Bahr el-Ghazal, au Soudan du Sud. (AP)
Les tukuls – des huttes locales faites de boue et d’herbe – sont entourées d’eau près de Malualkon, dans l’État de Bahr el-Ghazal, au Soudan du Sud. (AP)
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Publié le Vendredi 22 octobre 2021

Au Soudan du Sud, les inondations mettent en péril les moyens de subsistance des habitants

  • Il s'agit de la troisième année consécutive d'inondations extrêmes au Soudan du Sud
  • Selon l’ONU, les inondations auraient touché près d’un demi-million de personnes à travers le pays depuis mai

MALUALKON, Soudan du Sud: Il se sent comme un noyé. Il s’agit des pires inondations qu’un certain nombre de régions du Soudan du Sud aient connues en soixante ans. Elles entourent désormais sa maison de boue et d’herbe. L’eau a englouti le champ de sorgho qui nourrissait sa famille. Les digues de boue environnantes se sont effondrées.

Les autres ont quitté les lieux. Il ne reste plus que la famille de Yel Aguer Deng et quelques voisins.

Il s'agit de la troisième année consécutive d'inondations extrêmes au Soudan du Sud. Elles compromettent les moyens de subsistance d’une très grande partie des onze millions d’habitants du pays le plus jeune du monde. Une guerre civile qui dure depuis cinq ans, la faim et la corruption ont affaibli le pays. Il est désormais impossible d'ignorer le réchauffement climatique que les Nations unies ont rendu responsable des inondations.

En vidant son filet de pêche, Daniel Deng, 50 ans et père de sept enfants, se remémore une vie où il a souvent été contraint de fuir en raison de l’insécurité. «Mais cet événement (les inondations) est de trop», déclare-t-il. «C’est la pire chose que j’aie jamais connue.»

Selon l’Organisation des nations unies (ONU), les inondations auraient touché près d’un demi-million de personnes à travers le Soudan du Sud depuis mai. Ici, dans l'État du nord de Bahr el-Ghazal, la rivière Lol a débordé.

Les inondations extrêmes, qui touchent les États de Jonglei et d’Unité bordant le Nil blanc et les marais du Sudd, épargnent généralement l’État de Bahr el-Ghazal. Cette fois-ci cependant, les maisons et les récoltes sont inondées.

Un nouveau rapport, publié cette semaine par l’Organisation météorologique mondiale (OMM), met en garde contre l’augmentation de tels chocs climatiques dans une grande partie de l’Afrique, le continent qui contribue le moins au réchauffement climatique mais qui en souffrira le plus.

Dans ces communautés rurales du Soudan du Sud, les abris en herbe tressée offrent une résistance bien fragile dans une terre où l’eau semble être une ressource inépuisable.

Dans le village de Langic, la famille de sept personnes d’Ajou Bol Yel héberge neuf voisins qui ont perdu leur maison. Les aînés dorment dehors sur des lits protégés par des moustiquaires, tandis que les enfants se partagent le sol.

À Majak Awar, cent familles ont été déplacées à deux reprises; en juin lorsque les maisons ont été inondées, puis en août lorsque leurs abris ont également été détruits.

«Je veux partir pour le Soudan», murmure Nyibol Arop, une mère de cinq enfants âgée de 27 ans, alors qu’elle prépare son thé du matin à quelques pas de l’eau stagnante qui menace son abri actuel.

Il est difficile d’envisager un avenir stable lorsqu’on est constamment en mouvement. Telle est la leçon tirée de la guerre civile qui a déplacé des millions de personnes avant l’accord de paix de 2018.

«Les inondations ne sont pas constantes. Certaines personnes resteront et d’autres partiront», déclare Thomas Mapol, un père de neuf enfants âgé de 45 ans, pendant qu’il montre les maisons détruites de son village près de Majak Awar. «Mais moi, je ne peux aller nulle part. Je ne connais aucun autre endroit.»

 Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le ministre libanais de la Défense reçoit l'ambassadeur saoudien à Beyrouth

Fahd Al-Dosari (à droite) et le général de division Michel Menassa à Beyrouth. (Photo fournie)
Fahd Al-Dosari (à droite) et le général de division Michel Menassa à Beyrouth. (Photo fournie)
  • L’ambassadeur saoudien au Liban, Fahd Al-Dosari, a été reçu lundi par le ministre libanais de la Défense, le général de division Michel Menassa, dans son bureau à Beyrouth
  • Les parties ont discuté des développements récents et des moyens de renforcer les relations bilatérales

BEYROUTH : L’ambassadeur saoudien au Liban, Fahd Al-Dosari, a été reçu lundi par le ministre libanais de la Défense, le général de division Michel Menassa, dans son bureau à Beyrouth.

Les deux parties ont évoqué les derniers développements et les moyens de renforcer les relations bilatérales, a rapporté l’Agence de presse saoudienne.

Par ailleurs, le prince Saud bin Naif bin Abdulaziz, gouverneur de la Province de l’Est, a reçu lundi à Dammam l’ambassadeur du Kenya auprès du Royaume, Joseph Masila. Ils ont eu des entretiens cordiaux et ont abordé des questions d’intérêt commun.


L'ex-ministre égyptien Nabil Fahmy officiellement nommé à la tête de la Ligue arabe

La Ligue arabe a officiellement entériné la nomination à sa tête de Nabil Fahmy, ancien chef de la diplomatie égyptienne. (AFP)
La Ligue arabe a officiellement entériné la nomination à sa tête de Nabil Fahmy, ancien chef de la diplomatie égyptienne. (AFP)
  • L'ancien haut diplomate de 75 ans a dirigé les Affaires étrangères égyptiennes de juin 2013 à juillet 2014
  • Il deviendra le huitième Egyptien à la tête de l'organisation panarabe basée au Caire, en succédant à Ahmed Aboul Gheit, en poste depuis 2016 (deux mandats)

LE CAIRE: La Ligue arabe a officiellement entériné la nomination à sa tête de Nabil Fahmy, ancien chef de la diplomatie égyptienne, lors d'une réunion à Amman en Jordanie des ministres des Affaires étrangères de l'organisation, a-t-elle indiqué lundi dans un communiqué.

Nabil Fahmy, qui avait été nommé secrétaire général à l'unanimité en mars, prendra ses fonctions début juillet et pour cinq ans.

L'ancien haut diplomate de 75 ans a dirigé les Affaires étrangères égyptiennes de juin 2013 à juillet 2014. Il deviendra le huitième Egyptien à la tête de l'organisation panarabe basée au Caire, en succédant à Ahmed Aboul Gheit, en poste depuis 2016 (deux mandats).

La Ligue arabe, qui compte 22 membres n'a eu qu'un seul secrétaire général non égyptien depuis sa création: le Tunisien Chedli Klibi dans les années 1980, après que l'Egypte a été suspendue de l'organisation pour avoir signé un traité de paix avec Israël.

Fondée en 1945, la Ligue arabe est la principale organisation régionale dédiée à la concertation politique au sein du monde arabe.


Guerre Israël-Hezbollah: JD Vance discute avec le président libanais d'une cellule de prévention

Un véhicule transportant des matelas passe devant un panneau d'affichage sur lequel est accroché un portrait du président libanais Joseph Aoun et où l'on peut lire : « La diplomatie est le moyen de mettre fin au wat au Liban », le long de l'autoroute de la ville côtière de Sidon, alors que des familles déplacées regagnent leurs villages d'origine dans le sud du Liban, le 15 juin 2026. (AFP)
Un véhicule transportant des matelas passe devant un panneau d'affichage sur lequel est accroché un portrait du président libanais Joseph Aoun et où l'on peut lire : « La diplomatie est le moyen de mettre fin au wat au Liban », le long de l'autoroute de la ville côtière de Sidon, alors que des familles déplacées regagnent leurs villages d'origine dans le sud du Liban, le 15 juin 2026. (AFP)
  • L'entretien a porté sur "la consolidation du cessez-le-feu au Liban, l'arrêt de l'escalade militaire israélienne et les mesures à prendre à cet égard, y compris la possibilité de former une cellule à cette fin"
  • De son côté, M. Vance a affirmé lundi que ce "mécanisme" était destiné à faire en sorte que "lorsque quelque chose se passe, cela ne se dégénère pas en escalade de plus grande ampleur

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a reçu un appel du vice-président américain JD Vance portant notamment sur la création d'une cellule préventive visant à mettre fin à la guerre entre Israël et le Hezbollah pro-iranien, a indiqué son bureau lundi.

Au terme d'une première séance de négociations en Suisse, Washington et Téhéran se sont entendus sur la mise en place d'une "cellule de gestion des conflits", selon les médiateurs pakistanais et qatari.

M. Aoun a reçu à ce sujet "un appel téléphonique du vice‑président américain JD Vance, du principal conseiller du président américain Jared Kushner et du Premier ministre qatari, Cheikh Mohammed ben Abdelrahmane al-Thani", a précisé la présidence libanaise.

L'entretien a porté sur "la consolidation du cessez-le-feu au Liban, l'arrêt de l'escalade militaire israélienne et les mesures à prendre à cet égard, y compris la possibilité de former une cellule à cette fin", selon la même source.

Cette cellule constituera "le premier test réel", a commenté le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi.

De son côté, M. Vance a affirmé lundi que ce "mécanisme" était destiné à faire en sorte que "lorsque quelque chose se passe, cela ne se dégénère pas en escalade de plus grande ampleur".

"Nous pensons (...) que nous pouvons parvenir à une situation dans laquelle la souveraineté et l'intégrité territoriale du Liban est protégée, comme la sécurité d'Israël", a ajouté le vice-président américain à l'issue des pourparlers en Suisse.

"Cela va nécessiter une certaine coordination avec les forces armées libanaises, et aussi que les Iraniens maîtrisent le Hezbollah", a-t-il avancé.

Des affrontements meurtriers entre Israël et le Hezbollah ont eu lieu vendredi et samedi au Liban, faisant vaciller le protocole d'accord irano-américain qui prévoit la fin des hostilités sur tous les fronts.

"Nous négocions pour nous-mêmes" 

Le Liban connaît désormais une accalmie, confirmée lundi par le porte-parole du secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres. Dimanche "a été le premier jour depuis la reprise des hostilités le 2 mars au Liban" où les Casques Bleus "n'ont pas détecté des tirs ou des interceptions", a affirmé Stéphane Dujarric, selon qui ce calme "s'est poursuivi ce (lundi) matin".

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a toutefois prévenu lundi que les soldats déployés dans le sud du Liban "disposent d'une liberté d'action totale pour neutraliser toute menace directe ou potentielle à leur encontre ou à l'encontre des habitants du nord" d'Israël.

"L'armée israélienne ne fait l'objet d'aucune restriction sur cette question", a ajouté M. Netanyahu, selon un communiqué de son bureau.

L'entente pour créer une cellule de crise, qui n'inclut pas Israël, intervient à la veille de nouvelles discussions directes à Washington entre le Liban et Israël, qui n'entretiennent pas de relations diplomatiques.

Il s'agira de la cinquième session depuis le début de la guerre entre le Hezbollah et Israël le 2 mars.

Le mouvement chiite a attaqué Israël pour venger la mort le 28 février du guide suprême iranien Ali Khamenei, dans l'offensive américano-israélienne. Les frappes israéliennes de représailles ont fait plus de 4.000 morts.

Une trêve, théoriquement en vigueur depuis le 17 avril, n'a jamais été respectée.

"Nous négocions pour nous-mêmes, et n'acceptons pas qu'une autre partie négocie pour nous", a insisté Joseph Aoun lundi.

"Nous accueillons toute aide venant de tout pays pour mettre fin à la guerre (...) mais il y a une grande différence entre oeuvrer à nous aider et s'ingérer dans nos affaires internes", a-t-il rappelé, dans une allusion à l'Iran, qui a longtemps exercé une forte influence au Liban à travers le Hezbollah.

Beyrouth, qui s'est employé au cours des derniers mois à dissocier les dossiers libanais et iranien, pousse en faveur de la réussite des pourparlers de Washington, auxquels s'oppose le Hezbollah, afin de mettre fin à la guerre et de déterminer l'avenir des relations entre les deux pays.