Le succès saoudien dans les technologies de la santé inspire une application dédiée aux femmes

Des Saoudiennes participent à une course de vélo pour marquer la Journée mondiale contre l'obésité à l'Université Princess Nura à Riyadh. (AFP/File Photo)
Des Saoudiennes participent à une course de vélo pour marquer la Journée mondiale contre l'obésité à l'Université Princess Nura à Riyadh. (AFP/File Photo)
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Publié le Samedi 23 octobre 2021

Le succès saoudien dans les technologies de la santé inspire une application dédiée aux femmes

  • La technologie destinée à la santé des femmes, ou Femtech, un secteur en plein essor dans le Royaume
  • Outre le suivi des performances physiques, l'application IMC Women's Health permet de surveiller les paramètres corporels, la fécondité et le bien-être des utilisatrices

DUBAÏ : En Arabie saoudite, le secteur des technologies de la santé, qui connaît une forte croissance, sera bientôt doté d'une nouvelle application pour smartphone permettant de suivre de près le bien-être des femmes.

IMC est une application consacrée à la santé des femmes. Elle sera lancée le 1er novembre et permettra, selon ses créateurs, de suivre les indicateurs corporels de ses utilisatrices et de leur procurer un meilleur contrôle sur leur santé et leur bien-être au sens large.

Cette nouvelle application est bien plus qu'un simple instrument de suivi alimentaire et physique. Elle fournit en effet des informations concernant la santé gynécologique, les ovaires polykystiques, la fertilité, la fatigue ou encore les hormones. Elle propose un calendrier et une calculatrice permettant de surveiller les cycles menstruels, l'ovulation et la fertilité, mais aussi de gérer au mieux la grossesse et le bien-être.

« Le bien-être et la santé sont au cœur de nos préoccupations », confie Farhaa Abdelhaq, responsable de la conception et de l'analyse de l'application, à Arab News. « IMC répond à notre vision qui consiste à guérir l'esprit, le corps et l'âme grâce à une approche holistique. Sur le plan biologique, nous sommes conscients que la durée de vie des femmes est plus élevée, mais cette longévité ne signifie pas pour autant que les femmes jouissent d'une meilleure santé ».

Les différentes fonctionnalités proposées par l'application permettent aux femmes de pronostiquer la fécondité, d'enregistrer et de suivre les symptômes rencontrés, ainsi que de surveiller la contraception, la tension artérielle, la glycémie et les médicaments consommés. Selon Mme Abdelhaq, pour obtenir de tels renseignements, un service spécialement conçu pour les femmes s'impose, de manière à permettre à chacune de mieux contrôler son état de santé.

Une présentation de l'application IMC Women's Health. (Fourni)
Une présentation de l'application IMC Women's Health. (Fourni)

« Notre objectif est de leur consacrer une application adaptée à leurs besoins et aux maladies qui les touchent, et de mettre à leur disposition une plus grande panoplie d'informations et d'opportunités, ce qui leur épargnera les visites répétées chez le médecin », explique-t-elle.

Disponible sur Apple App Store et Google Play, cette appli sera proposée dans un premier temps aux patientes de l'International Medical Center Hospital (Centre médical international) de Djeddah, où elle a été conçue dans les deux langues : l’arabe et l’anglais. Elle sera par la suite accessible à toutes les femmes vivant dans le Royaume, voire partout dans le monde - dans un deuxième temps ».

« Nous partirons des commentaires de nos patientes pour savoir si certaines fonctionnalités doivent être améliorées », précise Mme Abdelhaq. « À ce jour, aucune application dédiée aux femmes n'existe en Arabie saoudite. Il était donc impératif de concevoir ce projet ».

Femtech est le nom donné à l’ensemble des technologies mises au point pour répondre aux besoins du secteur de la santé des femmes, et ce secteur ne cesse de progresser. Dans son rapport intitulé « FemTech Market - Global Outlook and Forecast 2021-2026 », le cabinet Research and Markets prévoit que ce secteur affichera un taux de croissance annuel cumulé supérieur à 13 % au cours de cette période de cinq ans.

Dans un contexte où le secteur médical intègre des outils numériques, 80% des femmes investissent dans des produits médicaux et prennent 90% des décisions relatives à la santé depuis leur domicile. Au total, on estime à plus de 19 milliards de dollars le volume du marché mondial des technologies féminines consacrées à la grossesse et à la maternité d'ici à 2026.

Des étudiantes en médecines saoudiennes équipées de lunettes 3D eécoutent le docteur Fawzy Deghedy, d'origine égyptienne, expliquer sa nouvelle technique de cyberanatomie, qui fait appel à une machine permettant de réaliser une anatomie virtuelle en 3D, au Saudi German Hospital de Djeddah. (AFP/File Photo)
Des étudiantes en médecines saoudiennes équipées de lunettes 3D eécoutent le docteur Fawzy Deghedy, d'origine égyptienne, expliquer sa nouvelle technique de cyberanatomie, qui fait appel à une machine permettant de réaliser une anatomie virtuelle en 3D, au Saudi German Hospital de Djeddah. (AFP/File Photo)

« Il s'agit d'une immense industrie technologique tournée vers la santé des femmes », précise Mme Abdelhaq. « Elle porte sur des aspects spécifiques aux femmes »

« Les femmes traversent de nombreuses étapes : les cycles menstruels, la pré-ménopause et la post-ménopause, la grossesse, le post-partum et la contraception. Notre objectif est d'améliorer le bien-être des femmes. Les outils numériques nous permettent d'y parvenir ».

« Dans le domaine de la santé, ce sont les femmes qui prennent les principales décisions. Malheureusement, elles sont peu informées ou on ne les comprend pas ».
 

Ce type d'outils numériques revêt une importance particulière pour les femmes d’Arabie saoudite, dans la mesure où il prend en compte les préparatifs de voyage et les obligations religieuses, telles que la Omra.

« Les applications numériques leur fournissent les données, les informations et les conseils nécessaires pour répertorier les symptômes à signaler lors des visites médicales », ajoute Mme Abdelhaq. « Cela favorise les diagnostics précoces».

En effet, Mme Abdelhaq met l'accent sur le rôle de l'application dans le contrôle du syndrome des ovaires polykystiques, qui affecte la fertilité, le poids et les hormones, et qui peut être difficile à dépister.

EN CHIFFRES

*13 % - Taux de croissance annuel cumulé prévu pour les Femtech pour la période allant de 2020 à 2026. (Plus haut dans le texte, l’intervalle est de 2021 à 2026) IL FAUT QUE AN REVOIE CE DETAIL

 

*19 milliards de dollars - Estimation du volume du marché mondial des Femtech consacrées à la grossesse et à la maternité d'ici à 2026.

Cette application s'inscrit dans le cadre des solutions numériques que l'hôpital IMC souhaite offrir aux femmes à travers l'Arabie saoudite.

« Étant donné que les soins de santé deviennent peu à peu plus personnalisés et centrés sur le patient, il est impératif de tenir compte des besoins des femmes saoudiennes et de se servir de la technologie pour leur assurer des solutions à la fois abordables et accessibles », explique Omer Sayyid, responsable du projet de cette application, à Arab News.

 « Cela fait des décennies que les produits relatifs aux soins de santé sont développés, conçus et fournis sans prendre en considération les problèmes et les besoins spécifiques aux femmes qui sont distincts de ceux des hommes. L'apprentissage automatique, l'internet des objets et l'intelligence artificielle recèlent tous un potentiel extraordinaire permettant de concevoir des solutions interactives aux problèmes liés à la santé des femmes ».

Selon M. Sayyid, la technologie et la science peuvent accomplir de beaux résultats et à un rythme plus rapide si elles adaptent leurs solutions aux besoins et aux points de vue des femmes. On pourra ainsi dépister, avec une plus grande efficacité, le cancer et les maladies qui touchent principalement les femmes, améliorer la gestion personnelle des soins personnels, de la grossesse et des cycles menstruels, ou traiter des maladies comme l'arthrite, l'ostéoporose, la dépression et la maladie d'Alzheimer.

 « Dans le marché des Femtech, la plus grande partie des logiciels, wearables (NDRL : technologies portables ou un vêtement ou un accessoire comportant des éléments informatiques et électroniques avancés, NDRL) et applications se concentrent sur la fertilité ou la grossesse. Il faut pourtant aller plus loin encore », a-t-il déclaré. « Il est indispensable de répondre aux besoins de toutes les femmes quel que soit leur âge, et non pas seulement de celles qui sont en âge de procréer- la ménopause et les soins aux personnes âgées sont aussi importants, de même que la prise en charge des conditions chroniques et des troubles hormonaux ».

Mme Abdelhaq avoue que les incitations financières entrent en jeu dans ces initiatives. À l'échelle mondiale, les entreprises de logiciels et de technologies qui abordent les besoins biologiques des femmes ont généré 820 millions de dollars en 2019. « Mais c'est avant tout une nécessité, et non un choix, que nous intégrions les femmes dans les technologies. Cela permet de préserver la santé des générations présentes et futures », ajoute-t-elle.

Cette nouvelle appli trouvera certes un marché favorable. Selon une étude du Philips's Future Health Index (l’Indice de santé pour le futur), plus de 34 % des patients qui se servent de la technologie numérique pour surveiller leur santé sentent qu'ils ont un meilleur contrôle.

Une présentation de l'application IMC Women's Health App. (Fourni)
Une présentation de l'application IMC Women's Health App. (Fourni)

« Cette application est un prolongement de la ‘porte d'entrée numérique’ (Digital front door), une stratégie numérique intégrée destinée à engager les patients dans le suivi médical », explique à Arab News Mohammad Siddiqui, directeur informatique à l'IMC de Djeddah.

« La ‘porte d'entrée numérique’ donne du pouvoir aux patients et leur procure un plus grand sentiment d'autonomie. Ainsi, ils peuvent engager plus facilement et de manière moins stressante une conversation approfondie au sujet de leur situation.  Une transparence et une communication accrues permettent d'améliorer la relation patient-soignant ».

Cette initiative s'inscrit par ailleurs dans le cadre de la Vision 2030 de l'Arabie saoudite, à savoir le programme de réforme et de diversification économique du Royaume. En début d'année, l'Arabie saoudite a lancé le programme de réforme du secteur de la santé dans le but de renforcer le système médical dans l'ensemble du pays.

Ce programme se donne pour objectif la restructuration du secteur de la santé au Royaume et d'améliorer ses compétences et ce, en plaçant la santé de chaque individu au cœur de ses priorités.

« L'objectif de l’application IMC consiste à adapter ses établissements à la Vision 2030 », explique Mme Abdelhaq. « Du point de vue sanitaire, nous souhaitons mettre la technologie au service de la bonne cause, plutôt que d'innover dans ce domaine pour le plaisir ».

« Nous souhaitons responsabiliser les gens; la technologie ne serait qu'un outil si elle ne s'accompagne pas de cette dynamique d'amélioration. Les technologies dans le domaine de la santé sont à la traîne si on les compare à celles utilisées dans le secteur bancaire et financier. Mais le moment est propice pour faire ce grand pas ».

 

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Twitter: @CalineMalek

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 

 


Liban: frappe israélienne à proximité du principal hôpital de Beyrouth

 Israël a frappé dimanche Beyrouth et ses environs, touchant un important hôpital, et soumis sa banlieue sud, bastion du Hezbollah, à un intense pilonnage, tout en menaçant le principal poste-frontière avec la Syrie qui a dû fermer. (AFP)
Israël a frappé dimanche Beyrouth et ses environs, touchant un important hôpital, et soumis sa banlieue sud, bastion du Hezbollah, à un intense pilonnage, tout en menaçant le principal poste-frontière avec la Syrie qui a dû fermer. (AFP)
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  • Une frappe a visé en milieu de journée un quartier populaire au sud de Beyrouth, selon un photographe de l'AFP, faisant au moins cinq morts et 52 blessés d'après un bilan du ministère de la Santé
  • La frappe s'est produite à proximité de l'hôpital Rafic-Hariri, le plus grand établissement médical public du Liban, d'après une source médicale

BEYROUTH: Israël a frappé dimanche Beyrouth et ses environs, touchant un important hôpital, et soumis sa banlieue sud, bastion du Hezbollah, à un intense pilonnage, tout en menaçant le principal poste-frontière avec la Syrie qui a dû fermer.

Une frappe a visé en milieu de journée un quartier populaire au sud de Beyrouth, selon un photographe de l'AFP, faisant au moins cinq morts et 52 blessés d'après un bilan du ministère de la Santé.

La frappe s'est produite à proximité de l'hôpital Rafic-Hariri, le plus grand établissement médical public du Liban, d'après une source médicale.

Une équipe de l'AFP a vu une vingtaine de personnes, certaines en pleurs, devant l'entrée de l'hôpital, alors que des ambulances, sirènes hurlantes, transportaient des blessés.

"Nous avons perdu nos maisons, où pouvons-nous aller?", s'écriait Nancy Hassan, 53 ans, une habitante du quartier visé. "Ma fille qui avait 23 ans a été tuée" lors de la précédente guerre avec Israël, "et aujourd'hui, ses voisines et amies ont été tuées", a-t-elle ajouté.

Deux Soudanais ont été tués, ainsi qu'une adolescente de 15 ans, a indiqué à l'AFP le docteur Zakaria Tawbé, directeur adjoint de l'hôpital, où sont soignés 31 des blessés.

"La frappe a été très violente" et des "malades ont fait des crises de panique", a-t-il raconté, ajoutant que l'établissement n'a subi que des dégâts mineurs.

"Ils ont frappé une zone totalement civile, il y a surtout des migrants, des Soudanais... Les gens étaient chez eux, et ils les ont frappés. C'est ça leurs objectifs militaires?", s'insurgeait Abou Qassem, un habitant du quartier.

Médecins sans Frontières (MSF) a condamné cette frappe sur X, rappelant que "des frappes aussi proches d'un hôpital suscitent la peur et peuvent dissuader les gens de se faire soigner".

"Lorsque des frappes touchent sans avertissement des zones résidentielles densément peuplées, les conséquences sont graves, tant en termes de pertes humaines que de capacité des hôpitaux à faire face", a dénoncé l'ONG.

Stations-service visées 

Une frappe a en outre visé un appartement d'un immeuble d'habitation à Aïn Saadeh, ville à l'est de Beyrouth, faisant trois morts dont deux femmes, selon le ministère libanais de la Santé.

Un responsable local des Forces libanaises, un parti chrétien opposé au Hezbollah pro-iranien, serait mort dans cette frappe, selon l'Agence nationale d'informations (Ani).

Les frappes israéliennes ont fait 1.467 tués et près de 4.500 blessés depuis que le Liban a été entraîné dans la guerre régionale début mars, et plus d'un million de déplacés.

L'aviation israélienne, qui a survolé la capitale à basse altitude, a également mené huit frappes sur la banlieue sud de Beyrouth, désertée par une grande partie de ses habitants et dont s'élevaient d'épaisses colonnes de fumée.

L'armée israélienne a annoncé avoir lancé des frappes à Beyrouth "sur des centres de commandement du Hezbollah", et a affirmé avoir touché "plus de 15 stations-service" de la compagnie Al-Amana depuis le début de la guerre, qu'il accuse d'être "contrôlée" par la formation pro-iranienne.

Depuis le sud du Liban où Israël poursuit son invasion, le chef d'état major israélien Eyal Zamir a promis d"intensifier" les opérations contre le Hezbollah, selon un communiqué militaire.

Le Liban a été entraîné dans la guerre le 2 mars lorsque le Hezbollah a tiré des roquettes sur Israël pour venger l'attaque américano-israélienne qui a tué le guide suprême iranien, Ali Khamenei.

Ces bombardements interviennent alors que le principal poste-frontière reliant le Liban à la Syrie a fermé après des menaces israéliennes de le viser samedi soir. Israël l'avait déjà bombardé en 2024 lors de sa précédente guerre contre le Hezbollah.

Famille décimée 

Dans le sud du pays, où l'aviation israélienne a continué de bombarder, six membres d'une même famille ont été tués dans la localité de Kfar Hatta. Ils n'avaient pas pu évacuer à temps, malgré un avertissement samedi sur ce village à une quarantaine de kilomètres au nord de la frontière.

Cette famille, déjà déplacée d'un village plus au sud et sans moyen de transport, attendait un proche venu les évacuer, selon la Défense civile. Cet homme a également été tué, portant le bilan à sept morts, dont une fillette de quatre ans.

A Toul, toujours dans le sud du Liban, une autre frappe a tué un couple et blessé leurs deux enfants, selon le ministère de la Santé.

Alors que l'armée israélienne progresse dans la zone frontalière du sud, provoquant de larges destructions sur son passage, le président libanais Joseph Aoun a renouvelé son appel à des négociations directes avec Israël pour éviter que le sud du pays ne devienne "un nouveau Gaza".

"Pourquoi ne pas négocier pour arrêter ces tragédies (...) sauver ce qui reste de maisons qui n'ont pas encore été détruites?", a-t-il dit dans un discours.

 


L'Iran attaque et menace Trump de représailles «dévastatrices»

L'Iran lance lundi davantage d'attaques vers Israël et les pays du Golfe, avertissant de représailles "dévastatrices" si Donald Trump met à exécution ses menaces répétées. (AFP)
L'Iran lance lundi davantage d'attaques vers Israël et les pays du Golfe, avertissant de représailles "dévastatrices" si Donald Trump met à exécution ses menaces répétées. (AFP)
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  • L'armée israélienne, de son côté, a annoncé avoir mené une nouvelle série de frappes contre Téhéran
  • Dans la capitale iranienne, c'est une université qui a été ciblée, la frappe endommageant une installation gazière à proximité, privant une partie de la capitale iranienne de gaz, selon la télévision d'Etat (Irib)

TEHERAN: L'Iran lance lundi davantage d'attaques vers Israël et les pays du Golfe, avertissant de représailles "dévastatrices" si Donald Trump met à exécution ses menaces répétées.

Aux premières heures du 38e jour de la guerre du Moyen-Orient, qui a fait des milliers de morts et ébranlé l'économie mondiale, Téhéran a visé avec ses missiles et ses drones Israël, le Koweït et les Emirats arabes unis.

L'armée israélienne, de son côté, a annoncé avoir mené une nouvelle série de frappes contre Téhéran.

Dans la capitale iranienne, c'est une université qui a été ciblée, la frappe endommageant une installation gazière à proximité, privant une partie de la capitale iranienne de gaz, selon la télévision d'Etat (Irib). Selon les médias iraniens, plusieurs attaques ont aussi eu lieu sur des quartiers résidentiels de Téhéran.

"Si les attaques contre des cibles civiles se poursuivent, les prochaines phases de nos opérations offensives et de représailles seront bien plus dévastatrices et étendues", a averti le porte-parole du commandement militaire iranien dans un communiqué.

"Les pertes et dégâts (...) seront décuplés", a-t-il mis en garde.

Le conflit, déclenché le 28 février, ne montre aucun signe de désescalade: les frappes se succèdent jour après jour et les menaces de faire vivre "l'enfer" à l'autre camp également.

"Ouvrez le Putain de Détroit, espèce de tarés, ou vous vivrez en Enfer - VOUS ALLEZ VOIR!", a écrit Donald Trump sur sa plateforme Truth Social, fixant désormais son ultimatum à "mardi 20H00".

Imprévisible dans ses annonces, le président américain a prévu une conférence de presse - un format dont il est peu coutumier - à la Maison Blanche lundi à 13H00 heure de Washington (17H00 GMT).

Donald Trump devrait y revenir sur l'opération de sauvetage en Iran d'un aviateur américain, "gravement blessé" selon lui, alors qu'entre deux menaces il a encore évoqué auprès de médias américains de "bonnes chances" d'un accord avec Téhéran pour cesser les combats.

Le baril à 110 dollars 

Estimant avoir atteint les cibles militaires voulues, le président américain menace de s'en prendre désormais aux infrastructures civiles de l'Iran, ponts et centrales électriques en tête, si l'Iran ne rouvre pas entièrement le passage dans le détroit d'Ormuz, voie maritime cruciale pour l'approvisionnement mondial d'hydrocarbures.

"Toute notre région va brûler parce que vous insistez pour suivre les ordres de (Benjamin) Netanyahu", le Premier ministre israélien, lui a rétorqué le président du Parlement iranien Mohammad Bagher Ghalibaf.

Une rhétorique guerrière qui a nourri les craintes des investisseurs sur le marché du pétrole, au retour de trois jours de pause pascale.

Tant le prix du baril de Brent que celui de WTI, les deux principales variétés d'or noir, évoluaient lundi autour du seuil symbolique de 110 dollars le baril.

Ces inquiétudes ont à peine été apaisées par la décision de la Russie, l'Arabie saoudite et six autres membres de l'Opep+ d'augmenter de nouveau leurs quotas de production à partir de mai.

Les tensions sur les prix de l'énergie ont des répercussions partout dans le monde. L'Egypte a ainsi imposé un couvre-feu commercial à 21 heures en semaine et 22 heures le week‑end.

"D'habitude, c'est à cette heure‑ci que le travail commence", soupire Ali Haggag, un vendeur devant sa boutique de vêtements soudainement silencieuse. "On a l'impression de revivre la période du Covid", dit-il en évoquant le confinement sanitaire de 2020.

Discussions Oman/Iran 

En parallèle des menaces et des attaques, des efforts diplomatiques se poursuivent: Oman, situé face à l'Iran de l'autre côté du détroit d'Ormuz, a discuté avec Téhéran de sa réouverture, tandis que le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi s'est entretenu par téléphone avec ses homologues pakistanais et égyptien, qui jouent un rôle de médiateur.

Cependant, la perspective d'un accord entre Américains et Iraniens, "du moins dans les conditions actuelles, est quasi inexistante", a estimé sur X Danny Citrinowicz, analyste en sécurité et ancien expert des services de renseignement israéliens, spécialiste de l'Iran.

Au Liban, autre front qui paie un lourd tribut à la guerre, le Hezbollah pro-iranien a revendiqué de nouveaux tirs de roquettes de l'autre côté de la frontière avec Israël.

Dimanche, Israël a poursuivi le pilonnage de la banlieue sud de Beyrouth, considéré comme un bastion du Hezbollah, une frappe à proximité d'un hôpital faisant au moins cinq morts et une autre tuant trois personnes à l'est de la capitale libanaise.

 


Un hôpital endommagé par des frappes israéliennes dans le sud du Liban

De la fumée s’élève du site d’une frappe aérienne israélienne ayant ciblé la périphérie est de la ville côtière de Tyr, dans le sud du Liban, le 24 mars 2026. (AFP)
De la fumée s’élève du site d’une frappe aérienne israélienne ayant ciblé la périphérie est de la ville côtière de Tyr, dans le sud du Liban, le 24 mars 2026. (AFP)
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  • Des frappes aériennes israéliennes près de Tyr (sud du Liban) ont endommagé un hôpital, faisant 11 blessés, tout en laissant l’établissement opérationnel malgré d’importants dégâts
  • Les attaques ont également touché des zones civiles (port, habitations), dans un contexte de conflit élargi ayant causé plus de 1.300 morts et environ un million de déplacés

BEYROUTH: Un hôpital de Tyr, importante ville côtière du sud du Liban, a été endommagé par deux frappes aériennes israéliennes qui ont visé des bâtiments à proximité, faisant 11 blessés, dont trois secouristes, a annoncé samedi le ministère de la Santé.

Une série de frappes israéliennes a visé la région samedi. A Al-Houch, une localité de Tyr, deux frappes ont détruit deux bâtiments situés à proximité de l'hôpital italo-libanais, selon un correspondant de l'AFP.

Des vitres ont été brisées et des faux plafonds se sont effondrés alors que des médecins dispensaient des soins, a indiqué la direction de l'hôpital.

Elle a ajouté que l'établissement continuait de fonctionner malgré les dégâts.

L'hôpital "restera ouvert pour assurer les soins médicaux nécessaires", a souligné son directeur, Youssef Jaafar, auprès de l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).

Un correspondant de l'AFP a vu des débris jonchant les rues, une voiture calcinée et de la fumée s'élever de bâtiments en partie détruits.

Le port de Tyr a lui aussi été ciblé. Une frappe a touché un bateau de tourisme dans lequel une personne dormait, selon le correspondant de l'AFP. Des bateaux de pêche à quai ont également été endommagés, a-t-il constaté.

Quelque 20.000 personnes, dont environ 15.000 déplacés venus des villages voisins, se trouvent encore à Tyr, malgré les ordres d'expulsion israéliens qui ont forcé des dizaines de milliers de personnes à fuir la région, où Israël poursuit ses bombardements et son invasion terrestre.

Le Hezbollah pro-iranien a entraîné le Liban dans la guerre régionale le 2 mars en menant une attaque contre Israël, en représailles aux frappes israélo-américaines ayant tué le guide suprême iranien, Ali Khamenei.

La guerre a déjà fait plus de 1.300 morts et un million de déplacés, selon les chiffres officiels.