Syrie: l'ONU évoque des crimes de guerre dans les zones sous contrôle turc

Le Haut-Commissariat de l'ONU décrit une situation des droits de l'Homme « sombre » dans certaines parties du nord, du nord-ouest et du nord-est de la Syrie qui sont sous le contrôle des forces turques et des groupes armés qui leur sont affiliés, avec une violence et une criminalité répandues. (AFP)
Le Haut-Commissariat de l'ONU décrit une situation des droits de l'Homme « sombre » dans certaines parties du nord, du nord-ouest et du nord-est de la Syrie qui sont sous le contrôle des forces turques et des groupes armés qui leur sont affiliés, avec une violence et une criminalité répandues. (AFP)
Short Url
Publié le Vendredi 18 septembre 2020

Syrie: l'ONU évoque des crimes de guerre dans les zones sous contrôle turc

  • L'ONU indique avoir constaté de graves violations, notamment à Afrin, Ras al-Ain et Tel Abyad, majoritairement kurdes, avec une augmentation des meurtres, des enlèvements, des transferts illégaux de personnes et des confiscations de terres et de biens
  • Michelle Bachelet a « exhorté la Turquie à lancer immédiatement une enquête impartiale, transparente et indépendante sur les incidents que nous avons observés »

GENEVE: Des crimes de guerre pourraient avoir été commis dans les zones syriennes sous contrôle de la Turquie ou des groupes armés qu'elle soutient, a alerté vendredi la Haute-Commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme Michelle Bachelet.

Dans un communiqué, le Haut-Commissariat de l'ONU décrit une situation des droits de l'Homme « sombre » dans certaines parties du nord, du nord-ouest et du nord-est de la Syrie qui sont sous le contrôle des forces turques et des groupes armés qui leur sont affiliés, avec une violence et une criminalité répandues.

« Les personnes vivant dans ces régions dont les droits ont été violés ont droit à une protection et à un dédommagement », a affirmé Michelle Bachelet.

Elle a « exhorté la Turquie à lancer immédiatement une enquête impartiale, transparente et indépendante sur les incidents que nous avons observés, à rendre compte du sort des personnes détenues et enlevées par les groupes armés affiliés et à poursuivre les auteurs de ce qui pourrait, dans certains cas, constituer des crimes au regard du droit international, notamment des crimes de guerre ».

« Ceci est d'autant plus important, a-t-elle ajouté, que nous avons reçu des rapports inquiétants selon lesquels certains détenus et personnes enlevées auraient été transférés en Turquie suite à leur détention en Syrie par des groupes armés affiliés » à Ankara.

La Turquie contrôle par le biais de groupes armés syriens qu'elle soutient de vastes territoires en Syrie à la faveur de plusieurs offensives menées pour en chasser des miliciens kurdes et des jihadistes.

L'ONU indique avoir constaté ces derniers mois la répétition d'un schéma alarmant de graves violations dans ces régions, notamment à Afrin, Ras al-Ain et Tel Abyad, majoritairement kurdes, où une augmentation des meurtres, des enlèvements, des transferts illégaux de personnes, des confiscations de terres et de biens, et des expulsions forcées ont été documentées.

Du 1er janvier au 14 septembre, le Haut-Commissariat a confirmé la mort d'au moins 116 civils due notamment à des engins explosifs improvisés (EEI). Environ 463 civils ont été blessés.

« Les groupes armés affiliés à la Turquie ont également confisqué et pillé des maisons, des terres et d'autres biens privés et commerciaux sans nécessité militaire apparente, et ont occupé nombre d'entre eux avec leurs propres familles », a détaillé le Haut-Commissariat.

Parmi d'autres violations graves des droits de l'homme, l'ONU a également documenté l'enlèvement et la disparition de civils, y compris femmes et enfants, dont le sort reste pour certains inconnu.


Liban: le gouvernement interdit les activités militaires du Hezbollah, exige qu'il remette ses armes

Short Url
  • "L'Etat libanais proclame son refus absolu (..) de toutes actions militaires ou sécuritaires à partir du Liban en dehors du cadre de ses institutions légales", a déclaré le chef du gouvernement
  • Il a annoncé "l'interdiction immédiate de toutes les activités militaires et sécuritaires du Hezbollah", exigeant que la formation "remette ses armes à l'Etat libanais" et se limite à l'action politique

BEYROUTH: Le gouvernement libanais a décidé d'interdire les activités militaires du Hezbollah pro-iranien et exige qu'il remette ses armes à l'Etat, a annoncé lundi le Premier ministre Nawaf Salam à l'issue d'une réunion extraordinaire du cabinet.

Cette décision inédite intervient après que le Hezbollah a lancé des roquettes sur Israël lundi, entraînant le Liban dans la guerre régionale avec l'Iran.

"L'Etat libanais proclame son refus absolu (..) de toutes actions militaires ou sécuritaires à partir du Liban en dehors du cadre de ses institutions légales", a déclaré le chef du gouvernement, ajoutant que "la décision de guerre ou de paix était du seul ressort" de l'Etat.

Il a annoncé "l'interdiction immédiate de toutes les activités militaires et sécuritaires du Hezbollah", exigeant que la formation "remette ses armes à l'Etat libanais" et se limite à l'action politique.

Le Hezbollah armé et financé par Téhéran est représenté au Parlement et au gouvernement et dispose d'un vaste réseau d'institutions civiles.

En riposte à une attaque de la formation pro-iranienne contre Israël visant à "venger" la mort du guide iranien Ali Khamenei, des frappes israéliennes massives sur les bastions du Hezbollah dans la banlieue sud de Beyrouth, le sud et l'est du Liban ont tué 31 personnes lundi.

C'est la première fois que le Hezbollah attaque Israël depuis le cessez-le-feu qui a mis fin en novembre 2024 à une guerre meurtrière.

Un mécanisme qui regroupe, outre le Liban et Israël, l'Onu, les Etats-Unis et la France surveille la trêve.

"Le gouvernement libanais demande aux Etats garants du cessez-le-feu d'obtenir un engagement clair et définitif de la part de la partie israélienne de cesser toutes les hostilités sur l'ensemble du territoire libanais", a ajouté Nawaf Salam.

"Il proclame son entière disposition à reprendre les négociations" avec Israël "avec une participation civile et sous parrainage international".

 


Qatar: l'armée de l'air a abattu deux bombardiers iraniens 

L'armée de l'air du Qatar a abattu lundi deux bombardiers en provenance d'Iran, a annoncé le ministère de la Défense, après que la République islamique a ciblé des installations gazières de l'émirat. (AFP)
L'armée de l'air du Qatar a abattu lundi deux bombardiers en provenance d'Iran, a annoncé le ministère de la Défense, après que la République islamique a ciblé des installations gazières de l'émirat. (AFP)
Short Url
  • "L'armée de l'air du Qatar a abattu avec succès deux avions SU-24 en provenance de la République islamique d'Iran. Elle a également intercepté sept missiles balistiques grâce à la défense aérienne et cinq drones, qui visaient plusieurs zones du pays"
  • Le texte ne précise pas le sort des pilotes des bombardiers

DOHA: L'armée de l'air du Qatar a abattu lundi deux bombardiers en provenance d'Iran, a annoncé le ministère de la Défense, après que la République islamique a ciblé des installations gazières de l'émirat.

C'est la première fois qu'un pays du Golfe abat un aéronef iranien avec un pilote à bord depuis le début des bombardements entamés samedi.

"L'armée de l'air du Qatar a abattu avec succès deux avions SU-24 en provenance de la République islamique d'Iran. Elle a également intercepté sept missiles balistiques grâce à la défense aérienne et cinq drones, qui visaient plusieurs zones du pays aujourd'hui", a précisé le ministère dans un communiqué.

Le texte ne précise pas le sort des pilotes des bombardiers.

Cette annonce intervient après que la compagnie énergétique publique qatarie a annoncé l'arrêt de la production de gaz naturel liquéfié (GNL) après les attaques de drones iraniens qui ont attaqué deux de ses principales usines de traitement de gaz.

Concernant ces attaques, un drone iranien a visé, d'après le ministère qatari de la Défense, une installation énergétique à Ras Laffan, le principal site de production de gaz naturel liquéfié du pays, à 80 km au nord de la capitale, sur la côte.

Un autre drone a pris pour cible un réservoir d'eau d'une centrale électrique à Mesaieed, également une base clé pour la production de gaz naturel, à 40 km au sud de Doha.

Ces attaques de drones n'ont pas fait de victimes, selon les autorités.

 


L'Arabie saoudite intercepte 5 drones près de la base aérienne Prince Sultan : porte-parole

Le porte-parole du ministère saoudien de la Défense, le général de division Turki al-Maliki (AFP)
Le porte-parole du ministère saoudien de la Défense, le général de division Turki al-Maliki (AFP)
Short Url
  • Al-Maliki a annoncé l'interception et la destruction de cinq drones hostiles
  • Auparavant, al-Maliki avait confirmé que deux drones qui tentaient de prendre pour cible la raffinerie de Ras Tanura, près de Dammam, avaient été interceptés avec succès

RIYAD: Le porte-parole du ministère saoudien de la Défense, le général de division Turki al-Maliki, a annoncé lundi l'interception et la destruction de cinq drones hostiles près de la base aérienne Prince Sultan.

Auparavant, al-Maliki avait confirmé que deux drones qui tentaient de prendre pour cible la raffinerie de Ras Tanura, près de Dammam, avaient été interceptés avec succès.

M. Al-Maliki a confirmé qu'aucune victime civile n'avait été signalée à la suite de l'interception, notant qu'un petit incendie s'était déclaré à l'intérieur de la raffinerie en raison de la chute de débris, mais qu'il avait été rapidement maîtrisé.