Alors que l'ONU fête ses 76 ans, des étudiants s'inspirent de ses objectifs de développement durable

Un pompier regarde Bobcat brûler près de Cedar Springs dans la forêt nationale d'Angeles le 21 septembre 2020 à Los Angeles, en Californie. (Dossier/AFP)
Un pompier regarde Bobcat brûler près de Cedar Springs dans la forêt nationale d'Angeles le 21 septembre 2020 à Los Angeles, en Californie. (Dossier/AFP)
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Publié le Dimanche 24 octobre 2021

Alors que l'ONU fête ses 76 ans, des étudiants s'inspirent de ses objectifs de développement durable

  • En 2015, l'Assemblée générale des Nations Unies a adopté 17 objectifs mondiaux comme « plan directeur afin de parvenir à un avenir meilleur et plus durable pour tous »
  • « Un plan pour un avenir meilleur » est également le thème établi par l'Association des Nations Unies pour célébrer la Journée des Nations Unies le 24 octobre

NEW YORK : Lorsque l'incendie de Bobcat, l'une des plus importants de l'histoire du comté de Los Angeles, a éclaté en septembre 2020, brûlant des centaines de milliers d'hectares, Audrey Ma, 12 ans, se trouvait à moins de 500 pieds (150 mètres) de la zone évacuée.

Les parents de Ma lui ont demandé d'emballer ses affaires alors que les flammes approchaient du quartier, et un instant l'enfant a cru perdre la seule vie qu'elle avait connue jusqu'à présent.

Le Bobcat, l'un des quelque 30 incendies de forêt majeurs dans l'État américain de Californie, a causé la mort de 26 personnes et la destruction d'un nombre incalculable de propriétés.

Bien que sa maison ait été épargnée par les flammes, la peur de Ma causée par les images infernales de forêts et de structures en train de brûler au sol l'a incitée à se pencher sur les causes des incendies en Californie.

Comment commencent-ils ? Comment se propagent-ils ? Pourquoi y a-t-il tant d'incendies en Californie du Sud ?

« J'ai appris que, bien que le changement climatique ne soit pas la cause (directe) des incendies, (les climats plus secs en raison de la hausse des températures) facilitent le démarrage et la propagation des incendies. Alors, j'ai commencé à en apprendre davantage sur la durabilité », déclare Ma à Arab News.

Une étude scientifique de l'ONU cette année montre que l'activité humaine modifie le climat de manière inédite et parfois irréversible.

Le rapport met en garde contre des vagues de chaleur, des sécheresses et des inondations de plus en plus extrêmes, ainsi qu'une limite de température clé dépassée en un peu plus d'une décennie. Antonio Guterres, le secrétaire général de l'ONU, l'a qualifiée de « code rouge pour l'humanité ».

Mais le monde continue de ne pas tenir ses promesses de réduction des émissions de gaz à effet de serre, de transition vers une énergie propre et de reconstruction durable.

Cependant, la nouvelle génération, comme Ma, ressent directement l'urgence et réalise l'impact direct du changement climatique sur sa vie quotidienne.

Renee Larios est la coordinatrice de l'engagement communautaire des étudiants à l'école polytechnique privée de Pasadena où Ma est étudiante. Larios travaille avec les étudiants pour « les aider à cerner les choses qu'ils veulent faire dans le monde pour le rendre meilleur ».

Larios est tombée sur les objectifs de développement durable des Nations Unies il y a quatre ans. Elle a dit à Arab News qu’elle avait été époustouflée.

En 2015, l'Assemblée générale des Nations Unies a défini les ODD – 17 objectifs mondiaux conçus pour être un « plan directeur pour parvenir à un avenir meilleur et plus durable pour tous ». Les ODD devraient être atteints d'ici 2030.

« Nous avons décidé d’instaurer les ODD dans notre école pour créer un cadre pour nos programmes d'engagement communautaire, aider les élèves à toucher du doigt les fruits de leur bénévolat pour atteindre les 17 objectifs », déclare Larios. « Nous essayons également d'amener les enseignants à lier leur programme, lorsque cela est possible, à un ou plusieurs des objectifs. »

« Les étudiants doivent, pour chaque engagement communautaire ou travail de service qu'ils effectuent, expliquer quelle est la relation entre ce qu'ils ont fait et comment cela favorise l'intention de l'un des ODD. »

Après avoir appris comment les aliments jetés dans les décharges pourrissent et créent du méthane qui emmagasine la chaleur de notre planète et la réchauffe, Ma a commencé à mettre en œuvre un programme de tri dans son école pour séparer les déchets alimentaires des ordures, puis composter les déchets dans des poubelles autour de l'école.

« Maintenant, notre programme de tri peut absorber 25 % de nos déchets alimentaires », précise Ma. « Cependant, les 75 % restants vont à un composteur hors site, et nous brûlons toujours des combustibles fossiles en les transportant d'un endroit à l'autre, ce qui n'est pas durable. »

« Donc, notre objectif à court terme est de pouvoir composter 100 % de nos déchets alimentaires sur place à Poly (École polytechnique), ce qui conduit à notre objectif à long terme, qui est de de faire de ce programme une science et l'utiliser comme modèle pour que d'autres écoles fassent la même chose, afin de parvenir à une réduction significative des gaz à effet de serre.

« Un plan pour un avenir meilleur » est le thème établi par l'Association des Nations Unies pour célébrer la Journée des Nations Unies le 24 octobre, marquant le 76e anniversaire de la Charte fondamentale des Nations Unies.

Les valeurs qui ont alimenté la charte – paix, développement, droits de l'homme et opportunités pour tous – « n'ont pas de date d'expiration », selon les mots de Guterres.

« Il y a 76 ans, les Nations Unies sont nées pour véhiculer d'espoir d’un monde émergeant de l'ombre d'un conflit catastrophique », a-t-il ajouté dans son message marquant la Journée des Nations Unies.

« La Covid-19, les conflits, la faim, la pauvreté et l'urgence climatique nous rappellent que notre monde est loin d'être parfait, mais ils montrent aussi clairement que la solidarité est la seule voie à suivre.

« Nous devons nous unir pour relever de grands défis et faire avancer les objectifs de développement durable. »

« Aujourd'hui, les femmes et les hommes de l'ONU portent cet espoir dans le monde entier. »

En tant que responsable du programme d'initiatives mondiales à l'École polytechnique, Ann Diederich encadre les dirigeants de l’UNA-Polytechnic School Chapter, où une riche programmation vise à créer un leadership jeune.

« Notre thème est “L'empathie en action“, indique Diederich. « Comment pouvons-nous amener nos enfants à trouver des solutions à des défis mondiaux vraiment complexes, à examiner les objectifs de développement durable et à proposer des mesures concrètes pour concevoir le changement ?

« Les ODD sont très utiles pour donner aux enfants un cadre et un plan, afin qu'ils puissent concrétiser leur action de manière saine. »

Diederich, qui enseigne depuis 25 ans, se dit préoccupée par cette génération, communément appelée la génération Z.

« Ils semblent être à fleur de peau, surchargés par tous les problèmes auxquels ils sont confrontés », dit-elle. « Ils veulent vraiment faire quelque chose. Ils se soucient vraiment l'un de l'autre. Ils ont été isolés tout au long de la pandémie et (maintenant) ils sont très désireux de travailler pour le changement ».

« Je n'ai jamais vu une génération comme celle-ci. Ils sont rapides, ils ne perdent pas de temps, ils voient que le changement doit être opéré rapidement, et ils ne font pas vraiment confiance à l'ancienne génération, les millennials, pour le faire. Ils se surpassent aussi parfois ».

Ma cite l'explorateur britannique Robert Swan Obe, le premier homme à marcher vers les pôles Nord et Sud : « La plus grande menace pour notre planète est de croire que quelqu'un d'autre la sauvera. »

Ma souligne : « Je sais qu'en fin de compte, tout ce que nous faisons est un choix. Et parfois, je crains que les gens prennent l’option facile. »

« Je sais que nous pouvons choisir de lutter contre le changement climatique ou de tout faire comme nous l'avons toujours fait et penser que quelqu'un va trouver un moyen de nous sauver. »

« J'ai choisi de me battre pour mon avenir et le changement climatique et j'espère qu'un jour tout le monde prendra cette décision également. »

Depuis sa création, l'objectif primordial de l'ONU est simple : les enfants devraient avoir une vie meilleure et plus heureuse que leurs parents.

L'ONU a passé plus de sept décennies à tenter de sauver et d'améliorer des vies, des vies qui continuent aujourd'hui d'être en jeu alors que des guerres éclatent dans différentes parties du globe, entraînant le déplacement de millions de personnes, la pauvreté et l'extrême insécurité alimentaire.

La pandémie a également creusé le fossé entre riches et pauvres. Les inégalités dans le monde n'ont jamais été aussi clairement affichées aux yeux de tous, de l'inégalité des vaccins à l'écart dans la qualité de l'éducation.

L'ODD 4 concerne une éducation de qualité pour tous.

Ma déclare : « Je sais que je suis moi-même très privilégiée de pouvoir suivre cette éducation, mais il y a beaucoup de gens qui ne le peuvent pas. »

« J'admire des gens comme Malala Yousafzai, qui se bat pour une éducation de qualité, en particulier pour les filles au Pakistan. »

« J'ai regardé un documentaire sur elle. J'ai lu son livre. Et j'ai aussi écouté son discours à l'ONU. Je suis vraiment inspirée par son mouvement pour l'égalité des sexes et l'éducation des filles au Pakistan. Je pense que c'est vraiment important. »

Ma a un message pour les filles en Syrie, au Yémen et dans tous les pays ravagés par la guerre où des gens comme elle ne font que survivre :

« Mon message aux filles du monde entier : nous avons toutes des forces et des antécédents différents et des histoires diverses. Même si vous n’avez pas accès à l'éducation, vous pouvez essayer d'apprendre autant que vous le pouvez, vous renseigner sur le monde qui vous entoure si possible, avec vos amis, votre famille. Battez-vous pour ce que vous pensez être juste dans le monde. »

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com

 

 


L'UE appelle Israël à cesser son « escalade militaire» au Liban

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  • Israël doit cesser son "escalade militaire" au Liban et respecter "la souveraineté et l'intégrité territoriale" de ce pays
  • "Le peuple libanais a déjà enduré d’immenses épreuves. Il n’a pas choisi cette guerre, et cette guerre n’est pas la sienne"

BRUXELLES: Israël doit cesser son "escalade militaire" au Liban et respecter "la souveraineté et l'intégrité territoriale" de ce pays, où les autorités israéliennes envisagent d'établir dans le sud une zone sous contrôle militaire, a affirmé lundi un porte-parole de l'Union européenne.

"Le peuple libanais a déjà enduré d’immenses épreuves. Il n’a pas choisi cette guerre, et cette guerre n’est pas la sienne", a affirmé ce porte-parole, Anouar El Anouni.

 

 


Trump a renvoyé une proposition d'accord plus stricte à l'Iran 

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  • D'après le New York Times, citant samedi des responsables ayant connaissance des tractations, le président américain a durci certains termes de la proposition qui était sur la table et a adressé ce nouveau plan à Téhéran
  • Selon le site Axios, il souhaitait renforcer la position de Washington sur plusieurs aspects qu'il considère personnellement comme importants, notamment le sort des matériaux nucléaires iraniens

WASHINGTON: Donald Trump a renvoyé une nouvelle proposition d'accord plus stricte à l'Iran pour mettre fin à la guerre, alors qu'une entente semblait se rapprocher ces derniers jours, affirment samedi des médias américain.

D'après le New York Times, citant samedi des responsables ayant connaissance des tractations, le président américain a durci certains termes de la proposition qui était sur la table et a adressé ce nouveau plan à Téhéran.

Le média américain n'est pas en mesure de préciser les changements apportés par le républicain. Mais selon le site Axios, il souhaitait renforcer la position de Washington sur plusieurs aspects qu'il considère personnellement comme importants, notamment le sort des matériaux nucléaires iraniens.

M. Trump a maintes fois répété qu'il était exclu que Téhéran se dote de l'arme atomique, et exige que son stock d'uranium hautement enrichi soit détruit.

La question du nucléaire est l'un des principaux points de friction dans les négociations pour mettre fin à la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive israélo-américaine contre la République islamique.

Parmi les autres priorités du président figurent la réouverture et le déminage du détroit d'Ormuz par l'Iran, qui en bloquant cette voie d'eau perturbe gravement les approvisionnements en carburant et l'économie mondiale en général.

Les modifications apportées par Donald Trump pourraient encore prolonger les négociations. Des sources américaines ont indiqué à l'AFP que le président n'avait pas décidé de signer la proposition sur son bureau vendredi, après une réunion de crise à la Maison Blanche.

Dans la soirée, un responsable de la présidence avait affirmé que Donald Trump ne signerait un accord "que s'il est bon pour l'Amérique et que ses lignes rouges sont satisfaites".


Les Etats-Unis et l'Iran s'attaquent mutuellement malgré le cessez-le-feu

Les Etats-Unis et l'Iran ont annoncé dans la nuit de dimanche à lundi une série d'attaques réciproques, portant un nouveau coup au cessez-le-feu au moment où leurs négociations pour mettre fin à la guerre patinent. (AFP)
Les Etats-Unis et l'Iran ont annoncé dans la nuit de dimanche à lundi une série d'attaques réciproques, portant un nouveau coup au cessez-le-feu au moment où leurs négociations pour mettre fin à la guerre patinent. (AFP)
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  • Les informations de médias américains pendant le week-end faisant état de nouvelles exigences américaines envers Téhéran ont refroidi les espoirs d'accord imminent, alimentés par Donald Trump lui-même
  • Et tandis que sur le front libanais Israël a intensifié son offensive, l'armée américaine a annoncé avoir mené samedi et dimanche une nouvelle vague de frappes "défensives" sur le sud de l'Iran, la troisième en un peu plus d'une semaine

TEHERAN: Les Etats-Unis et l'Iran ont annoncé dans la nuit de dimanche à lundi une série d'attaques réciproques, portant un nouveau coup au cessez-le-feu au moment où leurs négociations pour mettre fin à la guerre patinent.

Les informations de médias américains pendant le week-end faisant état de nouvelles exigences américaines envers Téhéran ont refroidi les espoirs d'accord imminent, alimentés par Donald Trump lui-même.

Et tandis que sur le front libanais Israël a intensifié son offensive, l'armée américaine a annoncé avoir mené samedi et dimanche une nouvelle vague de frappes "défensives" sur le sud de l'Iran, la troisième en un peu plus d'une semaine.

Ces bombardements ont visé des systèmes de radar et de contrôle de drones dans la ville de Goruk et l'île de Qeshm dans le détroit d'Ormuz, a précisé le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) dimanche soir sur X.

Ces opérations ont été menées "en réponse à des actions agressives de l'Iran, dont la destruction d'un drone américain MQ-1 qui opérait au-dessus des eaux internationales", a ajouté la même source.

Les Gardiens de la Révolution iraniens, peu après, ont affirmé avoir attaqué une base utilisée par l'armée américaine pour des frappes contre son territoire.

La localisation de cette base n'a pas été précisée dans le communiqué des Gardiens diffusé par les médias d'Etat.

L'armée du Koweït a annoncé de son côté faire face à une attaque de drones et missiles.

Washington et Téhéran s'étaient déjà accusés mutuellement jeudi de violer le cessez-le-feu en vigueur depuis le 8 avril, après des frappes américaines sur le sud de l'Iran suivies d'une attaque contre le Koweït.

Plus de fermeté 

La guerre a été déclenchée le 28 février par une offensive israélo-américaine, alors que Téhéran et Washington avaient repris des négociations sur le nucléaire. Le conflit, qui a fait des milliers de morts, ébranle l'économie mondiale en faisant grimper les prix du pétrole.

Alors que les deux pays semblaient ces derniers jours se rapprocher d'un accord, le New York Times a rapporté samedi, sans plus de détails, que le président américain avait durci sa proposition et envoyé une nouvelle version d'un possible protocole d'accord à Téhéran.

Selon le site américain Axios, M. Trump, dont la priorité déclarée est de mettre fin au programme nucléaire iranien et de rétablir le trafic maritime dans le détroit d'Ormuz, souhaite plus de fermeté des négociateurs de Washington.

La chaîne CBS a rapporté dimanche soir que la nouvelle proposition américaine prévoit une prolongation du cessez-le-feu de 60 jours avec des clauses prévoyant la réouverture d'Ormuz et un cadre pour une reprise des négociations sur le nucléaire.

"Nous n'approuverons aucun accord tant que nous n'aurons pas la certitude que les droits du peuple iranien ont été pleinement garantis", a averti dimanche le principal négociateur iranien, le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf.

L'Iran, qui revendique son droit à mener un programme nucléaire civil, a toujours démenti vouloir se doter de l'arme atomique, malgré les soupçons en ce sens des Etats-Unis et de nombreux pays.

Il souhaite aborder ce dossier dans un second temps en cas d'accord avec Washington et exige une levée immédiate des sanctions le frappant.

Site stratégique 

Donald Trump a insisté dimanche sur Truth Social que le projet d'accord "stipule très clairement que l'Iran n'aura pas d'arme nucléaire", et ce "en des termes très fermes".

Téhéran insiste aussi pour que tout accord inclue la fin des hostilités au Liban, où Israël veut "éliminer" le Hezbollah pro-iranien.

Mais sur ce front, l'armée israélienne continue à avancer dans le sud du pays où elle a mené de nouvelles frappes, et le Hezbollah poursuit ses attaques notamment dans le nord israélien, malgré la trêve en vigueur depuis le 17 avril, mais non respectée.

L'armée israélienne s'est emparée dimanche de la forteresse médiévale de Beaufort, un site stratégique où elle avait établi une base pendant les deux décennies de l'occupation israélienne, achevée en 2000.

Pour les Etats-Unis, c'est au Hezbollah de cesser les tirs en premier, en contrepartie de quoi Israël "s'abstiendrait de toute escalade à Beyrouth", selon un plan rapporté par un responsable américain à la suite d'entretiens menés dimanche par le chef de la diplomatie Marco Rubio avec le président libanais Joseph Aoun et le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

La France a demandé une réunion d'urgence au Conseil de sécurité, qui se tiendra lundi, selon des sources diplomatiques à l'AFP.