Alors que l'ONU fête ses 76 ans, des étudiants s'inspirent de ses objectifs de développement durable

Un pompier regarde Bobcat brûler près de Cedar Springs dans la forêt nationale d'Angeles le 21 septembre 2020 à Los Angeles, en Californie. (Dossier/AFP)
Un pompier regarde Bobcat brûler près de Cedar Springs dans la forêt nationale d'Angeles le 21 septembre 2020 à Los Angeles, en Californie. (Dossier/AFP)
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Publié le Dimanche 24 octobre 2021

Alors que l'ONU fête ses 76 ans, des étudiants s'inspirent de ses objectifs de développement durable

  • En 2015, l'Assemblée générale des Nations Unies a adopté 17 objectifs mondiaux comme « plan directeur afin de parvenir à un avenir meilleur et plus durable pour tous »
  • « Un plan pour un avenir meilleur » est également le thème établi par l'Association des Nations Unies pour célébrer la Journée des Nations Unies le 24 octobre

NEW YORK : Lorsque l'incendie de Bobcat, l'une des plus importants de l'histoire du comté de Los Angeles, a éclaté en septembre 2020, brûlant des centaines de milliers d'hectares, Audrey Ma, 12 ans, se trouvait à moins de 500 pieds (150 mètres) de la zone évacuée.

Les parents de Ma lui ont demandé d'emballer ses affaires alors que les flammes approchaient du quartier, et un instant l'enfant a cru perdre la seule vie qu'elle avait connue jusqu'à présent.

Le Bobcat, l'un des quelque 30 incendies de forêt majeurs dans l'État américain de Californie, a causé la mort de 26 personnes et la destruction d'un nombre incalculable de propriétés.

Bien que sa maison ait été épargnée par les flammes, la peur de Ma causée par les images infernales de forêts et de structures en train de brûler au sol l'a incitée à se pencher sur les causes des incendies en Californie.

Comment commencent-ils ? Comment se propagent-ils ? Pourquoi y a-t-il tant d'incendies en Californie du Sud ?

« J'ai appris que, bien que le changement climatique ne soit pas la cause (directe) des incendies, (les climats plus secs en raison de la hausse des températures) facilitent le démarrage et la propagation des incendies. Alors, j'ai commencé à en apprendre davantage sur la durabilité », déclare Ma à Arab News.

Une étude scientifique de l'ONU cette année montre que l'activité humaine modifie le climat de manière inédite et parfois irréversible.

Le rapport met en garde contre des vagues de chaleur, des sécheresses et des inondations de plus en plus extrêmes, ainsi qu'une limite de température clé dépassée en un peu plus d'une décennie. Antonio Guterres, le secrétaire général de l'ONU, l'a qualifiée de « code rouge pour l'humanité ».

Mais le monde continue de ne pas tenir ses promesses de réduction des émissions de gaz à effet de serre, de transition vers une énergie propre et de reconstruction durable.

Cependant, la nouvelle génération, comme Ma, ressent directement l'urgence et réalise l'impact direct du changement climatique sur sa vie quotidienne.

Renee Larios est la coordinatrice de l'engagement communautaire des étudiants à l'école polytechnique privée de Pasadena où Ma est étudiante. Larios travaille avec les étudiants pour « les aider à cerner les choses qu'ils veulent faire dans le monde pour le rendre meilleur ».

Larios est tombée sur les objectifs de développement durable des Nations Unies il y a quatre ans. Elle a dit à Arab News qu’elle avait été époustouflée.

En 2015, l'Assemblée générale des Nations Unies a défini les ODD – 17 objectifs mondiaux conçus pour être un « plan directeur pour parvenir à un avenir meilleur et plus durable pour tous ». Les ODD devraient être atteints d'ici 2030.

« Nous avons décidé d’instaurer les ODD dans notre école pour créer un cadre pour nos programmes d'engagement communautaire, aider les élèves à toucher du doigt les fruits de leur bénévolat pour atteindre les 17 objectifs », déclare Larios. « Nous essayons également d'amener les enseignants à lier leur programme, lorsque cela est possible, à un ou plusieurs des objectifs. »

« Les étudiants doivent, pour chaque engagement communautaire ou travail de service qu'ils effectuent, expliquer quelle est la relation entre ce qu'ils ont fait et comment cela favorise l'intention de l'un des ODD. »

Après avoir appris comment les aliments jetés dans les décharges pourrissent et créent du méthane qui emmagasine la chaleur de notre planète et la réchauffe, Ma a commencé à mettre en œuvre un programme de tri dans son école pour séparer les déchets alimentaires des ordures, puis composter les déchets dans des poubelles autour de l'école.

« Maintenant, notre programme de tri peut absorber 25 % de nos déchets alimentaires », précise Ma. « Cependant, les 75 % restants vont à un composteur hors site, et nous brûlons toujours des combustibles fossiles en les transportant d'un endroit à l'autre, ce qui n'est pas durable. »

« Donc, notre objectif à court terme est de pouvoir composter 100 % de nos déchets alimentaires sur place à Poly (École polytechnique), ce qui conduit à notre objectif à long terme, qui est de de faire de ce programme une science et l'utiliser comme modèle pour que d'autres écoles fassent la même chose, afin de parvenir à une réduction significative des gaz à effet de serre.

« Un plan pour un avenir meilleur » est le thème établi par l'Association des Nations Unies pour célébrer la Journée des Nations Unies le 24 octobre, marquant le 76e anniversaire de la Charte fondamentale des Nations Unies.

Les valeurs qui ont alimenté la charte – paix, développement, droits de l'homme et opportunités pour tous – « n'ont pas de date d'expiration », selon les mots de Guterres.

« Il y a 76 ans, les Nations Unies sont nées pour véhiculer d'espoir d’un monde émergeant de l'ombre d'un conflit catastrophique », a-t-il ajouté dans son message marquant la Journée des Nations Unies.

« La Covid-19, les conflits, la faim, la pauvreté et l'urgence climatique nous rappellent que notre monde est loin d'être parfait, mais ils montrent aussi clairement que la solidarité est la seule voie à suivre.

« Nous devons nous unir pour relever de grands défis et faire avancer les objectifs de développement durable. »

« Aujourd'hui, les femmes et les hommes de l'ONU portent cet espoir dans le monde entier. »

En tant que responsable du programme d'initiatives mondiales à l'École polytechnique, Ann Diederich encadre les dirigeants de l’UNA-Polytechnic School Chapter, où une riche programmation vise à créer un leadership jeune.

« Notre thème est “L'empathie en action“, indique Diederich. « Comment pouvons-nous amener nos enfants à trouver des solutions à des défis mondiaux vraiment complexes, à examiner les objectifs de développement durable et à proposer des mesures concrètes pour concevoir le changement ?

« Les ODD sont très utiles pour donner aux enfants un cadre et un plan, afin qu'ils puissent concrétiser leur action de manière saine. »

Diederich, qui enseigne depuis 25 ans, se dit préoccupée par cette génération, communément appelée la génération Z.

« Ils semblent être à fleur de peau, surchargés par tous les problèmes auxquels ils sont confrontés », dit-elle. « Ils veulent vraiment faire quelque chose. Ils se soucient vraiment l'un de l'autre. Ils ont été isolés tout au long de la pandémie et (maintenant) ils sont très désireux de travailler pour le changement ».

« Je n'ai jamais vu une génération comme celle-ci. Ils sont rapides, ils ne perdent pas de temps, ils voient que le changement doit être opéré rapidement, et ils ne font pas vraiment confiance à l'ancienne génération, les millennials, pour le faire. Ils se surpassent aussi parfois ».

Ma cite l'explorateur britannique Robert Swan Obe, le premier homme à marcher vers les pôles Nord et Sud : « La plus grande menace pour notre planète est de croire que quelqu'un d'autre la sauvera. »

Ma souligne : « Je sais qu'en fin de compte, tout ce que nous faisons est un choix. Et parfois, je crains que les gens prennent l’option facile. »

« Je sais que nous pouvons choisir de lutter contre le changement climatique ou de tout faire comme nous l'avons toujours fait et penser que quelqu'un va trouver un moyen de nous sauver. »

« J'ai choisi de me battre pour mon avenir et le changement climatique et j'espère qu'un jour tout le monde prendra cette décision également. »

Depuis sa création, l'objectif primordial de l'ONU est simple : les enfants devraient avoir une vie meilleure et plus heureuse que leurs parents.

L'ONU a passé plus de sept décennies à tenter de sauver et d'améliorer des vies, des vies qui continuent aujourd'hui d'être en jeu alors que des guerres éclatent dans différentes parties du globe, entraînant le déplacement de millions de personnes, la pauvreté et l'extrême insécurité alimentaire.

La pandémie a également creusé le fossé entre riches et pauvres. Les inégalités dans le monde n'ont jamais été aussi clairement affichées aux yeux de tous, de l'inégalité des vaccins à l'écart dans la qualité de l'éducation.

L'ODD 4 concerne une éducation de qualité pour tous.

Ma déclare : « Je sais que je suis moi-même très privilégiée de pouvoir suivre cette éducation, mais il y a beaucoup de gens qui ne le peuvent pas. »

« J'admire des gens comme Malala Yousafzai, qui se bat pour une éducation de qualité, en particulier pour les filles au Pakistan. »

« J'ai regardé un documentaire sur elle. J'ai lu son livre. Et j'ai aussi écouté son discours à l'ONU. Je suis vraiment inspirée par son mouvement pour l'égalité des sexes et l'éducation des filles au Pakistan. Je pense que c'est vraiment important. »

Ma a un message pour les filles en Syrie, au Yémen et dans tous les pays ravagés par la guerre où des gens comme elle ne font que survivre :

« Mon message aux filles du monde entier : nous avons toutes des forces et des antécédents différents et des histoires diverses. Même si vous n’avez pas accès à l'éducation, vous pouvez essayer d'apprendre autant que vous le pouvez, vous renseigner sur le monde qui vous entoure si possible, avec vos amis, votre famille. Battez-vous pour ce que vous pensez être juste dans le monde. »

Ce texte est la traduction d'un article paru sur Arabnews.com

 

 


Etats-Unis et Iran échangent des frappes

Des avions de chasse F-16 en patrouille au Moyen-Orient. Des appareils militaires américains ont bombardé vendredi des sites de missiles, de drones et de radars en Iran. (Commandement central des États-Unis)
Des avions de chasse F-16 en patrouille au Moyen-Orient. Des appareils militaires américains ont bombardé vendredi des sites de missiles, de drones et de radars en Iran. (Commandement central des États-Unis)
  • L’Iran affirme avoir visé des cibles américaines dans le Golfe en riposte aux frappes américaines contre des sites militaires iraniens, après une attaque contre un navire dans le détroit d’Ormuz
  • Malgré cette escalade, le trafic maritime reprend progressivement dans le détroit d’Ormuz, tandis que les États-Unis ont dévoilé un accord-cadre entre Israël et le Liban pour une paix durable

TEHERAN: L'Iran a affirmé samedi avoir riposté, en attaquant des cibles américaines dans le Golfe, à des frappes menées la veille par Etats-Unis contre son territoire.

Les frappes américaines, les premières connues depuis la signature du protocole d'accord entre Washington et Téhéran le 17 juin, ont été lancées à la suite de l'attaque d'un navire commercial ayant franchi le détroit d'Ormuz la veille et attribuée à l'Iran par les Etats-Unis.

"Si l'agression se répète, notre réponse sera plus large que ça", ont averti les Gardiens de la Révolution, armée idéologique de l'Iran, cités par la télévision d'Etat Irib.

De son côté, l'armée américaine avait annoncé avoir "ciblé des lieux de stockage de missiles et de drones et des sites radar côtiers en Iran", en réponse "à l'attaque de la veille contre un navire commercial qui transitait par le détroit d'Ormuz". Elle a ensuite publié sur X une vidéo de sa frappe contre l'Iran.

La télévision d'Etat iranienne a fait état vendredi soir d'une explosion et d'un impact de projectile sur un quai de la ville de Sirik, dans le sud du pays, ainsi que plusieurs tirs d'avertissement visant ce que Téhéran qualifie de "navires en infraction" dans le détroit d'Ormuz.

"Le port de Sirik n'a subi aucun dommage lors de l'attaque ennemie", a plus tard indiqué un responsable des ports de la région d'Hormozgan, cité par l'agence de presse iranienne Mehr.

Le vice-président américain JD Vance a écrit sur X que l'Iran avait "signé un accord de cessez-le-feu. Nous l'avons respecté. S'ils ont des désaccords sur la mise en œuvre du protocole d'accord, ils peuvent décrocher leur téléphone. Mais la violence n'engendrera que la violence".

Plus tôt dans la journée, Donald Trump a qualifié l'attaque du cargo de "violation stupide" du cessez-le-feu, alors que les deux belligérants sont entrés dans une phase de soixante jours de négociations pour parvenir à un accord final.

"Vous verrez bien", a-t-il répondu de manière évasive aux questions sur une éventuelle réponse militaire américaine.

 

- Accord-cadre entre Liban et Israël -

 

Des navires ont néanmoins continué vendredi à traverser le détroit d'Ormuz, que l'Iran a rouvert suite au protocole d'accord entre Washington et Téhéran.

Et plusieurs bateaux ont emprunté une route non approuvée par Téhéran, même si l'autorité maritime iranienne avait averti que "tout passage en dehors du cadre défini ne bénéficierait pas des garanties de passage sécurisé".

Vendredi, 29 navires commerciaux ont franchi le détroit, selon les données du site de suivi Kpler en fin d'après-midi. Dix-sept ont suivi une route longeant les côtes d'Oman. Après un pic de 57 navires mercredi, 42 étaient passés jeudi.

Suspendu après l'attaque du cargo, le processus d'évacuation des quelque 600 navires, avec 11.000 marins à bord bloqués dans le Golfe depuis le début de la guerre, sera relancé dès l'obtention de "confirmations supplémentaires" sur les garanties de sécurité, a expliqué l'Organisation maritime internationale (OMI).

Depuis son lancement mardi, quelque 2.500 marins et 115 navires ont été évacués jusque-là, selon l'OMI.

Sur l'autre front, Washington a publié vendredi le texte d'un accord-cadre sous l'égide des Etats-Unis, entre Israël et le Liban, avec l'objectif affiché de "paix et sécurité durables" entre les deux pays, techniquement en état de guerre depuis des décennies.

 

- "Vers une guerre civile" -

 

Dans une vidéo diffusée juste après l'annonce, Benjamin Netanyahu a semblé dévoiler les succès obtenus côté israélien, à commencer par le maintien de son armée dans le sud du Liban "tant que le Hezbollah ne sera pas désarmé", malgré la mise en place de deux "zones pilotes" rendues au contrôle de l'armée libanaise.

Il a également averti que la population civile déplacée ne pourrait pas revenir.

"L'Iran essaie de nous contraindre à nous retirer du sud du Liban par la pression, mais en réalité, Israël, le Liban et les États-Unis lui répondent: cela ne vous regarde pas", a-t-il considéré.

L'accord est "un premier pas" vers la restauration de la souveraineté entière du Liban sans "occupation", "subordination" ni "tutelle", a réagi son président Joseph Aoun.

Tant l'ambassade libanaise à Washington que le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio ont évoqué dans leurs communications la question du désarmement du Hezbollah.

Les "autorités libanaises seront incapables d'imposer" sa mise en oeuvre, à moins "qu'elles ne se dirigent, avec le soutien américain, vers une guerre civile", a réagi Hassan Fadlallah, député du Hezbollah, le mouvement pro-iranien armé très implanté dans le sud du Liban et qui a toujours rejeté ces négociations directes.

Le député a aussi qualifié l'accord de "tentative de perturber" celui conclu le 17 juin entre Washington et Téhéran pour mettre durablement fin à la guerre au Moyen-Orient, y compris au Liban - sur l'insistance de l'Iran qui ne veut pas dissocier les deux dossiers.

Le Liban a été entraîné dans le conflit début mars quand le Hezbollah a ciblé Israël en soutien à son parrain iranien, après l'offensive américano-israélienne sur Téhéran le 28 février.


Une vérification nucléaire «très poussée» est nécessaire en Iran après la guerre, selon le chef de l'AIEA

Un système de vérification "très poussé" est nécessaire en Iran après le récent conflit afin de s'assurer que le pays ne développe pas d'armes nucléaires, a déclaré vendredi le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).
Un système de vérification "très poussé" est nécessaire en Iran après le récent conflit afin de s'assurer que le pays ne développe pas d'armes nucléaires, a déclaré vendredi le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).
  • "L'objectif de cet accord (entre les États-Unis et l'Iran) est de garantir qu'il n'y ait pas de développement d'armes nucléaires en Iran. Le gouvernement iranien a déclaré très clairement que ce n'est pas son intention", a indiqué Rafael Grossi
  • "Mais bien sûr, les intentions ne suffisent pas. Nous devons mettre en place un système de vérification très poussé (...) dès que possible", a ajouté M. Grossi

TOKYO: Un système de vérification "très poussé" est nécessaire en Iran après le récent conflit afin de s'assurer que le pays ne développe pas d'armes nucléaires, a déclaré vendredi le directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).

"L'objectif de cet accord (entre les États-Unis et l'Iran) est de garantir qu'il n'y ait pas de développement d'armes nucléaires en Iran. Le gouvernement iranien a déclaré très clairement que ce n'est pas son intention", a indiqué Rafael Grossi lors d'une conférence de presse au Japon.

"Mais bien sûr, les intentions ne suffisent pas. Nous devons mettre en place un système de vérification très poussé (...) dès que possible", a ajouté M. Grossi.

Il a également indiqué que l'organisme de surveillance avait "à peine entamé" des discussions avec l'Iran à la suite de son récent accord préliminaire avec les États-Unis sur le devenir du stock d'uranium de Téhéran.

"Des discussions initiales ont eu lieu (...) Nous nous attendons à ce que ce travail s'accélère prochainement", a déclaré M. Grossi.

Téhéran a toujours nié chercher à se doter de la bombe atomique, tout en restant inflexible sur son droit à exploiter une filière nucléaire civile complète.

En vertu d'une loi votée par le Parlement, les autorités iraniennes ont suspendu en juillet 2025 la coopération avec l'AIEA.

Elles avaient toutefois accepté en septembre d'accueillir de nouveau des inspecteurs, après s'être mis d'accord sur un nouveau cadre et des membres de l'agence se sont rendus ces derniers mois sur place, y compris en juin 2026 pour visiter la centrale nucléaire de Bouchehr. Mais ils n'ont pas eu accès aux sites bombardés.

 


Séisme au Venezuela: au moins 235 morts, recherche effrénée des disparus

Les recherches effrénées continuent vendredi au Venezuela dans les décombres d'immeubles effondrés pour tenter de secourir d'éventuels survivants dans les décombres, deux jours après un double séisme dévastateur qui a fait au moins 235 morts, selon le dernier bilan officiel. (AFP)
Les recherches effrénées continuent vendredi au Venezuela dans les décombres d'immeubles effondrés pour tenter de secourir d'éventuels survivants dans les décombres, deux jours après un double séisme dévastateur qui a fait au moins 235 morts, selon le dernier bilan officiel. (AFP)
  • "Malheureusement, nous avons accueilli environ 235 patients qui sont arrivés sans signes vitaux ou qui sont décédés dès leur arrivée dans nos établissements de santé"
  • Deux Espagnols, un Portugais, deux Brésiliens, un Italo-vénézuélien, deux Chinois figurent parmi les morts. Le ministère des Affaires étrangères espagnol a par ailleurs fait état vendredi matin de 80 Espagnols encore non localisés

LA GUAIRA: Les recherches effrénées continuent vendredi au Venezuela dans les décombres d'immeubles effondrés pour tenter de secourir d'éventuels survivants dans les décombres, deux jours après un double séisme dévastateur qui a fait au moins 235 morts, selon le dernier bilan officiel.

"Malheureusement, nous avons accueilli environ 235 patients qui sont arrivés sans signes vitaux ou qui sont décédés dès leur arrivée dans nos établissements de santé", a déclaré le ministre de la Santé Carlos Alvarado à la télévision d'Etat.

Deux Espagnols, un Portugais, deux Brésiliens, un Italo-vénézuélien, deux Chinois figurent parmi les morts. Le ministère des Affaires étrangères espagnol a par ailleurs fait état vendredi matin de 80 Espagnols encore non localisés.

Le séisme a fait également au moins 4.300 blessés à travers le pays, selon le ministre. Mais aussi un Italien, deux Brésiliens et deux Chinois, selon les autorités de leurs pays d'origine.

Bâtiments aplatis, montagnes de gravats où des familles en détresse tentent de retrouver des personnes ensevelies: à l'épicentre du tremblement de terre, les équipes de l'AFP ont constaté d'impressionnantes scènes de destruction qui font craindre un bilan bien plus lourd.

La zone la plus durement touchée est celle de La Guaira, au nord de la capitale Caracas, où se trouvent l'aéroport international de Maiquetia qui, endommagé, a été fermé, et la ville côtière de Catia la Mar, où plusieurs immeubles se sont écroulés.

Voix d'outre-tombe 

Comme celui où habite Antonio Bermudez: "Il y a un endroit d'où une jeune femme appelée Jennifer, du onzième étage, me répond. Mais nous n'avons aucun outil, nous n'avons aucun moyen pour aider" à l'extraire des décombres, explique-t-il.

Sur les réseaux sociaux, des vidéos ont montré des scènes glaçantes de voix comme venues d'outre-tombe, audibles en certains endroits sous les monceaux de gravats, cris désespérés des enterrés vivants appelant au secours.

Lisbeth Vazquez, 37 ans, raconte à l'AFP comment les siens se sont échappés in extremis par les fenêtres de l'appartement familial lorsque l'immeuble était "en train de s'enfoncer complètement" dans le sol. "C'était terrifiant", dit-elle : "Des voisins des étages inférieurs sont ensevelis, on essaie de les sortir".

"Il ne nous reste plus rien. Rien, pas même la force ni le courage d'entrer là-dedans", soupire Larry Rojas, 49 ans, devant un tas de décombres sous lequel sont ensevelis ses proches.

"On a besoin de gens qui viennent aider. Il y a ici une petite fille qui est coincée depuis hier soir, on peut la sortir, on a besoin d'une pelleteuse", s'écrie désespéré Dani Rizo, un autre habitant du bâtiment, âge de 48 ans.

L'assistance internationale s'organise. Les Etats-Unis ont promis une réponse "importante", "rapide et efficace", par la voix de leur secrétaire d'Etat, Marco Rubio. Le département d'Etat a également annoncé l'envoi de secouristes et le déblocage d'une aide de 150 millions de dollars. L'armée américaine a fait savoir qu'elle déploierait des navires militaires, des avions et des hélicoptères en soutien aux secours.

Le Brésil a annoncé l'envoi d'aide à son voisin. De même que la Chine, l'Inde, de nombreux pays européens et latino-américains et même l'Iran, un traditionnel allié de Caracas ravagé par la guerre contre les Etats-Unis et Israël.

"Ca tremble" 

La présidente par intérim, Delcy Rodriguez, a décrété l'état d'urgence peu après la double secousse de magnitude 7,2 et 7,5, qui s'est produite mercredi à 18H04 (22H04 GMT).

D'après les données du Service géologique des Etats-Unis (USGS), le tremblement de terre de 7,5 est le plus fort depuis 1900 à avoir frappé le Venezuela, un pays de près de 30 millions d'habitants à l'économie en crise depuis des années.

La première secousse s'est produite à une profondeur de 21,9 km, à environ 200 km à l'ouest de Caracas. Elle a été suivie d'une seconde à 10 km de profondeur, enregistrée 39 secondes plus tard à 45 km de là, puis d'une vingtaine de répliques, selon l'USGS.

Dans la capitale, où de nombreux immeubles se sont effondrés, des rues sont jonchées de débris de verre et beaucoup de gens ont passé la nuit dehors, souvent dans leur voiture, tremblant à chacune des répliques.

Les lieux sinistrés ont également été victimes de pillages. A Catia la Mar, des hommes et des femmes sortaient les bras chargés de sacs remplis de victuailles d'un commerce d'alimentation en partie incendié, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Des coupures d'électricité sont signalées et le ministre de l'Intérieur, Diosdado Cabello, a dit avoir ordonné la coupure de l'alimentation en gaz pour "éviter tout accident".

Jeudi matin, quasiment aucun commerce n'était ouvert et la circulation automobile était dense, de nombreux habitants de Caracas cherchant à se réfugier loin des immeubles en péril.

"Ça tremble, ça tremble en ce moment", se sont mis à crier au moment d'une réplique des personnes rassemblées autour d'un immeuble déjà à terre.

"Avant même ces séismes, près de huit millions de personnes au Venezuela avaient besoin d'une aide humanitaire", a rappelé le secrétaire général adjoint de l'ONU aux Affaires humanitaires, Tom Fletcher.

Si l'aéroport international de Maiquetia a été fermé en raison de "graves dommages dans ses infrastructures" selon Mme Rodriguez, Caracas pourra disposer de l'aéroport militaire de La Carlota, situé en pleine zone métropolitaine, pour l'aide internationale.