Initiative pour un Moyen-Orient vert: une feuille de route pour un mode de vie durable

L’Arabie saoudite affirme que la transition vers la neutralité carbone «se fera de manière à préserver le rôle de premier plan du Royaume dans le renforcement de la sécurité et de la stabilité des marchés mondiaux de l’énergie». (SPA)
L’Arabie saoudite affirme que la transition vers la neutralité carbone «se fera de manière à préserver le rôle de premier plan du Royaume dans le renforcement de la sécurité et de la stabilité des marchés mondiaux de l’énergie». (SPA)
Le prince saoudien Mohammed ben Abdelrahman ben Abdelaziz, gouverneur par intérim de la province de Riyad, reçoit la Première ministre tunisienne, Najla Bouden, lors du sommet de l’Initiative pour un Moyen-Orient vert à Riyad, le 24 octobre 2021. (SPA)
Le prince saoudien Mohammed ben Abdelrahman ben Abdelaziz, gouverneur par intérim de la province de Riyad, reçoit la Première ministre tunisienne, Najla Bouden, lors du sommet de l’Initiative pour un Moyen-Orient vert à Riyad, le 24 octobre 2021. (SPA)
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Publié le Mardi 26 octobre 2021

Initiative pour un Moyen-Orient vert: une feuille de route pour un mode de vie durable

  • La neutralité carbone «se fera de manière à préserver le rôle de premier plan du Royaume dans le renforcement de la sécurité et de la stabilité des marchés mondiaux de l’énergie»
  • Le Royaume s’engage à doubler la quantité de carbone qu’il réduira dans son économie nationale en éliminant 278 millions de tonnes de polluants par an d’ici à 2030

DJEDDAH: L’Initiative pour un Moyen-Orient vert – dernier événement de l’Initiative verte saoudienne – commence aujourd’hui. Elle vise à établir une feuille de route durable pour la région et à mettre l’accent sur la transition verte, les solutions politiques vertes et la contribution du secteur financier aux objectifs de l’Initiative verte saoudienne, en plus de proposer un éclairage au niveau international.

Plusieurs chefs d’État participeront à cet événement, avec des intervenants clés comme le prince héritier Mohammed ben Salmane, l’envoyé spécial du président américain pour le climat, John Kerry, la vice-secrétaire générale de l’ONU, Amina Mohammed, le PDG de BlackRock, Larry Fink, le directeur général du groupe HSBC, Noel Quinn; et André Esteves, associé principal de la banque BTG Pactual, au Brésil.

Plus tôt cette année, le prince héritier a déclaré que l’Initiative verte saoudienne et l’Initiative pour un Moyen-Orient vert s’inscrivaient dans le cadre des efforts environnementaux déployés par le Royaume au cours des dernières années, conformément au projet Vision 2030.

Ces deux initiatives témoignent de la volonté ferme du Royaume de relever les défis environnementaux auxquels il fait face, de la hausse des températures et des vagues de poussière aux faibles niveaux de précipitations et à la désertification.

Elles ont également pour objectif commun de planter cinquante milliards d’arbres et de faire en sorte que la région du Moyen-Orient contribue à 10% de la réduction des émissions de carbone prévue à l’échelle mondiale.

L’Initiative verte saoudienne a pour ambition d’atteindre l’objectif de zéro émission nette de gaz à effet de serre, principalement produits par la combustion des carburants fossiles d’ici à 2060.

L’Arabie saoudite affirme que la transition vers la neutralité carbone «se fera de manière à préserver le rôle de premier plan du Royaume dans le renforcement de la sécurité et de la stabilité des marchés mondiaux de l’énergie».

En annonçant ce projet qui vise à atteindre l’objectif «zéro émission nette» d’ici à 2060, le prince héritier Mohammed ben Salmane a déclaré samedi dernier que cette décision était conforme aux plans de développement du Royaume, «tout en préservant et en renforçant son rôle de premier plan dans la sécurité et la stabilité des marchés mondiaux de l’énergie».

Le Royaume s’engage à doubler la quantité de carbone qu’il réduira dans son économie nationale en éliminant 278 millions de tonnes de polluants par an d’ici à 2030.

«En tant que région, nous avons toujours dû vivre dans des conditions climatiques difficiles et nous devrons continuer à innover en matière d’atténuation et d’adaptation», a déclaré le Dr Sultan ben Ahmed al-Jaber lors d’un forum sur la COP26 qui se déroulait à Riyad.

«Les Émirats arabes unis félicitent vivement les dirigeants et le peuple d’Arabie saoudite, en particulier les jeunes, d’avoir pris cette initiative stratégique historique, audacieuse et à long terme. Cela représente un changement radical dans les aspirations de cette région», ajoute le ministre.

L’Initiative verte saoudienne a pour but de renforcer le couvert végétal, de réduire les émissions de carbone, de lutter contre la pollution et la dégradation des terres ainsi que de préserver les écosystèmes marins.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Algérie: des élections locales pour sceller le «changement» de l'après-Bouteflika

Des partisans du Rassemblement national démocratique (RND) participent à un rassemblement le 23 novembre 2021 à Alger. (Photo, AFP)
Des partisans du Rassemblement national démocratique (RND) participent à un rassemblement le 23 novembre 2021 à Alger. (Photo, AFP)
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  • Les trois semaines de campagne électorale ont été marquées un peu partout par la morosité
  • Dans la capitale, à l'exception de quelques affiches et rassemblements dans des salles fermées, les candidats ont été peu actifs

ALGER : À l'issue d'une campagne morne, plus de 23 millions d'Algériens élisent samedi leurs élus locaux, un scrutin considéré comme crucial par le pouvoir pour tourner la page de la fin de règne mouvementée du défunt ex-président Abdelaziz Bouteflika.

Les trois semaines de campagne électorale ont été marquées un peu partout par la morosité. Dans la capitale, à l'exception de quelques affiches et rassemblements dans des salles fermées, les candidats ont été peu actifs.

Selon l'Autorité nationale indépendante des élections (ANIE), 15 230 candidats sont en lice dans les 1 541 communes.

Ils seront également 18 910 postulants à se disputer les sièges départementaux dans 58 préfectures. Les femmes ne représentent que 15% de l'ensemble des candidatures, selon les statistiques de l'ANIE.

"Veux-tu le changement?", "l'édification institutionnelle", "signe et appose ton empreinte": c'est le slogan officiel de ce double scrutin.

Un slogan critiqué par le politologue et ancien professeur de sciences politiques, Mohamed Hennad, qui aurait préféré des thématiques basées "sur les valeurs de la citoyenneté".

Pour le politologue, le pouvoir s'entête "à imposer sa volonté en dépit des résultats déshonorants enregistrés lors des précédents scrutins".

Il s'agit de la troisième élection organisée sous la présidence d'Abdelmadjid Tebboune, qui s'est engagé à réformer toutes les institutions héritées des 20 ans de règne de M. Bouteflika, contraint à la démission en avril 2019 sous la pression des manifestations du mouvement pro-démocratie Hirak et de l'armée.

Très affaibli à partir de 2013 par un AVC, il est décédé le 17 septembre 2021.

Le 5 juillet, jour de la fête d'indépendance de l'Algérie, le président Tebboune, élu en décembre 2019 avec 58% des suffrages et un taux de participation d'à peine 40%, avait assuré inscrire son action dans le sillage d'un "Hirak béni authentique".

Dans une première étape, M. Tebboune a fait adopter des amendements constitutionnels lors d'un référendum le 1er novembre 2020, approuvé par seulement 23,7% électeurs.

Deuxième étape: les législatives anticipées du 12 juin dernier, également marquées par une abstention historique avec 23% de taux de participation.

«Pas d'importance»

La troisième étape du processus, les élections locales, devrait drainer davantage d'électeurs aux urnes.

Le taux de participation n'a "pas d'importance" pour M. Tebboune qui avait déclaré à propos de la faible affluence aux législatives: "Ce qui m'importe, c'est que ceux pour lesquels le peuple vote aient une légitimité suffisante".

"Ces élections se distinguent des législatives par la relation directe (des élus) avec le citoyen et ses préoccupations", a analysé Nabila Benyahia, enseignante en sciences politiques, estimant qu'elles permettent de mesurer le niveau de confiance entre le citoyen et le pouvoir.

Toutefois, si "le pouvoir affirme vouloir un changement en réponse au Hirak, il n'a retenu que le mot +changer+", a commenté le politologue Hennad, estimant qu'il a "imposé son agenda dans une atmosphère de monologue politique n'impliquant les forces politiques que formellement".

La participation attendue en Kabylie, région qui avait boycotté les précédents scrutins, devrait faire monter la participation.

Le Front des forces socialistes (FFS, plus vieux parti d'opposition), présente des candidats dans cette région qui est l'un de ses principaux fiefs. 

Des indépendants parmi lesquels d'anciens dirigeants du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) participent aussi au scrutin alors que le parti boycotte officiellement les municipales comme lors des précédents scrutins.

La participation n'est pas l'enjeu majeur de ce scrutin, nuance Redouane Boudjemaa, enseignant à la Faculté des Sciences de l'information et de la Communication d'Alger.

Ce sont plutôt les "grands défis économiques et sociaux de l'année prochaine", dit-il. "L'effondrement du pouvoir d'achat engendrera la recrudescence des protestations syndicales", estime M. Boudjemaa en ajoutant que selon "de nombreux indicateurs, le pouvoir n'a ni la vision ni la stratégie pour trouver des réponses à la crise".


Un nouveau test électoral pour le président Tebboune

L'objectif est «l'édification des institutions de l'Etat sur des bases solides, loin des soupçons et des insuffisances», avait affirmé Tebboune, le 1er novembre. (Photo, AFP)
L'objectif est «l'édification des institutions de l'Etat sur des bases solides, loin des soupçons et des insuffisances», avait affirmé Tebboune, le 1er novembre. (Photo, AFP)
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  • Pour le professeur de journalisme, Redouane Boudjemaa, ce scrutin n'est rien de plus qu' «une tentative de ravaler les façades des conseils locaux par un changement de leurs composantes dont vont profiter des clientèles du pouvoir»
  • Ancien professeur de sciences politiques, Mohamed Hennad minimise aussi l'importance de ce vote: «Les enjeux politiques de ces élections ne concernent que le régime actuel»

ALGER : L'Algérie renouvelle samedi ses assemblées locales, un scrutin test pour le président Abdelmadjid Tebboune, élu en 2019, après l'abstention massive enregistrée aux législatives de juin et au référendum constitutionnel de novembre 2020.

1. Pourquoi des élections locales anticipées?

Le mandat des Assemblées populaires communales (APC) et des Assemblées populaires de wilaya (APW, départementales) devait expirer en novembre 2022 mais M. Tebboune a convoqué des élections anticipées pour mettre ces assemblées "en conformité" avec la nouvelle Constitution. 

L'objectif est "l'édification des institutions de l'Etat sur des bases solides, loin des soupçons et des insuffisances", a affirmé le chef de l'Etat, le 1er novembre.

Il faisait allusion aux précédents scrutins organisés sous la présidence de son défunt prédécesseur, Abdelaziz Bouteflika, tous marqués par des accusations de fraude.

Les Assemblées locales sont importantes car elles élisent au suffrage indirect les deux tiers des membres (96) du Conseil de la nation, la chambre haute du Parlement, les 48 autres membres étant désignés par le chef de l'Etat.

Ces élections "vont permettre de jauger le poids des partis sur la scène politique", explique Nabila Benyahia, professeur de sciences politiques à l'Université d'Alger.

2. Quels sont les enjeux politiques?

Les électeurs devraient se mobiliser davantage pour choisir leurs présidents d'assemblées locales que lors des élections organisées depuis le déclenchement du Hirak, le mouvement de contestation pro-démocratie, en février 2019.

Mais pour le professeur de journalisme à l'Université d'Alger, Redouane Boudjemaa, ce scrutin n'est rien de plus qu'"une tentative de ravaler les façades des conseils locaux par un changement de leurs composantes dont vont profiter des clientèles du pouvoir".

"Les enjeux politiques actuels restent confinés dans des slogans proclamant que le pays est entré dans une nouvelle ère alors que tous les indicateurs témoignent du contraire", a-t-il expliqué.

Ancien professeur de sciences politiques à l'université d'Alger, Mohamed Hennad minimise aussi l'importance de ce vote: "Les enjeux politiques de ces élections ne concernent que le régime actuel qui y voit une dernière étape dans le processus de 'changement', selon sa propre perception, mais ce n'est qu'une illusion, car ce qui repose sur des bases fragiles ne dure pas".

3. Le taux de participation peut-il être meilleur?

Même si M. Tebboune lui-même affirmait lors des législatives de juin que "le taux de participation n'a pas d'importance", le pouvoir et les partis en lice escomptent une plus grande affluence aux urnes.

"Nous oeuvrons pour assurer toutes les conditions de réussite des élections et atteindre un taux de participation significatif", a assuré le président de l'Autorité nationale indépendante des élections Mohamed Charfi.

Mais M. Boudjemaa s'attend à une nouvelle désaffection des électeurs: "La société estime que les élections ne sont plus un mécanisme pour construire un quelconque contrat politique. Aussi bien ceux qui sont favorables au vote que les partisans du boycott n'ont pas de projet pour réhabiliter l'action politique, réduite à un mandat électoral dépourvu de contenu politique".

M. Hennad a jugé également "peu probable que la participation puisse être forte".

4. La Kabylie va-t-elle doper la participation?

La Kabylie, région frondeuse à l'est d'Alger où moins de 1% des électeurs s'étaient rendus aux urnes lors des législatives, avait largement contribué à la plus faible participation jamais enregistrée en Algérie pour un scrutin majeur (23%).

Malgré le boycott du prochain scrutin par le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD, laïc), des militants de ce parti, bien implanté en Kabylie, se sont portés candidats sur des listes indépendantes et son rival éternel dans la région, le Front des forces socialistes (FFS), a décidé d'y prendre part.

Le débat sur la participation de la Kabylie se base sur le "postulat selon lequel les autres régions du pays ont participé aux précédentes consultations, alors que les chiffres disent que le boycott est une réalité" partout, selon M. Boudjemaa.

"La vérité est que nous ignorons le niveau qu'atteindra la participation en Kabylie. La présence du FFS ne garantit pas à elle seule une forte mobilisation des électeurs et ce parti n'est pas la seule force politique représentée dans la région", détaille M. Hennad.


La coalition arabe mène des frappes aériennes sur des cibles à Sanaa

La coalition a mis en garde les civils contre les attroupements autour des zones visées. (Photo, SPA/Archives)
La coalition a mis en garde les civils contre les attroupements autour des zones visées. (Photo, SPA/Archives)
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  • La coalition arabe avait déclaré lundi que la milice houthie au Yémen avait transformé l'aéroport de Sanaa en une base militaire pour des essais et des attaques transfrontalières
  • L'Arabie saoudite est devenue la cible de la milice presque quotidiennement à l'aide de drones chargés d’explosifs, qui sont souvent facilement détruits par les défenses aériennes du Royaume

RIYAD : Les objectifs opérationnels des frappes aériennes sur des sites de la capitale yéménite ont été atteints, a déclaré la coalition arabe tôt samedi.

Récemment, la coalition a frappé les actifs de la milice houthie dans la ville dans le but d’affaiblir les capacités de la milice soutenue par l'Iran à lancer des attaques contre l'Arabie saoudite.

La coalition a déclaré avoir touché des ateliers de drones et des dépôts d'armes dans le quartier de Dhahan et a averti les civils de ne pas se rassembler autour des zones visées.

Vendredi, la coalition a diffusé des images satellites des conséquences des frappes aériennes sur les camps houthis du palais présidentiel.

«Nous avons pris des mesures préventives pour épargner les civils et leurs biens des dommages collatéraux», a indiqué le communiqué publié par l'agence de presse saoudienne. «L'opération a été menée conformément au droit international humanitaire et à ses règles coutumières».

La coalition arabe a déclaré lundi que la milice houthie au Yémen avait transformé l'aéroport de Sanaa en une base militaire pour des essais et des attaques transfrontalières.

Des séquences vidéo diffusées par la coalition arabe montraient des Houthis soutenus par l'Iran en train d'effectuer des exercices d'entraînement sur des avions de l'ONU, dans le but de tester un système de missiles aériens, a rapporté la télévision d'État saoudienne.

La semaine dernière, des frappes aériennes ont détruit une cachette secrète abritant des experts appartenant aux Gardiens de la révolution iraniens et au Hezbollah, a signalé jeudi la coalition arabe.

L'Arabie saoudite est devenue la cible de la milice presque quotidiennement à l'aide de drones chargés d’explosifs, qui sont souvent facilement détruits par les défenses aériennes du Royaume.

La coalition arabe dirigée par l'Arabie saoudite s'est battue pour rétablir la légitimité du gouvernement yéménite internationalement reconnu, après que les Houthis se sont emparés de la capitale, Sanaa, en 2014.

Les tentatives des Houthis de prendre pour cible des civils, ont été qualifiées de crimes de guerre par le Royaume.

La guerre, qui dure maintenant depuis sept ans, a coûté la vie à des milliers de Yéménites et contraint de nombreux autres à dépendre de l'aide humanitaire.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com