COP 26: Le sommet de la dernière chance pour la planète ?

Eoliennes installées sur l’archipel du Shetland, en Ecosse (Photo, AFP).
Eoliennes installées sur l’archipel du Shetland, en Ecosse (Photo, AFP).
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COP 26: Le sommet de la dernière chance pour la planète ?

  • Priorité affichée, arriver à des engagements permettant d'espérer encore limiter le réchauffement climatique à 1,5°C, l’objectif fixé par l’Accord de Paris signé en 2015 par les pays participants
  • Le franchissement de «points de basculement», suivi de réactions en chaîne bouleversant notre planète, inquiète particulièrement les spécialistes

PARIS: Le Royaume-Uni s’apprête à accueillir la COP26, sommet international se voulant vecteur d’une coopération écologique renforcée entre les nations, du 31 octobre au 12 novembre à Glasgow.

Priorité affichée, arriver à des engagements permettant d'espérer encore limiter le réchauffement climatique à 1,5°C, l’objectif fixé par l’Accord de Paris signé en 2015 par les pays participants.

Fonte de la calotte glaciaire, montée des océans sécheresses, incendies…autant de phénomènes liés à la hausse des températures terrestres, qui devraient s’amplifier d’après les experts.

Survol de plusieurs des enjeux qui animeront le sommet. 

Points de basculement en ligne de mire

Le franchissement de "points de basculement", suivi de réactions en chaîne bouleversant notre planète, inquiète particulièrement les spécialistes.

"Les points de basculement climatiques changent la donne et sont une menace existentielle", explique Tim Lenton de l'université britannique d'Exeter, un des experts mondiaux du sujet. "Et nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour éviter de les franchir."

Une quinzaine de points de basculement importants ont été identifiés. Certains concernent une région, d'autres la planète entière. Mais tous sont interconnectés.

Les plus immédiatement menacées sont les barrières de corail, qui abritent un quart de la vie des océans pour moins d'1% de leur surface; les calottes glaciaires du Groenland et de l'Antarctique occidental; les glaciers alpins; la banquise arctique d'été et, désormais, la forêt amazonienne. 

Leur franchissement risque en outre de déclencher des réactions en chaîne.

C'est la fonte de la calotte groenlandaise qui est ainsi considérée comme la cause du ralentissement de la "circulation méridienne de retournement atlantique" (AMOC), système complexe de courants océaniques qui permettent de réguler la chaleur entre les tropiques et l'hémisphère nord.

Une tendance qui va "très probablement" se poursuivre pendant tout le siècle, selon le Giec, qui estime même que l'AMOC pourrait complètement s'arrêter, entraînant des hivers plus durs en Europe et une perturbation des moussons en Afrique et en Asie.

La survie de l’espèce humaine en jeu

La crise climatique mettrait en danger l'espèce humaine du fait de son impact sur la reproduction, annonce la principale organisation internationale de gynécologues-obstétriciens qui lance un appel à "agir maintenant".

Dans un article publié en ligne dans l'"International Journal of Gynecology and Obstetrics", les auteurs soutiennent que cette crise est devenue "une urgence de santé publique qui affecte de manière disproportionnée les personnes enceintes, les enfants, les personnes issues de communautés défavorisées et marginalisées, les personnes de couleur et la reproduction humaine". 

"Le changement climatique peut également aggraver les soins prodigués tout au long de la grossesse et de la maternité, ainsi que l'issue des grossesses dans les pays déjà à faibles ressources", estiment-ils.

Ainsi, l'exposition à la chaleur et à la pollution de l'air pendant la grossesse provoque "des risques accrus de mortinatalité, de faible poids à la naissance et de naissances prématurées, et une augmentation significative du risque d'anomalies congénitales fœtales", indique l'article. 

En Bref : L’Accord de Paris

D’après les engagements pris lors de l’Accord de Paris, décidé en 2015, les pays participants doivent :

• Réduire la quantité de gaz à effet de serre produite et augmenter leur part d’énergies renouvelables

• Faire en sorte que le réchauffement climatique reste “bien en deçà » des 2 degrés Celsius et tenter de le limiter à 1,5 degrés

• Evaluer les progrès effectués depuis tous les 5 ans. La COP26 devait se tenir l’année dernière mais avait été annulée pour raisons sanitaires. Glasgow sera donc l’occasion de faire le premier bilan

• Dépenser 100 milliards de dollars chaque année pour aider les pays en voie de développement

Engagements économiques

Malgré les nouveaux engagements climat engrangés ces dernières semaines, le monde se dirige toujours vers un réchauffement "catastrophique" de +2,7°C, s'est alarmée l'ONU lundi, décrivant des "tendances inquiétantes" à quelques jours de la COP26 sur le climat.

Les engagements nationaux actuels de 191 pays signataires de l'Accord de Paris pourraient entraîner "une hausse de la température d'environ +2,7°C d'ici la fin du siècle", très loin de l'objectif de l'Accord de Paris.

Depuis le 12 octobre, une dizaine de pays ont déposé des engagements, notamment l'Arabie saoudite. Mais ces nouveaux engagements ne devraient pas non plus changer la donne.

A quelques jours de l'ouverture de la cruciale COP26 à Glasgow (Ecosse), la Chine, responsable de plus d'un quart des émissions mondiales, n'a toujours pas déposé sa nouvelle NDC. L'Inde non plus.

"Pour protéger le monde des effets les plus dévastateurs des changements climatiques, les pays doivent prendre des mesures plus ambitieuses en matière d'émissions, et ils doivent agir maintenant", a commenté de son côté le président britannique de la COP26 Alok Sharma, en appelant en priorité aux pays du G20.

Les organisateurs de la COP26 ont néanmoins assuré lundi pouvoir atteindre en 2023, avec trois ans de retard, l'objectif de 100 milliards de dollars annuels d'aide des pays riches, gros pollueurs, aux pays pauvres pour les aider à faire face à la crise climatique.

En 2009, à la Conférence climat de Copenhague, les pays riches s'étaient engagés à porter à 100 milliards de dollars par an en 2020 l'aide aux pays du Sud pour la lutte contre les changements climatiques (mesures d'adaptation et de réduction des émissions). Dix ans plus tard, ils en sont loin: l'aide n'atteignait que 79,6 milliards en 2019, selon les derniers chiffres publiés en septembre par l'OCDE. 

Si cet objectif reste très symbolique, de nombreux acteurs et experts le jugent désormais largement insuffisant, alors que les effets du réchauffement s'accélèrent avec la recrudescence catastrophique de sécheresses, incendies géants, ouragans, inondations...

Importance des sciences océaniques

Des scientifiques de 33 pays, soutenus par le spationaute Thomas Pesquet, ont lancé lundi, en amont de la COP26, une campagne baptisée OneOceanScience en faveur des sciences océaniques, "essentielles", selon eux, dans la lutte contre le dérèglement climatique.

"Les sciences océaniques sont essentielles pour comprendre le système climatique mais aussi pour lutter contre le dérèglement climatique", a assuré lors d'une conférence de presse François Houllier, PDG de l'Ifremer (Institut français de recherche pour l'exploitation de la mer), estimant que l'océan est "resté trop longtemps en marge des négociations sur le climat". 

Financé par le Programme Prioritaire de recherche Océan-Climat et labellisé dans le cadre de la décennie des Nations unies pour les sciences océaniques au service du développement durable (2021-2030), OneOceanScience ouvrira la journée Océan de la COP26 le 5 novembre à Glasgow.

"Le climat et l'océan sont intimement liés, le climat impacte l'océan, la biodiversité qu'il abrite, et réciproquement l'océan et sa biodiversité impactent le climat", a souligné Virginie Thierry, chercheuse en océanographie physique à l'Ifremer. "Il est extrêmement important de réitérer ce message d'interdépendance entre le climat, l'océan et les sociétés humaines", a-t-elle estimé. 

L’Australie entend limiter ses émissions

L'Australie, plus gros exportateur mondial de charbon, a annoncé mardi viser zéro émission nette pour 2050, mais a évité de renforcer ses objectifs à court terme à quelques jours de la conférence de l'ONU sur le climat.

"Les Australiens veulent un plan 2050 sur les émissions nettes nulles qui fasse le nécessaire en matière de changement climatique et assure leur avenir dans un monde en mutation", a déclaré le Premier ministre conservateur Scott Morrison en annonçant la décision.

Peu de détails ont été divulgués sur la façon dont l'Australie compte parvenir à la neutralité carbone. Le plan annoncé par M. Morrison prévoit certes l'équivalent de 13 milliards d'euros d'investissements, mais il repose largement sur des achats de droits à polluer et des technologies considérées par les experts comme n'ayant pas encore fait leurs preuves.

De plus, M. Morrison a refusé de renforcer significativement les objectifs australiens de réduction des émissions pour 2030, considérés comme cruciaux pour lutter de manière significative contre le changement climatique.

Le Brésil réclame compensation

Le Brésil entend user des "armes de la diplomatie" lors de la COP26, pour défendre ses intérêts en Amazonie et négocier "pour que le pays soit indemnisé" dans sa lutte contre la déforestation, a déclaré son vice-président, le général Hamilton Mourao.

"L'Amazonie représente environ 50% du territoire brésilien. Si nous devons en maintenir 80% intacts, non seulement en raison de notre propre législation mais aussi pour coopérer avec le reste du monde afin d'empêcher ce changement radical du climat... Nous parlons quand même de préserver 10 Allemagnes", a déclaré lundi M. Mourao à la presse.

Le Brésil "devrait être indemnisé pour avoir fait ce travail au nom du reste de l'humanité, il doit y avoir une négociation (...) dépassionnée, respectueuse et en utilisant les armes de la diplomatie", a-t-il dit.

Le gouvernement brésilien estime à entre 30 et 40 milliards de dollars sa contribution depuis 2006 à la lutte contre la déforestation de l'Amazonie, dont en fait 60% se trouve sur son territoire.

Le président d'extrême droite Jair Bolsonaro, qui défend l'autorisation d'activités minières et agricoles dans des zones protégées et des territoires indigènes en Amazonie, est très critiqué pour sa politique environnementale, la déforestation ayant augmenté fortement depuis le début de son mandat, en janvier 2019.

(Avec AFP).


L'Iran juge peu probable une reprise de la guerre, Trump demande plus de concessions pour un accord

L'Iran a jugé mercredi peu probable la reprise des hostilités avec les Etats-Unis, au moment où les deux pays négocient un accord pour mettre fin à la guerre, Donald Trump déclarant toutefois ne pas être satisfait en l'état des propositions de l'Iran. (AFP)
L'Iran a jugé mercredi peu probable la reprise des hostilités avec les Etats-Unis, au moment où les deux pays négocient un accord pour mettre fin à la guerre, Donald Trump déclarant toutefois ne pas être satisfait en l'état des propositions de l'Iran. (AFP)
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  • Avant cette intervention, soufflant le chaud et le froid comme M. Trump en a coutume, les marchés avaient cédé à regain d'optimisme sur un possible règlement, avec un recul des cours du pétrole
  • Dans le même temps, l'accès à internet a été en partie rétabli en Iran après une coupure de près de trois mois, lançant un signal de détente mais sans enthousiasmer les Iraniens au vu des restrictions maintenues

TEHERAN: L'Iran a jugé mercredi peu probable la reprise des hostilités avec les Etats-Unis, au moment où les deux pays négocient un accord pour mettre fin à la guerre, Donald Trump déclarant toutefois ne pas être satisfait en l'état des propositions de l'Iran.

L'Iran "veut vraiment conclure un accord. Ils n'y sont pas encore. Nous ne sommes pas satisfaits mais nous finirons par l'être (...) Ou alors nous devrons simplement finir le travail", a dit le président américain, lors d'un conseil des ministres à la Maison Blanche.

Avant cette intervention, soufflant le chaud et le froid comme M. Trump en a coutume, les marchés avaient cédé à regain d'optimisme sur un possible règlement, avec un recul des cours du pétrole.

Dans le même temps, l'accès à internet a été en partie rétabli en Iran après une coupure de près de trois mois, lançant un signal de détente mais sans enthousiasmer les Iraniens au vu des restrictions maintenues.

Si les armes se sont quasiment tues depuis le 8 avril après plus d'un mois de frappes israélo-américaines qui ont fait des milliers de morts, les négociations sont laborieuses, et le détroit d'Ormuz reste verrouillé par l'Iran, ce qui fait flamber les prix de l'or noir et vaciller l'économie mondiale.

"Des frappes ce soir?" 

Dans ce contexte, des Iraniens témoignent de leur désarroi.

"J'ai l'impression que rien n'est encore certain, même si le cessez-le-feu est toujours en vigueur et qu'il est question d'un possible accord. On se demande tous les jours: y aura-t-il des frappes de missiles ce soir?", dit à l'AFP Amir, un développeur de logiciel de 27 ans dans la capitale iranienne.

Les Gardiens de la Révolution ont cependant jugé la probabilité d'une reprise de la guerre "faible en raison de la faiblesse de l'ennemi". Mais "les forces armées se tiennent en alerte", a prévenu Mohammad Akbarzadeh, un haut responsable des forces navales cité par l'agence de presse Tasnim.

Selon le ministère iranien du Renseignement, les Etats-Unis et Israël ont raté, avec leur attaque lancée le 28 février, leur "objectif de renverser et de diviser le pays", mais poursuivent désormais ce but "par d'autres moyens".

La veille, Téhéran avait accusé Washington d'avoir violé le cessez-le-feu dans le sud du pays, après l'annonce américaine de frappes nocturnes sur des sites de lancement de missiles.

L'Iran n'a pas officiellement confirmé l'information, mais les médias d'Etat ont rapporté des explosions dans la ville portuaire de Bandar Abbas.

Accès aux avoirs 

Mercredi, les cours du pétrole ont plongé: vers 15H45 GMT (17H45 à Paris), le cours du baril de Brent de la mer du Nord, référence mondiale, perdait 3,94% à 96,10 dollars.

"Il subsiste un air d'optimisme prudent quant à la signature et aux détails d'un protocole d'accord (MoU)", commente Chris Weston, responsable de la recherche chez le courtier Pepperstone.

L'agence iranienne Isna a fait état de "négociations globalement positives" après la visite de hauts responsables iraniens au Qatar, une première depuis le début des hostilités marquées par des tirs de représailles iraniens sur ses voisins du Golfe.

L'enjeu était de discuter des "modalités d'accès" aux fonds gelés à l'étranger, dont une partie au Qatar, en raison des sanctions américaines. Téhéran exige le déblocage de 24 milliards d'avoirs, "avec mise à disposition de la moitié dès l'annonce du protocole d'accord", selon Isna.

C'est un des principaux points de contentieux, aux côtés du volet nucléaire que l'Iran souhaite aborder dans un second temps.

"Totale invention" 

Les Etats-Unis réclament la destruction de son stock d'uranium hautement enrichi, dont le sort est incertain. Téhéran dément de son côté vouloir se doter de la bombe atomique.

La télévision iranienne a fait état mercredi d'une ébauche du protocole d'accord en discussion, prévoyant notamment selon elle un engagement des Etats-Unis à lever leur blocus des ports iraniens en contrepartie du rétablissement du trafic commercial dans le détroit d'Ormuz, par où transite en temps normal un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié consommés dans le monde.

"Cette information des médias d'Etat iraniens n'est pas vraie et le projet d'accord-cadre (...) est une totale invention", a réagi la Maison Blanche.

Mercredi, les Gardiens de la Révolution ont insisté sur le fait que seuls les navires "prêts à se conformer aux ordres iraniens" seraient autorisés à passer le détroit, selon la télévision d'Etat.

Sur l'autre front du conflit, au Liban - dont Téhéran réclame l'inclusion dans tout accord de paix - Israël intensifie ses raids aériens et opérations terrestres contre le Hezbollah pro-iranien, qui poursuit aussi ses attaques, malgré un cessez-le-feu théoriquement en vigueur depuis le 17 avril.

L'armée israélienne a averti dans la soirée qu'elle considérait comme une "zone de combat" tout le territoire libanais situé au sud du fleuve Zahrani, à une quarantaine de kilomètres de la frontière entre les deux pays, appelant à son évacuation.


L'ONU condamne l'attaque d'un drone près de la centrale nucléaire de Barakah, aux Émirats arabes unis

Le Conseil a fait référence aux résolutions du Conseil de sécurité et aux résolutions adoptées par la Conférence générale de l'Agence internationale de l'énergie atomique, qui font état de la préoccupation internationale de longue date concernant les attaques contre les sites nucléaires civils. (Photo ONU)
Le Conseil a fait référence aux résolutions du Conseil de sécurité et aux résolutions adoptées par la Conférence générale de l'Agence internationale de l'énergie atomique, qui font état de la préoccupation internationale de longue date concernant les attaques contre les sites nucléaires civils. (Photo ONU)
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  • La frappe du 17 mai a posé de sérieux risques pour la vie des civils, les infrastructures critiques et l'environnement, avertissent les membres du Conseil
  • Sans nommer l'Iran, ils décrivent l'incident comme "une violation flagrante du droit international" et une escalade dangereuse impliquant des infrastructures nucléaires civiles

NEW YORK : Le Conseil de sécurité de l'ONU a condamné mardi ce qu'il a décrit comme une "attaque de drone flagrante" qui a visé un générateur d'électricité à l'extérieur du périmètre intérieur de la centrale nucléaire de Barakah, dans les Émirats arabes unis.

Cette attaque, qui a eu lieu le 17 mai, présente de graves risques pour la vie des civils, les infrastructures essentielles et l'environnement, a averti le Conseil.

Sans nommer l'Iran, les membres du Conseil ont déclaré que l'attaque constituait "une violation flagrante du droit international" et ont exprimé leur profonde inquiétude face à ce qu'ils décrivent comme une dangereuse escalade impliquant des infrastructures civiles et nucléaires.

"Les membres du Conseil de sécurité condamnent avec la plus grande fermeté l'attaque flagrante de drones", ont-ils déclaré dans un communiqué, ajoutant que les attaques ou les menaces contre des installations nucléaires pacifiques étaient inacceptables et devaient cesser immédiatement.

Ils ont également demandé "la cessation immédiate et permanente de toutes les attaques contre les civils et les infrastructures civiles dans les Émirats arabes unis".

Le Conseil a fait référence aux résolutions du Conseil de sécurité et aux résolutions adoptées par la Conférence générale de l'Agence internationale de l'énergie atomique, qui font état des préoccupations internationales de longue date concernant les attaques contre les sites nucléaires civils.

La déclaration prend également acte des commentaires du directeur général de l'AIEA, Rafael Mariano Grossi, qui s'est déclaré "gravement préoccupé" par l'incident survenu dans les Émirats arabes unis et a averti que "les activités militaires qui menacent la sûreté nucléaire sont inacceptables".

Réaffirmant l'importance des normes de sécurité nucléaire, le Conseil a appelé tous les États à respecter les niveaux les plus élevés de sûreté, de sécurité et de garanties nucléaires, et à éviter toute action susceptible de compromettre les opérations nucléaires ou de créer une plus grande instabilité régionale.

Les membres du Conseil ont également souligné le fait que l'installation de Barakah a été "conçue, construite et exploitée conformément aux normes internationales les plus strictes", sous la supervision de l'autorité fédérale des Émirats arabes unis chargée de la réglementation nucléaire, et conformément aux exigences de l'AIEA en matière de sécurité.

La centrale, qui se trouve dans la région d'Al-Dhafra à Abou Dhabi et qui entrera officiellement en service en 2021, est la première centrale nucléaire commerciale du monde arabe et constitue un élément clé de la stratégie énergétique à long terme des Émirats arabes unis.


L'Iran accuse les Etats-Unis d'avoir violé le cessez-le-feu et menace de riposter

L'Iran a accusé mardi les Etats-Unis d'avoir violé le cessez-le-feu après des frappes américaines nocturnes dans le sud du pays, qui portent un coup aux apparents progrès dans les négociations pour mettre durablement fin à la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
L'Iran a accusé mardi les Etats-Unis d'avoir violé le cessez-le-feu après des frappes américaines nocturnes dans le sud du pays, qui portent un coup aux apparents progrès dans les négociations pour mettre durablement fin à la guerre au Moyen-Orient. (AFP)
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  • "L'armée terroriste américaine, poursuivant ses actions illégales et injustifiées depuis le cessez-le-feu (...), a commis au cours des dernières 48 heures une violation flagrante du cessez-le-feu dans la région d'Hormozgan"
  • Et de prévenir: "La République islamique ne laissera aucun acte malveillant sans réponse et n'hésitera pas à défendre la nation iranienne"

TEHERAN: L'Iran a accusé mardi les Etats-Unis d'avoir violé le cessez-le-feu après des frappes américaines nocturnes dans le sud du pays, qui portent un coup aux apparents progrès dans les négociations pour mettre durablement fin à la guerre au Moyen-Orient.

Les signes d'ouverture de ces derniers jours ont de nouveau cédé la place à une rhétorique martiale, dans un conflit où les armes se sont quasiment tues depuis le 8 avril mais où les menaces ne cessent pas tout comme le blocage du détroit d'Ormuz, faisant flamber les prix du pétrole.

"L'armée terroriste américaine, poursuivant ses actions illégales et injustifiées depuis le cessez-le-feu (...), a commis au cours des dernières 48 heures une violation flagrante du cessez-le-feu dans la région d'Hormozgan", a déclaré le ministère des Affaires étrangères, sans préciser la nature des faits.

Et de prévenir: "La République islamique ne laissera aucun acte malveillant sans réponse et n'hésitera pas à défendre la nation iranienne".

Le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) avait annoncé plus tôt avoir frappé dans la nuit des sites de lancement de missiles dans le sud de l'Iran.

L'Iran n'a pas officiellement confirmé l'information, mais les médias d'Etat ont rapporté des explosions dans la ville portuaire de Bandar Abbas, et annoncé qu'une enquête était en cours pour en déterminer l'origine.

Dans un autre incident, les Gardiens de la Révolution iraniens ont affirmé avoir abattu un drone américain et tiré sur d'autres aéronefs tentant de pénétrer dans l'espace aérien du pays, sans préciser la date de ces incidents.

Les dernières frappes américaines connues remontent à début mai quand le sud de l'Iran avait été visé, provoquant une riposte de l'armée iranienne sur des bateaux dans le détroit d'Ormuz. Une "broutille", avait alors dit Donald Trump.

 Internet partiellement rétabli 

Portés la veille par l'espoir d'un accord, les marchés mondiaux ont "retrouvé un ton plus prudent", malgré "l'optimisme du week-end", commente Daniela Hathorn, analyste chez Capital.com. Les Bourses européennes hésitaient à la mi-journée et le pétrole est reparti à la hausse.

En Iran, les autorités ont annoncé de premières mesures pour rétablir internet après une coupure quasi-totale depuis le début de la guerre, déclenchée par une attaque israélo-américaine le 28 février. L'ONG étrangère de surveillance de la cybersécurité NetBlocks avait auparavant fait état d'un rétablissement "partiel".

"Depuis quelques minutes, je peux ouvrir des sites internet internationaux avec mon fournisseur d'accès", a déclaré à l'AFP une habitante de 22 ans de la ville occidentale de Kermanshah, ajoutant qu'elle avait toutefois toujours besoin de VPN (réseau privé virtuel) pour accéder aux réseaux sociaux.

Malgré les menaces, les tractactions diplomatiques se poursuivent. De hauts responsables iraniens, dont le négociateur en chef Mohammad Bagher Ghalibaf et le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi, se sont rendus lundi à Doha, une première depuis le début de la guerre.

Le gouverneur de la Banque centrale a également fait le déplacement pour discuter des fonds gelés à l'étranger en raison des sanctions américaines. Téhéran exige le déblocage de 24 milliards d'avoirs, selon l'agence de presse Tasnim.

C'est un des principaux points de contentieux, aux côtés du volet nucléaire que l'Iran souhaite aborder dans un second temps. Washington, qui soupçonne Téhéran de vouloir se doter de la bombe atomique, réclame la destruction du stock d'uranium hautement enrichi, dont le sort est incertain depuis de précédentes frappes israélo-américaines, en juin 2025.

11 morts au Liban 

Si Téhéran avait averti lundi qu'il n'était pas imminent, l'accord reste possible, a avancé le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio, parlant de discussions "autour de la formulation précise du texte initial".

"Le président a exprimé sa volonté de parvenir (à un accord). Soit il conclura un accord, soit il n'y aura aucun accord", a-t-il ajouté.

Donald Trump cherche une issue à cette guerre qui a gravement perturbé l'économie mondiale en raison du quasi blocage par Téhéran du stratégique détroit d'Ormuz, par où transite en temps normal un cinquième du pétrole brut et du gaz naturel liquéfié consommés dans le monde.

Sa réouverture est un enjeu majeur des négociations en cours et les tensions y restent vives: un pétrolier a ainsi été touché mardi au large d'Oman, selon l'agence maritime britannique UKMTO.

Sur le front libanais, Israël a appelé mardi pour la première fois les habitants de Nabatiyé dans le sud du Liban à évacuer toute la ville, au lendemain d'une frappe qui a fait onze morts dans l'est.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a juré d'intensifier les frappes pour "écraser" le Hezbollah pro-iranien, faisant peser plus d'incertitude encore sur les négociations en cours, alors que Téhéran veut qu'un accord avec les Etats-Unis comprenne le Liban.