Des trésors méconnus de l’Egypte antique dévoilés dans un musée de Provence

L’exposition « Pharaon, Osiris et la momie » du musée Granet d'Aix-en-Provence durera jusqu’au 14 février 2021 (Photo, Christophe SIMON/AFP).
L’exposition « Pharaon, Osiris et la momie » du musée Granet d'Aix-en-Provence durera jusqu’au 14 février 2021 (Photo, Christophe SIMON/AFP).
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Publié le Samedi 19 septembre 2020

Des trésors méconnus de l’Egypte antique dévoilés dans un musée de Provence

  • Baptisée « Pharaon, Osiris et la momie », cette exposition présente quelque 200 pièces, les 150 de la collection aixoise enrichies d'objets de musées étrangers et du Louvre
  • Les visiteurs découvriront entre autres pièces une momie unique au monde, celle d'un varan du Nil, un gros lézard, ainsi que des sarcophages de poissons ou de chats

AIX-EN-PROVENCE: Avec des chefs d'œuvres « dignes des plus grands musées du monde », la collection égyptienne du musée Granet d'Aix-en-Provence, largement méconnue, présente au public à partir de samedi l'amour de l'Egypte antique pour la nature et la vie.

Baptisée « Pharaon, Osiris et la momie », cette exposition présente quelque 200 pièces, les 150 de la collection aixoise enrichies d'objets de musées d'Italie, des Pays-Bas, d'Allemagne et du Louvre qui a prêté notamment un colosse de granit rose de deux mètres.

« Un des clichés les plus répandus est le côté morbide, l'idée que les Egyptiens n'étaient préoccupés que par la mort », avec les momies, les sarcophages et les pyramides, explique Christophe Barbotin, conservateur général du patrimoine du département des Antiquités égyptiennes au Louvre à Paris et commissaire de l'exposition.

« C'est exaspérant et faux. Ils ont préparé la mort parce qu'ils aimaient la vie. Il y a cette phrase qui revient chez les Egyptiens : vous qui aimez la vie et haïssez la mort », poursuit-il.

Osiris, premier roi d'Egypte selon la tradition, assassiné par son frère puis ressuscité grâce à son épouse Isis, est ainsi très présent dans la collection du musée Granet. 

Il apparaît dans une statue en bronze, l'une des plus grandes connues au monde dans cette matière, mais aussi dans un fragment de stèle en calcaire du XIVe siècle avant notre ère, suivi d'Isis, de sa sœur Nephtys, de Horus, son fils à tête de faucon, de la déesse de l'Occident et d'Anubis, le dieu à tête de chien présidant à la momification. Au-dessus d'eux, deux divinités soulèvent une boule, le soleil levant acclamé par des babouins, qui selon la légende crient au lever de l'astre.

« Osiris, le dieu mort et ressuscité incarne l'espoir de renaissance », souligne Barbotin. 

Dans la salle suivante, il apparaît aussi sur un cercueil multicolore en bois peint, aux côtés d'autres divinités et de légendes en hiéroglyphes.

Tout autour, sur les murs de la salle, les papyrus du « Livre des morts de la dame Tabaakhet », un recueil de formules magiques illustrées destinées à assurer bonheur au défunt, est pour la première fois exposé dans son intégralité grâce à un prêt du Louvre.

Cabinet de curiosités

Peuple de paysans et d'administrateurs, les Egyptiens de l'Antiquité « concevaient tout par rapport à la nature », relève Barbotin.

Avec leurs dieux hybrides, corps d'homme-tête animalière, ils ont développé un véritable culte des animaux.  « A un moment donné, ils se sont mis à momifier à tour-de-bras », chats, ibis, crocodiles...à la plus grande stupéfaction d'autres civilisations, ajoute le commissaire d'exposition.

A Aix-en-Provence, les visiteurs découvriront une momie unique au monde, celle d'un varan du Nil, un gros lézard, ainsi que des sarcophages de poissons ou de chats.

Comment ces objets rares dont des bas-reliefs « exceptionnellement beaux », datant de l'époque du règne de Kheops sont-ils arrivés à Aix il y a plusieurs siècles ? 

Siège du Parlement de Provence, la ville vit fleurir dès la fin du XVIe siècle des « cabinets de curiosités » chez les membres du pouvoir férus d'histoire égyptienne. Ils enrichissaient leurs collections grâce à des objets arrivant d'Orient par le port de Marseille.

Ancien maire d'Aix, François Sallier (1767-1831) détenait une des plus belles collections sur l'Egypte antique dont certains chefs d'œuvre sont désormais au Louvre et au British Museum. Notamment les papyrus littéraires que Champollion, qui perça les secrets des hiéroglyphes, vint consulter à deux reprises à Aix-en-Provence.

L'exposition, présentée en partenariat avec le Louvre, propose une section tactile pour les malvoyants et des installations multimédias pour le public plus jeune. Jusqu'au 14 février 2021.


Moselle: l'Algérie à l'honneur du Festival du film arabe de Fameck

L'Algérie est à l'honneur de la 33e édition du Festival du film arabe de Fameck (Photo, Twitter).
L'Algérie est à l'honneur de la 33e édition du Festival du film arabe de Fameck (Photo, Twitter).
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  • Les organisateurs ont sélectionné neuf films «qui traitent de l'Algérie», notamment «Soula», de Salah Issaad, ou «Nardjes A.», un documentaire de Karim Aïnouz sur une jeune Algérienne qui participe au «hirak»
  • Au total, le festival présente 32 long-métrages, dont huit en avant-première, ainsi que dix court-métrages

UCKANGE, France: L'Algérie est à l'honneur de la 33e édition du Festival du film arabe de Fameck (Moselle), pour marquer les 60 ans de son indépendance proclamée le 5 juillet 1962, après 132 ans de colonisation française, et mettre en lumière les jeunes réalisateurs qui "amènent un nouveau souffle" au cinéma algérien.

"Depuis quelques années, nous avons des propositions fortes de productions algériennes, et surtout des jeunes réalisateurs qui amènent un nouveau souffle dans l'écriture et les thématiques" abordées, souligne Mahjouba Galfout, coordinatrice du festival.

"Nous avions envie de ne pas nous focaliser sur l'histoire, le passé et les moments douloureux: on voulait surtout parler de l'Algérie contemporaine, de la vie quotidienne à travers des histoires simples, poétiques et percutantes" auxquelles "le public peut s'attacher", ajoute-t-elle.

Les organisateurs ont sélectionné neuf films "qui traitent de l'Algérie", notamment "Soula", de Salah Issaad, ou "Nardjes A.", un documentaire de Karim Aïnouz sur une jeune Algérienne qui participe au "hirak", mouvement de contestation qui a secoué le pays en 2019.

Au total, le festival présente 32 long-métrages, dont huit en avant-première, ainsi que dix court-métrages.

Parmi les avant-premières, "La conspiration du Caire", nouveau film du réalisateur suédois d'origine égyptienne Tarik Saleh, primé aux César et au festival de Sundance pour son thriller "Le Caire Confidentiel" sorti en 2017.

Sept conférences avec des cinéastes sont également organisées en marge des films, des "temps de rencontre indispensables" pour "faire revenir les gens au cinéma" après la pandémie de Covid-19, explique Mahjouba Galfout. En 2019, le festival avait accueilli 14 000 personnes.

Fameck décernera aussi cinq prix, parmi lesquels le Grand prix dont le jury est présidé par la réalisatrice franco-algérienne Mounia Meddour, César du Meilleur premier film en 2020 pour le très remarqué "Papicha".

Le réalisateur belge Luc Dardenne est quant à lui l'invité d'honneur de cette édition, où son dernier film, "Tori et Lokita", en salles mercredi et réalisé avec son frère Jean-Pierre, fait partie de la programmation.


Les journalistes déplorent la fermeture prévue des services de la BBC en langue étrangère

Les effectifs seront réduits de manière drastique avec le passage de la station BBC Arabic à la version numérique. Photo fournie.
Les effectifs seront réduits de manière drastique avec le passage de la station BBC Arabic à la version numérique. Photo fournie.
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  • Au total, trois cent quatre-vingt-deux employés du BBC World Service devraient perdre leur emploi
  • La société propose de mettre fin à ses services radio en arabe, en persan, en kirghize, en ouzbek, en hindi, en bengali, en chinois, en indonésien, en tamoul et en ourdou

DUBAÏ: La BBC a annoncé qu’elle était sur le point de mettre fin à plusieurs de ses services en langue étrangère, comme la station de radio BBC Arabic. Cette décision a entraîné une vague de mécontentement à travers le monde.
Lindsey Hilsum, rédactrice en chef internationale de Channel 4 News, déclare sur Twitter que «les gens comptent sur ces services linguistiques radio pour obtenir des informations justes et équilibrées qu’ils ne peuvent obtenir ailleurs».
Elle ajoute que c’était particulièrement important dans les pays où les gouvernements limitent l’accès aux services Internet.


Yaser Atrash, journaliste chez Syria TV, déplore sur Twitter que «la mémoire des générations» se soit «éteinte».
Les réactions interviennent après l’annonce faite par la société la semaine dernière. En effet, elle prévoit de fermer sa station BBC Arabic après quatre-vingt-quatre ans d’activité dans le cadre d’une opération de réduction des coûts et de passer à la diffusion numérique, qui causera également la disparition de plusieurs autres services en langue étrangère.


Au total, trois cent quatre-vingt-deux employés du BBC World Service devraient perdre leur emploi dans un contexte de hausse des coûts, de gel des frais de licence et de passage aux plates-formes numériques, indique la société.
Les services internationaux de la société devaient réaliser des économies de 28,5 millions de livres sterling, soit 31 millions de dollars (1 dollar = 1,01 euro) dans le cadre de réductions plus larges de 500 millions de livres sterling, ajoute-t-elle.
Ali al-Ahmed, fondateur et directeur de l’Institut des affaires du Golfe et expert en affaires politiques saoudiennes, déclare sur Twitter: «En mai 2000, j’ai visité #BBCArabicRadio pour la première fois et j’ai dit à son directeur de l’époque, Gamon McLellan, de planifier la fermeture du service radio et de se concentrer sur la télévision.»


Liliane Landor, directrice de BBC World Service, affirme que les réductions d’effectifs et les fermetures n’altéreraient pas la qualité du service.
«Nous continuerons d’offrir le meilleur du journalisme en anglais et dans plus de quarante langues, en plus d’accroître l’incidence et l'influence de notre journalisme en faisant en sorte que nos histoires aient une plus grande portée», précise-t-elle.
Le service mondial opère actuellement dans plus de quarante langues à travers le monde et a une audience hebdomadaire d’environ trois cent soixante-quatre millions de personnes. Mais la société soutient que les habitudes du public changent et que de plus en plus de personnes accèdent aux informations en ligne.
La société propose de mettre fin à ses services radio en arabe, en persan, en kirghize, en ouzbek, en hindi, en bengali, en chinois, en indonésien, en tamoul et en ourdou.
Les services linguistiques qui seront désormais proposés en version numérique uniquement sont: le chinois, le gujarati, l’igbo, l’indonésien, le pidgin, l’ourdou et le yoruba.
Onze services linguistiques – azerbaïdjanais, brésilien, marathi, mundo, pendjabi, russe, serbe, cinghalais, thaï, turc et vietnamien – sont déjà uniquement disponibles en version numérique.
Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Des champions de la lumière? La physique attend son Nobel

Une statue d'Alfred Nobel est photographiée avant une conférence de presse pour annoncer le lauréat du prix Nobel de physiologie ou médecine 2022 à Stockholm, en Suède, le 3 octobre 2022. (Jonathan NACKSTRAND / AFP)
Une statue d'Alfred Nobel est photographiée avant une conférence de presse pour annoncer le lauréat du prix Nobel de physiologie ou médecine 2022 à Stockholm, en Suède, le 3 octobre 2022. (Jonathan NACKSTRAND / AFP)
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  • Comme le prix d'économie et les autres prix scientifiques, le Nobel de physique souffre d'un déficit en lauréates, mais peu de noms de femmes figurent parmi les spéculations cette année
  • Décernée par l'Académie suédoise des Sciences, la récompense avait été attribuée l'an dernier à deux experts de la modélisation du changement climatique

STOCKHOLM: Qui pour rejoindre Svante Pääbo, père de l'homme de Denisova auréolé lundi en médecine? Deuxième épisode du millésime, le prix Nobel de physique est attribué mardi, avec plusieurs chercheurs liés à la lumière parmi les pressentis.

Un expert de l'invisibilité, des spécialistes de "cristaux" capable de modifier la propagation des ondes, des pionniers de l'énergie photovoltaïque ou des champions du monde quantique? Réputé le plus ardu, le prix de Physique est annoncé vers 11H45 (09H45 GMT) à Stockholm.

Décernée par l'Académie suédoise des Sciences, la récompense avait été attribuée l'an dernier à deux experts de la modélisation du changement climatique, l'Américano-Japonais Syukuro Manabe et l'Allemand Klaus Hasselmann ainsi qu'à l'Italien Giorgio Parisi, spécialiste des systèmes physiques complexes.

Après des prix liés à l'espace en 2017, 2019 et 2020, certains pensent qu'il est un peu tôt pour voir la discipline sacrée à nouveau.

"Il y a tellement eu de prix en astrophysique et en cosmologie ces cinq dernières années. Je ne pense pas que ce soit à l'ordre du jour cette année", assure à l'AFP David Pendlebury de l'organisation Clarivate, qui tient une base de données de Nobélisables en sciences et économie.

Souvent cité parmi les favoris ces dernières années, le Britannique John B. Pendry pourrait selon lui voir son heure arrivée cette année.

Capable de rendre des objets invisibles grâce à l'utilisation de "métamatériaux" dont la structure permet de manipuler la lumière, il s'est fait une notoriété avec une "cape d'invisibilité" à la Harry Potter.

Selon David Pendlebury, d'autres experts de la lumière, le Canadien John Sajeev et l'Américain Eli Yablonovitch feraient également de beaux Nobel.

En 1987, ils ont développé indépendamment l'un de l'autre les "cristaux photoniques", permettant de modifier la propagation des ondes électromagnétiques.

Toujours pour la lumière, un secteur de l'énergie moderne - le photovoltaïque - mériterait assurément un Nobel, selon les spécialistes.