Élection présidentielle française: l’incertaine confrontation entre Macron et les droites

Le tapis rouge est déroulé pour l'arrivée du président italien à l'Elysée à Paris le 5 juillet 2021. Ludovic MARIN / AFP
Le tapis rouge est déroulé pour l'arrivée du président italien à l'Elysée à Paris le 5 juillet 2021. Ludovic MARIN / AFP
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Publié le Jeudi 28 octobre 2021

Élection présidentielle française: l’incertaine confrontation entre Macron et les droites

  • Macron ne tire pas profit de dividendes du maigre bilan de son mandat, mais des déchirements au sein des droites et de l’absence de personnalités crédibles et bien placées pour l'affronter
  • Parmi les scénarios les plus probables figurent Macron contre Le Pen (le scénario de 2017), Macron contre Zemmour, ou contre Bertrand

PARIS: L’acte I de la campagne présidentielle est bel et bien lancé, avec en toile de fond un paysage politique de plus en plus éclaté. Même si les sondages indiquent un pays ancré à droite, la présidentielle de 2022 pourrait être marquée par une rude confrontation dont l’issue est plutôt incertaine. La France s’orientera très probablement vers un duel entre Emmanuel Macron et un concurrent ou une concurrente sorti victorieux du premier tour.

Selon les derniers sondages, Macron dispose d’une confortable avance, puisque plus de la moitié des Français affirment que l'actuel chef de l'État sera réélu lors de l’élection présidentielle de 2022. Il ne tire pas profit de dividendes du maigre bilan de son mandat, mais des déchirements au sein des droites et de l’absence de personnalités crédibles et bien placées pour l'affronter.

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Xavier Bertrand, l'un des candidats favoris du LR. (AFP).

Un sondage d'opinion publié le 16 octobre dernier indique que Macron arriverait en tête au premier tour quel que soit le candidat de droite, avec 25 à 27% des votes. Marine Le Pen serait toujours deuxième (elle obtiendrait entre 17 et 18,5%), talonnée par Éric Zemmour (entre 16 et 17%). Quant au camp de la droite classique, le meilleur parmi ses candidats déclarés serait Xavier Bertrand (15%), puis Valérie Pécresse (10%) et, enfin, Michel Barnier (8%).

 

Photographie électorale

À six mois de l’élection présidentielle française, voici les candidats déclarés ou pressentis à ce jour:

  • Emmanuel Macron, actuel président de la république 
  • Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national (RN, anciennement Front national)
  • Éric Zemmour, écrivain et journaliste populiste de droite, qui n'a pas encore officiellement annoncé sa candidature
  • Xavier Bertrand, Valérie Pécresse et Michel Barnier, principaux candidats en compétition au sein du parti Les Républicains (LR, principal parti traditionnel de droite)
  • Yannick Jadot, candidat d’Europe Écologie-Les Verts issu des primaires écologistes 
  • Jean-Luc Mélenchon, gauche radicale (La France insoumise, LFI)
  • Anne Hidalgo, candidate du Parti socialiste (PS), désignée par les militants 
  • Fabien Roussel, candidat du Parti communiste français (PCF) 
  • Arnaud Montebourg, indépendant de gauche et ancien ministre de l'Économie
  • Nicolas Dupont-Aignan, candidat gaulliste populiste 
  • Jean Lassalle, indépendant de centre-droite, ancien ministre et député
  • Nathalie Arthaud et Philippe Poutou, deux candidats trotskistes (ultragauche)

L’impact du traitement de l'islam et des Français d’origine arabe

Malgré la priorité donnée par l’opinion publique aux questions sociales et économiques, les facteurs identitaires, historiques, et religieux occupent une place importante dans le débat électoral et font l’objet de tiraillements entre les candidats à la présidentielle.

Il y a bien sûr les sorties populistes (délibérément spectaculaires) du supposé candidat Éric Zemmour, mais pas seulement: dans les thèmes abordés par la campagne, on note aussi l’ambiguïté de différentes perceptions sur l’islam, la place des Français musulmans ou d’origine arabe, ou encore le litige historique franco-algérien.

Sans doute, l’avènement d’une société française plurielle et multiculturelle représente un choc pour certains, qui considèrent que ce n’est pas une richesse.

Éric Zemmour, journaliste et chroniqueur devenu militant politique classé à l’extrême-droite, est connu depuis des années pour ses tirades polémiques et sa stigmatisation de la culture des membres des communautés musulmanes de France. Il s’attaque aux rituels religieux, aux habitudes de vie et à la langue arabe. Récemment, le polémiste (un juif d’origine algérienne ou, comme il se présente, un juif d’origine berbère) s’est illustré par une déclaration controversée, affirmant que s'il devenait président, il empêcherait les enfants de prendre le prénom de Mohammed.

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Eric Zemmour, un juif d’origine algérienne ou, comme il se présente, un juif d’origine berbère. (AFP). 

Cette déclaration et d’autres sorties «folkloriques» créent une ambiance délétère teintée de racisme et d’islamophobie. Sans doute, l’avènement d’une société française plurielle et multiculturelle représente un choc pour certains, qui considèrent que ce n’est pas une richesse. Si l’immigration a été le cheval de bataille du Front national (FN) dans les années 1980-1990, la priorité nationale et la question identitaire apparaissent désormais comme des thématiques clés pour une bonne partie de la droite. Pour la gauche et les Verts, au contraire, ces questions sont secondaires.

Affirmer que la France risque d’être islamisée, c’est estimer de façon exagérée que chaque musulman sera forcément un islamiste!

Dans les perceptions des uns et des autres de l’islam et de sa place dans la République, la confusion règne parfois, au point que Xavier Bertrand, l’un des principaux candidats de droite, a proposé en août dernier d’interdire le «salafisme», qu’il désigne comme vecteur d’une «idéologie politique incompatible avec les valeurs françaises et la primauté de la loi de la République». Cette proposition, qui apparaît à première vue simple et applicable, est juridiquement impossible à réaliser, car on ne peut pas proscrire une pensée religieuse. Cette confusion entre l’islam politique et l’islam comme religion, tout comme celle entre islam et terrorisme, dessert tout effort d’insertion, surtout si l’on fait de cette question un sujet de surenchère électorale.

Toutefois, les chiffres réels et les estimations invalident les thèses extrémistes et islamophobes comme celle de Zemmour, qui suggère que «la France sera à moitié islamique en 2050». Cette prédiction qui prétend refléter une évolution démographique est bien illusoire. Selon le Pew Research Center (un think tank américain spécialisé dans l’étude du poids des religions), la France compte un peu plus de 8% de musulmans (majoritairement non pratiquants) et en compterait de 12 à 18% en 2050. Il est impossible de prédire combien seront pratiquants et à quel point. Affirmer que la France risque d’être islamisée, c’est estimer de façon exagérée que chaque musulman sera forcément un islamiste!

Toutefois, le rationalisme ancré dans la pensée française l’emporte: le président Macron, comme plusieurs hommes et femmes politiques, refuse la stigmatisation systématique des adeptes de l’islam et insiste sur le respect de la liberté du culte.

Quant aux Français d’origine arabe ou immigrés actifs venant de pays arabes, ils subissent comme les autres les affres de crises et peuvent parfois être la cible de discriminations. Mais ils commencent progressivement à peser dans la société et le paysage politique. Lors de la crise sanitaire, beaucoup d’étrangers actifs, dont une bonne partie sont issus de pays arabes, se sont illustrés par leur persévérance et leur présence déterminantes pendant la période critique de la pandémie. Ainsi, le 21 septembre 2021, la ministre déléguée à la Citoyenneté a annoncé la naturalisation de 12 000 travailleurs étrangers en première ligne pendant la pandémie. Cet exemple, comme tant d’autres, constitue une note positive dans l’ambiance délétère d’une campagne qui s’annonce houleuse, avec une opinion publique déstabilisée.

Dans le camp des gauches, le populiste Mélenchon se contenterait de 8%. Mais il devance le candidat d’Europe Écologie-Les Verts, Yannick Jadot, qui recueillerait 7% des suffrages. Puis viennent Anne Hidalgo, la candidate socialiste (entre 5 et 5,5%), le communiste Fabien Roussel (entre 1,5 et 2%), qui obtient sensiblement le même score qu’Arnaud Montebourg. Les autres candidats oscilleraient entre 0,5 et 1% des voix.

Moins de six mois avant le premier tour, qui se tiendra le 10 avril 2022, il est difficile de donner une estimation précise des résultats et il semble ardu de désigner ceux qui accéderont au second tour. Parmi les scénarios les plus probables figurent Macron contre Le Pen (le scénario de 2017), Macron contre Zemmour ou contre Bertrand.

macron
Pour Macron, ce mandat marqué par la pandémie et par l’emprise du président «autoritaire» sur l’exécutif, le bilan a été maigre par rapport aux réformes promises et nécessaires. (AFP). 

Pour l’instant, Macron reste le plus confiant dans sa progression, mais il faut attendre le congrès du parti Les Républicains (LR), en décembre prochain, qui devrait trancher entre plusieurs concurrents. Si Xavier Bertrand l’emporte, il est possible que la balance penche en sa faveur, ce qui aura son importance dans la course finale.

Macron entre défis et surprises

Dans cette mêlée, et dans tous les cas de figure, Emmanuel Macron paraît en position de force, à six mois de l'élection. Cela semble surprenant pour un président qui, sur l’ensemble de son quinquennat, compte parmi les hommes d’État de la Vᶱ République les plus contestés, comme l’atteste la longue phase de manifestations des Gilets jaunes et la mobilisation contre le passe sanitaire.

De surcroît, dans ce mandat marqué par la pandémie et par l’emprise du président «autoritaire» sur l’exécutif, le bilan a été maigre par rapport aux réformes promises et nécessaires. Ainsi, le manque d’élan réformateur et la longue crise sanitaire n’ont pas permis de réalisations concrètes… Mais Macron conserve pour le moment son avantage. Afin de consolider sa place dans la course présidentielle, il a lancé récemment un ambitieux programme d'investissements, intitulé «France 2030»: plusieurs dizaines de milliards d'euros seront destinés aux secteurs identifiés comme stratégiques. Parmi les priorités ciblées: l’énergie (hydrogène, batteries électriques et nucléaire), le numérique, l’agriculture, l’espace, ou encore la santé.

Le chef de l’État a constaté le retard pris en France dans certains domaines, notamment durant la pandémie de Covid-19 et les pénuries de produits cruciaux qu’elle a entraînées. Cet électrochoc a incité Macron à plaider pour la réindustrialisation de l'indépendance nationale et de l’autonomie stratégique européenne, derrière un mot d'ordre: souveraineté. Cependant, la tâche n’apparaît pas simple après toutes les délocalisations opérées depuis les années 1980. Un projet aussi ambitieux suppose d’y consacrer plusieurs dizaines de milliards d'euros; or, ils sont difficiles à trouver.

En réalité, le plan France 2030 n’est que le programme économique de la campagne 2022 face aux «alternatives de décroissance ou de repli sur soi» défendues par certaines oppositions... Ces propositions interviennent alors que les candidats croisent essentiellement le fer sur l’immigration (ou la peur de l’Autre, une thématique chère à l’étoile montante du populisme, Éric Zemmour).

C'est le pouvoir d'achat qui figure en tête des préoccupations des Français. Cette thématique est placée juste avant la sécurité et la protection sociale. Ainsi, le programme macroniste tient compte des thématiques économiques qui reviennent au premier plan, carte maîtresse de la stratégie 2030 face à un éparpillement politique en général, et à droite en particulier.

Fluidité de l’opinion dans un pays ancré à droite

Alors que le quinquennat de Macron entre dans sa phase finale, le paysage politique français s’annonce aussi mouvant qu'incertain, avec une fluidité plus grande des électorats que par le passé. Toutefois, une photographie de l'opinion souligne que la France se situe de plus en plus à droite. Plusieurs spécialistes l'affirment, s'appuyant sur des sondages. D'autres figures politiques, comme Jean-Luc Mélenchon, appellent les Français à ne pas se laisser influencer. Mais on peut affirmer que le choix de la majorité des électeurs de droite se révélera décisif.

En attendant le congrès du parti Les Républicains, l’attention se concentre actuellement sur le duel à distance du premier tour entre Marine Le Pen et Éric Zemmour. Macron est perplexe, lui qui pariait sur une confrontation avec Marine Le Pen au second tour, scénario dans lequel ses chances de succès seraient garanties. L’irruption d’Eric Zemmour brouille les cartes.

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l’attention se concentre actuellement sur le duel à distance du premier tour entre Marine Le Pen et Éric Zemmour. (AFP). 

Cette fois, en France, le phénomène électoral n'est ni Jean-Marie Le Pen ni sa fille, mais incontestablement Zemmour. Le courant populiste et celui de la droite endurcie ont trouvé dans le polémiste un candidat combatif et beau parleur qui répond aux inquiétudes du Français moyen. De manière inédite, un homme extérieur à la sphère politique entre en jeu et met tous les traditionalistes en difficulté. Il pourrait même embarrasser Macron.

Avec un duel serré, au premier tour, entre Le Pen et Zemmour (si ce dernier confirme sa candidature), l’arrivée tardive du candidat de la droite classique et un camp de la gauche et des écologistes fragmenté, Emmanuel Macron bénéficie de la posture classique du président-candidat et apparaît comme un pôle de stabilité.

 


Flottille Gaza: le Quai d'Orsay annonce avoir saisi la justice française

Un manifestant pose devant une pancarte sur laquelle figure le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, tandis que des militants français de la flottille Global Sumud en route pour Gaza et d'autres manifestants se rassemblent pour participer à une manifestation de solidarité avec les Palestiniens et condamner l'interception de la flottille Global Sumud par l'armée israélienne, place de la République à Paris, le 23 mai 2026. (AFP)
Un manifestant pose devant une pancarte sur laquelle figure le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, tandis que des militants français de la flottille Global Sumud en route pour Gaza et d'autres manifestants se rassemblent pour participer à une manifestation de solidarité avec les Palestiniens et condamner l'interception de la flottille Global Sumud par l'armée israélienne, place de la République à Paris, le 23 mai 2026. (AFP)
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  • "J'ai décidé hier de saisir la procureure de la République, en vertu de l'article 40 du code de procédure pénale", a déclaré Jean-Noël Barrot, sur France Inter
  • Il a expliqué avoir appuyé son signalement à la justice sur un "rapport que j'ai demandé à notre consul général en Turquie, qui m'a fait état de violences sexuelles, d'exposition au froid, de coups, mais aussi d'humiliations répétées"

PARIS: Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a annoncé vendredi avoir saisi la justice française sur les mauvais traitements infligés aux membres français de la Flottille pour Gaza lors de leur détention provisoire en Israël.

"J'ai décidé hier de saisir la procureure de la République, en vertu de l'article 40 du code de procédure pénale", a déclaré Jean-Noël Barrot, sur France Inter.

Il a expliqué avoir appuyé son signalement à la justice sur un "rapport que j'ai demandé à notre consul général en Turquie, qui m'a fait état de violences sexuelles, d'exposition au froid, de coups, mais aussi d'humiliations répétées à l'encontre de ressortissants français".

"Autant de faits qui sont susceptibles de qualification pénale", a-t-il estimé.

Jean-Noël Barrot avait annoncé samedi que la France avait interdit l'accès à son territoire au ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, après la diffusion d'une vidéo de militants de la Flottille pour Gaza agenouillés et mains liées, à la suite de leur interception en mer et de leur placement en détention dans le sud d'Israël.

Peu avant l'annonce du signalement à la justice du ministre des Affaires étrangères, les avocates des membres français de la Flottille ont de leur côté dénoncé vendredi le "simulacre de condamnation" de ces actes par la France et annoncé leur refus de rencontrer le ministre des Affaires étrangères pour évoquer la question.

Les avocates ont annoncé par ailleurs leur intention de "déposer plainte pour les violences subies par les membres de la Flottille dans les prochains jours pour les humiliations, violences, viols et actes de torture dénoncés".

Une cinquantaine de navires avaient quitté la Turquie le 14 mai avec pour objectif une nouvelle tentative de briser le blocus imposé par Israël à la bande de Gaza, ravagée par deux ans de guerre.

Les autorités israéliennes ont annoncé l'interpellation de 430 militants - dont 37 Français - à bord des bateaux qui ont tous été expulsés jeudi.


Le 9e sommet «Choose France» espère une nouvelle moisson record d'investissements étrangers

La neuvième édition du sommet Choose France se tiendra lundi au château de Versailles, où le président français Emmanuel Macron jouera le VRP du pays dans l'espoir d'y attirer un nouveau record d'investissements étrangers. (AFP)
La neuvième édition du sommet Choose France se tiendra lundi au château de Versailles, où le président français Emmanuel Macron jouera le VRP du pays dans l'espoir d'y attirer un nouveau record d'investissements étrangers. (AFP)
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  • L'événement où sont attendus environ 200 patrons étrangers sera pour la première fois précédé par des Journées Choose France, organisées dans tout le pays sur le modèle des Journées du patrimoine
  • Poids lourds industriels comme ArcelorMittal ou Toyota, centres de données, entrepôts logistiques, entreprises pharmaceutiques ou artisanales: de vendredi et dimanche, 111 sites de 92 entreprises ouvriront leurs portes au public à travers le pays

PARIS: La neuvième édition du sommet Choose France se tiendra lundi au château de Versailles, où le président français Emmanuel Macron jouera le VRP du pays dans l'espoir d'y attirer un nouveau record d'investissements étrangers.

L'événement où sont attendus environ 200 patrons étrangers sera pour la première fois précédé par des Journées Choose France, organisées dans tout le pays sur le modèle des Journées du patrimoine.

Poids lourds industriels comme ArcelorMittal ou Toyota, centres de données, entrepôts logistiques, entreprises pharmaceutiques ou artisanales: de vendredi et dimanche, 111 sites de 92 entreprises ouvriront leurs portes au public à travers le pays.

Il s'agit de "permettre aux Français de découvrir les sites de production des entreprises qui produisent, innovent et se développent sur le territoire" et d'"illustrer concrètement, dans les territoires, les retombées de la politique d’attractivité et de réindustrialisation menée depuis 2017", a indiqué l'Elysée.

Emmanuel Macron visitera vendredi l'usine de l'allemand Vorwerk à Donnemain-Saint-Mamès (Eure-et-Loir), où est fabriqué le robot culinaire Thermomix. Annoncé lors de précédents Choose France, le site représente "près de 130 millions d’euros d'investissement et la création de 124 emplois industriels", selon la même source.

"Signal important"

Organisé pour la première fois en janvier 2018, peu après son arrivée à l'Elysée, "Choose France"a depuis été institué comme le rendez-vous annuel emblématique de la politique pro-business d'Emmanuel Macron.

Pour cette dernière grand-messe versaillaise de son double mandat, l'heure est au bilan: si trois milliards d'euros de promesses d'investissements avaient été annoncés il y a huit ans, le compteur a atteint 20 milliards en 2025, et l'Elysée espère un nouveau record lundi.

L'an dernier, 20,8 milliards d'euros d'engagements sur l'intelligence artificielle (IA) pris en février y avaient aussi été entérinés.

Cette année, aucun montant total n'est avancé à ce stade, certaines discussions étant encore en cours.

En tout, depuis le premier Choose France, plus de 230 projets ont été annoncés, représentant quelque 87 milliards d'euros et plusieurs milliers d'emplois industriels nouveaux, contribuant "au renforcement de la souveraineté économique nationale", a souligné l'Elysée.

Cette initiative a contribué à faire de la France le champion européen de l'attractivité des projets d'investissements étrangers. Elle s'est hissée à la première place pendant sept années consécutives selon le baromètre du cabinet de conseil EY publié le 20 mai, même si la réindustrialisation du pays reste inachevée et que le chômage, longtemps en baisse, a commencé à remonter.

"C'est un signal important que (...) les investisseurs étrangers sont très largement les bienvenus en France", estime indique Vincent Brenot, avocat associé chez August Debouzy, interrogé par l'AFP.

"D'ailleurs, très peu de dossiers d'autorisation sont refusés" dans le cadre du contrôle des investissements étrangers dans des secteurs stratégiques: "l'Etat préfère conditionner l'opération plutôt que de la bloquer frontalement", ajoute-t-il.

"Pépites" 

L'édition 2026 devrait voir des annonces dans le domaine des terres rares, des aimants permanents, laisse entendre l'Elysée.

Et l'astronaute Thomas Pesquet sera présent à Versailles, pour parler du sommet spatial qui se déroulera en septembre.

Selon EY, la France a attiré l'an dernier 852 projets sur 5.026 recensés dans 47 pays européens, en recul de 17% dans un environnement international difficile. Elle devance le Royaume-Uni (730) et l'Allemagne (548).

La France a notamment attiré plus de projets liés à l'intelligence artificielle qu'ailleurs en Europe (+26% à 53), tandis que le Royaume-Uni a continué de séduire davantage la finance, la tech et les sièges sociaux.

"On a un écosystème de nouvelles technologies extrêmement prolifique", indique Vincent Brenot, spécialiste en contrôle des investissements étrangers, soulignant la qualité de la formation en France.

"On a des pépites, des startups qui ont vocation à devenir des licornes et qui sont évidemment très attractives pour des investisseurs étrangers", ajoute-t-il.

En revanche, l'industrie a souffert, notamment l'automobile, la chimie et la métallurgie. Le nombre de sites implantés ou agrandis a reculé de 15% à 354.

Au delà des investissements étrangers, une première "édition France" de Choose France avait mis à l'honneur, en novembre 2025, les entreprises françaises choisissant d'investir dans leur pays. Quelque 30,4 milliards d'euros d'investissements à l'appui de 151 projets y avaient été annoncés.

Outre sa volonté de faire de la France un des leaders de l'IA, Emmanuel Macron a annoncé vendredi 1,55 milliard d'euros d'investissements publics supplémentaires pour développer quantique et semi-conducteurs, appelant l'Europe à investir "beaucoup plus massivement" si elle veut rester "souveraine" face à "l'accélération" des Etats-Unis et de la Chine dans ces technologies critiques.


La température monte encore mardi au lendemain d'un jour de mai historiquement chaud

Au lendemain d'une journée historiquement chaude, la vague de chaleur qui déferle sur la France va encore se renforcer mardi, avec un "épisode caniculaire" inédit pour un mois de mai dans l'ouest du pays qui selon le gouvernement aurait déjà causé sept morts, et des températures qui devraient encore grimper. (AFP)
Au lendemain d'une journée historiquement chaude, la vague de chaleur qui déferle sur la France va encore se renforcer mardi, avec un "épisode caniculaire" inédit pour un mois de mai dans l'ouest du pays qui selon le gouvernement aurait déjà causé sept morts, et des températures qui devraient encore grimper. (AFP)
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  • "A l'échelle de la France, lundi a été la journée la plus chaude enregistrée pour un mois de mai depuis le début des mesures", a écrit l'institut météorologique dans son dernier bulletin publié à 06H00
  • "Ce mardi après-midi, températures maximales de 33 à 36°C sur les départements en vigilance orange +canicule+. A l'échelle de la France, cette journée s'annonce encore plus chaude que celle de lundi"

PARIS: Au lendemain d'une journée historiquement chaude, la vague de chaleur qui déferle sur la France va encore se renforcer mardi, avec un "épisode caniculaire" inédit pour un mois de mai dans l'ouest du pays qui selon le gouvernement aurait déjà causé sept morts, et des températures qui devraient encore grimper.

"A l'échelle de la France, lundi a été la journée la plus chaude enregistrée pour un mois de mai depuis le début des mesures", a écrit l'institut météorologique dans son dernier bulletin publié à 06H00.

"Ce mardi après-midi, températures maximales de 33 à 36°C sur les départements en vigilance orange +canicule+. A l'échelle de la France, cette journée s'annonce encore plus chaude que celle de lundi", a aussi écrit Météo-France, alors que les épisodes caniculaires qui se multiplient avec le réchauffement climatique.

Huit départements de l'ouest de la France - le Finistère, le Morbihan, la Manche, l'Ille-et-Vilaine, le Maine-et-Loire, la Mayenne, la Vendée et la Loire-Atlantique - ont été placés en vigilance orange canicule par Météo-France à partir de minuit dans la nuit de lundi à mardi.

C'est un cran de plus que le niveau jaune qui prévalait depuis le début de l'épisode de très fortes chaleurs qui traverse le pays depuis dimanche.

"Ce que je peux dire aujourd'hui, c'est qu'il y aurait sept décès liés directement ou indirectement à la chaleur", a déclaré Maud Bregeon sur TF1, rappelant que "tout ça méritera d'être précisé à la fin de l'épisode que l'on connaît aujourd'hui".

Vigilance jaune

Le cabinet de la porte-parole a précisé à l'AFP que deux personnes s'étaient noyées en Gironde, une dans la Marne, une en Seine-et-Marne et une dans le Maine-et-Loire.

Deux autres personnes sont mortes lors d'une pratique sportive à Paris et dans la métropole de Lyon.

La canicule proprement dite pourra être décrétée si cette période de chaleur intense dure au moins trois jours et trois nuits consécutifs, pouvant constituer un risque sanitaire pour l'ensemble de la population exposée.

Vingt départements sont, eux, placés en vigilance jaune, dans la moitié ouest du pays, Paris et la petite couronne, le Rhône et l'Isère. Ce premier niveau d'alerte, déjà inédit en mai, devrait rester en vigueur jusqu'à mercredi.

Mardi matin, sur un chantier des bords de Loire et sous un soleil matinal, des ouvriers casqués et vêtus de t-shirts orange ont embauché plus tôt que d'habitude, 7H00 au lieu de 7H30, en prévision des 35 degrés annoncés dans l'après-midi.

"On prendra aussi une pause réduite à 30 minutes à midi pour éviter de travailler trop longtemps sous le cagnard", explique Marius Guibert, chef de chantier de 21 ans, qui a prévu un "briefing" pour rappeler aux autres ouvriers de penser à s'hydrater et à mouiller leur tenue de chantier.

Réunion interministérielle jeudi 

Les températures se sont envolées dans une grande partie du pays pendant le week-end de la Pentecôte, en raison de la présence sur la France et de toute l'Europe de l'ouest d'un "dôme de chaleur", zone de haute pression qui bloque l'air chaud en provenance d'Afrique du Nord.

Cette tendance devrait continuer pendant le reste de la semaine.

Ce lundi, "plusieurs dizaines" de records de chaleur pour un mois de mai ont de nouveau été battus, selon Météo-France. Dans l'ouest, 34,7°C ont été relevés à Bergerac, 33°C à Brest, 32,4°C à Rennes, 34,3°C à Nantes, ou 34°C à Angers (battant un record de 32,8°C qui datait de mai 1947). Dans le nord, 30,7°C ont été enregistrés à Arras.

Le Premier ministre Sébastien Lecornu présidera jeudi une réunion interministérielle sur la canicule, "pour faire le point sur la préparation des services de l'Etat" face à cet épisode de chaleur exceptionnel, a annoncé son entourage lundi.

Cette vague de chaleur précoce devrait se doubler mardi d'un épisode de pollution à l'ozone.

Le laboratoire central de la surveillance de la qualité de l'air (LCSQA), outil de vigilance atmosphérique, a averti d'un dépassement de seuil d'information de pollution à l'ozone à prévoir mardi dans toute l'Ile-de-France et la vallée du Rhône.

Les concentrations d'ozone dans l'atmosphère devraient dépasser 180 microgrammes par mètre cube et par heure mardi, ce qui peut générer des gênes respiratoires ou cardiaques, surtout chez les populations vulnérables (personnes âgées, femmes enceintes, nourrissons et jeunes enfants), a souligné Airparif dans un communiqué.