La France et l’Arabie Saoudite ont des objectifs communs pour l’avenir

La France et l’Arabie Saoudite ont des objectifs communs pour l’avenir
Short Url
Publié le Mardi 14 juillet 2020

La France et l’Arabie Saoudite ont des objectifs communs pour l’avenir

  • Pour les entrepreneurs, un accord politique aura pour conséquence des partenariats bénéfiques aux deux parties
  • Le royaume s’est engagé dans une ambitieuse réforme économique et sociale dans le cadre du plan Saudi Vision 2030

Djeddah: L’Arabie saoudite et la France partagent  des ambitions communes. En s’associant, les deux pays auront beaucoup à gagner. Objectif : parvenir à une collaboration plus large ainsi qu’à des partenariats dans de nombreux secteurs.
 
Selon Saleh Al-Tayar, secrétaire général de la Chambre de commerce franco-arabe (CCFA), tous les entrepreneurs français et saoudiens estiment qu’un accord politique entre les deux pays ouvrira la voie à des partenariats mutuellement bénéfiques.
 
Dans ce cadre, la CCFA a joué un rôle fondamental dans le renforcement, le développement et l’amélioration des relations commerciales entre la France et l’Arabie saoudite.
 
Al-Tayar indique ainsi que le Conseil saoudo-français pour les affaires (Saudi-French Business Council), fondé en 2001, avait pour objectif d’accroître la  coopération commerciale entre les deux pays. Cette politique  est d’autant plus d’actualité aujourd’hui que l’Arabie saoudite s’est engagée depuis dans une ambitieuse réforme économique et sociale, dans le cadre du plan Saudi Vision 2030. La diversification de l’économie, afin de préparer le royaume à l’ère de l’après-pétrole, est au cœur de la Vision 2030 qui s’est donné pour mission d’offrir aux générations futures un avenir meilleur.
 
Concernant le rôle de la Chambre de commerce franco-arabe, Saleh Al-Tayar confie que « cette institution, composée de personnalités diverses appartenant aux forces vives de la nation, et qui participent activement à l’amélioration du climat des affaires en Arabie Saoudite, fait la promotion des secteurs économiques les plus prometteurs et favorise le développement de partenariats. Elle travaille également sur le transfert de technologies entre les acteurs économiques français et saoudiens ».
 Il ajoute que la Chambre travaille aussi sur la mise en place d’investissements croisés dans tous les secteurs.

 
Instaurer la confiance
Pour lui, le Saudi French Business Council stimule les investissements entre les deux pays, en instaurant la confiance entre les acteurs. Car « sans confiance », il ne peut y avoir d’investissement, surtout si l’investisseur étranger craint pour ses placements financiers.
 
« La meilleure façon d’instaurer cette confiance est d’encourager les rencontres entre les acteurs économiques et de développer un climat qui facilite le rapprochement. Un des rôles les plus importants du Saudi French Business Council est justement de s’assurer que les acteurs économiques des deux pays se rapprochent. Car l’organisation de réunions développe et renforce le sentiment de sécurité et crée des affaires prospères, durables et bénéfiques pour chacun. »
 
La mission du Saudi French Business Council ne s’arrête pas là. L’organisme joue également un rôle important dans la promotion de certains secteurs-clés du programme de développement du royaume, dans la création d’opportunités d’investissement dans ces secteurs, et enfin dans l’acquisition de technologies et de savoir-faire visant à élever les ambitions du pays.  
« Par ailleurs, la Chambre de commerce franco-arabe est l’interlocuteur privilégié pour expliquer aux partenaires français le climat des affaires et orienter les investisseurs saoudiens vers des opportunités à saisir dans certains secteurs de l’économie française. Tout ce travail n’est pas une mince affaire, et je voudrais en profiter pour remercier tous les membres de cette institution pour le travail fabuleux qu’ils réalisent afin de développer les affaires entre la France et l’Arabie saoudite », explique Al-Tayar.

Le secrétaire général de la CCFA rappelle dans ce contexte qu’une délégation de près de 80 chefs d’entreprises français (représentant 60 sociétés qui opèrent dans des secteurs tels que les infrastructures, les transports, l’énergie, les villes intelligentes, la construction, l’industrie, l’ingénierie, les télécommunications, les services environnementaux et financiers, l’éducation, le tourisme et les loisirs) a effectué une visite de deux jours en Arabie saoudite en janvier dernier, avec pour objectif d’explorer les possibilités qu’offre le marché du plus grand pays du Golfe.
 
« Cette initiative a également permis aux chefs d’entreprises présents d’établir des contacts avec des décideurs publics et privés de haut niveau. Il s’agit là d’un exemple concret du travail réalisé par la Chambre de commerce franco-arabe », poursuit-il. Salah Al-Tayar note également que la France est à l’heure actuelle le 8e partenaire commercial de l’Arabie saoudite, ses échanges avec le royaume représentent 3 % de son marché. La France est par ailleurs le 3e plus grand investisseur étranger en Arabie saoudite, avec des financements de près de 15 milliards de dollars.
 
« De plus, 80 entreprises françaises étaient présentes sur le territoire saoudien en 2019 et 4 000 autres exportent vers le royaume – dont 500 nouvelles au cours des deux dernières années. »
 
Selon lui, le volume des échanges entre l’Arabie saoudite et la France a presque doublé au cours des dix dernières années :« Il a atteint 9,53 milliards d’euros en 2019. Les exportations françaises vers le royaume se sont élevées à 3 milliards d’euros et les importations à 6,53 milliards d’euros. La balance commerciale reflète un solde positif pour l’Arabie Saoudite de 3,3 milliards d’euros en 2019 contre 3,03 milliards d’euros en 2018 ».
 
Le secrétaire général de la CCFA souligne que tous ces chiffres montrent la forte et constante augmentation des échanges entre les deux pays. « Cependant, il faut admettre que le volume de ces échanges ne reflète pas l’intensité de l’amitié franco-saoudienne, et qu’il y a encore une marge – ce qui est encourageant. C’est dans ce sens que travaille la Chambre de commerce franco-arabe. »
 
Al-Tayar explique que les 80 entreprises françaises opérant en Arabie saoudite emploient environ 40 000 personnes, dont 10 000 Saoudiens. Il salue ainsi « les entreprises faisant la promotion de la “saoudisation” des emplois, avec un taux moyen [d’employés saoudiens] de 35 % – ce qui correspond au taux d’embauche généralement pratiqué par les entreprises du royaume. »
 
Soulignant l’harmonie entre les dirigeants des deux pays et son impact sur leurs liens économiques mutuels, M. Al-Tayar affirme que« comme chacun sait, les relations entre la France et le royaume sont très anciennes  et suivent inlassablement le sillage tracé par le fondateur de la Ve République, le général de Gaulle, et le troisième fils du père de la dynastie saoudienne, le roi Fayçal ben Abdel Aziz, lors de leur rencontre historique à Paris en 1967. » 
 
Les visites officielles du président français Emmanuel Macron au royaume en mai 2019 et du prince héritier Mohammed ben Salman à Paris en avril 2018 témoignent des liens étroits entre les deux pays et « consolident cette relation, marque d’un “partenariat de référence” ouvrant la voie à de “brillantes” perspectives que nous espérons encore plus dynamiques et prospères à l’avenir. D’autant plus que les deux pays ont des économies extraordinairement complémentaires » souligne-t-il.

Vision 2030

Salah Al-Tayar inscrit ce partenariat franco-saoudien dans le cadre de la Vision 2030, un ambitieux plan destiné à développer de nouvelles sources de richesse, à préparer le royaume à l’ère post-pétrolière et à assurer aux jeunes un avenir solide.
 
« Dans le cadre de ce plan, l’Arabie saoudite prévoit d’investir des centaines de milliards de dollars au cours des dix prochaines années afin de développer ses infrastructures, d’exploiter de nouvelles sources d’énergie et d’améliorer les réseaux de transport et l’approvisionnement dans les domaines de la santé, de l’éducation, de la formation, et bien d’autres encore… »
 
« Dans le seul secteur du divertissement, indique-t-il, près de 64 milliards de dollars seront investis. Les mégaprojets prévus dans ce plan sont un parfait exemple de la volonté qui existe de transformer le pays et de l’emmener vers le troisième millénaire, dans la perspective d’offrir aux 300 000 jeunes diplômés qui entrent sur le marché du travail chaque année une économie dynamique, et qui en outre améliorera le bien-être de la population. » 

Neom et Al Ula
 
Entre autres mégaprojets figure la ligne de métro qui reliera en vingt minutes l’aéroport de Riyad et la place financière de King Abdullah, immense quartier d’affaires où se tiendront les réunions du prochain sommet du G20.
« Ensuite, il y a le projet Neom, qui transformera un désert de 25 000 km2 en une ville futuriste – avec des usines automobiles, des hôpitaux, des entreprises technologiques et des complexes hôteliers à profusion. Un projet si ambitieux qu’il suppose des technologies que l’on n’a même pas encore déployées aujourd’hui. Le projet de la mer Rouge prévoit quant à lui la construction d’une station balnéaire de luxe et écoresponsable entre les villes d’Umluj et d’Al Wajh, laquelle sera consacrée au bien-être, aux sports et à la culture », poursuit-il.
 
Sur le plan culturel, Al-Tayar revient sur le grand projet touristique d’Al Ula, un parc naturel touristique, archéologique et culturel couvrant l’équivalent de la superficie de la Belgique et abritant des vestiges de plusieurs époques dans le nord-ouest du pays.
« Dans cette transformation de l’Arabie saoudite, la France a évidemment toute sa place. Elle a les atouts et les forces qui peuvent répondre aux ambitions du royaume. Et les acteurs français dans les domaines du luxe, de l’hôtellerie, du tourisme, de l’événementiel et du divertissement sont des leaders mondiaux au savoir-faire reconnu. […] De plus, l’expertise française est déjà à l’œuvre sur plusieurs projets : le métro de Riyad – pour lequel Alstom Transport fait partie du consortium ayant remporté l’appel d’offres relatif à la conception, à la construction, à la fourniture et à la mise en service de trois de ses six lignes –, le réseau de bus – déployé par RATP Dev dans plusieurs grandes villes du pays –, la gestion du projet touristique d’Al Ula, et de nombreux autres projets », a-t-il poursuivi.
 
Rappelant les mesures prises par l’Arabie pour attirer les investisseurs, il ajoute que « l’Arabie saoudite fait partie des dix pays ayant fait le plus de progrès, selon le rapport Doing Business 2020 publié par la Banque mondiale. »
 
Cependant, « afin de saisir, aujourd’hui, toutes ces occasions, il appartient également aux entreprises françaises d’élargir le champ de coopération qui existe déjà entre la France et l’Arabie saoudite et de diversifier ses composantes », a-t-il dit. Il a aussi précisé que « dans un contexte de concurrence mondiale féroce, il est du ressort de chacun des deux pays d’inventer une nouvelle façon de coopérer sur le long terme, en mettant sur pied des politiques de co-développement gagnant-gagnant. »
 
Louant le rôle de la position économique mondiale du royaume, qui souhaite attirer plus d’investisseurs français, Al-Tayar affirme à Arab News  que « l’Arabie saoudite est la première économie du monde arabe car elle détient les plus grandes réserves avérées de pétrole de la planète. […] De plus, en tant que membre du G20, du CCG et de la Ligue arabe, le royaume s’affirme aujourd’hui comme une puissance régionale et un acteur international majeur. Le pays joue un rôle prépondérant dans le maintien d’un équilibre entre l’offre et la demande et garantit un prix stable de l’or noir sur le marché mondial. L’Arabie saoudite est un pays riche dont le PIB, estimé par le FMI à 762 milliards de dollars en 2019, lui permet de maintenir sa position (17e) parmi les plus élevés du globe. »
 
« Quant à son fonds souverain, qui selon le Sovereign Wealth Fund Institute occupait à la fin de 2019 la 11e place du classement mondial, il devrait permettre un actif total sous gestion de 2 000 milliards de dollars d’ici à 2030. C’est donc un pays riche et solvable qui ouvre des mégachantiers de construction. »
 
Et de poursuivre : « L’Arabie saoudite est un levier de croissance important pour les entreprises françaises – réputées pour leur compétence, leur ingéniosité et leur expertise – et pour la France elle-même – admirée pour le raffinement et pour la qualité de ses produits ».
 
« Thales, Veolia, Airbus, Total, Orange, Suez Environnement, Areva, Vinci, Bouygues et bien d’autres sont des groupes très connus dans le royaume. Tous ces joyaux du savoir-faire français participent au développement, à la modernisation et aux efforts entrepris par les autorités saoudiennes pour entrer dans l’économie du troisième millénaire sur un pied d’égalité avec les autres pays », a-t-il déclaré.
 
M. Al-Tayar conclut ainsi : « Tout cela est important, tout cela témoigne de la forte relation entre la France et l’Arabie saoudite et de l’existence d’un véritable intérêt commun. Mais aujourd’hui, face à la concurrence, face à la montée en puissance des pays émergents, face aux conséquences de la crise économique et sanitaire, face aux défis du changement climatique et énergétique, et face à tous les défis du nouveau millénaire, nous devons renforcer nos liens pour réinventer une nouvelle façon de coopérer, une nouvelle façon de créer de la richesse en adoptant une vision politique à long terme de codéveloppement qui, tout en créant de la valeur dans un pays, profiterait tout autant à l’autre. »
 
Ce texte est la traduction d’un article paru sur arabnews.com
 


Attentats à Damas: les autorités arrêtent des membres d'une cellule «affiliée à l'EI»

Les autorités syriennes ont annoncé jeudi soir l'arrestation des membres d'une cellule "affiliée à l'organisation Etat islamique" (EI) après deux attentats à la bombe survenus mardi à Damas pendant la visite du président français Emmanuel Macron. (AFP)
Les autorités syriennes ont annoncé jeudi soir l'arrestation des membres d'une cellule "affiliée à l'organisation Etat islamique" (EI) après deux attentats à la bombe survenus mardi à Damas pendant la visite du président français Emmanuel Macron. (AFP)
  • Les auteurs présumés ont été arrêtés simultanément dans "différents lieux à Damas et ses environs", avait auparavant précisé un communiqué du ministère, citant spécifiquement quatre quartiers
  • Deux d'entre eux abritent des membres de la communauté alaouite, dont est issu le clan de l'ex-président Bachar al-Assad

DAMAS: Les autorités syriennes ont annoncé jeudi soir l'arrestation des membres d'une cellule "affiliée à l'organisation Etat islamique" (EI) après deux attentats à la bombe survenus mardi à Damas pendant la visite du président français Emmanuel Macron.

"La cellule responsable des attaques terroristes qui ont ciblé Damas il y a deux jours est désormais entre nos mains", a déclaré sur X le ministre de l'Intérieur Anas Khattab.

"Une fois l'enquête terminée, nous révélerons au public l'identité des membres de la cellule, leur rôle ainsi que leurs affiliations", a ajouté le ministre de l'Intérieur.

Ahmad al-Dalati, chef de la sécurité intérieure pour la région de Damas, a plus tard déclaré à la télévision d'Etat syrienne que les premières investigations avaient montré que "la cellule était affiliée au groupe EI (Etat islamique)".

Les auteurs présumés ont été arrêtés simultanément dans "différents lieux à Damas et ses environs", avait auparavant précisé un communiqué du ministère, citant spécifiquement quatre quartiers. Deux d'entre eux abritent des membres de la communauté alaouite, dont est issu le clan de l'ex-président Bachar al-Assad.

Une personne est morte et 36 autres ont été blessées dans l'explosion quasi simultanée de deux bombes artisanales mardi matin, déposées à proximité de l'hôtel Four Seasons où M. Macron venait de passer la nuit.

L'une des bombes "artisanales" était placée dans une benne à ordures et l'autre dans un véhicule près de l'hôtel, dans le centre de la capitale, ont précisé les autorités.

Des journalistes de l'AFP ont vu des traces de sang sur le trottoir près du luxueux hôtel et les fenêtres du ministère du Tourisme, qui lui fait face, brisées.

A ce moment-là, le chef d'Etat était déjà parti pour s'entretenir avec son homologue Ahmad al-Chareh.

"A vos côtés" 

Lors d'une conférence de presse conjointe organisée après l'explosion, Emmanuel Macron a affirmé que ces attentats ne devaient pas "déstabiliser" la Syrie, qui sort d'une guerre civile de près de 14 ans (2011-2024).

Ahmad al-Chareh a pour sa part salué "le courage" du président français qui a maintenu sa visite.

Les deux pays se sont entendus pour reprendre les relations au niveau des ambassadeurs "le plus tôt possible" selon M. Chareh.

Il s'agissait de la première visite d'un dirigeant d'une puissance occidentale depuis l'arrivée au pouvoir d'une coalition islamiste après plus de 13 années de guerre civile.

Emmanuel Macron avait déjà été le premier dirigeant occidental à accueillir Ahmad al-Chareh, en mai 2025, s'affichant à l'Elysée avec cet ancien jihadiste.

Soutenue par Washington, la Syrie a rejoint l'an dernier la coalition internationale contre l'Etat islamique.

Le groupe jihadiste s'était emparé en 2014 de vastes territoires en Syrie avant d'être défait en 2019 par les forces kurdes syriennes, aidées par la coalition antijihadiste. Il conserve cependant des cellules dormantes et a appelé à défier le pouvoir.

Damas a connu plusieurs incidents au cours des derniers mois. Le 2 juillet, un attentat à la bombe perpétré dans un café du centre de la capitale a fait 10 morts et un vingtaine de blessés.


Le Liban annonce qu'une délégation américaine supervisera le début du retrait israélien

L'ambassadeur des Etats-Unis au Liban a informé le président libanais jeudi de la venue prochaine d'une délégation américaine pour superviser le début de l'application du retrait israélien de "zones pilotes" dans le sud, a rapporté la présidence. (AFP)
L'ambassadeur des Etats-Unis au Liban a informé le président libanais jeudi de la venue prochaine d'une délégation américaine pour superviser le début de l'application du retrait israélien de "zones pilotes" dans le sud, a rapporté la présidence. (AFP)
  • Reçu par le président libanais Joseph Aoun, l'ambassadeur américain Michel Issa l'a informé qu'une "délégation militaire arriverait à Beyrouth dans les prochains jours pour coordonner et définir le mécanisme de mise en œuvre sur le terrain" de la clause
  • "La première zone pilote sera lancée d'ici quelques jours, et d'autres zones pilotes sont actuellement à l'étude et en cours de planification", a précisé, sous couvert d'anonymat, un responsable américain à Washington

BEYROUTH: L'ambassadeur des Etats-Unis au Liban a informé le président libanais jeudi de la venue prochaine d'une délégation américaine pour superviser le début de l'application du retrait israélien de "zones pilotes" dans le sud, a rapporté la présidence.

Un accord-cadre conclu à Washington le 26 juin entre le Liban et Israël, en guerre depuis des décennies, prévoit que l'armée libanaise commence à se déployer dans des zones dont se retirerait Israël, qui occupe une partie du sud, sous réserve du désarmement du Hezbollah pro-iranien.

Reçu par le président libanais Joseph Aoun, l'ambassadeur américain Michel Issa l'a informé qu'une "délégation militaire arriverait à Beyrouth dans les prochains jours pour coordonner et définir le mécanisme de mise en œuvre sur le terrain" de la clause relative aux "zones pilotes", selon un communiqué de la présidence.

"La première zone pilote sera lancée d'ici quelques jours, et d'autres zones pilotes sont actuellement à l'étude et en cours de planification", a précisé, sous couvert d'anonymat, un responsable américain à Washington.

Il a déclaré que le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom) assurerait la coordination avec les deux pays concernant ces zones.

"Nous allons bientôt entamer des discussions avec des partenaires internationaux afin d'aider le gouvernement libanais à rétablir effectivement sa souveraineté dans ces zones, puis plus largement sur l'ensemble de son territoire", a ajouté ce responsable.

Il a confirmé que les discussions prévues à Rome les 15 et 16 juillet entre Israël et le Liban auraient bien lieu, après qu'une source diplomatique eut indiqué plus tôt à l'AFP que le Liban avait exigé un retrait israélien avant de participer aux pourparlers.

Le président libanais Joseph Aoun a de son côté appelé une nouvelle fois les Etats-Unis à "faire pression sur Israël". Il a également souligné, devant des visiteurs, "l'importance de parvenir à mettre fin à l'état d'hostilité" avec son voisin.

L'accord-cadre n'établit pas de calendrier de retrait du sud du Liban, où Israël a annoncé vouloir pour l'heure maintenir ses troupes dans une zone pouvant s'étendre jusqu'à dix kilomètres de sa frontière.

Il a été conclu à l'issue de cinq cycles de négociations entre le Liban et Israël, inédites depuis des décennies, à Washington.

Les négociations de Rome seront suivies par une visite de M. Aoun aux Etats-Unis, prévue le 21 juillet selon l'ambassade libanaise à Washington.

Le Hezbollah, qui a entraîné le Liban dans la guerre régionale en mars en soutien à Téhéran, est opposé aux négociations directes avec Israël et refuse d'être désarmé.

"Aucune clause de l'accord ne passera", a une nouvelle fois martelé cette semaine le chef du Hezbollah Naïm Kassem.


Gaza: des tirs israéliens font 9 morts, selon les secours

Neuf personnes ont été tuées mercredi par des tirs israéliens dans la bande de Gaza, selon la Défense civile et des sources médicales du territoire palestinien, ravagé par la guerre entre le Hamas et Israël. (AFP)
Neuf personnes ont été tuées mercredi par des tirs israéliens dans la bande de Gaza, selon la Défense civile et des sources médicales du territoire palestinien, ravagé par la guerre entre le Hamas et Israël. (AFP)
  • L'hôpital Nasser, situé dans le sud de Gaza à Khan Younès, a annoncé avoir reçu les dépouilles de quatre personnes, dont une femme, âgées de 10 à 39 ans et tuées dans une frappe aérienne visant une tente de déplacés
  • L'établissement a également indiqué avoir reçu le corps d'Ahmad Salim, un chauffeur de camion tué par des tirs israéliens à al-Mawasi, une zone située dans le sud de Gaza

GAZA: Neuf personnes ont été tuées mercredi par des tirs israéliens dans la bande de Gaza, selon la Défense civile et des sources médicales du territoire palestinien, ravagé par la guerre entre le Hamas et Israël.

La Défense civile, un organisme opérant sous l'autorité du mouvement islamiste Hamas, a recensé neuf morts en plusieurs endroits, dans des frappes aériennes et des tirs.

L'hôpital Nasser, situé dans le sud de Gaza à Khan Younès, a annoncé avoir reçu les dépouilles de quatre personnes, dont une femme, âgées de 10 à 39 ans et tuées dans une frappe aérienne visant une tente de déplacés.

L'établissement a également indiqué avoir reçu le corps d'Ahmad Salim, un chauffeur de camion tué par des tirs israéliens à al-Mawasi, une zone située dans le sud de Gaza.

L'armée israélienne a affirmé que M. Salim s'était dirigé en courant vers des soldats qui interrogeaient d'autres chauffeurs de camion interpellés.

Les soldats ont ouvert le feu dans sa direction après "avoir identifié une menace immédiate", a précisé l'armée, affirmant enquêter sur les autres incidents survenus mercredi.

L'hôpital Al-Chifa, à Gaza-ville, a de son côté déclaré avoir reçu quatre corps: celui d'un enfant tué par des tirs israéliens dans l'est de la ville, celui d'un homme tué dans une frappe aérienne dans l'ouest et deux autres tués dans un bombardement ayant visé un véhicule.

L'armée israélienne a confirmé à l'AFP avoir mené une frappe aérienne sur la ville de Gaza, mais a dit ne pas "être au courant" d'un bombardement dans l'ouest de la ville.

Israël et le Hamas s'accusent presque quotidiennement de violer le cessez-le-feu dans le territoire dévasté.

Au moins 1.084 Palestiniens y ont été tués depuis son entrée en vigueur en octobre, selon le ministère de la Santé du territoire, également placé sous l'autorité du Hamas et dont les chiffres sont jugés fiables par l'ONU.

Dans le même temps, Israël a recensé cinq soldats et un contractuel travaillant pour le ministère de la Défense tués dans le territoire palestinien.

Les restrictions imposées aux médias et l'accès limité à Gaza empêchent l'AFP de vérifier de manière indépendante les bilans ou de couvrir librement les violences sur place.