La France et l’Arabie Saoudite ont des objectifs communs pour l’avenir

La France et l’Arabie Saoudite ont des objectifs communs pour l’avenir
Short Url
Publié le Mardi 14 juillet 2020

La France et l’Arabie Saoudite ont des objectifs communs pour l’avenir

  • Pour les entrepreneurs, un accord politique aura pour conséquence des partenariats bénéfiques aux deux parties
  • Le royaume s’est engagé dans une ambitieuse réforme économique et sociale dans le cadre du plan Saudi Vision 2030

Djeddah: L’Arabie saoudite et la France partagent  des ambitions communes. En s’associant, les deux pays auront beaucoup à gagner. Objectif : parvenir à une collaboration plus large ainsi qu’à des partenariats dans de nombreux secteurs.
 
Selon Saleh Al-Tayar, secrétaire général de la Chambre de commerce franco-arabe (CCFA), tous les entrepreneurs français et saoudiens estiment qu’un accord politique entre les deux pays ouvrira la voie à des partenariats mutuellement bénéfiques.
 
Dans ce cadre, la CCFA a joué un rôle fondamental dans le renforcement, le développement et l’amélioration des relations commerciales entre la France et l’Arabie saoudite.
 
Al-Tayar indique ainsi que le Conseil saoudo-français pour les affaires (Saudi-French Business Council), fondé en 2001, avait pour objectif d’accroître la  coopération commerciale entre les deux pays. Cette politique  est d’autant plus d’actualité aujourd’hui que l’Arabie saoudite s’est engagée depuis dans une ambitieuse réforme économique et sociale, dans le cadre du plan Saudi Vision 2030. La diversification de l’économie, afin de préparer le royaume à l’ère de l’après-pétrole, est au cœur de la Vision 2030 qui s’est donné pour mission d’offrir aux générations futures un avenir meilleur.
 
Concernant le rôle de la Chambre de commerce franco-arabe, Saleh Al-Tayar confie que « cette institution, composée de personnalités diverses appartenant aux forces vives de la nation, et qui participent activement à l’amélioration du climat des affaires en Arabie Saoudite, fait la promotion des secteurs économiques les plus prometteurs et favorise le développement de partenariats. Elle travaille également sur le transfert de technologies entre les acteurs économiques français et saoudiens ».
 Il ajoute que la Chambre travaille aussi sur la mise en place d’investissements croisés dans tous les secteurs.

 
Instaurer la confiance
Pour lui, le Saudi French Business Council stimule les investissements entre les deux pays, en instaurant la confiance entre les acteurs. Car « sans confiance », il ne peut y avoir d’investissement, surtout si l’investisseur étranger craint pour ses placements financiers.
 
« La meilleure façon d’instaurer cette confiance est d’encourager les rencontres entre les acteurs économiques et de développer un climat qui facilite le rapprochement. Un des rôles les plus importants du Saudi French Business Council est justement de s’assurer que les acteurs économiques des deux pays se rapprochent. Car l’organisation de réunions développe et renforce le sentiment de sécurité et crée des affaires prospères, durables et bénéfiques pour chacun. »
 
La mission du Saudi French Business Council ne s’arrête pas là. L’organisme joue également un rôle important dans la promotion de certains secteurs-clés du programme de développement du royaume, dans la création d’opportunités d’investissement dans ces secteurs, et enfin dans l’acquisition de technologies et de savoir-faire visant à élever les ambitions du pays.  
« Par ailleurs, la Chambre de commerce franco-arabe est l’interlocuteur privilégié pour expliquer aux partenaires français le climat des affaires et orienter les investisseurs saoudiens vers des opportunités à saisir dans certains secteurs de l’économie française. Tout ce travail n’est pas une mince affaire, et je voudrais en profiter pour remercier tous les membres de cette institution pour le travail fabuleux qu’ils réalisent afin de développer les affaires entre la France et l’Arabie saoudite », explique Al-Tayar.

Le secrétaire général de la CCFA rappelle dans ce contexte qu’une délégation de près de 80 chefs d’entreprises français (représentant 60 sociétés qui opèrent dans des secteurs tels que les infrastructures, les transports, l’énergie, les villes intelligentes, la construction, l’industrie, l’ingénierie, les télécommunications, les services environnementaux et financiers, l’éducation, le tourisme et les loisirs) a effectué une visite de deux jours en Arabie saoudite en janvier dernier, avec pour objectif d’explorer les possibilités qu’offre le marché du plus grand pays du Golfe.
 
« Cette initiative a également permis aux chefs d’entreprises présents d’établir des contacts avec des décideurs publics et privés de haut niveau. Il s’agit là d’un exemple concret du travail réalisé par la Chambre de commerce franco-arabe », poursuit-il. Salah Al-Tayar note également que la France est à l’heure actuelle le 8e partenaire commercial de l’Arabie saoudite, ses échanges avec le royaume représentent 3 % de son marché. La France est par ailleurs le 3e plus grand investisseur étranger en Arabie saoudite, avec des financements de près de 15 milliards de dollars.
 
« De plus, 80 entreprises françaises étaient présentes sur le territoire saoudien en 2019 et 4 000 autres exportent vers le royaume – dont 500 nouvelles au cours des deux dernières années. »
 
Selon lui, le volume des échanges entre l’Arabie saoudite et la France a presque doublé au cours des dix dernières années :« Il a atteint 9,53 milliards d’euros en 2019. Les exportations françaises vers le royaume se sont élevées à 3 milliards d’euros et les importations à 6,53 milliards d’euros. La balance commerciale reflète un solde positif pour l’Arabie Saoudite de 3,3 milliards d’euros en 2019 contre 3,03 milliards d’euros en 2018 ».
 
Le secrétaire général de la CCFA souligne que tous ces chiffres montrent la forte et constante augmentation des échanges entre les deux pays. « Cependant, il faut admettre que le volume de ces échanges ne reflète pas l’intensité de l’amitié franco-saoudienne, et qu’il y a encore une marge – ce qui est encourageant. C’est dans ce sens que travaille la Chambre de commerce franco-arabe. »
 
Al-Tayar explique que les 80 entreprises françaises opérant en Arabie saoudite emploient environ 40 000 personnes, dont 10 000 Saoudiens. Il salue ainsi « les entreprises faisant la promotion de la “saoudisation” des emplois, avec un taux moyen [d’employés saoudiens] de 35 % – ce qui correspond au taux d’embauche généralement pratiqué par les entreprises du royaume. »
 
Soulignant l’harmonie entre les dirigeants des deux pays et son impact sur leurs liens économiques mutuels, M. Al-Tayar affirme que« comme chacun sait, les relations entre la France et le royaume sont très anciennes  et suivent inlassablement le sillage tracé par le fondateur de la Ve République, le général de Gaulle, et le troisième fils du père de la dynastie saoudienne, le roi Fayçal ben Abdel Aziz, lors de leur rencontre historique à Paris en 1967. » 
 
Les visites officielles du président français Emmanuel Macron au royaume en mai 2019 et du prince héritier Mohammed ben Salman à Paris en avril 2018 témoignent des liens étroits entre les deux pays et « consolident cette relation, marque d’un “partenariat de référence” ouvrant la voie à de “brillantes” perspectives que nous espérons encore plus dynamiques et prospères à l’avenir. D’autant plus que les deux pays ont des économies extraordinairement complémentaires » souligne-t-il.

Vision 2030

Salah Al-Tayar inscrit ce partenariat franco-saoudien dans le cadre de la Vision 2030, un ambitieux plan destiné à développer de nouvelles sources de richesse, à préparer le royaume à l’ère post-pétrolière et à assurer aux jeunes un avenir solide.
 
« Dans le cadre de ce plan, l’Arabie saoudite prévoit d’investir des centaines de milliards de dollars au cours des dix prochaines années afin de développer ses infrastructures, d’exploiter de nouvelles sources d’énergie et d’améliorer les réseaux de transport et l’approvisionnement dans les domaines de la santé, de l’éducation, de la formation, et bien d’autres encore… »
 
« Dans le seul secteur du divertissement, indique-t-il, près de 64 milliards de dollars seront investis. Les mégaprojets prévus dans ce plan sont un parfait exemple de la volonté qui existe de transformer le pays et de l’emmener vers le troisième millénaire, dans la perspective d’offrir aux 300 000 jeunes diplômés qui entrent sur le marché du travail chaque année une économie dynamique, et qui en outre améliorera le bien-être de la population. » 

Neom et Al Ula
 
Entre autres mégaprojets figure la ligne de métro qui reliera en vingt minutes l’aéroport de Riyad et la place financière de King Abdullah, immense quartier d’affaires où se tiendront les réunions du prochain sommet du G20.
« Ensuite, il y a le projet Neom, qui transformera un désert de 25 000 km2 en une ville futuriste – avec des usines automobiles, des hôpitaux, des entreprises technologiques et des complexes hôteliers à profusion. Un projet si ambitieux qu’il suppose des technologies que l’on n’a même pas encore déployées aujourd’hui. Le projet de la mer Rouge prévoit quant à lui la construction d’une station balnéaire de luxe et écoresponsable entre les villes d’Umluj et d’Al Wajh, laquelle sera consacrée au bien-être, aux sports et à la culture », poursuit-il.
 
Sur le plan culturel, Al-Tayar revient sur le grand projet touristique d’Al Ula, un parc naturel touristique, archéologique et culturel couvrant l’équivalent de la superficie de la Belgique et abritant des vestiges de plusieurs époques dans le nord-ouest du pays.
« Dans cette transformation de l’Arabie saoudite, la France a évidemment toute sa place. Elle a les atouts et les forces qui peuvent répondre aux ambitions du royaume. Et les acteurs français dans les domaines du luxe, de l’hôtellerie, du tourisme, de l’événementiel et du divertissement sont des leaders mondiaux au savoir-faire reconnu. […] De plus, l’expertise française est déjà à l’œuvre sur plusieurs projets : le métro de Riyad – pour lequel Alstom Transport fait partie du consortium ayant remporté l’appel d’offres relatif à la conception, à la construction, à la fourniture et à la mise en service de trois de ses six lignes –, le réseau de bus – déployé par RATP Dev dans plusieurs grandes villes du pays –, la gestion du projet touristique d’Al Ula, et de nombreux autres projets », a-t-il poursuivi.
 
Rappelant les mesures prises par l’Arabie pour attirer les investisseurs, il ajoute que « l’Arabie saoudite fait partie des dix pays ayant fait le plus de progrès, selon le rapport Doing Business 2020 publié par la Banque mondiale. »
 
Cependant, « afin de saisir, aujourd’hui, toutes ces occasions, il appartient également aux entreprises françaises d’élargir le champ de coopération qui existe déjà entre la France et l’Arabie saoudite et de diversifier ses composantes », a-t-il dit. Il a aussi précisé que « dans un contexte de concurrence mondiale féroce, il est du ressort de chacun des deux pays d’inventer une nouvelle façon de coopérer sur le long terme, en mettant sur pied des politiques de co-développement gagnant-gagnant. »
 
Louant le rôle de la position économique mondiale du royaume, qui souhaite attirer plus d’investisseurs français, Al-Tayar affirme à Arab News  que « l’Arabie saoudite est la première économie du monde arabe car elle détient les plus grandes réserves avérées de pétrole de la planète. […] De plus, en tant que membre du G20, du CCG et de la Ligue arabe, le royaume s’affirme aujourd’hui comme une puissance régionale et un acteur international majeur. Le pays joue un rôle prépondérant dans le maintien d’un équilibre entre l’offre et la demande et garantit un prix stable de l’or noir sur le marché mondial. L’Arabie saoudite est un pays riche dont le PIB, estimé par le FMI à 762 milliards de dollars en 2019, lui permet de maintenir sa position (17e) parmi les plus élevés du globe. »
 
« Quant à son fonds souverain, qui selon le Sovereign Wealth Fund Institute occupait à la fin de 2019 la 11e place du classement mondial, il devrait permettre un actif total sous gestion de 2 000 milliards de dollars d’ici à 2030. C’est donc un pays riche et solvable qui ouvre des mégachantiers de construction. »
 
Et de poursuivre : « L’Arabie saoudite est un levier de croissance important pour les entreprises françaises – réputées pour leur compétence, leur ingéniosité et leur expertise – et pour la France elle-même – admirée pour le raffinement et pour la qualité de ses produits ».
 
« Thales, Veolia, Airbus, Total, Orange, Suez Environnement, Areva, Vinci, Bouygues et bien d’autres sont des groupes très connus dans le royaume. Tous ces joyaux du savoir-faire français participent au développement, à la modernisation et aux efforts entrepris par les autorités saoudiennes pour entrer dans l’économie du troisième millénaire sur un pied d’égalité avec les autres pays », a-t-il déclaré.
 
M. Al-Tayar conclut ainsi : « Tout cela est important, tout cela témoigne de la forte relation entre la France et l’Arabie saoudite et de l’existence d’un véritable intérêt commun. Mais aujourd’hui, face à la concurrence, face à la montée en puissance des pays émergents, face aux conséquences de la crise économique et sanitaire, face aux défis du changement climatique et énergétique, et face à tous les défis du nouveau millénaire, nous devons renforcer nos liens pour réinventer une nouvelle façon de coopérer, une nouvelle façon de créer de la richesse en adoptant une vision politique à long terme de codéveloppement qui, tout en créant de la valeur dans un pays, profiterait tout autant à l’autre. »
 
Ce texte est la traduction d’un article paru sur arabnews.com
 


Le Hamas exhorte l'Iran à cesser de bombarder ses voisins

Le Hamas a appelé samedi l’Iran à s’abstenir de viser les pays voisins, tout en affirmant le droit de Téhéran à se défendre contre Israël et les États-Unis. (AFP)
Le Hamas a appelé samedi l’Iran à s’abstenir de viser les pays voisins, tout en affirmant le droit de Téhéran à se défendre contre Israël et les États-Unis. (AFP)
Short Url
  • Le Hamas appelle l’Iran à cesser de frapper les pays voisins en représailles aux attaques américano-israéliennes, tout en affirmant le droit de Téhéran à se défendre
  • Le mouvement palestinien exhorte aussi la communauté internationale à agir pour mettre fin immédiatement à la guerre régionale

Gaza, Territoires palestiniens: Le mouvement islamiste palestinien Hamas a exhorté samedi Téhéran à cesser ses frappes contre les pays voisins en représailles aux attaques américano-israéliennes dont il est la cible, tout en affirmant le droit de son allié à se défendre.

Le Hamas a également appelé la communauté internationale à "œuvrer à l'arrêt" immédiat de la guerre.

Il s'agit de la première déclaration en ce sens du Hamas, dont la République islamique est traditionnellement l'un des principaux soutiens, depuis le début, le 28 février, de l'offensive menée conjointement par les Etats-Unis et Israël contre l'Iran.

"Tout en affirmant le droit de la République islamique d'Iran à riposter à cette agression par tous les moyens disponibles, conformément aux normes et au droit international, le mouvement appelle ses frères en Iran à ne pas prendre pour cible les pays voisins", a écrit le Hamas sur Telegram.

Le Hamas avait auparavant condamné l'assassinat du guide suprême iranien, Ali Khamenei, tué par une frappe israélienne à Téhéran au premier jour de la guerre, le qualifiant de "crime odieux".

"Il a fourni toutes les formes de soutien politique, diplomatique et militaire à notre peuple, à notre cause et à notre résistance", avait déclaré le mouvement peu après la mort de l'ayatollah Khamenei.

Mercredi, le Hamas a souhaité au fils de Khamenei, Mojtaba Khamenei, nommé nouveau guide suprême en remplacement de son père, de "vaincre l'agression israélo-américaine".

Face à l'offensive américano-israélienne, l'Iran a riposté par des tirs contre une dizaine de pays. Samedi, le Qatar a annoncé avoir intercepté deux missiles après des explosions entendues dans la capitale Doha.

Le mouvement libanais Hezbollah, lui aussi allié de Téhéran, est entré en guerre le 2 mars en tirant des roquettes sur le sol israélien, provoquant une campagne de bombardements massifs menée par Israël au Liban.

Le Hamas et le Hezbollah, comme les rebelles houthis du Yémen, font partie des groupes armés soutenus par l'Iran contre Israël dans la région. Parmi les objectifs affichés de son offensive contre Téhéran, Israël avait affirmé vouloir détruire le soutien iranien à ces mouvements.

- "Semer la discorde" -

Selon une source au sein du Hamas, interrogée par l'AFP, la direction du mouvement est en contact avec les dirigeants iraniens "depuis plusieurs jours en les appelant à ne pas viser des États voisins comme les pays du Golfe, d'autres pays arabes et la Turquie".

Israël "cherche à semer la discorde entre l'Iran et ses voisins arabes et musulmans", a ajouté cette source sous couvert d'anonymat. "La direction du Hamas a également pris contact avec des responsables de plusieurs pays, dont le Qatar, la Turquie et l'Irak, les exhortant à œuvrer pour mettre un terme" à l'offensive israélo-américaine.

Plusieurs pays majoritairement sunnites entretiennent aussi des liens avec le Hamas, notamment la Turquie et le Qatar, qui héberge depuis 2012 la direction politique du mouvement et a joué un rôle-clé dans les négociations indirectes avec Israël en vue de mettre un terme à la guerre dans la bande de Gaza.

Ces négociations ont abouti à un cessez-le-feu fragile qui se maintient depuis le 10 octobre 2025, après deux ans de guerre provoquée par l'attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023.

Le Qatar a aussi fourni une importante aide financière à Gaza depuis la prise de pouvoir du Hamas dans le territoire palestinien en 2007, en grande partie présentée comme une aide humanitaire ou à la reconstruction.

La Turquie de son côté fournit principalement un soutien politique et diplomatique plutôt qu'un financement direct à grande échelle au Hamas.

Vendredi, la Turquie a annoncé qu'un troisième missile balistique tiré depuis l'Iran, depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, avait été abattu dans l'espace aérien turc par les forces de l'Otan.


Le chef de l’ONU affirme que « le temps des groupes armés est révolu » après sa rencontre avec le président libanais

Sur cette photo diffusée par le bureau de presse de la présidence libanaise, le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, s’adresse aux journalistes après sa rencontre avec le président libanais Joseph Aoun au palais présidentiel de Baabda, à l’est de Beirut, le vendredi 13 mars 2026. (Bureau de presse de la présidence libanaise via AP)
Sur cette photo diffusée par le bureau de presse de la présidence libanaise, le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, s’adresse aux journalistes après sa rencontre avec le président libanais Joseph Aoun au palais présidentiel de Baabda, à l’est de Beirut, le vendredi 13 mars 2026. (Bureau de presse de la présidence libanaise via AP)
Short Url
  • Antonio Guterres était à Beyrouth « en ami du peuple libanais »
  • Il a appelé à ce que l’intégrité territoriale du pays soit « pleinement rétablie »

NEW YORK : Le secrétaire général de l’ONU a appelé vendredi à un État libanais fort détenant le monopole de l’usage de la force, après une rencontre avec le président Joseph Aoun.

« Ce n’est plus le temps des groupes armés », a déclaré Antonio Guterres. « C’est le temps des États forts. »

S’exprimant après la réunion à Beirut, il a ajouté : « J’appelle fermement les deux parties, le Hezbollah et Israël, à un cessez-le-feu afin d’arrêter la guerre et d’ouvrir la voie à une solution. »

Une telle solution, a-t-il précisé, devrait permettre au Liban d’émerger comme un État souverain doté d’une pleine intégrité territoriale et d’institutions étatiques contrôlant l’usage de la force.

Arrivé plus tôt à Beyrouth pour une visite de solidarité « en ami du peuple libanais », il a déclaré aux journalistes : « C’est dans les moments difficiles que l’amitié et la solidarité sont essentielles. »

Il a déclaré être conscient de la souffrance « énorme » des Libanais alors que le mois sacré musulman du Ramadan coïncide avec la période chrétienne du Carême. « Ce devraient être des moments de paix, ce devraient être des moments de solidarité », a-t-il ajouté.

« Malheureusement, le Liban a été entraîné dans une guerre qui n’est pas une guerre que son peuple aurait souhaitée. »

« J’espère sincèrement que lors de ma prochaine visite au Liban, je pourrai voir un Liban en paix, un Liban où l’État détient le monopole de l’usage de la force et où l’intégrité territoriale est pleinement rétablie », a-t-il conclu. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Les Etats-Unis frappent le hub pétrolier de l'Iran dans le Golfe

Le président américain Donald Trump s’adresse aux médias avant d’embarquer à bord d’Air Force One pour se rendre en Floride, à la base conjointe Andrews, dans le Maryland (États-Unis), le 13 mars 2026. (REUTERS)
Le président américain Donald Trump s’adresse aux médias avant d’embarquer à bord d’Air Force One pour se rendre en Floride, à la base conjointe Andrews, dans le Maryland (États-Unis), le 13 mars 2026. (REUTERS)
Short Url
  • Donald Trump affirme que l’armée américaine a « totalement détruit » des cibles militaires sur l’île iranienne de Kharg Island et menace de viser ses infrastructures pétrolières si l’Iran entrave la navigation dans le dans le détroit d’Ormuz
  • Le conflit régional se poursuit avec des frappes et représailles entre l’Iran, les États-Unis et leurs alliés, tandis que Washington envisage d’escorter des pétroliers dans ce détroit stratégique par où transite environ 20% du pétrole mondial

TEHERAN: Donald Trump a déclaré vendredi soir avoir "complètement détruit" des cibles militaires sur l'île de Kharg, le hub pétrolier de l'Iran, et menacé de s'en prendre à ses infrastructures pétrolières si Téhéran entrave la libre circulation des navires dans le détroit stratégique d'Ormuz.

"J'ai choisi de NE PAS détruire les infrastructures pétrolières de l'île. Cependant si l'Iran, ou quiconque d'autre venait à faire quoi que ce soit pour entraver le passage libre et sûr des navires dans le détroit d'Ormuz, je reconsidérerais immédiatement ma décision", a écrit le président américain sur son réseau Truth Social.

Il a annoncé que l'armée américaine "a mené l'un des raids aériens les plus puissants de l'histoire au Moyen-Orient, et a totalement détruit toutes les cibles militaires" sur Kharg.

La veille, le président du Parlement iranien, l'influent Mohammad Bagher Ghalibaf, avait déclaré que Téhéran "abandonnera toute retenue" si les Etats-Unis et Israël attaquent ses îles du Golfe.

Bande de terre broussailleuse située dans le nord du Golfe, à environ 30 kilomètres des côtes, Kharg abrite le plus grand terminal d'exportation de pétrole brut de l'Iran.

Après deux semaines de guerre qui n'ont pas fait céder le pouvoir iranien, l'intransigeance de l'ensemble des belligérants, qui poursuivent samedi matin leurs frappes, ne laisse présager aucun répit dans ce conflit qui déchire le Moyen-Orient et perturbe de plus en plus le commerce mondial faisant flamber les prix du pétrole.

L'Iran continue ainsi ses représailles aériennes contre les Etats du Golfe. Des explosions ont été entendues tôt samedi à Doha, la capitale du Qatar, par des journalistes de l'AFP, après que le ministère de l'Intérieur a ordonné l'évacuation de certaines zones clefs.

Donald Trump a également déclaré que la marine américaine allait commencer "très bientôt" à escorter des pétroliers dans le détroit d'Ormuz, par où transite 20% de la production mondiale d'hydrocarbures.

- Frapper "très fort" -

Selon la presse américaine, les Etats-Unis vont aussi envoyer des renforts au Moyen-Orient, le New York Times parlant de quelque 2.500 Marines et trois navires de plus.

Le Wall Street Journal cite lui des responsables américains selon lesquels le navire d'assaut Tripoli, basé au Japon, et les Marines qui lui sont attachés, se dirigent vers la même région.

Combien de temps va durer cette guerre? Elle se poursuivra la semaine prochaine, où les Etats-Unis veulent frapper l'Iran "très fort", a annoncé Donald Trump.

Mais le président américain a aussi admis qu'un renversement du pouvoir par le peuple à Téhéran, espéré par Washington dans la foulée du déclenchement de cette guerre le 28 février, ne se produirait "peut-être pas immédiatement".

Les Etats-Unis ont annoncé offrir 10 millions de dollars en échange d'informations qui permettront de savoir où sont dix des plus hauts dirigeants iraniens, dont le nouveau guide suprême, Mojtaba Khamenei, et le chef de la sécurité Ali Larijani.

L'état de santé de Mojtaba Khamenei reste incertain après qu'il a été lui-même blessé dans un bombardement. Vendredi, le ministre américain de la Défense Pete Hegseth a avancé qu'il était "probablement défiguré".

Téhéran a été visée vendredi par de nouveaux bombardements, du matin jusqu'en début de soirée où une brève série de fortes explosions a été entendue, selon des journalistes de l'AFP.

- "Trump ne comprend pas" -

Dans la matinée, Ali Larijani était apparu en public au coeur de Téhéran, aux côtés du président Massoud Pezeshkian, défiant l'ennemi en participant à une manifestation pro-gouvernementale.

La manifestation a rassemblé une importante foule - difficile à évaluer même si elle tapissait complètement certaines grandes artères - malgré la pluie et la peur des frappes meurtrières qui ont fait plus de 1.200 morts selon le dernier bilan des autorités, et plus de 1.800 selon l'ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA).

"Le problème de Trump, c'est qu'il ne comprend pas que le peuple iranien est une nation courageuse, une nation forte, une nation déterminée", a lancé Ali Larijani. "Plus il accentuera sa pression, plus la détermination de la nation se renforcera".

- "Longue confrontation" -

L'armée israélienne a annoncé avoir mené 7.600 frappes en Iran en deux semaines, et 1.100 frappes au Liban, où elle pilonne le mouvement islamiste Hezbollah, allié de Téhéran. Ses bombardements au Liban ont tué 773 personnes, dont 103 enfants, et blessé près de 2.000, selon les autorités locales.

Une frappe israélienne contre un centre de santé dans le sud du Liban a tué au moins 12 membres du personnel médical, a annoncé samedi le ministère libanais de la Santé.

L'Agence nationale d'information (Ani, officielle) a également fait part de frappes israéliennes ayant touché vendredi un quartier général des casques bleus dans le sud du Liban.

Le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, a affiché son inflexibilité, déclarant que son groupe était prêt à "une longue confrontation" avec Israël.

Les Gardiens ont annoncé avoir tiré avec le Hezbollah des missiles et drones sur Israël en réplique aux attaques américano-israéliennes.