Long tête-à-tête avec le pape pour Biden, qui veut revenir sur le devant de la scène internationale

Joe Biden a «remercié Sa Sainteté pour son engagement en faveur des pauvres, des personnes souffrant de la faim, de la guerre et de persécutions». (Photo, Vatican Media via AFP)
Joe Biden a «remercié Sa Sainteté pour son engagement en faveur des pauvres, des personnes souffrant de la faim, de la guerre et de persécutions». (Photo, Vatican Media via AFP)
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Publié le Vendredi 29 octobre 2021

Long tête-à-tête avec le pape pour Biden, qui veut revenir sur le devant de la scène internationale

  • Le tête-à-tête, auquel la presse n'a eu aucun accès, a duré plus d'une heure selon le Vatican et la Maison Blanche
  • Sur des images enregistrées par le Vatican, beaucoup de sourires, de longues poignées de main et un Joe Biden ému

CITÉ DU VATICAN: Un long entretien, visiblement chaleureux et un Joe Biden très ému: le deuxième président catholique des Etats-Unis a vu vendredi le pape, avant une série de rendez-vous internationaux pour celui qui veut redorer l'image de l'Amérique dans le monde.

Le tête-à-tête, auquel la presse n'a eu aucun accès, a duré plus d'une heure selon le Vatican et la Maison Blanche. Plus longtemps que de précédents entretiens entre un pape et un président américain.

Sur des images enregistrées par le Vatican, beaucoup de sourires, de longues poignées de main et un Joe Biden ému.

"Vous êtes le soldat de la paix le plus important que j'aie jamais rencontré" et "mon fils aurait voulu que je vous donne cela", dit le président, catholique fervent, en remettant au pape un petit médaillon. 

Le médaillon rappelle un régiment dans lequel Beau Biden, décédé en 2015 d'un cancer, a servi.

Le président, qui était accompagné de son épouse Jill Biden, coiffée d'une mantille noire, a plusieurs fois raconté comment il avait trouvé dans sa foi la force de surmonter plusieurs deuils familiaux, par exemple en portant sur lui le chapelet de ce fils chéri.

Il s'agit de la quatrième rencontre entre les deux hommes, leur première depuis l'élection. 

Joe Biden a "remercié Sa Sainteté pour son engagement en faveur des pauvres, des personnes souffrant de la faim, de la guerre et de persécutions", et a "rendu hommage" au pape pour ses appels à lutter contre le changement climatique et la pandémie, selon un compte-rendu de la Maison Blanche.

Selon le Vatican, la conversation a aussi porté sur les migrants ainsi que sur "la protection des droits humains, y compris la liberté de religon et de conscience."

Pas un mot, au moins officiellement, sur un sujet contentieux: le droit à l'avortement, dont Joe Biden est partisan tandis que le pape n'a pas de mots assez virulents pour condamner les interruptions volontaires de grossesse.

Joe Biden, après une visite protocolaire au président de la République italienne Sergio Mattarella, doit encore s'entretenir avec le chef du gouvernement Mario Draghi. 

"Super Mario", son surnom quand il dirigeait la Banque centrale européenne, est décrit par certains comentateurs en nouvelle étoile de la scène politique européenne.

Raviver la flamme

Alors que Joe Biden, lui, a perdu de son aura. Au somet du G20 samedi et dimanche à Rome puis à la COP26, le grand sommet sur le climat à Glasgow la semaine prochaine, le président américain devra montrer qu'il n'a pas seulement rompu avec les outrances verbales de Donald Trump, mais aussi avec les tentations de repli et d'unilatéralisme.

Le retrait chaotique d'Afghanistan en août a perturbé les alliés des Etats-Unis. Et Joe Biden arrive d'une certaine manière les mains vides en Europe.

Il a certes présenté avant de quitter Washington un programme d'investissements vertigineux: 500 milliards de dollars pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, 1 750 milliards de dépenses sociales (éducation, santé ...), sans compter les ponts, routes, réseaux électriques que la Maison Blanche veut rénover ou construire.

Mais malgré des semaines de tortueuses négociations, et bien qu'il ait nettement revu en baisse l'envergure de son programme, Joe Biden n'arrive pas à Rome avec un texte ratifié par le Congrès, faute d'accord au sein de son propre parti.

C'est un revers indéniable pour l'ancien sénateur de 78 ans. Il veut faire des Etats-Unis un modèle de prospérité et d'efficacité démocratique, face aux régimes autoritaires tels que la Chine et la Russie, dont les présidents ne feront le déplacement ni à Rome ni à Glasgow.

En leur absence, le président américain veut rallumer la flamme avec ses alliés. A commencer par le président français Emmanuel Macron, qui le recevra vendredi en fin d'après-midi à la Villa Bonaparte, ambassade de France près le Saint-Siège. 

Les deux présidents espèrent sceller leur réconciliation, après une grave crise diplomatique autour d'un contrat de sous-marins australiens, que les Etats-Unis ont soufflé à la France. 

Samedi, Joe Biden et Emmanuel Macron se reverront en petit comité en marge du G20, avec la chancelière allemande Angela Merkel et le Premier ministre britannique Boris Johnson, cette fois pour montrer leur harmonie en ce qui concerne une reprise des négociations avec l'Iran.


L'Iran et les Etats-Unis jugent un accord proche

Une femme passe devant une fresque antiaméricaine peinte sur le mur de l'ancienne ambassade des États-Unis, aujourd'hui transformée en musée, à Téhéran, le 12 juin 2026. (Photo AP/Vahid Salemi).
Une femme passe devant une fresque antiaméricaine peinte sur le mur de l'ancienne ambassade des États-Unis, aujourd'hui transformée en musée, à Téhéran, le 12 juin 2026. (Photo AP/Vahid Salemi).
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  • L’Iran et les États-Unis se disent proches d’un accord pour mettre fin à plusieurs mois de tensions au Moyen-Orient
  • Des désaccords persistent sur le nucléaire iranien, les sanctions économiques et le dossier libanais

TEHERAN: L'Iran et le médiateur pakistanais ont affirmé vendredi qu'un accord avec les Etats-Unis était proche pour mettre fin à trois mois et demi de conflit au Moyen-Orient, un haut responsable américain affichant également un ton optimiste.

Après des semaines de négociations laborieuses et d'espoirs déçus à plusieurs reprises, est-on dans la dernière ligne droite? Les principaux protagonistes se disent confiants même si la version du texte donnée par les médias iraniens diffère significativement de celle avancée par Washington.

"Dès que les dernières étapes de nos négociations seront achevées, cet accord sera signé et annoncé", a indiqué le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi à la télévision d'Etat.

"Cela pourrait arriver dans les prochains jours. J'ai bon espoir", a-t-il déclaré.

Le ministre a affirmé que le projet d'accord prévoyait la levée du blocus américain des ports iraniens et une nouvelle gestion du détroit d'Ormuz.

Il a cependant accusé Israël de chercher des "prétextes" pour faire "dérailler" un éventuel accord avec Washington.

Même tonalité positive du côté du Premier ministre du Pakistan, principal négociateur dans le conflit. "La paix n'a jamais été aussi proche qu'aujourd'hui", selon Shehbaz Sharif.

- Signature "à distance" -

Et à Washington, un haut responsable a estimé à "80 à 85%" la probabilité d'un accord-cadre ouvrant une période de 60 jours de discussions techniques, mais "pas 100%". "La ligne d'arrivée n'est pas encore franchie", a-t-il averti, sous le couvert de l'anonymat.

La Suisse a déjà proposé d'accueillir une éventuelle signature, alors qu'un sommet du G7 en présence de Donald Trump doit commencer lundi dans la ville française d'Evian, près de Genève. Mais Téhéran a affirmé qu'une fois finalisé, le protocole d'accord serait signé "à distance".

Les marchés parient de leur côté sur une telle issue, avec un pétrole passé sous la barre des 90 dollars le baril.

Le président américain, qui a déjà annoncé 39 fois un accord imminent selon un décompte de CNN, peine à trouver une issue à cette guerre impopulaire, à l'approche des élections de mi-mandat de novembre et en plein Mondial de football co-organisé par les Etats-Unis.

Il s'est fendu vendredi d'un message furieux sur son réseau Truth Social: "Les termes (d'accord) que l'Iran a fait fuiter aux médias menteurs n'ont RIEN à voir avec les termes dont nous sommes convenus par écrit".

"Ce sont des gens qui n'ont pas d'honneur. Avec eux, il est impossible de négocier de bonne foi", a-t-il écrit aussi.

- Dilution de l'uranium -

L'agence de presse iranienne Mehr avait publié plus tôt ce qu'elle a présenté comme une ébauche de protocole en 14 points, avec des conditions telles que le maintien du contrôle sur le détroit d'Ormuz, le droit à l'enrichissement d'uranium, le déblocage rapide de 24 milliards de dollars de fonds iraniens gelés à l'étranger.

Washington a livré de son côté une toute autre version du texte.

Le compromis doit, selon le responsable américain, mener à la réouverture d'Ormuz, voie maritime stratégique pour le commerce mondial d'hydrocarbures.

Il doit aussi aboutir au "démantèlement" du programme nucléaire iranien et permettre aux Etats-Unis de récupérer l'uranium hautement enrichi, qui serait "détruit sur place" puis "sorti" du pays.

Mais Abbas Araghchi a préconisé vendredi une dilution sur le sol iranien de ses stocks d'uranium enrichi à 60%.

Diluer l'uranium à un taux inférieur à 5%, loin des 90% requis pour fabriquer la bombe nucléaire, permettrait d'éloigner considérablement la menace d'un enrichissement à des fins militaires.

Téhéran dément vouloir se doter de l'arme atomique, comme l'en accusent les Etats-Unis et Israël.

- Liban -

Enfin, sur la question des avoirs, "les Iraniens ne recevront pas d'argent et les fonds ne seront pas libérés simplement par une signature d'accord ou la participation à une réunion", a insisté sur X le vice-président américain JD Vance.

Ce point est central pour l'Iran, après des décennies de sanctions qui asphyxient son économie.

Le conflit, déclenché par des frappes américano-israéliennes le 28 février avant l'entrée en vigueur d'une trêve le 8 avril, a embrasé le Moyen-Orient, fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, et ébranlé l'économie mondiale.

Autre point d'achoppement majeur, le front libanais.

Selon Washington, l'accord en discussion avec l'Iran inclut bien le Liban, comme réclamé par Téhéran, alors que les Etats-Unis avaient toujours dit vouloir traiter ce dossier séparément.

Le Liban a été entraîné dans la guerre le 2 mars, quand le Hezbollah a visé le territoire israélien en soutien à l'Iran. Depuis, Israël pilonne le pays voisin, disant vouloir "éliminer" le mouvement chiite. Des frappes qui ont fait plus de 3.700 morts.


Erdogan et Netanyahu s'écharpent sur le Proche-Orient

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a accusé Benjamin Netanyahu de « suivre la voie d’Hitler » jeudi, après que le dirigeant israélien a affirmé qu’il était un « dictateur antisémite » ayant commis un « génocide » contre les Kurdes. (AFP/archives)
Le président turc Recep Tayyip Erdogan a accusé Benjamin Netanyahu de « suivre la voie d’Hitler » jeudi, après que le dirigeant israélien a affirmé qu’il était un « dictateur antisémite » ayant commis un « génocide » contre les Kurdes. (AFP/archives)
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  • Recep Tayyip Erdogan a vivement accusé Benjamin Netanyahu de “marcher sur les pas d’Hitler”, dénonçant la politique israélienne à Gaza comme une “usine à souffrance” et un “réseau génocidaire”
  • Les échanges verbaux se sont durcis : Israël a répliqué en qualifiant Erdogan de “dictateur antisémite”, tandis que les tensions s’intensifient autour de Gaza, du Liban et de la sécurité régionale

ISTANBUL: Le président turc Recep Tayyip Erdogan a accusé jeudi le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu de "marcher sur les pas d'Hitler", les deux dirigeants se renvoyant le qualificatif de "génocidaire" par discours et communiqués interposés.

Affirmant qu'Israël s'est mué en une "usine à créer de la souffrance" se nourrissant "de sang et de larmes", le chef de l'Etat turc a à nouveau comparé M. Netanyahu à Adolf Hitler, lui prédisant "le même sort que celui des autres tyrans de l'histoire".

Mercredi, le président Erdogan, à couteaux tirés avec Benjamin Netanyahu depuis le déclenchement de la guerre à Gaza fin 2023, avait déjà déclaré que "la sécurité de la Turquie commence (...) à Alep, Damas et Beyrouth", estimant que le Premier ministre israélien et "sa clique criminelle" menacent également la Turquie.

"Nous ne tolérerons aucun fait accompli dans les pays frères et ne resterons pas les bras croisés face aux attaques", a-t-il ajouté face aux députés de son parti. En soulignant que l'armée israélienne "refuse de se retirer du Liban", où ses frappes ont fait quelque 3.700 morts depuis le déclenchement le 2 mars de sa nouvelle guerre contre le Hezbollah, selon les autorités locales.

Le bureau de Benjamin Netanyahu a rétorqué mercredi soir dans un communiqué en accusant "le dictateur antisémite Erdogan, auteur d'un génocide contre les Kurdes", de soutenir le Hamas et d'emprisonner ses opposants, jugeant qu'"il est bien le dernier à pouvoir donner des leçons de morale à Israël".

Revenant à la charge, Recep Tayyip Erdogan a dénoncé jeudi les méfaits à Gaza du "réseau génocidaire sioniste dirigé par Netanyahu".

"Ceux qui s'attaquent à notre région comme des requins assoiffés de sang devront un jour répondre de leurs actes", a-t-il conclu.


Médiation Etats-Unis/Iran : le Premier ministre du Pakistan affirme qu'un accord sur un texte de paix a été "atteint"

Le président américain Donald Trump a déclaré vendredi que les commentaires divulgués de l’Iran sur un accord avec les États-Unis ne correspondent pas à ce qui a été convenu par écrit. (Photo d’archive Reuters)
Le président américain Donald Trump a déclaré vendredi que les commentaires divulgués de l’Iran sur un accord avec les États-Unis ne correspondent pas à ce qui a été convenu par écrit. (Photo d’archive Reuters)
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  • Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif affirme qu’un accord sur le texte final d’un accord de paix entre les États-Unis et l’Iran aurait été atteint, le Pakistan jouant un rôle de médiation entre les deux parties
  • Malgré des tensions et des accusations de désinformation, l’Iran estime que la conclusion d’un accord avec les États-Unis n’a jamais été aussi proche, tandis que Donald Trump conteste des fuites et nie qu’un texte corresponde à ce qui a été convenu

ISLAMABAD: Le Premier ministre du Pakistan Shehbaz Sharif a déclaré vendredi qu'un accord avait été "atteint" sur le texte d'un accord de paix entre les Etats-Unis et l'Iran.

"Nous pouvons confirmer qu'un accord sur le texte final de l'accord de paix a été atteint et que le Pakistan maintenant travaille avec les deux parties pour finaliser les étapes suivantes", a écrit M. Sharif sur X.

"La paix n'a jamais été aussi proche qu'aujourd'hui", a-t-il dit.

L'Iran a lui-même affirmé vendredi qu'un accord avec les Etats-Unis n'avait "jamais été aussi proche", semblant vouloir calmer le jeu après un message furieux de Donald Trump accusant Téhéran de faire circuler un faux texte.

"Alors que le Pakistan déploie d'intenses efforts de médiation, nous avons pleinement conscience du fait qu'une campagne de désinformation incessante est menée par ceux qui veulent saboter l'accord de paix", a encore déclaré le ministre pakistanais.