BEYROUTH : Un député libanais visé par les sanctions américaines a démenti vendredi les accusations selon lesquelles il aurait fait sortir clandestinement des dizaines de millions de dollars de son pays en pleine crise.
Jamil el-Sayyed, ancien chef de la sécurité et actuel membre du parlement, a défié ses accusateurs de révéler le nom d'un responsable du gouvernement qui, selon eux, l'a aidé à transférer les fonds.
El-Sayyed a été sanctionné jeudi avec deux hommes d'affaires libanais par le département du Trésor américain. El-Sayyed est un allié du groupe pro-iranien Hezbollah.
L'agence américaine a déclaré qu'el-Sayyed cherchait à contourner les contrôles de capitaux informels imposés par les banques locales depuis novembre 2019, et a été aidé par un haut responsable du gouvernement pour transférer plus de $120 millions vers des investissements à l'étranger, vraisemblablement pour s'enrichir et enrichir ses associés. Toutefois, le Trésor américain n'a pas nommé le responsable du gouvernement.
Le département du Trésor a de plus révélé qu'el-Sayyed avait contribué à l'effondrement de l'état de droit au Liban, citant son appel aux forces de sécurité à tuer les manifestants qui se sont rassemblés devant son domicile.
S'exprimant lors d'une conférence de presse à Beyrouth, el-Sayyed a nié toutes les accusations, ajoutant qu'il était prêt à se rendre aux États-Unis pour y être interrogé et se défendre.
«Je les mets au défi de m'accorder un visa pour me rendre aux États Unis. J'irai demain et je leur ferai face», a insisté el-Sayyed, ajoutant que si les fonds étaient découverts dans «n'importe quel coin du monde … ils peuvent me garder en prison là-bas».
«Qui est ce haut fonctionnaire du gouvernement ? Puisque vous avez dit qu'il y a un haut fonctionnaire du gouvernement, divulguez son nom pour que nous sachions de qui il s’agit. Pourquoi ne l'avez-vous pas accusé ? a demandé el-Sayyed. Il a également défié le département du Trésor de dire où l'argent avait été transféré et investi.
El-Sayyed a indiqué qu'en juin 2020, un groupe de manifestants s'était rassemblé devant son domicile, causant des dégâts et tentant de s'introduire par effraction. Le député a confié que sa fille enceinte était à la maison pendant l'incident, et il a ordonné aux gardes «d'ouvrir le feu» si quelqu'un entre par effraction dans l'appartement. Il a ajouté que dans n'importe quel pays du monde, une personne a le droit de se défendre si quelqu'un tente de s'introduire chez lui.
El-Sayyed faisait partie des quatre généraux pro-syriens emprisonnés sans inculpation pendant près de quatre ans pour l'assassinat de l'ancien Premier ministre Rafik Hariri en 2005. El-Sayyed et les trois autres généraux ont été libérés en 2009 pour manque de preuve.
Le membre du parlement a souligné qu'il s'était rendu en France cette année alors qu'il s'apprêtait à déposer une plainte auprès des Nations Unies pour exiger «une indemnisation et des excuses» pour le temps qu'il a passé en prison. El-Sayyed a déclaré qu'il voulait prouver qu'au moment où il était en détention, l'ambassadeur américain au Liban Jeffrey Feltman faisait pression sur les responsables de l'ONU pour le garder en prison.
Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com







