Un député libanais nie les accusations américaines de transfert illégal de fonds

Le parlementaire libanais Jamil el-Sayyed, un allié du Hezbollah, lors d'une conférence de presse, à Beyrouth. Il a été visé par les sanctions américaines cette semaine et a nié vendredi ces accusations. (Photo, AP)
Le parlementaire libanais Jamil el-Sayyed, un allié du Hezbollah, lors d'une conférence de presse, à Beyrouth. Il a été visé par les sanctions américaines cette semaine et a nié vendredi ces accusations. (Photo, AP)
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Publié le Samedi 30 octobre 2021

Un député libanais nie les accusations américaines de transfert illégal de fonds

  • Jamil el-Sayyed a mis ses accusateurs au défi de révéler le nom d'un responsable du gouvernement qui, selon eux, l'a aidé à transférer les fonds
  • Le parlementaire a été sanctionné jeudi avec deux hommes d'affaires libanais par le département américain du Trésor

BEYROUTH : Un député libanais visé par les sanctions américaines a démenti vendredi les accusations selon lesquelles il aurait fait sortir clandestinement des dizaines de millions de dollars de son pays en pleine crise.

Jamil el-Sayyed, ancien chef de la sécurité et actuel membre du parlement, a défié ses accusateurs de révéler le nom d'un responsable du gouvernement qui, selon eux, l'a aidé à transférer les fonds.

El-Sayyed a été sanctionné jeudi avec deux hommes d'affaires libanais par le département du Trésor américain. El-Sayyed est un allié du groupe pro-iranien Hezbollah.

L'agence américaine a déclaré qu'el-Sayyed cherchait à contourner les contrôles de capitaux informels imposés par les banques locales depuis novembre 2019, et a été aidé par un haut responsable du gouvernement pour transférer plus de $120 millions vers des investissements à l'étranger, vraisemblablement pour s'enrichir et enrichir ses associés. Toutefois, le Trésor américain n'a pas nommé le responsable du gouvernement.

Le département du Trésor a de plus révélé qu'el-Sayyed avait contribué à l'effondrement de l'état de droit au Liban, citant son appel aux forces de sécurité à tuer les manifestants qui se sont rassemblés devant son domicile.

S'exprimant lors d'une conférence de presse à Beyrouth, el-Sayyed a nié toutes les accusations, ajoutant qu'il était prêt à se rendre aux États-Unis pour y être interrogé et se défendre.

«Je les mets au défi de m'accorder un visa pour me rendre aux États Unis. J'irai demain et je leur ferai face», a insisté el-Sayyed, ajoutant que si les fonds étaient découverts dans «n'importe quel coin du monde … ils peuvent me garder en prison là-bas».

«Qui est ce haut fonctionnaire du gouvernement ? Puisque vous avez dit qu'il y a un haut fonctionnaire du gouvernement, divulguez son nom pour que nous sachions de qui il s’agit. Pourquoi ne l'avez-vous pas accusé ? a demandé el-Sayyed. Il a également défié le département du Trésor de dire où l'argent avait été transféré et investi.

El-Sayyed a indiqué qu'en juin 2020, un groupe de manifestants s'était rassemblé devant son domicile, causant des dégâts et tentant de s'introduire par effraction. Le député a confié que sa fille enceinte était à la maison pendant l'incident, et il a ordonné aux gardes «d'ouvrir le feu» si quelqu'un entre par effraction dans l'appartement. Il a ajouté que dans n'importe quel pays du monde, une personne a le droit de se défendre si quelqu'un tente de s'introduire chez lui.

El-Sayyed faisait partie des quatre généraux pro-syriens emprisonnés sans inculpation pendant près de quatre ans pour l'assassinat de l'ancien Premier ministre Rafik Hariri en 2005. El-Sayyed et les trois autres généraux ont été libérés en 2009 pour manque de preuve.

Le membre du parlement a souligné qu'il s'était rendu en France cette année alors qu'il s'apprêtait à déposer une plainte auprès des Nations Unies pour exiger «une indemnisation et des excuses» pour le temps qu'il a passé en prison. El-Sayyed a déclaré qu'il voulait prouver qu'au moment où il était en détention, l'ambassadeur américain au Liban Jeffrey Feltman faisait pression sur les responsables de l'ONU pour le garder en prison.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Liban: le président condamne les «violations persistantes» du cessez-le-feu par Israël

Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
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  • "Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte"
  • "Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes"

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international.

"Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte", a-t-il déclaré, selon un communiqué de la présidence. De nouvelles frappes israéliennes meurtrières ont visé jeudi des localités dans le sud, selon un média officiel.

"Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes", a ajouté Joseph Aoun, alors que la trêve est entrée en vigueur le 17 avril.

 


Le président iranien affirme que le blocus naval américain est «voué à l'échec»

Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
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  • "Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec"
  • Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril

TEHERAN: Le président iranien a affirmé jeudi que le blocus des ports de son pays par les Etats-Unis était "voué à l'échec" et ne ferait qu'aggraver les perturbations dans le Golfe.

"Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec", a assuré Massoud Pezeshkian dans un communiqué, après qu'un haut responsable de la Maison Blanche a mentionné une possible prolongation de ce blocus "pendant plusieurs mois".

Alors que ces déclarations ont contribué à provoquer un bond des cours du pétrole, le président iranien a estimé que de telles mesures de blocage "non seulement ne permettaient pas d'améliorer la sécurité régionale, mais constituaient une source de tension et une perturbation de la stabilité à long terme du golfe".

Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril.

Dans ces conditions, les forces armées iraniennes ont décidé de maintenir leur contrôle sur le détroit d'Ormuz, par lequel transitait avant le conflit un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde.

Elles menacent de représailles si Washington ne lève pas son blocus.

"Nous ne tolérerons pas le blocus naval. S'il se poursuit, l'Iran ripostera", a averti mercredi sur la télévision d'Etat Mohsen Rezaei, ancien commandant en chef des Gardiens de la Révolution, nommé en mars conseiller militaire du nouveau guide suprême Mojtaba Khamenei.

Il a également mis en garde contre une reprise des hostilités entre l'Iran et les Etats-Unis, qui pourrait selon lui se solder par le naufrage de navires américains et la mort ou l'emprisonnement de nombreux soldats ennemis.

Et un haut responsable de la marine iranienne a évoqué le déploiement "dans un avenir très proche" d'armes navales récemment mises au point.

Le ministre du Pétrole, Mohsen Paknejad, a pour sa part minimisé l'impact du blocus mené par les Etats-Unis, assurant qu'il "ne produirait aucun résultat".

"Les employés de l'industrie pétrolière travaillent sans relâche pour garantir un approvisionnement sans problème", a-t-il dit.


Plus d’un million de Libanais risquent de souffrir de la faim d’ici août, avertit l’ONU

Les femmes et les enfants continuent d’être touchés de manière disproportionnée. (AFP/Archives)
Les femmes et les enfants continuent d’être touchés de manière disproportionnée. (AFP/Archives)
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  • Les récents progrès en matière de sécurité alimentaire ont été anéantis par une forte escalade de la violence, replongeant le Liban dans un état de crise, selon des analystes
  • Cette situation intervient alors que les autorités israéliennes émettent un nouvel ordre de déplacement visant 16 zones du sud du Liban, enjoignant les habitants à se rendre dans la ville voisine de Saïda

​​​​​​NEW YORK : Plus d’un million de personnes au Liban risquent de faire face à une insécurité alimentaire aiguë dans les mois à venir, alors que la violence, les déplacements massifs et les difficultés économiques aggravent une situation humanitaire déjà fragile, a averti l’ONU mercredi.

Cette annonce intervient le même jour où les autorités israéliennes ont émis un nouvel ordre de déplacement pour 16 zones situées au sud du fleuve Litani, demandant aux habitants de se relocaliser dans la ville voisine de Saïda.

Le porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric, a déclaré que ce nouvel ordre accentue les pressions liées aux déplacements à travers le pays, alors que les civils continuent de payer le prix des hostilités en cours.

Les femmes et les enfants restent particulièrement touchés, a-t-il ajouté, avec des rapports faisant état d’une hausse des détresses psychologiques. Beaucoup font face à des difficultés accrues liées au déplacement, à la séparation familiale et à la dégradation des conditions économiques. Les abris surpeuplés augmentent également le risque de violences basées sur le genre, aggravant encore la vulnérabilité des populations déplacées.

« Nous et nos partenaires répondons aux besoins croissants là où l’accès le permet », a déclaré Dujarric aux journalistes à New York, tout en soulignant que les opérations humanitaires restent limitées par un accès restreint aux zones touchées.

La crise est encore aggravée par la détérioration des conditions de sécurité alimentaire. Une nouvelle analyse de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture et du Programme alimentaire mondial conclut que les progrès récents ont été inversés par la récente escalade de la violence, replongeant le Liban dans une situation de crise.

Les dernières données de la Classification intégrée des phases de la sécurité alimentaire indiquent qu’environ 1,24 million de personnes — soit près d’une sur quatre parmi celles évaluées — devraient faire face à une insécurité alimentaire de « phase 3 » (niveau de crise) ou pire d’ici août. Cela signifie que les ménages sont contraints d’adopter des stratégies d’adaptation sévères, comme sauter des repas ou vendre des biens essentiels pour pouvoir se nourrir.

Malgré l’ampleur de la crise, le financement des efforts humanitaires reste gravement insuffisant. L’appel éclair pour le Liban n’a jusqu’à présent recueilli qu’un peu plus de 117 millions de dollars, soit seulement 38 % des 308 millions nécessaires pour répondre aux besoins les plus urgents.

Dujarric a averti que sans un soutien financier immédiat supplémentaire et un meilleur accès humanitaire, la situation risque de se détériorer davantage, exposant des millions de personnes à un risque accru de faim et de précarité dans les mois à venir. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com