Sous état d'urgence, la capitale éthiopienne à cran

Des habitants regardent la Une de journaux locaux dans la rue à Addis-Abeba, en Éthiopie, le 3 novembre 2021. (Photo, AFP)
Des habitants regardent la Une de journaux locaux dans la rue à Addis-Abeba, en Éthiopie, le 3 novembre 2021. (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 06 novembre 2021

Sous état d'urgence, la capitale éthiopienne à cran

  • Des milliers de Tigréens sont détenus depuis l'annonce mardi de l'état d'urgence dans l'ensemble du pays, destiné selon le gouvernement à protéger les citoyens contre les rebelles du TPLF
  • Cette mesure, dénoncée par les groupes de défense des droits, a fait monter la tension, notamment parmi les Tigréens, tandis que le TPLF et ses alliés menacent de marcher sur la capitale

ADDIS ABEBA : Depuis mardi, le téléphone de Bisrat n'a cessé de sonner, lui donnant des nouvelles d'autres Tigréens pris dans des arrestations liées à l'état d'urgence décrété par le gouvernement, après le récent regain des combats dans le nord du pays.


La police a d'abord arrêté son ancien partenaire d'affaires dans un magasin du centre de la capitale Addis Abeba. Puis ce fut le tour de son oncle et de son beau-frère. 


Au total, le jeune homme, qui ne souhaite pas donner son nom complet, dit connaître personnellement 15 personnes originaires comme lui du Tigré - région du nord du pays où a débuté un conflit meurtrier il y a un an - qui ont été arrêtées cette semaine.


Selon des avocats, des milliers de Tigréens sont détenus depuis l'annonce mardi de l'état d'urgence dans l'ensemble du pays, destiné selon le gouvernement à protéger les citoyens contre les rebelles du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF).


Cette mesure, dénoncée par les groupes de défense des droits, a fait monter la tension, notamment parmi les Tigréens, tandis que le TPLF et ses alliés menacent de marcher sur la capitale. 


Bisrat a supprimé toutes les chansons en langue tigrinya et toutes les photos du drapeau tigréen de son téléphone. En public, il ne parle plus qu'amharique.


"C'est comme si nous n'avions plus d'air pour respirer", explique-t-il. 

Fouilles d'appartements
Le gouvernement a annoncé l'état d'urgence, après que le TPLF a revendiqué la prise de deux villes situées à environ 400 kilomètres au nord d'Addis Abeba.


Le lendemain, les rebelles ont affirmé  avoir atteint Kemissie, 80 kilomètres plus au sud, où ils ont rejoint des combattants de l'Armée de libération oromo (OLA), groupe armé de l'ethnie oromo avec lequel ils se sont alliés.


Le gouvernement affirme, lui, que le TPLF est "encerclé" et proche de la défaite. 


Les communications sont coupées dans une grande partie du nord de l'Ethiopie et l'accès des journalistes est restreint, rendant difficile de vérifier à quelle distance de la capitale se trouvent les rebelles. 


Addis Abeba ne semblait pas céder à la panique vendredi, mais les forces de sécurité y paraissaient nerveuses, conduisant des recherches poussées à travers la ville. 


Une centaine d'officiers de police ont investi vendredi matin un immeuble de standing du centre d'Addis Abeba, réclamant les pièces d'identité des occupants et fouillant chaque appartement à la recherche d'armes. 


La municipalité a appelé cette semaine les habitants à s'organiser pour défendre leur quartier mais a aussi lancé un processus d'enregistrement de toutes les armes à feu. 


Jeudi, un journaliste de l'AFP a vu des dizaines de personnes - dont beaucoup semblaient travailler pour des sociétés de sécurité - patienter devant un commissariat pour enregistrer des kalashnikovs. 

Dénonciations
Amnesty International s'est inquiété que les appels aux civils à prendre les armes puissent alimenter de nouvelles exactions. 


L'ONG dénonce également l'état d'urgence comme un "plan d'escalade des violations des droits humains".


Ces mesures permettent aux autorités de détenir sans mandat toute personne soupçonnée de soutenir des "groupes terroristes", de suspendre les médias qui "apportent un soutien moral directement ou indirectement" au TPLF et d'enrôler "tout citoyen en âge de combattre qui a des armes".


Déclenchée en novembre 2020, le conflit a connu ces derniers mois un spectaculaire revirement.


Abiy Ahmed, prix Nobel de la paix 2019, avait proclamé la victoire le 28 novembre après avoir envoyé l'armée au Tigré pour destituer les autorités dissidentes issues du TPLF, qu'il accusait d'avoir attaqué des bases militaires fédérales. 


Mais en juin, les partisans du TPLF ont repris l'essentiel de la région, puis ont poursuivi leur offensive dans les régions de l'Afar et de l'Amhara.


Des Tigréens ont confié à l'AFP être de plus en plus inquiets pour leur sécurité, redoutant que des amis ou des voisins les dénoncent aux forces de sécurité en raison de leur appartenance ethnique. 


Le gouvernement répète depuis longtemps que ces dernières ne traquent que les membres du TPLF et leurs partisans. 


Pour Bisrat, tous les Tigréens sont désormais suspects. 


Il y a quelques jours, à bord d'un taxi collectif, il raconte avoir entendu un autre passager se vanter au téléphone d'avoir dénoncé à la police des voisins tigréens, qui ont été "capturés".


"Il était content quand il a dit ça", témoigne-t-il: "Il rigolait".

Guerre du Tigré: le gouvernement appelle à des «sacrifices» pour «sauver» l'Ethiopie

ADDIS ABEBA : L'Ethiopie doit être prête à "des sacrifices" pour "sauver" le pays, a déclaré samedi le Premier ministre Abiy Ahmed, alors que les combats ont redoublé dans le Nord entre forces gouvernementales et rebelles tigréens qui menacent de marcher sur la capitale.


"Il y a des sacrifices à faire, mais ces sacrifices sauveront l'Éthiopie", a écrit Abiy Ahmed dans un bref message sur Twitter.


"Nous avons connu les épreuves et les obstacles et cela nous a rendus plus forts", a-t-il ajouté, en assurant: "Nous avons plus d'alliés que ceux qui se sont tournés contre nous".


"Mourir pour notre souveraineté, notre unité et notre identité est un honneur. Il n'y a pas d'Ethiopianité sans sacrifice", a également exhorté le service de communication du gouvernement sur Twitter.


Ces déclarations interviennent au lendemain de la création d'une alliance entre neuf organisations rebelles issues de diverses régions et ethnies d'Ethiopie, bâtie autour du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) qui combat les forces gouvernementales depuis plus d'un an.


Ce "front uni" a pour but de "renverser le régime" d'Abiy Ahmed, a déclaré Berhane Gebre-Christos, représentant du TPLF lors de la signature de cette alliance à Washington.


Le week-end dernier, le TPLF a revendiqué la prise de deux villes stratégiques dans la région de l'Amhara, où ses combattants ont progressé après avoir repris leur bastion du Tigré en juin.


Le TPLF a affirmé mercredi avoir atteint la localité de Kemissie, à 325 kilomètres au nord de la capitale Addis Abeba, où il a rejoint l'Armée de libération oromo (OLA), groupe armé de l'ethnie oromo.


Les deux organisations n'ont pas exclu de marcher sur Addis Abeba.


Déclaration commune à l'ONU

Le gouvernement, qui a décrété mardi l'état d'urgence dans tout le pays, a démenti toute avancée rebelle majeure et toute menace sur la capitale, assurant qu'il allait gagner cette "guerre existentielle".


La porte-parole du Premier ministre, Billene Seyoum, a fustigé vendredi un "discours alarmiste", alimenté par une "désinformation" du TPLF destinée à créer "un faux sentiment d'insécurité".


Les deux camps restent sourds aux appels internationaux à un cessez-le-feu et à des négociations, relayés par l'émissaire américain pour la Corne de l'Afrique, Jeffrey Feltman, présent dans la capitale éthiopienne.


Face à cette escalade, plusieurs ambassades, dont celles des Etats-Unis, d'Arabie Saoudite, de la Suède et de la Norvège, ont demandé à leurs ressortissants de quitter l'Ethiopie.


Le Conseil de sécurité de l'ONU a appelé vendredi "à mettre fin aux hostilités et à négocier un cessez-le-feu durable", dans une déclaration commune rare depuis le début des combats il y a un an.


Le 4 novembre 2020, Abiy Ahmed, prix Nobel de la paix 2019, a envoyé l'armée au Tigré pour destituer les autorités régionales issues du TPLF, qu'il accusait d'avoir attaqué des bases militaires.


Il a proclamé la victoire le 28 novembre. Mais en juin, les combattants du TPLF ont repris l'essentiel du Tigré et poursuivi leur offensive dans les régions voisines de l'Afar et de l'Amhara.

"Tendances" Twitter désactivées

Les combats, qui ont fait des milliers morts et des centaines de milliers de déplacés, ont plongé le nord du pays dans une profonde crise humanitaire.


Selon l'ONU, au moins 400.000 personnes sont au bord de la famine au Tigré, où aucune aide n'a pu parvenir depuis le 18 octobre.  


Ce conflit a également exacerbé les rivalités ethniques, notamment sur les réseaux sociaux où essaiment les discours guerriers et les appels à la haine.


Twitter a annoncé samedi avoir "temporairement désactivé" en Ethiopie sa rubrique "Tendances", qui regroupe les tweets les plus viraux sur un sujet, en raison de "la menace imminente d'atteintes physiques".


"Inciter à la violence ou déshumaniser les gens est contraire à nos règles", affirme le réseau social.


Mercredi, Meta, la société-mère de Facebook, avait indiqué avoir supprimé un message d'Abiy Ahmed daté de dimanche appelant à "enterrer" le TPLF. 


L'annonce de l'état d'urgence a également déclenché une vague d'opérations policières. Amnesty a dénoncé ces mesures d'urgence qui constituent, selon elle, un "plan d'escalade des violations des droits humains". 


Des milliers de Tigréens ont été arrêtés depuis mardi, ont affirmé à l'AFP des avocats. Les autorités affirment cibler uniquement les soutiens du TPLF.


Les principaux points de l'accord Iran-Etats-Unis

Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours. (AFP)
Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours. (AFP)
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  • Les Etats-Unis, l'Iran et leurs alliés respectifs "déclarent la cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban"
  • Ils s'engagent "à ne pas initier de guerre ou d'opération militaire l'un contre l'autre et à s'abstenir de la menace ou de l'usage de la force l'un contre l'autre, tout en garantissant l'intégrité territoriale et la souveraineté du Liban"

TEHERAN: Voici les principaux points du protocole d'accord signé entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-orient, dont le contenu a été rendu public par Washington et Téhéran:

Cessation permanente des hostilités 

Les Etats-Unis, l'Iran et leurs alliés respectifs "déclarent la cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban".

Ils s'engagent "à ne pas initier de guerre ou d'opération militaire l'un contre l'autre et à s'abstenir de la menace ou de l'usage de la force l'un contre l'autre, tout en garantissant l'intégrité territoriale et la souveraineté du Liban".

Accord final sous 60 jours 

L'Iran et les Etats-Unis "s'engagent à négocier et à conclure l'accord final dans un délai maximum de 60 jours, extensible d'un commun accord".

Levée du blocus naval américain 

Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours.

Les Etats-Unis s'engagent en outre "à retirer leurs forces des abords de la République islamique d'Iran dans les 30 jours suivant l'accord final".

Réouverture du détroit d'Ormuz 

L'Iran s'engage à "assurer la sécurité du passage des navires commerciaux, sans frais pendant 60 jours uniquement, du golfe Persique vers la mer d'Oman, et inversement. Le trafic des navires commerciaux commencera immédiatement" et sera pleinement rétabli dans un délai de 30 jours, une fois le détroit d'Ormuz déminé.

Plan de 300 milliards de dollars pour l'Iran 

Les Etats-Unis et leurs partenaires régionaux élaboreront un plan "d'un montant d'au moins 300 milliards de dollars, destiné à la reconstruction et au développement économique" de l'Iran.

Levée des sanctions 

Les Etats-Unis "s'engagent à mettre fin à tous les types de sanctions" unilatérales et internationales contre l'Iran, selon un calendrier qui sera convenu dans l'accord final.

En attendant, les Etats-Unis "s'engagent à rendre pleinement disponibles et utilisables les fonds et avoirs de la République islamique d'Iran gelés ou soumis à des restrictions dès la mise en œuvre du présent protocole d'accord".

De façon immédiate et jusqu'à la levée des sanctions, le département du Trésor américain délivrera "des dérogations pour l'exportation de pétrole brut iranien, de produits pétroliers et dérivés, ainsi que pour tous les services associés, y compris les transactions bancaires, les assurances, le transport, etc".

Nucléaire 

L'Iran réaffirme qu'il "ne se procurera ni ne développera d'armes nucléaires".

Le sort de l'uranium enrichi accumulé par l'Iran sera réglé "selon un mécanisme qui sera convenu mutuellement (...) la méthodologie a minima consistant en une méthode de dilution sur place sous la supervision de l'AIEA" (Agence internationale de l'énergie atomique).

En attendant cet accord final, l'Iran "maintiendra le statu quo actuel de son programme nucléaire", et les Etats-Unis "n'imposeront aucune nouvelle sanction et ne déploieront pas de forces supplémentaires dans la région".

Signature 

Selon le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont la médiation a été cruciale, l'accord a été signé électroniquement et à distance jeudi, heure d'Islamabad, par les présidents iranien Massoud Pezeshkian et américain Donald Trump.

Une cérémonie de signature est confirmée vendredi en Suisse "pour commémorer cet événement marquant et donner le coup d'envoi des discussions techniques".

Résolution de l'ONU 

L'accord final sera entériné par une résolution contraignante du Conseil de sécurité de l'ONU.


Les présidents américain et iranien signent à distance le protocole d'accord

Les présidents américain et iranien ont chacun signé à distance mercredi soir le protocole d'accord dans lequel Téhéran s'engage à diluer son uranium enrichi dans le cadre de futures négociations, en échange de la levée des sanctions de Washington. (AFP)
Les présidents américain et iranien ont chacun signé à distance mercredi soir le protocole d'accord dans lequel Téhéran s'engage à diluer son uranium enrichi dans le cadre de futures négociations, en échange de la levée des sanctions de Washington. (AFP)
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  • Le protocole d'accord, qui inclut le front libanais, a été signé par Donald Trump, en visite en France
  • "Je viens de le signer", a-t-il dit à la presse en quittant le château de Versailles. Un responsable de la Maison Blanche a par la suite publié une vidéo sur X où l'on voit le républicain signer l'accord aux côtés d'Emmanuel Macron

WASHINGTON: Les présidents américain et iranien ont chacun signé à distance mercredi soir le protocole d'accord dans lequel Téhéran s'engage à diluer son uranium enrichi dans le cadre de futures négociations, en échange de la levée des sanctions de Washington.

Washington et Téhéran sont convenus cette semaine d'un accord pour mettre fin au conflit déclenché le 28 février par les Etats-Unis et Israël contre la République islamique, qui a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban.

Le protocole d'accord, qui inclut le front libanais, a été signé par Donald Trump, en visite en France.

"Je viens de le signer", a-t-il dit à la presse en quittant le château de Versailles. Un responsable de la Maison Blanche a par la suite publié une vidéo sur X où l'on voit le républicain signer l'accord aux côtés d'Emmanuel Macron, le pouce levé et sourire aux lèvres.

Le texte a été signé par le président iranien Massoud Pezeshkian et son homologue américain, a déclaré de son côté le porte-parole du ministère des Affaires étrangères iranien, Esmaïl Baghaï.

Réouverture d'Ormuz 

Cela signifie que le détroit d'Ormuz sera "instantanément" rouvert et que le blocus américain des ports iraniens prendra fin "immédiatement", a affirmé le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif.

Il a par ailleurs confirmé qu'une cérémonie aura lieu vendredi en Suisse pour "commémorer cet événement marquant et donner le coup d'envoi des discussions techniques".

Une signature formelle par le vice-président américain JD Vance et le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, était initialement prévue en Suisse à la fin de la semaine.

"Cet accord acte l'échec des Etats-Unis" face à l'Iran, a déclaré mercredi soir M. Ghalibaf à la télévision d'Etat.

Le secrétaire général du Hezbollah chiite libanais pro-Téhéran, Naïm Kassem, a lui qualifié cet accord de "grande victoire" pour l'Iran, qu'il a remercié d'avoir insisté pour y inclure le front libanais.

Dans un message télévisé, il a appelé à "tirer profit" de cet accord pour "expulser Israël" du Liban. Le Liban a été entraîné dans le conflit lorsque le Hezbollah a tiré le 2 mars des roquettes contre Israël en soutien à l'Iran.

Le chef du Hezbollah a également appelé le gouvernement libanais à arrêter les négociations directes avec Israël, engagées depuis avril sous l'égide de Washington. Le président libanais Joseph Aoun avait auparavant assuré que le processus était "indépendant" de l'accord américano-iranien.

Période de négociations de deux mois 

Le texte du protocole d'accord, lu mercredi par un haut responsable américain à des journalistes, prévoit que les Etats-Unis suspendent, dès sa signature, leurs sanctions sur la vente de pétrole iranien. Ils s'engagent également à lever l'ensemble de leurs sanctions contre Téhéran en cas de conclusion d'un accord définitif, au terme d'une période de négociations de 60 jours.

Au cours de ces deux mois, les deux pays discuteront d'un mécanisme permettant de traiter les stocks iraniens "en recourant, au minimum, à une méthode de dilution sur place sous la supervision de l'AIEA (Agence internationale de l'énergie atomique)", a souligné ce responsable, voulant y voir une "victoire majeure" pour Washington.

Selon la même source, l'Iran devra permettre de son côté, dans un délai de 30 jours, le plein rétablissement de la circulation maritime dans le stratégique détroit d'Ormuz, dont le blocage persistant pèse sur l'économie mondiale.

Les Etats-Unis s'engagent par ailleurs, en cas d'accord définitif, à faciliter "avec leurs partenaires régionaux", notamment du Golfe, le déblocage d'un fonds de 300 milliards de dollars pour la reconstruction et le développement économique de l'Iran, sans que cela implique une quelconque participation financière américaine.

L'Iran a publié mercredi le texte de l'accord, via l'agence de presse gouvernementale Irna.

Les pays membres du G7, réunis en France pour un sommet, ont salué dans une déclaration commune "une opportunité historique d'empêcher l'Iran d'acquérir toute arme nucléaire et de s'attaquer aux menaces liées à ses activités régionales et balistiques".

La Chine a de son côté estimé "essentiel" que "toutes les parties" appliquent scrupuleusement cet accord et évitent les "ingérences" extérieures, lors d'un entretien téléphonique de son ministre des Affaires étrangères, Wang Yi, avec son homologue iranien, Abbas Araghchi, selon Pékin.

Le chef de la diplomatie chinoise, dont le pays est largement dépendant des importations de pétrole du Golfe, a insisté sur la nécessité que la navigation dans le détroit d'Ormuz soit "correctement gérée, en répondant avec prudence aux vives préoccupations de la communauté internationale".

Les cours du pétrole ont terminé en légère progression mercredi, les opérateurs se montrant prudents quant à la signature du protocole d'accord, le Brent, référence mondiale du brut, progressant de 0,75 %, à 79,55 dollars le baril.


Le G7 «uni» pour faire monter la pression sur la Russie et revenir à la stabilité au Moyen-Orient

Les dirigeants du G7, Donald Trump en tête, ont affiché leur volonté mardi lors d'un sommet à Evian d'intensifier la pression sur la Russie via des sanctions pour arrêter la guerre en Ukraine.  Les Sept - Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni - ont également discuté avec des pays du Moyen-Orient des moyens d'accompagner la réouverture du détroit d'Ormuz et du retour de la stabilité au Liban après l'accord entre Téhéran et Washington. (AFP)
Les dirigeants du G7, Donald Trump en tête, ont affiché leur volonté mardi lors d'un sommet à Evian d'intensifier la pression sur la Russie via des sanctions pour arrêter la guerre en Ukraine. Les Sept - Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni - ont également discuté avec des pays du Moyen-Orient des moyens d'accompagner la réouverture du détroit d'Ormuz et du retour de la stabilité au Liban après l'accord entre Téhéran et Washington. (AFP)
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  • Donald Trump, qui était totalement absorbé par le conflit en Iran ces dernières semaines, a aussi promis de "tout faire" pour aider à mettre fin à la guerre en Ukraine
  • Les négociations de paix sous médiation américaine sont totalement enlisées depuis le début du conflit au Moyen-Orient le 28 février

EVIAN: Les dirigeants du G7, Donald Trump en tête, ont affiché leur volonté mardi lors d'un sommet à Evian d'intensifier la pression sur la Russie via des sanctions pour arrêter la guerre en Ukraine.

Les Sept - Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni - ont également discuté avec des pays du Moyen-Orient des moyens d'accompagner la réouverture du détroit d'Ormuz et du retour de la stabilité au Liban après l'accord entre Téhéran et Washington.

L'annonce la plus attendue est venue du président américain, qui a dit vouloir rétablir certaines sanctions pesant sur le pétrole russe, un temps suspendues pour contrer la flambée des cours du brut occasionnée par le conflit contre l'Iran.

"Nous serons bientôt en mesure" de les réintroduire, a-t-il assuré, alors que le trafic dans le détroit, par lequel transite un cinquième des exportations mondiales d'hydrocarbures, reprend timidement. Ces exportations constituent la principale source de financement de l'effort de guerre russe depuis l'invasion de l'Ukraine en 2022.

Donald Trump, qui était totalement absorbé par le conflit en Iran ces dernières semaines, a aussi promis de "tout faire" pour aider à mettre fin à la guerre en Ukraine.

Les négociations de paix sous médiation américaine sont totalement enlisées depuis le début du conflit au Moyen-Orient le 28 février.

Autant de déclarations accueillies avec soulagement par ses pairs, alors que le président américain  s'est souvent montré plus à l'écoute du Russe Vladimir Poutine que de l'Ukrainien Volodymyr Zelensky, qu'il avait accueilli avec une rudesse sans pareille en février 2025 dans le Bureau Ovale.

Zelensky félicité 

Les dirigeants du G7 sont "unis", "ils font le constat qu'il y a une dynamique sur le terrain" en faveur de l'Ukraine et sont d'accord pour "augmenter la pression" sur la Russie et livrer plus de moyens de défense antiaérienne à Kiev, avait esquissé auparavant une source diplomatique française.

Signe de sa bonne disposition, Donald Trump a aussi rencontré une vingtaine de minutes en aparté le président ukrainien et devait le revoir dans l'après-midi. Leur dernière rencontre remontait au 28 décembre aux Etats-Unis.

Le président américain l'a félicité pour la "performance" de l'armée ukrainienne sur le terrain et il a reconnu que la "dynamique" était ukrainienne, selon un participant.

"C'est formidable que tout le monde comprenne que la Russie ne va pas gagner et que nous devons faire pression sur Poutine pour qu'il mette un terme à cette guerre", s'est félicité le président ukrainien, qu'Emmanuel Macron a invité à rester jusqu'à la fin du sommet mercredi.

Multipliant les marques d'attention, le président français est allé à sa rencontre à son arrivée à l'hôtel Royal, sur les bords du Lac Léman, où se tenait cette année la grand-messe de ce club de grandes puissances industrialisées.

"Déminage" 

Le président américain, lui, aura les honneurs du château de Versailles mercredi pour un dîner. "Et Versailles, c'est pas du plaqué or, c'est du lourd", s'est-il réjoui.

Le Premier ministre britannique Keir Starmer a annoncé que le Royaume-Uni allait fournir de l'uranium enrichi à l'Ukraine pour ses centrales nucléaires et imposer de nouvelles sanctions à la Russie.

Le chef du gouvernement canadien a fait de même avec des sanctions visant la flotte fantôme de pétroliers au service de la Russie, ses revenus énergétiques, son industrie de défense et les acteurs de la désinformation.

Et Friedrich Merz a offert un maillot de football allemand floqué à son nom au président américain, deux jours après son anniversaire.

Les dirigeants du G7 et leurs homologues d'Egypte, du Qatar et des Emirats arabes unis se sont ensuite félicités lors d'un déjeuner de l'accord irano-américain, un "très beau deal" selon une source diplomatique.

Ils ont insisté sur la "nécessité d'avoir de la visibilité sur la menace iranienne", de diversifier les routes d'approvisionnement en hydrocarbures pour réduire la dépendance au détroit d'Ormuz, cartes à l'appui, et d'un "effort multinational pour soutenir l'armée libanaise".

Les Etats-Unis nous "demandent de mettre des capacités de déminage" à disposition dans le détroit d'Ormuz, a indiqué une source européenne, précisant que des bateaux français et allemands étaient notamment mobilisés à cette fin.

Donald Trump s'était pourtant montré assez peu intéressé la veille par la mission maritime internationale mise en place par Paris et Londres pour garantir le retour à la liberté de circulation dans la région, une fois la paix revenue.

Mercredi, au dernier jour du sommet, le G7 recevra plusieurs "leaders de la tech mondiale" pour un déjeuner où il sera question de régulation, ou encore d'interdiction des réseaux sociaux aux moins de 15 ou 16 ans. Des débats qui s'annoncent tendus avec Donald Trump.