Israël ne veut pas d'un consulat américain à Jérusalem pour les Palestiniens

Le Premier ministre israélien Naftali Bennett, dirige une réunion hebdomadaire du cabinet dans son bureau de Jérusalem, le 7 novembre 2021 (Photo, AFP)
Le Premier ministre israélien Naftali Bennett, dirige une réunion hebdomadaire du cabinet dans son bureau de Jérusalem, le 7 novembre 2021 (Photo, AFP)
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Publié le Dimanche 07 novembre 2021

Israël ne veut pas d'un consulat américain à Jérusalem pour les Palestiniens

Le Premier ministre israélien Naftali Bennett, dirige une réunion hebdomadaire du cabinet dans son bureau de Jérusalem, le 7 novembre 2021 (Photo, AFP)
  • Le budget adopté vendredi, la question de la réouverture d'un consulat américain pour les Palestiniens a aussitôt ressurgi
  • «Un consulat américain servant les Palestiniens n'a pas sa place à Jérusalem», a déclaré samedi soir le Premier ministre israélien Naftali Bennett

JÉRUSALEM: Le budget à peine voté, le gouvernement israélien fait face à un nouveau défi: la promesse de Joe Biden de rouvrir un consulat pour les Palestiniens à Jérusalem, une mesure à laquelle s'oppose l'Etat hébreu mais qu'attend l'Autorité palestinienne.  

Début septembre, le chef de la diplomatie israélienne Yaïr Lapid avait dit son opposition à la réouverture du consulat pour les Palestiniens à Jérusalem disant que la ville sainte « était la capitale d'Israël et d'Israël seulement » et que cette mesure risquait de « déstabiliser » le nouveau gouvernement.  

Israël venait alors de se doter d'un gouvernement de coalition hétéroclite ayant mis fin au règne de Benjamin Netanyahu et dont la survie dépendait de sa capacité à faire adopter un budget d'ici le 14 novembre afin d'éviter la dissolution du Parlement et la convocation de nouvelles élections.  

Le budget adopté vendredi, la question de la réouverture d'un consulat américain pour les Palestiniens a aussitôt ressurgi.   

« Un consulat américain servant les Palestiniens n'a pas sa place à Jérusalem. Nous exprimons notre position clairement, tranquillement et sans faire de drame », a déclaré samedi soir le Premier ministre israélien Naftali Bennett lors d'une conférence de presse.    

« Si (les Américains) veulent ouvrir un consulat à Ramallah (Cisjordanie), nous n'avons aucun problème avec cela », a renchéri à ses côtés le chef de la diplomatie, Yaïr Lapid, une proposition balayée du revers de la main par le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas.     

« Les dirigeants palestiniens n'accepteront que la réouverture du consulat américain à Jérusalem-Est, la capitale de l'Etat de Palestine. L'administration américaine s'est engagée à rouvrir ce consulat, une mesure dont nous avons été officiellement informée, et nous attendons sa mise en œuvre dans un proche avenir », a réagi dimanche la présidence.  

Au cours de la dernière année, le président américain Joe Biden s'était engagé à rouvrir le consulat de Jérusalem pour les Palestiniens, fermé par son prédécesseur Donald Trump.  

M. Trump avait reconnu Jérusalem comme capitale d'Israël au grand dam des Palestiniens qui aspirent, eux, à faire du secteur Est de la ville, occupé depuis 1967 par l'Etat hébreu, la capitale de leur futur Etat.   

Le bon cheval de bataille?   

Le consulat pour les Palestiniens était en fait situé à Jérusalem-Ouest, mais était doublé d'un bureau à Jérusalem-Est, où les Palestiniens pouvaient déposer des demandes de visa.   

Néanmoins, « »cette réouverture est très importante car elle est une reconnaissance de Jérusalem-Est comme capitale (d'un futur) Etat de Palestine. C'est le premier geste que nous attendons des Etats-Unis pour relancer les relations », a déclaré un haut responsable palestinien, disant espérer une annonce avant la fin de la première année au pouvoir de Joe Biden, en janvier prochain.   

La réouverture du consulat est « la seule chose que les Américains ont promis, faisant marche arrière (sur la politique) de Trump (...) mais je ne pense pas qu'ils soient pressés d'aller de l'avant avec cette mesure », estime Daniel Levy, président du US Middle East Project (USMEP), un centre d'analyse spécialisé sur le Moyen-Orient.  

« Non seulement l'administration américaine a réduit la priorité de cet enjeu, mais elle ne veut pas de conflit à ce sujet », dit-il.   

« Alors que les Israéliens ont repris la coopération à un haut niveau avec les Palestiniens, le consulat est-il vraiment l'enjeu sur lequel (les Américains) veulent mener une grande bataille? Et puis quelle est la crédibilité de l'Autorité palestinienne? », ajoute M. Levy.  

Ces derniers mois, le président palestinien a été critiqué au sein même de l'aile progressiste des démocrates américains dans la foulée de l'affaire Nizar Banat, opposant à Mahmoud Abbas tué par les forces palestiniennes, d'où des pressions pour rouvrir le consulat qui n'auraient plus le même poids, résume-t-il.   

Israël, dont Washington reste le premier allié, « prend un risque calculé, mais pas un pari », en montrant publiquement son opposition à la réouverture du consulat, estime Yoav Fromer, directeur du centre d'études sur les Etats-Unis à l'Université de Tel-Aviv.   

« L'administration américaine a assez de problèmes comme ça. Ce n'est pas pour eux un bon cheval de bataille pour le moment (...) Les États-Unis trouveront d'autres moyens de renouer avec les Palestiniens, en premier lieu par une aide économique ».  


Gaza: 400 tonnes d'aide alimentaire envoyées par la France arrivent en Egypte

L'aide internationale à destination de la bande de Gaza, où la situation humanitaire reste dramatique malgré le cessez-le-feu entre Israël et le mouvement islamiste palestinien Hamas, arrive généralement par les ports égyptiens de Port-Saïd ou d'al-Arich. (AFP)
L'aide internationale à destination de la bande de Gaza, où la situation humanitaire reste dramatique malgré le cessez-le-feu entre Israël et le mouvement islamiste palestinien Hamas, arrive généralement par les ports égyptiens de Port-Saïd ou d'al-Arich. (AFP)
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  • L'aide a été accueillie à Port-Saïd par le gouverneur de cette ville, Mohab Habachi, l'ambassadeur de France au Caire, Eric Chevallier, et le directeur régional du Programme alimentaire mondial (PAM), Samer Abdeljaber
  • Elle a été réceptionnée par le PAM qui doit l'acheminer dans la bande de Gaza

PORT-SAID: Un porte-conteneur transportant près de 400 tonnes d'aide alimentaire envoyée par la France à Gaza est arrivé mercredi sur les côtes égyptiennes, ont annoncé le gouverneur de Port-Saïd et l'ambassade française en Egypte.

L'aide internationale à destination de la bande de Gaza, où la situation humanitaire reste dramatique malgré le cessez-le-feu entre Israël et le mouvement islamiste palestinien Hamas, arrive généralement par les ports égyptiens de Port-Saïd ou d'al-Arich, la ville la plus proche du territoire palestinien, dans le nord de l'Egypte.

L'aide a été accueillie à Port-Saïd par le gouverneur de cette ville, Mohab Habachi, l'ambassadeur de France au Caire, Eric Chevallier, et le directeur régional du Programme alimentaire mondial (PAM), Samer Abdeljaber.

Elle a été réceptionnée par le PAM qui doit l'acheminer dans la bande de Gaza.

L'aide est destinée à "plus de 42.000 enfants âgés de 6 mois à 2 ans", a indiqué l'ambassade française dans un communiqué, sans dire quand la marchandise devait arriver à Gaza.

M. Habachi a assuré dans un communiqué de son bureau que "toutes les dispositions ont été prises pour garantir le passage fluide" du convoi humanitaire français vers Gaza.

"Il est impératif qu'Israël supprime tous les obstacles entravant la capacité de l'ONU et des ONG à acheminer l'aide humanitaire de manière indépendante et neutre dans l'ensemble de la bande de Gaza", a indiqué l'ambassade.

Affrété par la fondation de l'armateur français CMA CGM, le paquebot Tokyo qui transporte l'aide était parti du Havre mi-janvier, selon l'ambassade.

Le point de passage de Rafah --le seul entre Gaza et le monde extérieur qui ne passe pas par Israël-- a rouvert cette semaine au compte-gouttes.

Les autorités israéliennes, qui l'avaient fermé en mai 2024, n'ont pas accepté pour l'heure l'ouverture totale réclamée par les organisations humanitaires pour permettre une entrée massive de l'aide internationale.

Jusqu'à présent, quelques dizaines de Palestiniens l'ont emprunté dans les deux sens, essentiellement des malades ou des blessés évacués vers l'Egypte et accompagnés de leurs proches, ou des habitants de retour après avoir reçu des soins.

Israël et le Hamas s'accusent quotidiennement de violer les termes de l'accord de cessez-le-feu en place depuis le 10 octobre.

Mercredi, des bombardements israéliens ont fait 23 morts dans le territoire palestinien, selon le ministère de la Santé du Hamas.

Après le cessez-le-feu, le Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC), un organisme de l'ONU basé à Rome, avait déclaré que la famine était terminée à Gaza, mais avait alerté sur des niveaux élevés d'insécurité alimentaire.


Nouvelles frappes israéliennes meurtrières à Gaza

Des bombardements israéliens ont fait 24 morts mercredi à Gaza, selon les services de santé, tandis que l'armée a affirmé avoir riposté à des tirs et tué plusieurs combattants palestiniens, malgré le fragile cessez-le-feu en place depuis le 10 octobre. (AFP)
Des bombardements israéliens ont fait 24 morts mercredi à Gaza, selon les services de santé, tandis que l'armée a affirmé avoir riposté à des tirs et tué plusieurs combattants palestiniens, malgré le fragile cessez-le-feu en place depuis le 10 octobre. (AFP)
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  • Selon les services de santé de la bande de Gaza, 24 Palestiniens ont été tués et une quarantaine blessés mercredi par des frappes aériennes ou tirs d'artillerie israéliens
  • "Nous dormions quand soudain une pluie d'obus et de tirs s'est abattue sur nous", a raconté un survivant

GAZA: Des bombardements israéliens ont fait 24 morts mercredi à Gaza, selon les services de santé, tandis que l'armée a affirmé avoir riposté à des tirs et tué plusieurs combattants palestiniens, malgré le fragile cessez-le-feu en place depuis le 10 octobre.

Le poste frontalier de Rafah avec l'Egypte, seul accès vers le monde extérieur pour les habitants du territoire assiégé par Israël, reste pendant ce temps entrouvert sous de très strictes conditions.

Selon les services de santé de la bande de Gaza, 24 Palestiniens ont été tués et une quarantaine blessés mercredi par des frappes aériennes ou tirs d'artillerie israéliens.

"Nous dormions quand soudain une pluie d'obus et de tirs s'est abattue sur nous", a raconté un survivant, Abou Mohammed Haboush, dont le fils a été tué à Gaza-ville, dans le nord. "De jeunes enfants ont été tués, mon fils et mon neveu sont parmi les morts", a-t-il ajouté.

Des images de l'AFP dans cette ville ont montré des proches de victimes priant dans l'enceinte de l'hôpital Al-Chifa, où étaient allongés des corps enveloppés de linceuls blancs.

Un secouriste tué 

Le directeur de l'hôpital, Mohammed Abu Salmiya, a déclaré que 14 morts et des dizaines de blessés y avaient été transportés. Il a dénoncé "une situation extrêmement difficile dans les hôpitaux du territoire, en raison des graves pénuries de médicaments et d'équipements".

D'autres frappes ont visé le secteur d'Al-Mawasi à Khan Younès, dans le sud de Gaza, où des dizaines de milliers de déplacés vivent sous des abris de fortune.

Le Croissant-Rouge palestinien a annoncé la mort d'un de ses secouristes, Hassan Hussein Al-Samiri, durant une intervention pour évacuer des blessés dans cette zone.

L'armée a déclaré avoir tué mercredi dans une frappe dans le sud de Gaza un commandant du Hamas, Bilal Abou Assi, présenté comme le chef du commando auteur d'un assaut contre le kibboutz Nir Oz le 7 octobre 2023, lors des attaques qui ont déclenché la guerre.

Elle a indiqué avoir mené cette frappe en riposte à des tirs qui ont blessé un officier dans le nord de Gaza.

L'armée a aussi annoncé avoir tué un commandant du Jihad islamique, Ali Raziana, ainsi que le chef d'une "cellule terroriste" du Hamas, Muhammad Issam Hassan al-Habil, accusé d'être l'auteur du meurtre d'une soldate israélienne, Noa Marciano, prise en otage le 7 octobre 2023.

Elle a assuré avoir pris des mesures "afin de limiter autant que possible les dommages aux civils".

"Retrouver mon pays" 

Dans ce contexte de trêve très précaire, Israël avait accepté de rouvrir partiellement lundi le passage de Rafah, fermé depuis mai 2024.

Seuls quelques dizaines de Palestiniens de Gaza ont transité jusqu'à présent dans les deux sens, essentiellement des malades ou blessés évacués vers l'Egypte, accompagnés de leurs proches, ou des habitants de retour après avoir reçu des soins.

Pendant la nuit, un autocar transportant des Palestiniens de retour d'Egypte est arrivé à Khan Younès, selon des images de l'AFP. Des femmes et des enfants en sont descendus, accueillis par leurs proches impatients de les serrer dans leurs bras.

"Je ne peux décrire ce que je ressens", a confié une Palestinienne, Fariza Barabakh. "Je suis si heureuse de retrouver mon mari, mes enfants, ma famille, mes bien-aimés, et bien sûr, retrouver mon pays".

"Le sentiment d'appartenir à une terre est plus important que tout autre", a-t-elle ajouté.

Aux termes du plan de Donald Trump visant à mettre fin définitivement à la guerre, le passage de Rafah devait rouvrir une fois libérés les derniers otages retenus à Gaza.

Mais les autorités israéliennes n'ont pas accepté pour l'heure de rouvrir totalement la frontière, comme réclamé par les organisations humanitaires pour permettre un afflux de l'aide internationale.

Selon le ministère de la Santé de Gaza, au moins 556 personnes ont été tuées par des frappes israéliennes depuis le 10 octobre, tandis que l'armée a annoncé avoir perdu quatre soldats.

 


Le ministre iranien des Affaires étrangères appelle son homologue saoudien avant les pourparlers nucléaires avec les États-Unis

Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, a reçu mercredi un appel téléphonique de son homologue iranien, Abbas Araqchi. (Capture d’écran)
Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, a reçu mercredi un appel téléphonique de son homologue iranien, Abbas Araqchi. (Capture d’écran)
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  • Ils ont discuté de l’importance de résoudre les différends par le dialogue et la diplomatie
  • Des puissances régionales ont œuvré en faveur de ces pourparlers, prévus vendredi à Oman, entre Téhéran et Washington

​​​​​​LONDRES : Le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, a reçu mercredi un appel téléphonique de son homologue iranien, Abbas Araghchi, à la veille de discussions nucléaires cruciales entre Téhéran et Washington.

Selon l’Agence de presse saoudienne, les deux responsables ont souligné l’importance de régler les différends par le dialogue et la diplomatie, ainsi que les efforts visant à préserver la sécurité et la stabilité de la région.

Des puissances régionales ont encouragé la tenue de ces pourparlers, programmés vendredi à Oman, entre l’Iran et les États-Unis, dans le but de parvenir à un accord sur le programme nucléaire de Téhéran et d’éviter une nouvelle escalade dans la région.

Dans un message confirmant ces discussions, publié mercredi sur la plateforme X, Abbas Araghchi a écrit :
« Les négociations nucléaires avec les États-Unis doivent se tenir à Mascate vendredi vers 10 heures. Je remercie nos frères omanais pour avoir pris toutes les dispositions nécessaires. »

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com