Ethiopie: les diplomates veulent profiter d'une «fenêtre» pour arrêter la guerre

Des civils assistent à un rassemblement pro-gouvernemental pour dénoncer ce que les organisateurs disent être le Front populaire de libération du Tigré (TPLF) et l'ingérence des pays occidentaux dans les affaires intérieures du pays, à Addis-Abeba, en Éthiopie. (Photo, Reuters)
Des civils assistent à un rassemblement pro-gouvernemental pour dénoncer ce que les organisateurs disent être le Front populaire de libération du Tigré (TPLF) et l'ingérence des pays occidentaux dans les affaires intérieures du pays, à Addis-Abeba, en Éthiopie. (Photo, Reuters)
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Publié le Mardi 09 novembre 2021

Ethiopie: les diplomates veulent profiter d'une «fenêtre» pour arrêter la guerre

  • Marqué par les atrocités et la famine, le conflit opposant depuis novembre 2020 l'armée fédérale aux rebelles tigréens a fait plusieurs milliers de morts et déplacé plus de deux millions de personnes
  • Arrivé en Ethiopie jeudi, l'émissaire des Etats-Unis pour la Corne de l'Afrique, Jeffrey Feltman, a rencontré lundi soir l'envoyé de l'UA, l'ancien président nigérian Olusegun Obasanjo, qui s'est rendu dimanche dans la capitale tigréenne Mekele

ADDIS ABEBA : Les efforts diplomatiques s'intensifiaient mardi pour tenter d'arrêter la guerre qui dure depuis un an dans le nord de l'Ethiopie, avec l'espoir que l'Union africaine (UA) parvienne à obtenir un cessez-le-feu avant une possible marche rebelle sur la capitale.

Marqué par les atrocités et la famine, le conflit opposant depuis novembre 2020 l'armée fédérale aux rebelles tigréens a fait plusieurs milliers de morts et déplacé plus de deux millions de personnes. 

Arrivé en Ethiopie jeudi, l'émissaire des Etats-Unis pour la Corne de l'Afrique, Jeffrey Feltman, a rencontré lundi soir l'envoyé de l'UA, l'ancien président nigérian Olusegun Obasanjo, qui s'est rendu dimanche dans la capitale tigréenne Mekele. 

"Nous pensons qu'il y a une petite fenêtre d'ouverture pour travailler avec (Obasanjo)", a déclaré lundi à des journalistes le porte-parole de la diplomatie américaine, Ned Price. 

"Nous sommes en contact avec les parties pour tenter de les mettre sur le chemin d'une cessation des hostilités", a ajouté M. Price, précisant que les Etats-Unis sont également en contact avec les rebelles tigréens.

M. Feltman a aussi rencontré des dirigeants éthiopiens, puis s'est rendu au Kenya pour s'entretenir avec le président Uhuru Kenyatta, impliqué dans les efforts de médiation à l'échelle régionale, avant de revenir à Addis Abeba.

Soutien de l'ONU

Par la voix de son secrétaire général adjoint pour les Affaires humanitaires, Martin Griffiths, l'ONU a également soutenu mardi l'initiative de M. Obasanjo.

"J'implore toutes les parties d'écouter l'appel du secrétaire général de l'ONU à immédiatement arrêter les hostilités sans conditions préalables, et je réitère le soutien total (de l'ONU)" aux efforts de M. Obasanjo, a déclaré M. Griffiths, qui était présent avec lui à Mekele. 

Lundi, l'ancien président du Nigeria a exprimé son optimisme devant le conseil de sécurité de l'UA.

"Tous les leaders ici à Addis Abeba et dans le nord sont individuellement d'accord sur le fait que les différences qui les opposent sont politiques et requièrent des solutions politiques à travers le dialogue", a-t-il dit, selon une copie de sa déclaration consultée par l'AFP.

"Ceci, donc, constitue une fenêtre d'opportunité que nous pouvons collectivement exploiter", a-t-il estimé.

« Abandonner les Ethiopiens »

Lundi, l'ONG Human Rights Watch a pressé l'UA et l'ONU d'"aller au-delà des discussions et d'agir pour éviter de nouvelles atrocités en Ethiopie".

"Il est crucial que les leaders africains et le conseil de sécurité de l'ONU travaillent ensemble pour prendre des mesures immédiates pour éviter de nouvelles atrocités, sinon ils auront abandonné le peuple éthiopien", a écrit dans un communiqué Kenneth Roth, directeur exécutif de HRW.

Le Premier ministre Abiy Ahmed a envoyé l'armée en novembre 2020 au Tigré pour destituer les autorités régionales issues du Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), qui défiaient son autorité et qu'il accusait d'avoir attaqué des bases militaires.

Le prix Nobel de la paix 2019 a déclaré la victoire le 28 novembre, mais les combattants du TPLF ont repris en juin l'essentiel du Tigré puis avancé dans les régions voisines de l'Afar et de l'Amhara.

Le TPLF a ensuite revendiqué s'être emparés de villes clés en Amhara et avoir avancé jusqu'à environ 300 km d'Addis Abeba, sans exclure de marcher sur la capitale.

Le gouvernement affirme que les rebelles exagèrent leur progression, mais il a déclaré début novembre l'état d'urgence à travers le pays. Les autorités d'Addis Abeba ont demandé aux habitants de s'organiser pour défendre la ville.

L'Armée de libération oromo (OLA), un allié du TPLF, a promis dimanche que la guerre se terminerait "très prochainement", avec la défaite d'Abiy.

Les communications sont coupées dans les zones de combats et l'accès des journalistes y est restreint, rendant difficile toute vérification indépendante.

Plusieurs pays ont appelé leurs citoyens à quitter l'Ethiopie.

Mardi, l'ambassade britannique a appelé ses ressortissants à quitter le territoire, comme l'avaient fait les Etats-Unis vendredi. Ces derniers ont ordonné le lendemain le départ de leur personnel gouvernemental non-essentiel.

L'ONU a également suspendu les missions non-essentielles. 

 


Londres accueille des discussion sur la mission à Ormuz

Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz. (AFP)
Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz. (AFP)
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  • Cette conférence permettra de "faire progresser la planification détaillée" de la réouverture du détroit dès que les conditions le permettront, à la suite des "avancées" réalisées lors des pourparlers de Paris la semaine dernière
  • "L'objectif aujourd'hui et demain est de traduire le consensus diplomatique en un plan commun pour garantir la liberté de navigation dans le détroit et soutenir un cessez-le-feu durable"

LONDRES: Le Royaume-Uni a annoncé qu'il allait accueillir mercredi et jeudi des militaires d'une trentaine de pays pour discuter de la formation d'une mission dirigée par le Royaume-Uni et la France afin de protéger la navigation dans le détroit d'Ormuz.

Cette conférence permettra de "faire progresser la planification détaillée" de la réouverture du détroit dès que les conditions le permettront, à la suite des "avancées" réalisées lors des pourparlers de Paris la semaine dernière, a précisé le ministère britannique de la Défense.

"L'objectif aujourd'hui et demain est de traduire le consensus diplomatique en un plan commun pour garantir la liberté de navigation dans le détroit et soutenir un cessez-le-feu durable", a déclaré le ministre britannique de la Défense John Healey, cité dans un communiqué.

Il s'est dit confiant que "des progrès concrets puissent être accomplis".

Ces discussions intervient dans la foulée de pourparlers sur ce détroit stratégique, ayant réuni vendredi à Paris plus de 40 pays sous la houlette du Premier ministre britannique Keir Starmer et du président français Emmanuel Macron.

M. Starmer a indiqué que la France et le Royaume-Uni dirigeraient une mission multinationale pour assurer la liberté de navigation dans le détroit "dès que les conditions le permettront".

La Grande-Bretagne et la France ont insisté sur le fait que cette force serait exclusivement défensive et ne serait déployée qu'une fois la paix durable dans la région instaurée.

Les Etats-Unis et l'Iran, parties belligérantes, n'ont pas participé aux pourparlers.

Avant la réunion de Paris, Downing Street avait annoncé la tenue d'un sommet de planification militaire cette semaine, sans donner plus de précisions.

 


Iran: le médiateur pakistanais salue la prolongation du cessez-le-feu annoncée par Trump

Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump. (AFP)
Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump. (AFP)
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  • "Je remercie sincèrement le président Trump d'avoir gracieusement accepté notre demande de prolongation du cessez-le-feu afin de permettre aux efforts diplomatiques en cours de se poursuivre"
  • Un nouveau round de discussions initialement annoncé pour le début de semaine à Islamabad a toutefois lui aussi été ajourné sine die

ISLAMABAD: Le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays joue un rôle de médiateur dans le conflit opposant les Etats-Unis à l'Iran, a salué mercredi l'extension du cessez-le-feu annoncée par Donald Trump.

"Je remercie sincèrement le président Trump d'avoir gracieusement accepté notre demande de prolongation du cessez-le-feu afin de permettre aux efforts diplomatiques en cours de se poursuivre", a indiqué sur X M. Sharif, précisant s'exprimer également au nom du chef d'état-major, le maréchal Asim Munir.

"Fort de la confiance qui lui est accordée, le Pakistan poursuivra ses efforts en vue d'un règlement négocié du conflit", a ajouté le dirigeant.

Donald Trump a annoncé mardi une extension sine die du cessez-le-feu dont il avait précédemment fixé l'expiration à mercredi soir, disant vouloir donner davantage de temps à la diplomatie.

Un nouveau round de discussions initialement annoncé pour le début de semaine à Islamabad a toutefois lui aussi été ajourné sine die.

"J'espère sincèrement que les deux parties continueront à respecter le cessez-le-feu et parviendront à conclure un +accord de paix+ global lors du deuxième cycle de négociations prévu à Islamabad, afin de mettre définitivement fin au conflit", a souligné M. Sharif mercredi.


Trump dit prolonger le cessez-le-feu avec l'Iran jusqu'à nouvel ordre

Donald Trump a annoncé mardi la prolongation du cessez-le-feu avec l'Iran afin de donner plus de temps à Téhéran pour négocier, tout en maintenant le blocus des ports iraniens. (AFP)
Donald Trump a annoncé mardi la prolongation du cessez-le-feu avec l'Iran afin de donner plus de temps à Téhéran pour négocier, tout en maintenant le blocus des ports iraniens. (AFP)
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  • Le dirigeant républicain a souligné avoir pris cette décision face "aux graves divisions au sein du gouvernement iranien" et à la demande du Pakistan, principal pays médiateur
  • Il a toutefois indiqué avoir "ordonné à nos forces armées de maintenir le blocus" naval dans le détroit d'Ormuz

WASHINGTON: Donald Trump a annoncé mardi la prolongation du cessez-le-feu avec l'Iran afin de donner plus de temps à Téhéran pour négocier, tout en maintenant le blocus des ports iraniens.

S'exprimant sur sa plateforme Truth Social, le président américain a annoncé avoir décidé de "prolonger le cessez-le-feu jusqu'à ce que l'Iran présente une proposition et que les discussions soient conclues, d'une manière ou d'une autre".

Le dirigeant républicain a souligné avoir pris cette décision face "aux graves divisions au sein du gouvernement iranien" et à la demande du Pakistan, principal pays médiateur.

Il a toutefois indiqué avoir "ordonné à nos forces armées de maintenir le blocus" naval dans le détroit d'Ormuz.

L'annonce du président américain intervient alors que Washington et Téhéran ont affiché leur désaccord sur l'expiration de la trêve, les premiers parlant de mercredi soir, heure de Washington, tandis que les seconds ont évoqué ce mardi, à minuit GMT.

Par ailleurs, la Maison Blanche a confirmé en fin de journée que le vice-président JD Vance, chargé de mener d'éventuelles nouvelles discussions avec l'Iran au Pakistan, ne quitterait pas Washington mardi, comme initialement prévu.

"A la lumière du message du président Trump sur Truth Social, confirmant que les Etats-Unis attendent une proposition unifiée des Iraniens, le voyage au Pakistan n'aura pas lieu aujourd'hui", a indiqué un haut responsable de l'exécutif américain, dans une déclaration transmise à la presse.

La Maison Blanche n'avait jamais confirmé le déplacement du vice-président, mais a entretenu le flou sur le fait de savoir s'il quittait ou pas la capitale dans la journée de mardi.

Bientôt deux mois après le début des hostilités déclenchées par Israël et les Etats-Unis, Téhéran a menacé de son côté de reprendre les frappes en direction des pays du Golfe, mettant en péril l'approvisionnement pétrolier mondial.