Tunisie: Amnesty dénonce le nombre croissant de civils devant les tribunaux militaires

Critiquer le président Kais Saied est passible de prison, dénonce un communiqué d’Amnesty International (Photo, AFP).
Critiquer le président Kais Saied est passible de prison, dénonce un communiqué d’Amnesty International (Photo, AFP).
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Publié le Jeudi 11 novembre 2021

Tunisie: Amnesty dénonce le nombre croissant de civils devant les tribunaux militaires

  • «Au cours des trois derniers mois, la justice militaire a lancé des enquêtes ou jugé au moins 10 civils», a indiqué l'ONG
  • Selon Amnesty, dans quatre cas, les civils ont été déférés devant la justice militaire «simplement pour avoir critiqué le président»

TUNIS: Un nombre "croissant de civils fait face à des poursuites devant des tribunaux militaires" en Tunisie, dans certains cas "simplement pour avoir critiqué" le président Kais Saied, depuis que celui-ci s'est arrogé les pleins pouvoirs le 25 juillet, a dénoncé mercredi l'ONG Amnesty International.

"Au cours des trois derniers mois, la justice militaire a lancé des enquêtes ou jugé au moins 10 civils", a indiqué l'organisation de défense des droits humains dans un communiqué.

Selon Amnesty, dans quatre cas, les civils ont été déférés devant la justice militaire "simplement pour avoir critiqué le président". Il s'agit du présentateur de télévision Amer Ayad, des parlementaires Abdellatif Aloui et Yassine Ayari et du militant sur Facebook, Slim Jebali.

"Des civils ne devraient jamais être jugés par des tribunaux militaires", a souligné dans le communiqué Heba Morayef, directrice d'Amnesty pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord, en affirmant qu'"en Tunisie, le nombre de civils comparaissant devant la justice militaire paraît augmenter à un rythme inquiétant".

Selon Mme Morayef, les quatre civils "avaient exprimé des opinions critiques de façon pacifique". "Dans le cadre du débat en cours sur l'avenir de la Tunisie, il est plus important que jamais que les autorités protègent leur droit à le faire librement sans qu'ils ne puissent craindre des persécutions".

Le président Saied a émis le 22 septembre un décret suspendant plusieurs articles de la Constitution de 2014 et contenant des mesures exceptionnelles à travers lesquelles il concentre tous les pouvoirs (exécutif, législatif et judiciaire). 

Le Parlement reste suspendu jusqu'à nouvel ordre, le chef de l'Etat préside le conseil des ministres dont il peut révoquer les membres à sa guise, et supervise les système judiciaire et législatif, avec la possibilité d'amender les lois en vigueur ou d'en promulguer de nouvelles.

La loi tunisienne octroie au président le dernier mot sur les nominations de juges et procureurs militaires, choisis par leurs ministères de tutelle, a rappelé Amnesty, estimant que "les tribunaux militaires manquent d'indépendance".

Entre 2011, date de la Révolution tunisienne, et 2018, les ONG de défense des droits humains ont fait état de six cas de civils déférés devant la justice militaire, donc bien moins que les civils poursuivis par cette instance ces trois derniers mois, a noté Amnesty.


Le président libanais se déchaîne contre le Hezbollah, veut des négociations avec Israël

Le président libanais Joseph Aoun a accusé lundi le Hezbollah de vouloir provoquer "l'effondrement" du Liban pour le compte de l'Iran et appelé à des négociations "directes" avec Israël pour mettre fin à la guerre. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a accusé lundi le Hezbollah de vouloir provoquer "l'effondrement" du Liban pour le compte de l'Iran et appelé à des négociations "directes" avec Israël pour mettre fin à la guerre. (AFP)
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  • Israël pilonne sans relâche le Liban depuis que la formation pro-iranienne a entraîné le pays dans la guerre régionale avec l'Iran le 2 mars en lançant des missiles sur Israël
  • "Ceux qui ont lancé les missiles" sur Israël ont voulu "provoquer l'effondrement du Liban (..) pour le compte de l'Iran, et c'est ce que nous avons mis en échec", a affirmé le dirigeant libanais, adoptant un ton extrêmement ferme à l'égard du Hezbollah

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a accusé lundi le Hezbollah de vouloir provoquer "l'effondrement" du Liban pour le compte de l'Iran et appelé à des négociations "directes" avec Israël pour mettre fin à la guerre.

Israël pilonne sans relâche le Liban depuis que la formation pro-iranienne a entraîné le pays dans la guerre régionale avec l'Iran le 2 mars en lançant des missiles sur Israël.

"Ceux qui ont lancé les missiles" sur Israël ont voulu "provoquer l'effondrement du Liban (..) pour le compte de l'Iran, et c'est ce que nous avons mis en échec", a affirmé le dirigeant libanais, adoptant un ton extrêmement ferme à l'égard du groupe pro-iranien.

Il a tenu ces propos lors d'une rencontre par visioconférence avec les chefs des institutions européennes Ursula von der Leyen et Antonio Costa.

Joseph Aoun a qualifié le Hezbollah "de faction armée échappant à l'autorité de l'Etat au Liban, qui n'accorde aucun poids aux intérêts du Liban, ni à la vie de son peuple".

Il a assuré que la décision, lundi, du gouvernement d'interdire toute activité militaire ou sécuritaire du Hezbollah était "claire et irrévocable". "C'est ce que nous voulons mettre en oeuvre avec fermeté et clarté", a déclaré Joseph Aoun.

Le chef de l'Etat a proposé, pour mettre un terme à la guerre, "une trêve" avec Israël, suivie par une aide logistique à l'armée libanaise pour qu'elle puisse se déployer dans les zones de conflit et "désarmer le Hezbollah".

Dans le même temps, il s'est déclaré pour "que le Liban et Israël entament des négociations directes sous parrainage international" entre les deux pays toujours en état de guerre.

Les frappes israéliennes ont fait depuis le 2 mars près de 400 morts et un demi-million de déplacés.

 


Liban: un prêtre tué par des tirs israéliens dans un village du sud

Liban: un prêtre tué par des tirs israéliens dans un village du sud
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  • Une maison du village a été visée lundi par "deux tirs d'artillerie successifs provenant d'un char ennemi de type Merkava", selon l'Ani
  • Le premier tir a blessé le propriétaire de la maison et son épouse, a précisé le média

BEYROUTH: Un prêtre a été tué lundi par des tirs d'artillerie de l'armée israélienne dans un village du sud du Liban, particulièrement touché par la reprise du conflit entre Israël et le mouvement pro-iranien Hezbollah, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle), des habitants et une source médicale à l'AFP.

La victime, Pierre Raï, était le curé de la paroisse de Qlayaa, qui fait partie des villages chrétiens frontaliers du sud du Liban ayant décidé de se tenir à l'écart du conflit et de ne pas suivre les ordres d'évacuation israéliens.

Une maison du village a été visée lundi par "deux tirs d'artillerie successifs provenant d'un char ennemi de type Merkava", selon l'Ani.

Le premier tir a blessé le propriétaire de la maison et son épouse, a précisé le média.

Un second tir sur la maison a blessé le prêtre et trois autres habitants, selon des résidents du village, qui ont raconté à l'AFP être accourus sur place avec des secouristes de la Croix rouge libanaise.

Le prêtre a plus tard succombé à ses blessures, a affirmé une source médicale.

Les motivations de l'attaque israélienne contre cette maison située en bordure du village restent pour l'instant inconnues.

Le Hezbollah pro-iranien a entraîné le pays dans la guerre régionale avec l'Iran le 2 mars en lançant des missiles sur Israël qui mène depuis des représailles massives.

L'armée israélienne a ordonné à plusieurs reprises aux habitants d'une vaste partie du sud du Liban de partir, provoquant un exode massif.

Le curé avait pris part vendredi à un rassemblement devant une église de Marjeyoun, localité avoisinante, où plusieurs dizaines d'habitants se sont dit résolus à rester sur leurs terres.

"Lorsque nous défendons nos terres, nous le faisons en tant que pacifistes qui ne portent que des armes de paix", avait alors déclaré Pierre Raï.

Il avait appelé à considérer Marjeyoun comme "une zone rouge", c'est-à-dire qui ne devrait pas abriter des déplacés de la zone partisans du Hezbollah.

 


Liban: nouvelle frappe israélienne sur la banlieue sud de Beyrouth

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  • L'aviation israélienne a mené une nouvelle frappe lundi matin sur la banlieue sud de Beyrouth
  • Un porte-parole arabophone de l'armée israélienne avait averti qu'elle allait frapper les succursales de la société financière Al-Qard Al-Hassan

BEYROUTH: L'aviation israélienne a mené une nouvelle frappe lundi matin sur la banlieue sud de Beyrouth, bastion du Hezbollah, selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle) et les images de l'AFPTV.

Un porte-parole arabophone de l'armée israélienne avait averti qu'elle allait frapper les succursales de la société financière Al-Qard Al-Hassan, liée au Hezbollah, implantée notamment dans les fiefs de la formation.