En Arabie saoudite, les amateurs de conditionnement physique ont l’esprit d’entreprise

Un an après son lancement, dans la ville côtière de Djeddah, Loca Studios, l’entreprise de Sarah al-Turkistani, propose aux femmes une expérience de remise en forme totalement différente. (Fourni)
Un an après son lancement, dans la ville côtière de Djeddah, Loca Studios, l’entreprise de Sarah al-Turkistani, propose aux femmes une expérience de remise en forme totalement différente. (Fourni)
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Publié le Samedi 13 novembre 2021

En Arabie saoudite, les amateurs de conditionnement physique ont l’esprit d’entreprise

  • De nombreux jeunes proposent des approches entièrement nouvelles au concept de bien-être, en mettant davantage l’accent sur la santé mentale, les échanges sociaux et les activités créatives
  • Chez Loca Studio, le conditionnement physique se transforme en une activité sociale qui associe musique, danse et thérapies multisensorielles

DUBAÏ: Les professionnels de la santé vantent depuis longtemps les avantages de l’activité physique régulière pour renforcer le bien-être physique et mental ainsi que l’espérance de vie, ce qui permet également d’alléger le fardeau des maladies chroniques.

Grâce à la Vision 2030, le programme de réforme économique de l’Arabie saoudite, les jeunes Saoudiens peuvent désormais tirer profit des nouvelles possibilités offertes grâce au soutien de l’État pour lancer leurs propres entreprises dans le domaine du conditionnement physique, actuellement en plein essor.

De nombreux jeunes proposent des approches entièrement nouvelles du concept de bien-être en mettant l’accent sur la santé mentale, les échanges sociaux et les activités créatives plutôt que sur l’expérience solitaire, souvent excessivement masculine, de la traditionnelle salle de sport.

Sarah al-Turkistani est née et a grandi dans la ville de Taïf, dans la province de La Mecque, au sud-ouest du Royaume. Elle a constaté qu’il existe des femmes passionnées par le conditionnement physique; elles veulent retrouver la forme, mais se heurtent à une offre limitée en matière de salles de sport.

Un an après son lancement, dans la ville côtière de Djeddah, son entreprise, Loca Studios, propose aux femmes une expérience de remise en forme totalement différente, où la routine de l’entraînement régulier se transforme en une activité sociale qui associe musique, danse, thérapies multisensorielles. Elle offre même la possibilité de boire un café avec de nouveaux amis.

Sarah al-Turkistani, qui est née et a grandi dans la ville de Taïf, dans la province de La Mecque, au sud-ouest du Royaume, constate qu’il existe des femmes passionnées par le conditionnement physique. (Fourni)
Sarah al-Turkistani, qui est née et a grandi dans la ville de Taïf, dans la province de La Mecque, au sud-ouest du Royaume, constate qu’il existe des femmes passionnées par le conditionnement physique. (Fourni)

Al-Turkistani déclare ainsi à Arab News: «Grâce au sport, les gens peuvent réellement guérir leur corps des traumatismes physiques et émotionnels qu’il a subis.»

Titulaire d’un diplôme dans le domaine de la santé après avoir étudié au College of Clinical Pharmacy de Djeddah, elle décide d’adopter une approche globale du conditionnement physique qui reconnaît non seulement les avantages physiques de la perte de poids et de l’accroissement musculaire, mais aussi les avantages mentaux du sport.

Par ailleurs, ses études lui ont permis de comprendre les limites de l’utilisation des produits pharmaceutiques dans le traitement des maladies. «D’un côté, cela vous aide, mais de l’autre, cela endommage votre corps», affirme-t-elle.

Elle préfère donc défendre ardemment les modes de vie holistiques pour améliorer et maintenir la santé globale.

Après ses études, Al-Turkistani commence à travailler dans le domaine de l’approvisionnement en produits chimiques pharmaceutiques à l’Université des sciences et technologies du roi Abdallah. Puis elle se tourne rapidement vers la pharmacie Nahdi, où elle met en place le département marketing de l’entreprise. C’est là qu’elle développe son sens des affaires et qu’elle approfondit sa compréhension du domaine de la santé holistique.

Lors de son séjour à la pharmacie Nahdi, elle participe à un projet conjoint avec le ministère saoudien de la Santé et le Joslin Diabetes Center (le plus grand centre de recherche sur le diabète du monde, NDLR), aux États-Unis. Elle publie une étude pour l’American Diabetes Association consacrée au pouvoir du bien-être et d’une alimentation saine dans le traitement des patients diabétiques.

«Ma mission est d’aider les gens à trouver d’autres solutions que les médicaments. J’ai trouvé dans les résultats de cette étude une grande source d’inspiration, ce qui m’a permis de me pencher encore plus sur le bien-être», précise Al-Turkistani.

Bientôt, l’entreprise accueille des musiciens de jazz qui se produisent dans le studio tandis que les clients participent à des cours d’art et à des séances d'entraînement, ou boivent un café ensemble. (Fourni)
Bientôt, l’entreprise accueille des musiciens de jazz qui se produisent dans le studio tandis que les clients participent à des cours d’art et à des séances d'entraînement, ou boivent un café ensemble. (Fourni)

La Journée mondiale du diabète, le 14 novembre, arrive à grands pas. Les professionnels de la santé du monde entier se saisissent de cette occasion pour encourager le public à adopter une alimentation plus équilibrée et à pratiquer une activité physique quotidienne modérée pour perdre du poids.

Grâce à son travail avec la pharmacie Nahdi, Al-Turkistani devient une spécialiste du diabète. C’est pendant cette période d’études qu’elle s’oriente vers le secteur du conditionnement physique. Cependant, l’expérience qui a vraiment révélé sa vocation d’entrepreneuse est son propre parcours de remise en forme.

Après de vaines tentatives pour s’inscrire dans une salle de sport et perdre du poids après sa grossesse, Al-Turkistani s’inscrit à un cours de Zumba à domicile organisé par son amie et future associée. «J’ai tout de suite adoré», confie-t-elle.

«J’ai adoré le fait de perdre du poids sans m’en rendre compte en dansant. J’ai pris beaucoup de plaisir à suivre ce cours. Mon esprit d’entreprise s’est demandé alors pourquoi il n’y existait rien de tel [sur un plan commercial] en Arabie saoudite, parce que cette activité a réellement changé ma vie. C’est à ce moment qu’un déclic s’est produit.»

Le Royaume commence à assouplir ses lois en matière de tutelle et à encourager les femmes et les jeunes à entrer dans le monde du travail et à créer leur propre entreprise. Al-Turkistani crée Loca Studios dans un immeuble de quatre étages et de 3 000 mètres carrés, au cœur de la ville de Djeddah.

Bien que l’espace soit beaucoup plus grand que prévu, un brainstorming avec son associée lui permet d’élaborer un projet encore plus ambitieux qui proposerait un conditionnement physique, la pratique de l’art et de la musique à une communauté holistique.

L’entreprise en était alors au stade expérimental.

Bientôt, elle accueille des musiciens de jazz qui se produisent dans le studio, tandis que les clients participent à des cours d’art et à des séances d'entraînement, ou boivent un café ensemble.

«La musique rend la pratique physique plus amusante. Nous avons organisé plusieurs événements. Ma sœur a joué de l’oud lors d’un cours de yoga; nous avons mis en place une activité qui stimule les sens des gens en harmonisant les couleurs d’une pièce avec la musique. L’idée est d’activer ses sens visuels grâce aux couleurs en mouvement. Ainsi, les gens ne ressentent pas de difficulté ou de douleur en faisant du sport», explique-t-elle.

Les jeunes Saoudiens peuvent désormais tirer profit des nouvelles possibilités offertes grâce au soutien de l’État pour lancer leurs propres entreprises dans le domaine du conditionnement physique, actuellement en plein essor. (AFP)
Les jeunes Saoudiens peuvent désormais tirer profit des nouvelles possibilités offertes grâce au soutien de l’État pour lancer leurs propres entreprises dans le domaine du conditionnement physique, actuellement en plein essor. (AFP)

L’expérience multisensorielle est renforcée par le parfum qui embaume chaque pièce et métamorphose totalement l’esthétique de la salle de sport et l’attrait de l’entraînement. «Cela produit un effet incroyable sur les gens», révèle Sarah al-Turkistani.

«Les gens s’inscrivent à la salle de sport, mais ils n’y vont pas. C’est très bon pour les affaires, mais très mauvais pour les inscrits. Dans notre cas, les gens paient les frais d’inscription, mais ils viennent tous les jours. Ils ne lâchent rien.»

Alors que Loca Studios célèbre son 1er anniversaire, Al-Turkistani souhaite ouvrir un deuxième studio à Riyad avant de s’étendre dans l’ensemble du Royaume.

Deux mille personnes sont actuellement abonnées à son site Internet. Au cours du seul mois de septembre, quelque trois cents clients ont rejoint le studio. Al-Turkistani est très fière de cette évolution.

En révolutionnant l’expérience de la salle de sport et en développant son entreprise, elle espère faire la différence – de manière modeste, mais concrète: 36 % des femmes saoudiennes sont considérées comme obèses, ce qui entraîne des problèmes de santé chroniques qui mettent les infrastructures médicales du pays à rude épreuve.

«Notre gouvernement prend enfin ce problème au sérieux. Le fait d’avoir autant de personnes malades dans les hôpitaux a une incidence sur l’économie.»

«Le point de vue humain est également pris en compte, et cela fait partie des choses qui me rendent vraiment heureuse, au même titre que l’initiative Vision 2030. Cette démarche me rend plus forte en tant que femme d’affaires: je sais que, quoi que je fasse, je disposerai du soutien du gouvernement et de tout le pays», souligne-t-elle.

Au moment où Loca Studios célébre son 1er anniversaire, Al-Turkistani exprime sa volonté d’ouvrir un deuxième studio à Riyad, avant de s’étendre dans l’ensemble du Royaume. (Fourni)
Au moment où Loca Studios célébre son 1er anniversaire, Al-Turkistani exprime sa volonté d’ouvrir un deuxième studio à Riyad, avant de s’étendre dans l’ensemble du Royaume. (Fourni)

De nombreux jeunes entrepreneurs saoudiens expriment la volonté d’avoir un impact sur leur communauté, de manière à améliorer la qualité de vie grâce au bien-être physique et mental. Ces efforts sont au cœur même de la transformation du Royaume.

«Il existe actuellement de nombreux entraîneurs saoudiens dans le secteur du conditionnement physique. Beaucoup d’entre eux sont des autodidactes. Ils sont certifiés, ce qui est remarquable. Il se passe désormais beaucoup de choses dans la société.»

Viscéralement attachée à la tendance du bien-être, Al-Turkistani prévoit d’ouvrir une Loca Academy afin de former d'autres personnes qui désireraient découvrir le domaine du conditionnement physique.

«Je suis certifiée pour dispenser un programme de formation sur la façon de se détendre qui est utilisé par l’armée américaine. Même s’il n’y a que cinq Saoudiens formés à cette discipline jusqu’à présent, je pense qu’elle va changer la vie des gens.»

«Le bonheur qui vient du monde extérieur – la danse, le plaisir, les entraînements –, tout cela est une bonne chose, mais les gens doivent d’abord guérir. Je suis vraiment fière que cela constitue une nouveauté en Arabie saoudite», conclut-elle.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


A l'IMA, Plongée dans l’histoire de Byblos, premier grand port international du monde antique

L’exposition rassemble près de 400 pièces majeures, dont l’obélisque d’Abishemou ou encore une mosaïque représentant l’enlèvement d’Europe. Issues notamment de tombes royales et de sanctuaires, ces œuvres — vaisselle d’or et d’argent, bijoux incrustés de pierres semi-précieuses, armes d’apparat — illustrent la richesse et le raffinement de la cour de Byblos au début du IIe millénaire av. J.-C. (IMA)
L’exposition rassemble près de 400 pièces majeures, dont l’obélisque d’Abishemou ou encore une mosaïque représentant l’enlèvement d’Europe. Issues notamment de tombes royales et de sanctuaires, ces œuvres — vaisselle d’or et d’argent, bijoux incrustés de pierres semi-précieuses, armes d’apparat — illustrent la richesse et le raffinement de la cour de Byblos au début du IIe millénaire av. J.-C. (IMA)
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  • Bien avant l’essor des grandes puissances antiques, Byblos reliait déjà la côte libanaise à l’Égypte, à la Mésopotamie et au monde égéen
  • Dès 3200 av. J.-C., elle s’impose comme l’un des principaux ports de la Méditerranée — un statut qu’elle conservera plus de deux mille ans

PARIS: Au cœur d’une exposition exceptionnelle, la cité millénaire de Byblos révèle son rôle fondateur dans l’histoire de la Méditerranée, entre commerce, diplomatie et naissance de l’écriture. Présentée à l’Institut du monde arabe, en partenariat avec la Direction Générale des Antiquités du Liban, avec la collaboration du musée du Louvre et sur une idée originale du musée des Antiquités de Leiden, cette manifestation retrace près de neuf millénaires d’histoire urbaine continue.

Une cité fondatrice du monde méditerranéen

Bien avant l’essor des grandes puissances antiques, Byblos reliait déjà la côte libanaise à l’Égypte, à la Mésopotamie et au monde égéen. Dès 3200 av. J.-C., elle s’impose comme l’un des principaux ports de la Méditerranée — un statut qu’elle conservera plus de deux mille ans. Cette position stratégique s’explique notamment par ses liens privilégiés avec les pharaons, fondés sur le commerce du cèdre, ressource précieuse recherchée pour la construction navale, les temples et les rites funéraires.

Implantée sur un promontoire dominant la mer, à quarante kilomètres au nord de Beyrouth, la ville constitue aujourd’hui l’un des plus anciens sites habités sans interruption au monde. Classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, elle témoigne d’une évolution urbaine allant d’un village de pêcheurs né il y a plus de 9000 ans à une cité-État prospère de l’âge du Bronze.

400 trésors pour raconter une civilisation

L’exposition rassemble près de 400 pièces majeures, dont l’obélisque d’Abishemou ou encore une mosaïque représentant l’enlèvement d’Europe. Issues notamment de tombes royales et de sanctuaires, ces œuvres — vaisselle d’or et d’argent, bijoux incrustés de pierres semi-précieuses, armes d’apparat — illustrent la richesse et le raffinement de la cour de Byblos au début du IIe millénaire av. J.-C.

Plusieurs objets témoignent de l’influence directe de l’Égypte, certains ayant même été offerts par les pharaons Amenemhat III et Amenemhat IV. Les dépôts votifs du Temple aux Obélisques révèlent quant à eux un univers religieux foisonnant, peuplé de figurines en bronze parfois dorées, de haches rituelles et de poignards cérémoniels.

Une découverte archéologique majeure

Moment fort du parcours : la présentation des découvertes récentes issues des fouilles menées depuis 2019. Les archéologues ont mis au jour une nécropole intacte datant d’environ 1800 av. J.-C., appartenant à l’élite de la cité — une trouvaille exceptionnelle dans la région. Ces artefacts bouleversent déjà la compréhension des structures sociales et économiques de cette puissance maritime antique.

IMA

Le site, exploré dès le XIXe siècle par l’érudit français Ernest Renan, continue ainsi de livrer ses secrets, confirmant que Byblos n’est pas seulement un vestige du passé, mais un laboratoire vivant de l’histoire méditerranéenne.

Une épopée toujours vivante

Au-delà de l’Antiquité, le parcours met également en lumière les périodes phénicienne, hellénistique, romaine et médiévale, jusqu’aux habitants actuels qui perpétuent la vie au cœur de la vieille ville. Cette continuité humaine fait de Byblos un rare exemple de cité où l’histoire ne s’est jamais interrompue.

Entre archéologie spectaculaire et récit civilisationnel, l’exposition offre ainsi une immersion dans l’une des plus anciennes aventures urbaines de l’humanité — celle d’une ville qui, bien avant les routes maritimes modernes, avait déjà fait de la Méditerranée un espace d’échanges, de cultures et d’idées.


Le film «Une bataille après l'autre» triomphe aux Bafta britanniques

Le prince William et la princesse Kate ont également répondu présents, après une semaine difficile pour la famille royale marquée par l'interpellation d'Andrew, le frère du roi Charles III, dans l'affaire Epstein. (AFP)
Le prince William et la princesse Kate ont également répondu présents, après une semaine difficile pour la famille royale marquée par l'interpellation d'Andrew, le frère du roi Charles III, dans l'affaire Epstein. (AFP)
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  • Les Bafta, souvent critiqués pour ne pas assez mettre en valeur les talents britanniques, ont aussi créé la surprise en distinguant le Britannique de 33 ans Robert Aramayo comme meilleur acteur dans la comédie dramatique "I Swear"
  • Très ému, cet acteur peu connu du public a battu le Franco-Américain Timothée Chalamet, pressenti pour ce trophée pour son rôle de joueur de ping-pong à l'ambition insatiable dans "Marty Supreme"

LONDRES: La fresque politique "Une bataille après l'autre" du cinéaste américain Paul Thomas Anderson est sortie dimanche grande gagnante des Bafta, les récompenses britanniques du cinéma, avec six prix dont meilleur film et meilleur réalisateur.

Le triomphe de cette tragicomédie sur la traque d'ex-révolutionnaires par des suprémacistes blancs, qui était nommée 14 fois, cimente son statut de favori aux Oscars, qui auront lieu le 15 mars à Los Angeles.

Interrogé lors d'une conférence de presse après sa victoire, Paul Thomas Anderson, dont le film fait écho aux récentes actions de la police de l'immigration (ICE) aux Etats-Unis, a souligné le besoin de "mener la révolution, sans violence si possible", et appelé les spectateurs à "garder espoir".

Les Bafta, souvent critiqués pour ne pas assez mettre en valeur les talents britanniques, ont aussi créé la surprise en distinguant le Britannique de 33 ans Robert Aramayo comme meilleur acteur dans la comédie dramatique "I Swear".

Très ému, cet acteur peu connu du public a battu le Franco-Américain Timothée Chalamet, pressenti pour ce trophée pour son rôle de joueur de ping-pong à l'ambition insatiable dans "Marty Supreme", grâce à son interprétation d'un jeune homme atteint du syndrome de Tourette, inspiré de l'Ecossais John Davidson.

Celui-ci était présent dans la salle, et le présentateur Alan Cumming a remercié le public pour sa compréhension, s'excusant si des spectateurs avaient été "offensés" par le "langage grossier" qu'ils avaient pu entendre, un phénomène qui "fait partie de la manière dont le syndrome de la Tourette se manifeste chez certaines personnes".

Un extrait de la cérémonie pendant lequel une insulte raciste, attribuée à M. Davidson, est lancée aux acteurs de "Sinners" Michael B. Jordan et Delroy Lindo lorsqu'ils remettent un prix sur scène est devenu viral dimanche soir sur les réseaux sociaux.

William et Kate 

La soirée des Bafta est l'une des plus glamour du calendrier londonien, et Leonardo DiCaprio, Jessie Buckley, Emma Stone, Timothée Chalamet ou Paul Mescal ont foulé le tapis rouge du centre culturel Southbank, sur les rives de la Tamise.

Le prince William et la princesse Kate ont également répondu présents, après une semaine difficile pour la famille royale marquée par l'interpellation d'Andrew, le frère du roi Charles III, dans l'affaire Epstein.

Il s'agissait de la première sortie officielle du prince depuis lors. Il a confié à des organisateurs de la soirée ne pas avoir vu le drame shakespearien "Hamnet", qui concourait dans 11 catégories: pour cela, "je dois être dans un état assez calme, ce qui n'est pas le cas pour le moment".

Ce drame-fiction de Chloé Zhao, qui explore le deuil du couple Shakespeare après la mort de leur fils, est reparti avec seulement deux récompenses: meilleur film britannique et meilleure actrice pour l'Irlandaise Jessie Buckley.

Cette actrice de 36 ans est la grande gagnante de la saison des prix et ultra-favorite aux Oscars.

A la croisée des genres entre horreur, film sur le blues et drame d'époque, "Sinners" de l'Américain Ryan Coogler (Black Panther), qui a remporté un record de 16 nominations aux Oscars, repart lui avec trois récompenses.

Paddington en vedette 

L'actrice britannico-nigériane Wunmi Mosaku a remporté le prix de la meilleure actrice dans un second rôle pour ce film d'époque teinté de fantastique dans l'Amérique ségrégationniste des années 1930.

"J'ai retrouvé une partie de moi-même en Annie, une partie de mes espoirs, de mon pouvoir ancestral et de mes liens, des aspects que je croyais avoir perdus (...) en tant qu'immigrante cherchant à m'intégrer", a déclaré l'interprète de 39 ans.

Depuis 2022, aucun acteur ou actrice britannique n'avait été sacré aux Bafta qui, depuis une réforme de son académie datant de 2020, fait élire ses gagnants par des votants au profil plus international.

Un changement qui s'est ressenti sur le palmarès, là où des cérémonies comme les César en France ou les Goya en Espagne valorisent davantage leur cinéma national.

"Valeur sentimentale", le film de Joachim Trier sur la relation douloureuse d'un père cinéaste avec ses filles, a remporté le prix du meilleur film non anglophone, une première pour un Norvégien.

Le plus célèbre des ours, Paddington, a lui aussi fait une apparition pour remettre la récompense pour le meilleur film pour les enfants et la famille, décrochée par l'Indien "Boong".

 


Ramadan : boost saisonnier pour l’industrie saoudienne des dattes

La consommation de dattes, portée par la foi et la culture du cadeau, amplifie la demande dans les supermarchés et les segments d’emballages haut de gamme. (Reuters)
La consommation de dattes, portée par la foi et la culture du cadeau, amplifie la demande dans les supermarchés et les segments d’emballages haut de gamme. (Reuters)
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  • Le Ramadan stimule la consommation de dattes en Arabie saoudite, dopant les ventes au détail et les exportations, sans toutefois constituer la véritable haute saison du secteur
  • Deuxième producteur mondial, le Royaume renforce son industrie des dattes, avec des exportations record et un rôle stratégique dans la sécurité alimentaire nationale

RIYAD : Les dattes occupent une place essentielle dans le tissu spirituel et culturel de l’Arabie saoudite. Associées à l’hospitalité et à la tradition religieuse, elles sont incontournables sur les tables d’iftar pendant le Ramadan.

Le mois sacré transforme également l’un des secteurs agricoles les plus établis du Royaume, l’industrie des dattes passant à la vitesse supérieure. La consommation liée à la foi et la culture du cadeau amplifient la demande, notamment dans les supermarchés et les segments premium.

Le conseiller économique Fadhel Al-Buainain a déclaré à Arab News que si la demande de dattes reste stable toute l’année, la consommation intérieure augmente sensiblement pendant le Ramadan.

« Ces dernières années, la demande mondiale pour les dattes saoudiennes a également progressé. Toutefois, la demande locale augmente nettement durant le Ramadan en raison de l’association des dattes au repas de l’iftar », a-t-il indiqué.

Beaucoup rompent leur jeûne avec des dattes fraîches (rutab) ou, à défaut, avec des dattes séchées, conformément à la tradition. Outre leur dimension religieuse, les dattes sont appréciées pour leurs bienfaits nutritionnels, précieux pendant les longues heures de jeûne.

Al-Buainain souligne que le Ramadan constitue « un moteur d’augmentation des ventes et des exportations », renforçant l’élan saisonnier du secteur, sans toutefois représenter son véritable pic économique.

« Je ne pense pas qu’il crée une haute saison, malgré son importance marketing. La véritable haute saison intervient après la récolte, lorsque les marchés sont dynamiques et que d’importants volumes sont écoulés. Cependant, dans le commerce de détail, le Ramadan peut être considéré comme une période clé d’intensification des activités marketing », explique-t-il.

Ainsi, si le Ramadan accélère les ventes au détail et stimule la demande dans les supermarchés et le marché des cadeaux, les cycles de production et les ventes en gros restent étroitement liés à la période de récolte.

« Le pic des ventes de dattes se situe au moment de la récolte, tant en volume qu’en prix », précise-t-il.

Les enchères sont organisées au début de la récolte, permettant l’écoulement de grandes quantités en gros — principal canal pour les producteurs — avant d’atteindre les détaillants et les consommateurs. Les ventes du Ramadan proviennent majoritairement des stocks récoltés l’année précédente.

Malgré la hausse saisonnière de la consommation, les volumes de production restent suffisants pour éviter une forte volatilité des prix.

« Les volumes produits sont importants et l’offre dépasse la demande », affirme-t-il, précisant que les dattes traditionnelles conservent des prix stables. Les hausses concernent surtout les produits transformés ou reconditionnés dans des formats cadeaux modernes.

Structurellement, le secteur s’est fortement développé ces dernières années. Les exportations saoudiennes de dattes ont atteint 1,695 milliard de riyals en 2024, selon le Centre national des palmiers et des dattes. La production a dépassé 1,9 million de tonnes, avec des exportations vers 133 pays — soit une hausse de 15,9 % en valeur par rapport à 2023.

Depuis le lancement de la Vision 2030, la valeur des exportations a progressé de 192,5 % entre 2016 et 2024.

L’Arabie saoudite, deuxième producteur mondial de dattes, compte plus de 33 millions de palmiers, soit 27 % du total mondial, répartis sur environ 123 000 exploitations agricoles.

Les dattes affichent également le taux d’autosuffisance le plus élevé parmi les fruits, à 121 %.

Al-Buainain qualifie les dattes de produit stratégique et pilier de la sécurité alimentaire du Royaume, tout en appelant à une stratégie plus claire, à une meilleure lutte contre les ravageurs — notamment le charançon rouge du palmier — et à une meilleure coordination de la chaîne de valeur.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com